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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Gr&#232;ce. Exarcheia sur l'&#233;chiquier du pouvoir</title>
		<link>https://www.ababord.org/Grece-Exarcheia-sur-l-echiquier-du-pouvoir</link>
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		<dc:date>2021-04-11T18:29:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eftihia Mihelakis</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Mihelakis, Eftihia</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e au pouvoir du parti conservateur N&#233;a Dimokrat&#237;a en 2019, une virulente offensive se d&#233;cha&#238;ne pour expulser les anarchistes, les r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s et les migrant&#183;e&#183;s des centres urbains. Embl&#232;me par excellence des mouvements anarchistes depuis l'Ind&#233;pendance de la Gr&#232;ce, le quartier ath&#233;nien d'Exarcheia subit des transformations de premier ordre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le jeudi 8 ao&#251;t 2019, le Parlement grec a vot&#233; une &#171; loi omnibus &#187; qui comprend plusieurs mesures &#233;conomiques, sociales, p&#233;nales et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-83-mars-2020-" rel="directory"&gt;No 083 - mars 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mihelakis-Eftihia-+" rel="tag"&gt;Mihelakis, Eftihia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3117.png?1642092258' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;922&#034; height=&#034;363&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e au pouvoir du parti conservateur N&#233;a Dimokrat&#237;a en 2019, une virulente offensive se d&#233;cha&#238;ne pour expulser les anarchistes, les r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s et les migrant&#183;e&#183;s des centres urbains. Embl&#232;me par excellence des mouvements anarchistes depuis l'Ind&#233;pendance de la Gr&#232;ce, le quartier ath&#233;nien d'Exarcheia subit des transformations de premier ordre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le jeudi 8 ao&#251;t 2019, le Parlement grec a vot&#233; une &#171; loi omnibus &#187; qui comprend plusieurs mesures &#233;conomiques, sociales, p&#233;nales et r&#233;pressives. Le Parlement a accept&#233; d'augmenter le nombre de passeports grecs, surnomm&#233;s &#171; visas d'or&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#8220;Visas d'or&#8221; : plus de passeports grecs pour les investisseurs &#233;trangers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, lesquels sont exclusivement accord&#233;s aux acheteurs &#233;trangers de biens immobiliers d'une valeur de 250 000 euros et aux r&#233;sidents de pays tiers qui investissent dans des actifs incorporels d'une valeur de 400 000 euros. &#192; cela s'ajoute le red&#233;ploiement de DRASI, un corps de police de 1 500 membres DELTA (police militaris&#233;e) en soutien &#224; la police anti&#233;meute (MAT), muni de drones, de motos, d'h&#233;licopt&#232;res, de canons &#224; eau, de gaz lacrymog&#232;ne et de grenades assourdissantes, qui patrouille constamment dans les zones autour du centre d'Ath&#232;nes &#8211; et surtout &#224; Exarcheia, entour&#233;e depuis l'&#233;t&#233; dernier de postes de contr&#244;le. De plus, l'&#201;tat a forc&#233; l'expulsion des dizaines de squats occup&#233;s par les anarchistes, les r&#233;fugi&#233;s et les migrants, a proc&#233;d&#233; &#224; l'affermissement des peines d'emprisonnement afin d'escamoter toute incitation &#224; l'&#233;meute et, enfin, a lev&#233; la loi de l'asile universitaire.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Universit&#233;, entre libert&#233; et tyrannie&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin de l'&#233;t&#233;, la police peut intervenir dans l'enceinte des universit&#233;s sans l'autorisation du recteur ou de la rectrice. Cela remet en cause l'un des principaux acquis issus de la r&#233;volte contre la dictature des colonels (1967-1974) qui avait notamment fait face &#224; l'occupation de la Facult&#233; de droit de l'Universit&#233; polytechnique nationale par des &#233;tudiants en 1973 &#224; Exarcheia. C'est dans ces lieux hautement symboliques qu'il y a 47 ans, des &#233;tudiants s'enferment et se barricadent pour mettre en place une radio clandestine qui g&#233;n&#232;re un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ralis&#233;. Des milliers de travailleuses et travailleurs, ouvri&#232;res et ouvriers, agricultrices et agriculteurs ainsi que des &#233;tudiant&#183;e&#183;s convergent vers le centre d'Ath&#232;nes en d&#233;pit des charges violentes de la police. La manifestation du 16 novembre 1973 rassemble plus de 150 000 personnes, mais le lendemain, la dictature mobilise l'arm&#233;e qui d&#233;fonce l'entr&#233;e principale de la Polytechnique &#224; l'aide d'un blind&#233;. Deux &#233;tudiant&#183;e&#183;s sont &#233;cras&#233;&#183;e&#183;s et 24 personnes sont tu&#233;es. Ce soul&#232;vement marque non seulement le d&#233;but de la fin de la dictature, qui chute le 23 juillet 1974 ; ce dernier cristallise l'entr&#233;e de la Gr&#232;ce dans une modernit&#233; suppos&#233;ment d&#233;finie par la libert&#233;, l'ind&#233;pendance et la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement de 1973, analogue &#224; plusieurs &#233;gards &#224; mai 68 en France ou &#224; la gr&#232;ve &#233;tudiante qu&#233;b&#233;coise de 1968-69, a ceci de particulier qu'il survient dans le lieu originel des premi&#232;res manifestations estudiantines en Europe (la premi&#232;re datant de 1859). Dans un pays comme la Gr&#232;ce, les &#233;tudiants aujourd'hui sont autant les h&#233;ritiers que les acteurs d'un engagement politique dont la r&#233;sistance est anim&#233;e par le spectre du retour de l'histoire totalitaire. Depuis l'&#233;poque de cette premi&#232;re manifestation, leurs revendications et manifestations ont donc syst&#233;matiquement jou&#233; le r&#244;le de porte-drapeau du combat de r&#233;sistance au capitalisme, au totalitarisme et au fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout porte &#224; croire que cette r&#233;sistance ne s'est pas encore essouffl&#233;e. Le 10 novembre 2019, la police grecque a envahi l'Universit&#233; des sciences &#233;conomiques et de commerce d'Ath&#232;nes (l'ASOEE) et a expuls&#233; un local occup&#233; par des anarchistes. Mais des dizaines d'&#233;tudiant&#183;e&#183;s sont mont&#233;s imm&#233;diatement aux barricades pour s'opposer &#224; l'ordre du Conseil de l'universit&#233;. Ce dernier, ayant suivi l'appel de la police et du maire d'Ath&#232;nes, Kostas Bakoyannis (neveu du premier ministre), a impos&#233; la fermeture de l'universit&#233; pendant une semaine sous pr&#233;texte d'emp&#234;cher tout d&#233;ferlement de l'ordre pendant la comm&#233;moration de l'anniversaire de la r&#233;volte du 17 novembre 1973. En col&#232;re, les &#233;tudiant&#183;e&#183;s d&#233;cident de briser le blocus (le cadenas) pour p&#233;n&#233;trer sur les lieux de l'universit&#233;. La manifestation qui s'ensuit rassemble plusieurs milliers de personnes qui demandent, entre autres, l'abrogation de la loi abolissant l'asile universitaire. Les &#233;tudiant&#183;e&#183;s sont attaqu&#233;&#183;e&#183;s par la police anti&#233;meute &#224; coups de matraque et de gaz lacrymog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Politiques et r&#233;sistances des squats&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de N&#233;a Dimokrat&#237;a intensifie ses efforts de tous les c&#244;t&#233;s pour r&#233;primer les mouvements anarchistes et pour &#233;craser les espaces alternatifs organis&#233;s par ces derniers. Les espaces comptent trois centres &#224; Exarcheia : K*VOX, le centre social anarchiste ; Nosotros, le centre public antiautoritaire ; et le Centre des immigr&#233;s, lesquels proposent tous des tactiques de r&#233;sistance (manifestations syst&#233;matiques, assembl&#233;es publiques, r&#233;seaux clandestins de communication), des spectacles et autres activit&#233;s culturelles qui g&#233;n&#232;rent du revenu pour offrir des services sociaux (cours de langue grecque, soins de sant&#233;, etc.) autog&#233;r&#233;s et &#224; l'ext&#233;rieur du syst&#232;me &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat syst&#233;matise son offensive d'expulsion en visant les squats dans lesquels logent de nombreux migrant&#183;e&#183;s sans-papiers et r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s pour qui ces lieux sont des alternatives plus humaines aux camps de d&#233;tention g&#233;r&#233;s par l'&#201;tat. Coup sur coup, presque tous les jours du mois de novembre sont marqu&#233;s par des descentes et des raids. Le 2 novembre, le squat Vancouver, qui se trouve dans un b&#226;timent appartenant &#224; l'ASOEE, est expuls&#233;. Le m&#234;me matin, certains membres de la MAT tentent de d&#233;foncer la porte de Notara, l'un des plus grands et derniers squats &#224; Ath&#232;nes. Les jours qui pr&#233;c&#232;dent cet &#233;v&#232;nement, l'on pouvait entendre des membres de la MAT prof&#233;rer des menaces en utilisant le mot &#171; Raus &#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; &#171; &lt;em&gt;Juden Raus &lt;/em&gt; &#187; (&#171; Les Juifs dehors &#187;), une expression utilis&#233;e par les nazis. Une manifestation de 1 000 personnes est alors appel&#233;e par l'assembl&#233;e ouverte des squats, des migrant&#183;e&#183;s et des solidaires, en r&#233;ponse &#224; ces actes. Banderoles, tracts, pochoirs, chansons en plusieurs langues envahissent Exarcheia, mais le 5 novembre 2019, le squat Palmares, &#224; Larissa, est expuls&#233; et 16 personnes auraient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es. Trois jours plus tard, le squat Libertatia &#224; Thessalonique est r&#233;duit en cendres apr&#232;s avoir &#233;t&#233; incendi&#233; par des fascistes en 2018. Au moins 4 personnes auraient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es. Le 12 novembre, la police a expuls&#233; le squat Bouboulinas &#224; Exarcheia.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, le minist&#232;re de la Protection des citoyens donne un pr&#233;avis de 15 jours exigeant que tous les squats du pays se vident au risque qu'ils soient tous expuls&#233;s de force. Les m&#233;dias publient une carte des lieux menac&#233;s m&#234;me si, d'une part, la majorit&#233; de ces derniers sont log&#233;s dans des b&#226;timents appartenant &#224; l'&#201;tat et, d'autre part, les propri&#233;taires de b&#226;timents non &#233;tatiques ne sont pas n&#233;cessairement en faveur de la mesure d'expulsion forc&#233;e. Les propri&#233;taires solidaires &#224; la cause anarchiste re&#231;oivent n&#233;anmoins de la pression sous forme d'accusation de trafic de drogue ou de fabrication d'armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'expulsion d'une dizaine de squats, l'appr&#233;hension de centaines de migrant&#183;e&#183;s, le transfert de ces derni&#232;res et de ces derniers dans les camps surpeupl&#233;s et la mise en place de nouvelles mesures qui remettent en cause les acquis d&#233;mocratiques lesquels ont &#233;t&#233; gagn&#233;s lors de la chute du r&#233;gime des colonels (1967-1974), Exarcheia est redevenu aujourd'hui le bouc &#233;missaire d'un r&#233;gime autoritaire qui regroupe les lieux universitaires, l'urbanisme capitaliste, les investissements &#233;trangers, le syst&#232;me carc&#233;ral et la force polici&#232;re. En notre &#232;re o&#249; le sens des quartiers et le sentiment d'appartenance de celles et de ceux qui les habitent sont largement pris &#224; partie par l'arriv&#233;e massive des investissements &#233;trangers, l'exode des populations vuln&#233;rables, puis la glorification du capitalisme sous forme de gentrification, l'on doit se demander jusqu'&#224; quand et comment Exarcheia peut demeurer, pour des milliers de personnes, l'&#233;picentre d'une guerre qui n'en finit plus de recommencer.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#8220;Visas d'or&#8221; : plus de passeports grecs pour les investisseurs &#233;trangers &#187;, ERT International, 1er avril 2019. &lt;a data-cke-saved- href='http://int.ert.gr/visas-dor-plus-de-passeports-grecs-pour-les-investisseurs-etrangers' href=&#034;http://int.ert.gr/visas-dor-plus-de-passeports-grecs-pour-les-investisseurs-etrangers&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Eftihia Mihelakis est professeure de langues classiques et modernes &#224; l'Universit&#233; de Brandon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Titre du documentaire, sorti en 2015, &lt;i&gt;Je lutte donc je suis&lt;/i&gt; de Yannis Youlountas, dans la rue Solomou, Exarcheia, Ath&#232;ne (Cr&#233;dit : Pher&#233;ole, Creative Commons).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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