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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Ce que n'est pas le populisme de gauche</title>
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		<dc:date>2021-03-11T19:41:09Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ludvic Moquin-Beaudry</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Moquin-Beaudry, Ludvic</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les d&#233;bats autour de la notion de populisme de gauche sont tr&#232;s souvent condamn&#233;s avant m&#234;me qu'ils n'aient lieu, tant cette notion elle-m&#234;me est connot&#233;e n&#233;gativement. &#192; droite comme &#224; gauche, on semble l'associer &#224; une forme de danger, que ce soit celui d'une excitation des bas instincts de la populace ou bien celui d'une d&#233;rive autoritaire d'un appareil politique par rapport &#224; sa base. &lt;br class='autobr' /&gt; Le populisme de gauche n'est pas un appel aux bas instincts. C'est peut-&#234;tre la critique la plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-populisme-de-gauche-A-tort-ou-a-raison-" rel="directory"&gt;Dossier : Le populisme de gauche. &#192; tort ou &#224; raison ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moquin-Beaudry-Ludvic-+" rel="tag"&gt;Moquin-Beaudry, Ludvic&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3081.png?1642092255' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;579&#034; height=&#034;744&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;bats autour de la notion de populisme de gauche sont tr&#232;s souvent condamn&#233;s avant m&#234;me qu'ils n'aient lieu, tant cette notion elle-m&#234;me est connot&#233;e n&#233;gativement. &#192; droite comme &#224; gauche, on semble l'associer &#224; une forme de danger, que ce soit celui d'une excitation des bas instincts de la populace ou bien celui d'une d&#233;rive autoritaire d'un appareil politique par rapport &#224; sa base.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Le populisme de gauche n'est pas un appel aux bas instincts. C'est peut-&#234;tre la critique la plus souvent entendue, dans l'une ou l'autre de ses d&#233;clinaisons : le populisme de gauche ne fonctionnerait qu'&#224; coups d'exag&#233;rations et de caricatures pour stimuler le &lt;em&gt;pathos&lt;/em&gt; politique d'une population largement ignorante des finesses inh&#233;rentes aux diff&#233;rents enjeux. Cette critique est prof&#233;r&#233;e depuis une position de soi-disant neutralit&#233;, de centrisme lib&#233;ral ou de technocratie bienveillante. Dans tous les cas, on cherche &#224; prot&#233;ger le peuple contre lui-m&#234;me, ce qui laisse transpara&#238;tre un certain m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &#201;viter les caricatures&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; D'autant plus que cela s'accompagne d'un rapprochement avec des figures de droite autoritaire : Jean-Luc M&#233;lenchon, Marine Le Pen, m&#234;me combat. Dans son livre &lt;em&gt;La raison populiste&lt;/em&gt;, Ernesto Laclau met le doigt sur ce probl&#232;me, qui en r&#233;v&#232;le un autre : cette caricature masque le fait qu'il n'y a rien derri&#232;re &#8211; le plus souvent, hormis le jugement de valeur. Les gens qui colportent une telle conception sont incapables de fournir une d&#233;finition claire de ce qu'est le populisme (qu'il soit de gauche ou non). Or, Laclau et Chantal Mouffe nous en offrent une : il s'agit d'une approche politique d'abord &lt;em&gt;langagi&#232;re, symbolique&lt;/em&gt; qui consiste &#224; articuler diff&#233;rentes demandes selon une logique &#171; &#233;quivalentielle &#187; pour ensuite les placer en opposition avec le cadre actuel du pouvoir selon une logique antagonistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En lui-m&#234;me, le populisme n'a pas de contenu : il rassemble diff&#233;rents groupes politiques (par exemple, les femmes, les immigrant&#183;e&#183;s, les travailleuses et travailleurs, les LGBTQ) qui partagent un m&#234;me adversaire au pouvoir. Le contenu d&#233;pend des personnes et des groupes qui sont rassembl&#233;s. En somme, trouver un d&#233;nominateur commun entre diff&#233;rentes luttes politiques ne signifie pas que celui-ci doit &#234;tre le plus petit possible.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un travail discursif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le populisme de gauche n'est pas une th&#233;orie de l'organisation politique. Cette critique, que l'on entend parfois dans les cercles de gauche, tend &#224; faire le rapprochement entre l'approche symbolique du populisme de gauche et la structure de certains partis ou mouvements qui s'en sont r&#233;clam&#233;s (ou &#224; qui on a coll&#233; l'&#233;tiquette). Ainsi, le fait que, dans des organisations telles que Podemos ou La France insoumise, le pouvoir soit concentr&#233; au sommet serait consubstantiel &#224; la logique populiste. Or, bien malin qui trouvera une proposition de structure institutionnelle chez Laclau et Mouffe. Bien s&#251;r, la gauche peut et doit apprendre de ses erreurs, et un regard critique doit &#234;tre port&#233; sur les structures autoritaires l&#224; o&#249; elles existent, mais ce travail sera d'autant mieux men&#233; s'il &#233;vite de m&#234;ler les concepts. Pour la clart&#233; de l'analyse et du d&#233;bat, il faut donc &#233;viter ce rapprochement paresseux entre le populisme de gauche en tant qu'approche communicationnelle et les questions de distribution du pouvoir au sein des structures politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le populisme de gauche n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne nouveau. Cette id&#233;e ressemble un peu &#224; la pr&#233;c&#233;dente, car on associerait le populisme de gauche avec certains partis ou mouvements n&#233;s au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie &#8211; comme si la gauche n'avait jamais &#233;t&#233; populiste auparavant (ou &#224; de rares occasions, comme le Parti communiste fran&#231;ais sous la gouverne de Georges Marchais). Or, la construction d'une h&#233;g&#233;monie politique par la gauche en suivant la double logique &#233;quivalentielle et antagonistique remonte aux origines m&#234;mes des mouvements socialistes, comme le montrent Laclau et Mouffe dans &lt;em&gt;H&#233;g&#233;monie et strat&#233;gie socialiste&lt;/em&gt;. Certaines formes de marxisme ont longtemps souffert d'un essentialisme de classe &#8211; comme si &#171; la classe &#187; &#233;tait un sujet politique homog&#232;ne qui ne demandait aucun effort de rassemblement &#8211;, et c'est cet essentialisme que les auteur&#183;e&#183;s d&#233;montent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce &#224; quoi invitent Chantal Mouffe et Ernesto Laclau, ce &#224; quoi ils travaillent &#224; la suite d'Antonio Gramsci, c'est une fa&#231;on de &lt;em&gt;lier&lt;/em&gt; entre eux les enjeux de d&#233;possession, d'oppression au sein de cette pluralit&#233; diverse et souvent h&#233;t&#233;rog&#232;ne que l'on peut appeler &#171; soci&#233;t&#233; &#187;. N'est-ce pas pr&#233;cis&#233;ment le travail de la gauche que de f&#233;d&#233;rer toutes ces revendications frustr&#233;es, bloqu&#233;es par la domination d'une minorit&#233; dans l'ordre actuel des choses ? Alors, osons une proposition choquante : la gauche se doit d'&#234;tre populiste si elle veut &#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est professeur de philosophie au C&#233;gep de Saint-J&#233;r&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : S&#233;bastien Marchal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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