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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s</title>
		<link>https://www.ababord.org/Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres</link>
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		<dc:date>2024-01-17T20:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Val&#233;rie Beauchamp, Ad&#232;le Clapperton-Richard</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Beauchamp, Val&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Clapperton-Richard, Ad&#232;le</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Longer le fleuve, suivre les &#233;pinettes, remonter les rivi&#232;res, marcher les tourbi&#232;res, respirer la nordicit&#233;. Les vastes &#233;tendues de la C&#244;te-Nord chamboulent, fascinent, apaisent. On les associe &#224; l'immensit&#233; d'une nature brute, mais elles symbolisent aussi, malheureusement, des espaces accapar&#233;s, transform&#233;s, pill&#233;s. Le territoire nord-c&#244;tier fait en effet partie de ce qu'on nomme les &#171; r&#233;gions ressources &#187;, o&#249; les arbres, les cours d'eau et les sols ont &#233;t&#233; per&#231;us comme des marchandises &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beauchamp-Valerie-+" rel="tag"&gt;Beauchamp, Val&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Clapperton-Richard-Adele-+" rel="tag"&gt;Clapperton-Richard, Ad&#232;le&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3276.jpg?1663621309' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1500&#034; height=&#034;971&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Longer le fleuve, suivre les &#233;pinettes, remonter les rivi&#232;res, marcher les tourbi&#232;res, respirer la nordicit&#233;. Les vastes &#233;tendues de la C&#244;te-Nord chamboulent, fascinent, apaisent. On les associe &#224; l'immensit&#233; d'une nature brute, mais elles symbolisent aussi, malheureusement, des espaces accapar&#233;s, transform&#233;s, pill&#233;s. Le territoire nord-c&#244;tier fait en effet partie de ce qu'on nomme les &#171; r&#233;gions ressources &#187;, o&#249; les arbres, les cours d'eau et les sols ont &#233;t&#233; per&#231;us comme des marchandises &#224; exploiter, au d&#233;triment des &#233;cosyst&#232;mes et de la biodiversit&#233;, et, surtout, des gardien&#183;nes et responsables de ces lieux, les Innus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Car la C&#244;te-Nord, c'est d'abord le Nitassinan, le territoire ancestral innu &#8211; litt&#233;ralement &lt;em&gt;notre terre &lt;/em&gt;en innu-aimun. Ce sont des rivi&#232;res, des portages, des sentiers emprunt&#233;s depuis des mill&#233;naires ; des relations et des savoirs territoriaux qui se sont d&#233;velopp&#233;s en harmonie avec la faune et la flore bor&#233;ales, et qui continuent de se transmettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C&#244;te-Nord est un territoire enchev&#234;tr&#233;. Un territoire fa&#231;onn&#233; par les interactions, autant les ententes que les rapports de pouvoir, entre les groupes allochtones et autochtones vis-&#224;-vis l'occupation, l'utilisation et la gestion territoriales. De ces enchev&#234;trements naissent des relations au territoire o&#249; se tissent un enracinement, un sentiment d'appartenance. L'espace nord-c&#244;tier n'est pas homog&#232;ne &#8211; on devrait m&#234;me dire &lt;em&gt;les&lt;/em&gt; espaces nord-c&#244;tiers &#8211; et pourtant il s'en d&#233;gage une certaine constance : celle d'un attachement profond, d'une fiert&#233; aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes qui composent ce dossier en rendent tout &#224; fait compte. Ce sont des fragments de r&#233;alit&#233;s nord-c&#244;ti&#232;res actuelles, de projets et de pr&#233;occupations, o&#249; s'expriment des histoires et des &#233;motions. Comment le territoire influence-t-il la cr&#233;ation et l'expression artistiques ? Quel h&#233;ritage laisse la colonisation, entre la d&#233;possession territoriale, la cohabitation et les possibles solidarit&#233;s ? Comment la nordicit&#233; fa&#231;onne-t-elle les habitant&#183;es et ce qu'on peut cueillir et cultiver ? Quelles difficult&#233;s entra&#238;nent la distance de cette r&#233;gion, par rapport aux grands centres urbains ? Quelle place occupent la culture et la langue innues ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions ont orient&#233; les principales th&#233;matiques abord&#233;es dans ce dossier : les relations coloniales, l'&#233;loignement, les liens communautaires, la sauvegarde et la protection &#8211; non seulement du territoire, mais aussi celles de la culture et de la langue innues. Culture et langage qui sont, comme le montrent plusieurs des textes ici r&#233;unis, indissociables de leur ancrage territorial ancestral. Tous ces textes d&#233;peignent les sp&#233;cificit&#233;s de la vie nordique. Ils montrent ce qui rend la C&#244;te-Nord unique, ce qui rend le Nitassinan magnifique. Ce n'est pas seulement un vaste espace ; c'est un territoire v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tshima mi&#324;u-tshitapatameku - Bonne lecture.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Ad&#232;le Clapperton-Richard et Val&#233;rie Beauchamp &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Illustrations par Emilie Pedneault et photos par Rapha&#235;lle Ainsley-Vincent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec des contributions de Dolor&#232;s Andr&#233;, Rose-Aim&#233;e Auclair, Alex Beaudin, Charlotte Bellehumeur, Myriam Boivin-Comtois, Isabelle Bouchard, Ad&#232;le Clapperton-Richard, St&#233;phanie Fournier, Fr&#233;d&#233;rique L&#233;vesque, Mat Michaud, Yvette Mollen, Sylvie O'Connor, Camille Robidoux-Daigneault, Marie-H&#233;l&#232;ne Rousseau et Val&#233;rie Tremblay.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Ad&#232;le Clapperton-Richard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prot&#233;ger et transmettre l'innu-aimun</title>
		<link>https://www.ababord.org/Proteger-et-transmettre-l-innu-aimun</link>
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		<dc:date>2024-01-17T19:58:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Myriam Boivin-Comtois, Isabelle Bouchard, Ad&#232;le Clapperton-Richard, Yvette Mollen</dc:creator>


		<dc:subject>Bouchard, Isabelle</dc:subject>
		<dc:subject>Clapperton-Richard, Ad&#232;le</dc:subject>
		<dc:subject>Boivin-Comtois, Myriam</dc:subject>
		<dc:subject>Mollen, Yvette</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Yvette Mollen est n&#233;e dans la communaut&#233; innue d'Ekuanitshit. Elle consacre sa carri&#232;re &#224; la sauvegarde et la transmission de la langue innue, l'innu-aimun. &#192; b&#226;bord ! a &#233;chang&#233; avec elle &#224; propos des enjeux entourant la protection de cette langue et, par le fait m&#234;me, de la culture innue. Propos recueillis par Ad&#232;le Clapperton-Richard, Isabelle Bouchard et Myriam Boivin-Comtois. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; b&#226;bord ! : Quel portrait tracer de l'&#233;tat actuel de l'innu-aimun sur la C&#244;te-Nord ? &#202;tes-vous optimiste ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mollen-Yvette-+" rel="tag"&gt;Mollen, Yvette&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/123123-13.png?1705521388' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;431&#034; height=&#034;286&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Yvette Mollen est n&#233;e dans la communaut&#233; innue d'Ekuanitshit. Elle consacre sa carri&#232;re &#224; la sauvegarde et la transmission de la langue innue, l'innu-aimun. &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a &#233;chang&#233; avec elle &#224; propos des enjeux entourant la protection de cette langue et, par le fait m&#234;me, de la culture innue. Propos recueillis par Ad&#232;le Clapperton-Richard, Isabelle Bouchard et Myriam Boivin-Comtois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; : Quel portrait tracer de l'&#233;tat actuel de l'innu-aimun sur la C&#244;te-Nord ? &#202;tes-vous optimiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yvette Mollen : &lt;/strong&gt;Je n'ai pas de donn&#233;es v&#233;rifi&#233;es et r&#233;centes pour le nombre de locuteur&#183;trices de la langue innue sur la C&#244;te-Nord. Ce serait le r&#244;le de l'Institut Tshakapesh d'effectuer ce travail d'&#233;valuation de l'&#233;tat de la langue. Comme cet organisme a un acc&#232;s direct aux communaut&#233;s et aux &#233;coles innues, ce serait facile d'engager des personnes qui iraient sur le terrain et &#233;valueraient la situation de la langue : l'utilisation, la transmission, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je peux vous dire c'est que la situation a &#233;volu&#233; depuis la colonisation. Beaucoup d'Innu&#183;es d'une certaine g&#233;n&#233;ration et de certaines r&#233;gions, comme en Minganie ou en Basse-C&#244;te-Nord, n'utilisent que l'innu-aimun pour communiquer. Mais le commerce, les pensionnats et bien s&#251;r les &#233;coles telles qu'on les conna&#238;t maintenant ont contribu&#233; au bilinguisme des Innu&#183;es. Aujourd'hui, presque tous&#183;tes les Innu&#183;es de moins de 60 ans sont bilingues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, pour expliquer certaines choses, &#231;a me vient en innu d'abord&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Eshpish mishkutshipanit eshinniunanut anite innu-assit, mishta-mishkutshipanu ashit innu-aimun. Ne ua issishueian : ueshkat innu inniuipan anite nutshimit, kushpipan eshku eka shitshimakanit tshetshi apit anite innu-assit. Mishapani aimuna, &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;mitshenupani kie, tanite innu-aitun an takuanipan eshakumitshishikua, nataunanipan, kussenanipan kie takuanipani aimuna anite nutshimit iapashtakaniti. Anutshish eshpish apinanut anite innu-assit, mishkutshipanua aimuna, passe tutakanipani, passe auiashunanipani anite mishtikushiu-aimunit kie ma akaneshau-aimunit.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ekue takuak katshishkutamatsheutshuap, ekue takuak mishtikushiu-aimun. Passe innu-auassat ekue eka tshishkutamuakaniht aimuna : nutshimiu-aimuna ushkat kie nenua kutaka aimuna iapatanniti tshetshi nishtuapatahk : pishimuat, atushkan-tshishikua, atshitashuna, atishauiana, eshinikuashuniti aueshisha, namesha&#8230;. Anu uetshiuat tshetshi mishtikushiu-uitahk. Apishish anite katshishkutamatsheutshuapit uauitamuakanuat muku apu ishpannit nenu. Tshika ui itutakanuat anite nutshimit, tshika ui nishtutatishuat nenua nutshimiu-aimuna kie tshika ui eshku tapishimakanuat anite innu-aitunit.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Avec le changement de vie dans les communaut&#233;s, un changement s'est fait au niveau de la langue. Avant qu'on ne leur impose la s&#233;dentarisation, les Innu&#183;es vivaient &#224; l'int&#233;rieur des terres et fr&#233;quentaient le territoire. Plusieurs mots &#233;taient utilis&#233;s aussi parce que la culture &#233;tait plus vivante tous les jours : on chassait, on p&#234;chait et les mots de l'int&#233;rieur des terres &#233;taient utilis&#233;s. Depuis que les r&#233;serves existent, les mots changent, certains n&#233;ologismes ont &#233;t&#233; faits, certains mots sont emprunt&#233;s au fran&#231;ais ou encore &#224; l'anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a eu l'&#233;cole. Certains enfants n'ont pas appris les mots de l'int&#233;rieur des terres ainsi que ceux utiles dans la vie de tous les jours : les mois de l'ann&#233;e, les jours de la semaine, les chiffres, les couleurs, le nom des animaux, des poissons&#8230; Ils ont plus de facilit&#233; &#224; les prononcer en fran&#231;ais. On leur en parle &#224; l'&#233;cole, mais ce n'est pas suffisant. Il faudrait les amener &#224; l'int&#233;rieur des terres, il faudrait qu'ils et elles comprennent ces mots pour les connecter &#224; la culture innue.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, je reste optimiste, car de plus en plus de personnes sont conscientes du danger et tentent d'inverser la tendance &#224; la baisse. Un travail immense est &#224; faire, l&#224; devant nous, et si tous et toutes s'y mettent, ce sera plus facile de voir des r&#233;sultats encourageants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Dans quelles sph&#232;res d'activit&#233; les d&#233;fis de la conservation et du d&#233;veloppement de la langue sont-ils les plus grands &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; &#192; Ekuanitshit, la majorit&#233; de la communaut&#233; parle innu. Mais dans toutes les communaut&#233;s, le d&#233;fi est &#224; la maison. &#192; l'&#233;cole, les enfants re&#231;oivent l'enseignement en fran&#231;ais et, avec les nouvelles technologies, ils et elles d&#233;couvrent aussi d'autres langues : les parents doivent donc prendre le relais et continuer en innu apr&#232;s la journ&#233;e de classe, pour pallier les manques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on entend les parents parler innu &#224; leurs enfants et qu'on entend les enfants qui se parlent innu entre eux et elles, c'est tr&#232;s positif, car on sait que la transmission est assur&#233;e. Aussi, la pratique de la culture facilite l'apprentissage de la langue. La g&#233;n&#233;ration des grands-parents et celle des parents parlent tr&#232;s bien l'innu. Les grands-parents ont connu ce qu'&#233;tait le nomadisme, car la communaut&#233; d'Ekuanitshit est devenue une &#171; terre r&#233;serv&#233;e &#187; en avril 1963.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Avec la migration de plusieurs Innu&#183;es vers les villes, quelles sont les strat&#233;gies gagnantes pour assurer la p&#233;rennit&#233; de l'innu-aimun sur le territoire ? Lesquelles sont les mieux adapt&#233;es pour les communaut&#233;s sur la C&#244;te-Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; La majorit&#233; des Innu&#183;es habitent encore les communaut&#233;s et beaucoup de ceux et celles qui s'exilent vont revenir un jour ou l'autre. Cependant, ceux et celles qui sont maintenant &#224; l'ext&#233;rieur n'ont parfois plus l'innu comme langue maternelle. Il sera difficile de reparler l'innu s'ils ou elles ne l'ont jamais parl&#233;, mais avec de la volont&#233;, on peut s'approprier notre langue sans probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re strat&#233;gie est donc la transmission directe des parents &#224; son enfant : parler innu tous les jours &#224; son enfant. Ensuite, s'assurer de pratiquer des activit&#233;s culturelles, car c'est l&#224; que les mots de l'int&#233;rieur des terres sont utilis&#233;s. Si l'activit&#233; est faite avec les enfants &#224; r&#233;p&#233;tition, ce sera facile de continuer &#224; communiquer, &#224; transmettre en innu. Sur la C&#244;te-Nord, il y a la nature, le plein air, les grands espaces. Toutes les activit&#233;s culturelles sont donc faisables comme nos arri&#232;re-grands-parents les faisaient. On peut chasser les gibiers d'eau, aller &#224; la p&#234;che, faire un s&#233;jour &#224; l'int&#233;rieur des terres, aller camper, manger les produits de la chasse et la p&#234;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Vous enseignez l'innu-aimun &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al depuis 2017 et &#234;tes professeure invit&#233;e de la Facult&#233; des arts et des sciences depuis 2021. Quelles sont les difficult&#233;s d'enseigner l'innu-aimun &#224; des &#233;tudiant&#183;es non innu&#183;es, et la plupart du temps non autochtones ? Est-ce une langue difficile &#224; enseigner ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; Le plus grand d&#233;fi a &#233;t&#233; d'adapter l'enseignement langue maternelle &#224; l'enseignement langue seconde. Les Innu&#183;es qui parlent la langue innue ont ce que les &#233;tudiant&#183;es non locuteur&#183;trices n'ont pas, soit &#171; l'instinct &#187;. Les locuteurs&#183;trices connaissent &#171; d'instinct &#187; des &#233;l&#233;ments puisque ceux et celles-ci ont &#233;t&#233; expos&#233;&#183;es d&#232;s la naissance &#224; la langue. Cependant, une difficult&#233; demeure la m&#234;me dans les deux cas, puisque les Innu&#183;es n'ont pas eu de cours sur la grammaire de la langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est difficile pour les &#233;tudiant&#183;es qui apprennent. C'est difficile parfois de bien expliquer des choses abstraites qui n'existent pas dans la langue de l'apprenant&#183;e. Il faut leur dire alors qu'ils et elles doivent apprendre par c&#339;ur jusqu'&#224; ce que la notion soit int&#233;gr&#233;e compl&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : &#192; quel autre endroit aimeriez-vous enseigner l'innu-aimun ? &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; J'aimerais enseigner dans les communaut&#233;s innues, &#224; l'int&#233;rieur des terres, &#224; des enfants du pr&#233;scolaire et primaire en m&#234;me temps qu'&#224; leurs parents avec l'aide d'a&#238;n&#233;&#183;es. Ce serait la meilleure &#233;cole qui unirait la langue et la culture innues. Mais maintenant, j'enseigne l'innu &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al en ligne. J'aime cet enseignement, cela me permet d'exp&#233;rimenter cette fa&#231;on de faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B ! &lt;/em&gt; : En innu-aimun, y a-t-il des mots ou des concepts qui ont malheureusement d&#251; &#234;tre invent&#233;s pour nommer des ph&#233;nom&#232;nes blancs ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; Je ne dirais pas &#171; malheureusement &#187;. Toutes les langues inventent de nouveaux mots face aux nouvelles r&#233;alit&#233;s. Par exemple, depuis la pand&#233;mie et le confinement, les contacts par vid&#233;oconf&#233;rence ont augment&#233; : nous avons eu Zoom et des expressions sont apparues, &#171; zoomer &#187; par exemple. Dans notre monde actuel, il faut inventer les mots qui n'existent pas pour ne pas perdre la langue, c'est l'&#233;volution de la langue. Et tant que la langue &#233;volue, elle est en vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on dont les mots sont cr&#233;&#233;s en innu-aimun tient de l'observation, de la vision de l'objet ou du concept. Beaucoup de nouveaux mots sont cr&#233;&#233;s selon leur utilit&#233; chez les Innu&#183;es. Beaucoup d'autres ne sont pas cr&#233;&#233;s parce qu'ils ne sont pas utiles. Quand certains concepts en fran&#231;ais n'existent pas en innu, il faut expliquer le concept et traduire la d&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : La langue innue est-elle genr&#233;e ? Quels sont les genres en innu-aimun ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; Le genre, en innu, c'est l'anim&#233; et l'inanim&#233;. Cela n'a rien &#224; voir avec ce qui est vivant et non vivant, ce qui bouge ou ce qui ne bouge pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une fa&#231;on de classer les mots qui n'est pas non plus reli&#233;e au masculin ou au f&#233;minin. Mais nous pouvons diff&#233;rencier un homme d'une femme, d'un m&#226;le ou d'une femelle chez les animaux. Tous&#183;tes seront anim&#233;&#183;es : les hommes et les femmes, sans oublier toutes les cat&#233;gories d'&#234;tres humains. On dira pour l'orignal m&#226;le &#171; nape-mush &#187; (du morph&#232;me &lt;em&gt;nape&lt;/em&gt;, &#171; m&#226;le &#187;) et pour la femelle &#171; ishkue-mush &#187; (du morph&#232;me &lt;em&gt;ishkue&lt;/em&gt;, &#171; femelle &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : Pourriez-vous parler un peu du d&#233;bat entourant la n&#233;cessit&#233; ou non de transposer &#224; l'&#233;crit l'innu-aimun ? Et des enjeux de la standardisation de la langue ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; Quand on pense au fran&#231;ais, dont l'&#233;criture est standardis&#233;e partout dans le monde o&#249; la langue est utilis&#233;e, la question ne se pose pas. Apprendre le fran&#231;ais pour le parler, on appelle &#231;a un moyen de communication. Quand quelqu'un l'&#233;crit ou le lit, l&#224;, on appelle &#231;a l'&#233;ducation. On prot&#232;ge la langue par des lois, on manifeste pour celle-ci, on brandit le poing quand un directeur d'une quelconque compagnie fait une entrevue dans une autre langue que la langue prescrite par le peuple qui la veut en vie encore longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, je ne parle pas de d&#233;bat pour l'innu. Il en faudrait un pourtant, un d&#233;bat v&#233;ritable pour la conservation de l'innu par l'&#233;criture standardis&#233;e. Les personnes qui ne sont pas en faveur de cette standardisation ne savent souvent pas la lire ni l'&#233;crire. Elles ne connaissent pas encore la richesse de leur langue maternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose que les Innu&#183;es doivent faire pour l'enjeu entourant la langue, c'est de la transmettre oralement &#224; la g&#233;n&#233;ration suivante. Il ne faut pas laisser gagner les langues dominantes dans la conversation. Je m'explique : quand mon enfant me r&#233;pond en fran&#231;ais ou en anglais, je continue &#224; parler innu, je r&#233;ponds en innu. L'important est d'abord de parler la langue. L'&#233;crire viendra ensuite, apr&#232;s avoir eu un bon apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utiliser la bonne orthographe est bon pour les enfants qui apprennent la langue sur les bancs d'&#233;cole. Il faut qu'ils et elles voient une bonne orthographe exempte de fautes. Ce sera plus facile de lire, de comprendre pour la suite de l'apprentissage. Si nous lisions quelque chose &#233;crit ainsi : &#171; keskia, pourkoi ske t'me parl d'm&#234;me ? &#187; dans les livres qu'apportent nos enfants de l'&#233;cole, nous appellerions probablement la direction d'&#233;cole pour nous plaindre. Nous aurions une discussion quant au s&#233;rieux de l'enseignement. La confiance en l'&#233;cole serait &#233;branl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de l'innu, certains parents n'ont pas eu la chance de conna&#238;tre l'&#233;criture standardis&#233;e. Les enfants l'apprennent &#224; l'&#233;cole, mais pas encore suffisamment. Si le parent s'int&#233;resse &#224; cette &#233;criture, il ou elle pourra apprendre en m&#234;me temps que son enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Est-ce que la toponymie de la C&#244;te-Nord refl&#232;te bien la pr&#233;sence de l'innu-aimun ? &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. : &lt;/strong&gt;Les Innu&#183;es ont toujours nomm&#233; les rivi&#232;res, les lacs, les portages qu'ils et elles fr&#233;quentaient depuis des mill&#233;naires. Les villages voisins des communaut&#233;s innues sont nomm&#233;s en innu, m&#234;me que les noms de certains d'entre eux sont francis&#233;s de l'innu. Par exemple &lt;em&gt;Tshekashkau&lt;/em&gt;, qui veut dire &#171; endroit rocheux, sans banc de sable &#187;, s'appelle en fran&#231;ais Kegaska. Avec la colonisation, certains lacs, rivi&#232;res ou montagnes ont &#233;t&#233; renomm&#233;s. Mais l'Innu&#183;e gardera le nom de l'endroit tel qu'il ou elle l'a appris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quelles seraient les cons&#233;quences directes de la disparition de la langue ? Pourquoi son maintien et son d&#233;veloppement sont-ils cruciaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; La culture est tr&#232;s li&#233;e &#224; la langue, les deux sont ins&#233;parables. La culture des gens nomades dispara&#238;t tranquillement et s'en va vers l'oubli dans certaines communaut&#233;s. Les jeunes et les enfants ne vivent plus comme leurs anc&#234;tres, n'ont pas la moiti&#233; du vocabulaire que ces dernier&#183;&#232;res connaissaient et utilisaient. C'est la s&#233;dentarisation et l'&#233;ducation obligatoire qui a fragilis&#233; la langue. Si la langue dispara&#238;t, la culture aussi dispara&#238;t, tout comme notre identit&#233;. Les Innu&#183;es auraient de la difficult&#233; &#224; s'identifier r&#233;ellement, &#224; vivre pleinement, &#224; pratiquer les activit&#233;s culturelles comme cela se faisait au temps de leurs grands-parents. Ils et elles pourraient pratiquer les activit&#233;s d'une autre fa&#231;on, peut-&#234;tre sans la moindre conviction. Si cela arrive un jour, les Innu&#183;es vont tenter de &#171; baragouiner &#187; une langue lointaine, sans trop savoir ce qu'ils et elles disent et sans comprendre toute l'immensit&#233; des subtilit&#233;s de la langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, en allant dans une communaut&#233; innue, nous cherchions notre chemin. Nous nous sommes donc arr&#234;t&#233;&#183;es proche d'une maison. Un a&#238;n&#233; &#233;tait assis sur la galerie, sur sa chaise ber&#231;ante, il me faisait penser &#224; mon p&#232;re. Un homme basan&#233; qui a pris beaucoup de soleil, quelques rides sur le front, les cheveux noirs. Je me suis approch&#233;e de lui et lui ai demand&#233; le chemin en innu. Il m'a r&#233;pondu en fran&#231;ais en me disant qu'il ne me comprenait pas. J'ai donc redemand&#233; en fran&#231;ais et il m'a indiqu&#233; le chemin. J'ai &#233;t&#233; d&#233;boussol&#233;e de voir qu'il ne parlait pas innu et qu'il &#233;tait un Innu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense &#224; ces nations qui ont vu leur langue s'endormir. Elles tentent de la r&#233;veiller, mais ce n'est plus comme avant, elles ne peuvent plus d&#233;crire, plus dire. Tout ne r&#233;sonne plus comme avant. Elles empruntent &#224; d'autres langues, mais ce n'est plus pareil. Que dire des activit&#233;s traditionnelles ? Nous irions &#224; l'int&#233;rieur des terres en nommant tout en fran&#231;ais ou en anglais, en ne mangeant pas les produits de la chasse. C'est donc crucial de maintenir la langue, c'est notre identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;Tshimishta-nashkumitinan&lt;/em&gt; ! (Nous te remercions beaucoup !)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Yvette Mollen est professeure invit&#233;e &#224; la Facult&#233; des arts et des sciences, d&#233;partement de litt&#233;rature et langues du monde &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al. Les r&#233;ponses &#224; l'entrevue ont &#233;t&#233; donn&#233;es &#224; l'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Rapha&#235;lle Ainsley-Vincent&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nourritures nordiques</title>
		<link>https://www.ababord.org/Nourritures-nordiques</link>
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		<dc:date>2023-12-28T19:41:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ad&#232;le Clapperton-Richard</dc:creator>


		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Clapperton-Richard, Ad&#232;le</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Grenier bor&#233;al est une coop&#233;rative agricole et alimentaire situ&#233;e &#224; Longue-Pointe-de-Mingan, un peu au nord du 50e parall&#232;le. &#192; b&#226;bord ! est all&#233; sur place en avril dernier pour discuter du projet, voir les installations et constater que les d&#233;fis, tout comme la neige, abondent. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en 2013 que le Grenier bor&#233;al est mis sur pied par Claude Lussier et Jos&#233;e B&#233;langer. Le projet initial &#233;tait de fournir du travail aux membres travailleur&#183;euses des communaut&#233;s locales &#224; travers la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Clapperton-Richard-Adele-+" rel="tag"&gt;Clapperton-Richard, Ad&#232;le&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/868765.png?1703792307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;323&#034; height=&#034;193&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Grenier bor&#233;al est une coop&#233;rative agricole et alimentaire situ&#233;e &#224; Longue-Pointe-de-Mingan, un peu au nord du 50e parall&#232;le. &#192; b&#226;bord ! est all&#233; sur place en avril dernier pour discuter du projet, voir les installations et constater que les d&#233;fis, tout comme la neige, abondent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est en 2013 que le Grenier bor&#233;al est mis sur pied par Claude Lussier et Jos&#233;e B&#233;langer. Le projet initial &#233;tait de fournir du travail aux membres travailleur&#183;euses des communaut&#233;s locales &#224; travers la production mara&#238;ch&#232;re et l'&#233;ducation dans les &#233;coles, notamment sur les enjeux de l'alimentation locale. La mission avait aussi une part sociale et engag&#233;e, avec la volont&#233; d'offrir et de faire d&#233;couvrir une alimentation saine et locale aux habitant&#183;es de la Minganie, r&#233;gion &#233;loign&#233;e o&#249; les l&#233;gumes frais ne sont pas souvent disponibles et co&#251;tent beaucoup plus cher qu'au sud du Qu&#233;bec. Depuis, le projet a grandi et a d&#233;velopp&#233; de nouveaux volets, dont la cueillette et la transformation des produits forestiers non ligneux (PFNL), c'est-&#224;-dire les plantes sauvages, les petits fruits et les champignons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose-Aim&#233;e Auclair, directrice g&#233;n&#233;rale depuis janvier 2022, souligne que dans une entreprise traditionnelle, les employ&#233;&#183;es ne d&#233;velopperont pas n&#233;cessairement de sentiment d'appartenance. Le mod&#232;le coop&#233;ratif permet aux travailleur&#183;euses qui ont une vue d'ensemble sur le terrain de participer plus activement au d&#233;veloppement du projet, d'avoir leur mot &#224; dire et d'ainsi se sentir plus impliqu&#233;&#183;es. Pour elle, ce travail collaboratif mettant &#224; profit &#171; l'intelligence collective &#187;, avec un fonctionnement horizontal, est beaucoup plus souhaitable que le mod&#232;le vertical conventionnel. Le Grenier bor&#233;al permet ainsi de &#171; pousser cette id&#233;ologie &#187; coop&#233;rative en Minganie, avec toutes les valeurs de gauche qui l'accompagnent &#8211; solidaires, environnementales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Agriculture bor&#233;ale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cultiver des l&#233;gumes au nord du 50e parall&#232;le comporte son lot de d&#233;fis et d'enjeux. Par exemple, le type de sol pr&#233;sent &#224; cet endroit sur la C&#244;te-Nord, tr&#232;s sableux, retient moins l'eau et les engrais. Aussi, parce que la saison est tellement courte &#8211; la p&#233;riode sans gel ne s'&#233;tend que de la mi-juin au tout d&#233;but d'octobre ! &#8211;, la p&#233;riode d'activit&#233; biologique l'est &#233;galement, frein&#233;e quand le sol est trop froid. Rendre les sols propices &#224; la production mara&#238;ch&#232;re est donc un travail de longue haleine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3523 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L349xH231/8768-8dc8d.png?1729018173' width='349' height='231' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La fertilisation est en fait un enjeu majeur sur la C&#244;te-Nord, et encore plus en Minganie, en raison du transport et des co&#251;ts. Tout sera plus cher et moins facilement accessible. Faire venir un &#171; douze roues &#187; de fumier, par exemple, co&#251;tera environ 800 $, comparativement &#224; moins de 200 $ dans les r&#233;gions plus au sud. Pour cette raison, plusieurs strat&#233;gies sont d&#233;ploy&#233;es pour amender les sols avec ce qui est disponible localement &#8211; et gratuit. Parmi ces alternatives, il y a l'usage des algues, qui sont ramen&#233;es sur la ferme, puis laiss&#233;es en d&#233;composition pendant l'&#233;t&#233; afin de pouvoir en faire un fertilisant &#224; &#233;pandre &#224; l'automne. De m&#234;me, le capelan, un petit poisson qui vient s'&#233;chouer sur les berges, est ramass&#233; au mois de juin et enfoui dans les sols. Ce genre de savoir provient souvent des a&#238;n&#233;&#183;es des communaut&#233;s locales, qui maintiennent que c'est &#171; le meilleur engrais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des moyens plus techniques pour allonger la saison de mara&#238;chage dans le climat nordique deviennent aussi n&#233;cessaires, comme la culture en serre, les &#171; tunnels chenilles &#187; (qui ne sont pas chauff&#233;s, mais qui permettent de prot&#233;ger les l&#233;gumes) ainsi que l'usage de b&#226;ches thermiques. Tout cela am&#232;ne des co&#251;ts de production qui sont beaucoup plus grands qu'ailleurs. Malgr&#233; tout, sur ses 0,6 hectare, le Grenier bor&#233;al r&#233;ussit &#224; produire bien plus que les traditionnels &#171; choux, carottes, navets, patates &#187; auxquels les gens des villages nord-c&#244;tiers &#233;taient habitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cueillir ce qui est &#224; port&#233;e de main&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce climat bor&#233;al de la Minganie repr&#233;sente toutefois un avantage pour d'autres types de cultures. Traditionnellement, c'est la cueillette foresti&#232;re qui est pratiqu&#233;e sur le territoire. L'exploitation des ressources non ligneuses permet alors de mettre en valeur ce qui pousse localement, soit les petits fruits nordiques (l'airelle vigne d'Ida &#8211; ce que les Innu&#183;es appellent les &#171; graines rouges &#187; &#8211;, la camarine, la ronce arctique et la chicoutai). C'est une &#171; escouade &#187; d'environ 80 cueilleur&#183;euses qui sont engag&#233;&#183;es chaque &#233;t&#233; sur 400 km de long, de Kegaska &#224; Sheldrake.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3524 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L317xH213/989-d2cf8.png?1729018173' width='317' height='213' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce volet est beaucoup d&#233;velopp&#233; en partenariat avec la communaut&#233; innue d'Ekuanitshit. Comme le souligne Alex Beaudin : &#171; &lt;em&gt;les a&#238;n&#233;&#183;es des communaut&#233;s allochtones cueillent depuis toujours et les a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s des communaut&#233;s autochtones&#8230; c'est encore pire, y cueillent des affaires qu'on ne conna&#238;t m&#234;me pas !&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit collaboratif de la coop&#233;rative prend forme aussi &#224; travers diff&#233;rents projets de recherche men&#233;s avec le Centre d'exp&#233;rimentation et de d&#233;veloppement en for&#234;t bor&#233;ale (CEDFOB) situ&#233; &#224; Baie-Comeau, pour mettre en place des essais de culture des petits fruits nordiques et des proc&#233;dures de cueillettes responsables, avec des objectifs de protection des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3526 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L320xH212/123123-5-a9ade.png?1729018173' width='320' height='212' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Semer du changement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers ces partenariats, le Grenier bor&#233;al entend &#233;largir ses sph&#232;res d'activit&#233;s, en misant de plus en plus sur la formation et l'&#233;ducation, non seulement de ses membres, mais aussi des habitant&#183;es de la r&#233;gion. Le volet &#233;ducatif se lie &#224; l'agrotourisme, avec l'organisation de visites de la ferme ou encore l'accueil de b&#233;n&#233;voles pour travailler aux champs &#8211; pr&#232;s de 40 000 heures de b&#233;n&#233;volat ont d'ailleurs &#233;t&#233; offertes au Grenier bor&#233;al jusqu'&#224; maintenant, par une centaine de personnes !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3525 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L317xH210/345243-c5d6e.png?1729018173' width='317' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'aspect alimentaire est aussi en d&#233;veloppement, en vue d'initier des jeunes de la r&#233;gion &#224; manger des l&#233;gumes diff&#233;rents. Une collaboration avec l'&#233;cole primaire de la communaut&#233; innue de Nutashkuan, qui souhaite introduire des aliments locaux dans sa caf&#233;t&#233;ria, prendrait ainsi forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Grenier bor&#233;al appara&#238;t ainsi comme un terreau fertile en innovations, apprentissages et collaborations qui permettent de cultiver, au-del&#224; des l&#233;gumes et des petits fruits nordiques, des liens de solidarit&#233; dans les communaut&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rose-Aim&#233;e Auclair est directrice g&#233;n&#233;rale du Grenier bor&#233;al ; Alex Beaudin est vice-pr&#233;sident et coordonnateur volet forestible du Grenier bor&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos : Ad&#232;le Clapperton-Richard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La police, &#224; quoi &#231;a sert ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-police-a-quoi-ca-sert</link>
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		<dc:date>2022-12-29T20:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ad&#232;le Clapperton-Richard, Philippe de Grosbois, Philippe N&#233;m&#233;h-Nombr&#233;, Ramon Vitesse</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>de Grosbois, Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Vitesse, Ramon </dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Clapperton-Richard, Ad&#232;le</dc:subject>
		<dc:subject>N&#233;m&#233;h-Nombr&#233;, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis l'annonce de la mise en place d'un couvre-feu en janvier dernier, le premier ministre Fran&#231;ois Legault et la ministre de la S&#233;curit&#233; publique Genevi&#232;ve Guilbault n'ont cess&#233; de r&#233;it&#233;rer leur confiance dans le &#171; bon jugement &#187; des policier&#183;&#232;re&#183;s. Pourtant, le mois pr&#233;c&#233;dent, notre Bon P&#232;re de Famille se faisait s&#233;v&#232;rement rabrouer par les forces de l'ordre pour avoir affirm&#233; que c'&#233;tait &#171; chez certains policiers &#187; o&#249; &#171; il y a le plus &#187; de racisme. Monsieur Legault s'est rapidement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-La-police-a-quoi-ca-sert-" rel="directory"&gt;Dossier : La police, &#224; quoi &#231;a sert ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-de-Grosbois-Philippe-+" rel="tag"&gt;de Grosbois, Philippe &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vitesse-Ramon-+" rel="tag"&gt;Vitesse, Ramon &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Clapperton-Richard-Adele-+" rel="tag"&gt;Clapperton-Richard, Ad&#232;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nemeh-Nombre-Philippe-+" rel="tag"&gt;N&#233;m&#233;h-Nombr&#233;, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3092.jpg?1642092256' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;731&#034; height=&#034;732&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'annonce de la mise en place d'un couvre-feu en janvier dernier, le premier ministre Fran&#231;ois Legault et la ministre de la S&#233;curit&#233; publique Genevi&#232;ve Guilbault n'ont cess&#233; de r&#233;it&#233;rer leur confiance dans le &#171; bon jugement &#187; des policier&#183;&#232;re&#183;s. Pourtant, le mois pr&#233;c&#233;dent, notre Bon P&#232;re de Famille se faisait s&#233;v&#232;rement rabrouer par les forces de l'ordre pour avoir affirm&#233; que c'&#233;tait &#171; chez certains policiers &#187; o&#249; &#171; il y a le plus &#187; de racisme. Monsieur Legault s'est rapidement excus&#233;, et &#224; plusieurs reprises : il &#233;tait impensable de se mettre &#224; dos l'institution qui constitue un pilier de son approche de lutte &#224; la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De fait, la derni&#232;re ann&#233;e nous a permis de constater de fa&#231;on souvent brutale &#224; quel point la logique polici&#232;re est int&#233;gr&#233;e &#224; notre soci&#233;t&#233;. Si la lutte &#224; la pand&#233;mie implique n&#233;cessairement des mesures sanitaires essentielles, il est bien &#233;tabli que ces consignes sont davantage suivies si elles s'accompagnent de mesures ambitieuses de soutien social et communautaire. Or, l'approche paternaliste et conservatrice de la Coalition Avenir Qu&#233;bec (CAQ) l'am&#232;ne plut&#244;t &#224; opter pour des mesures coercitives et punitives, donnant ainsi le beau r&#244;le &#224; la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce choix est d'autant plus frappant que la police est l'objet de critiques de plus en plus nourries, profondes et partag&#233;es, et ce, tant au Qu&#233;bec qu'ailleurs. Les r&#233;ponses punitives et le contr&#244;le policier sont de plus en plus rejet&#233;s alors que des solutions communautaires pour faire face &#224; de nombreuses probl&#233;matiques sociales sont mises de l'avant. Le profilage racial, le profilage social de l'itin&#233;rance, la r&#233;pression de certaines manifestations ou encore la dangereuse inad&#233;quation des interventions polici&#232;res dans des situations de crise de sant&#233; mentale, d'utilisation de drogues, ou de violences &#224; caract&#232;re sexuel par exemple, devraient nous amener &#224; repenser le r&#244;le de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels enjeux sont au c&#339;ur de ce dossier. &#192; qui et &#224; quoi sert la police ? Comment s'est-elle d&#233;ploy&#233;e et comment sa logique s'est-elle diffus&#233;e dans nos soci&#233;t&#233;s ? Quel &#171; ordre &#187; et quelle &#171; s&#233;curit&#233; &#187; maintient-elle ? Quelles sont les critiques dont elle fait l'objet ? Et surtout, que faire de cette institution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, dans certains cas, la r&#233;ponse s'oriente davantage vers une surveillance critique, d'autres penchent vers le d&#233;financement de l'institution et la redistribution des fonds dans des initiatives et des supports communautaires mieux adapt&#233;s aux r&#233;alit&#233;s sociales. Finalement, les arguments abolitionnistes sont aussi d&#233;velopp&#233;s : on est encore peu familier&#183;&#232;re&#183;s au Qu&#233;bec avec ce genre de discours, mais il y a l&#224; mati&#232;re &#224; r&#233;fl&#233;chir afin d'imaginer une soci&#233;t&#233; exempte de la violence, de la r&#233;pression et de la surveillance polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Coordonn&#233; par Ad&#232;le Clapperton-Richard, Philippe de Grosbois, Philippe N&#233;m&#233;h-Nombr&#233; et Ramon Vitesse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec des contributions de Marie-Livia Beaug&#233;, Ad&#232;le Clapperton-Richard, le Collectif Montr&#233;al sans profilage, Beno&#238;t D&#233;cary-Secours, Jo&#235;lle Dussault, Philippe de Grosbois, Mariame Kaba, Marlihan Lopez, Alexandre Popovic, Ted Rutland et Ramon Vitesse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'histoire (vraie) de la police au Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-histoire-vraie-de-la-police-au-Quebec</link>
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		<dc:date>2022-12-29T20:01:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ad&#232;le Clapperton-Richard</dc:creator>


		<dc:subject>Clapperton-Richard, Ad&#232;le</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La police au Qu&#233;bec est importante. On le voit aujourd'hui : la gestion de la crise sociale et sanitaire est fortement polici&#232;re. Rien de bien surprenant, quand on conna&#238;t l'historique de l'institution. Petite chronologie, ici, qui montre que la police a toujours &#233;t&#233; au service du capital, du colonialisme et des nationalismes canadien et qu&#233;b&#233;cois. &lt;br class='autobr' /&gt;
La police est aujourd'hui une des institutions les plus pr&#233;sentes et les plus fortes, m&#234;me dans les &#201;tats d&#233;mocratiques. C'est le cas au Qu&#233;bec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-La-police-a-quoi-ca-sert-" rel="directory"&gt;Dossier : La police, &#224; quoi &#231;a sert ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Clapperton-Richard-Adele-+" rel="tag"&gt;Clapperton-Richard, Ad&#232;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/134123.jpg?1672344028' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1350&#034; height=&#034;932&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La police au Qu&#233;bec est importante. On le voit aujourd'hui : la gestion de la crise sociale et sanitaire est fortement polici&#232;re. Rien de bien surprenant, quand on conna&#238;t l'historique de l'institution. Petite chronologie, ici, qui montre que la police a toujours &#233;t&#233; au service du capital, du colonialisme et des nationalismes canadien et qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La police est aujourd'hui une des institutions les plus pr&#233;sentes et les plus fortes, m&#234;me dans les &#201;tats d&#233;mocratiques. C'est le cas au Qu&#233;bec et au Canada. Se targuant d'assurer la &#171; s&#233;curit&#233; &#187; des citoyen&#183;ne&#183;s, les corps policiers ont plut&#244;t jou&#233; dans l'histoire, et jouent encore, un r&#244;le de &lt;em&gt;r&#233;pression&lt;/em&gt;. Ce que l'institution nomme un &#171; maintien &#187; et un &#171; r&#233;tablissement de l'ordre &#187; ressemble plus &#224; de la surveillance accrue, de la coercition et des confrontations souvent violentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces confrontations visent des groupes sp&#233;cifiques. La preuve n'est plus &#224; faire que la police n'intervient pas de mani&#232;re neutre et impartiale devant les divers groupes et mouvements sociaux. Elle a au contraire toujours exerc&#233; un contr&#244;le des groupes consid&#233;r&#233;s &#171; subversifs &#187; ou &#171; dangereux &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire les franges les plus marginalis&#233;es de la population, notamment celles qui militent pour leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section &#171; Histoire &#187; du site Web de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec (SQ)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; 1870-2020 : Histoire de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec &#187;. En ligne : www.sq.gouv.qc.ca/or&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nous informe que le &#171; &lt;em&gt;d&#233;veloppement de cette figure marquante de l'histoire de la province est &#233;troitement li&#233; &#224; celui de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise&lt;/em&gt; &#187;. L'histoire de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise &#233;tant une histoire empreinte de racisme, de colonialisme, de sexisme, d'in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques et de rapports de classes, l'&#233;nonc&#233; de la SQ appara&#238;t donc tout &#224; fait appropri&#233; : l'histoire de la police est exactement &#224; cette image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce petit tour d'horizon des principaux faits marquants de l'institution polici&#232;re au Qu&#233;bec en rend bien compte. S'il y a au Qu&#233;bec trois &#171; niveaux &#187; de corps de police qui interviennent &#8211; municipal, provincial et f&#233;d&#233;ral &#8211; c'est principalement sur l'histoire de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec que je m'attarderai.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;XVIIe et XIXe si&#232;cles : colonisation et &#171; ordre social &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec et au Canada, la cr&#233;ation des corps policiers modernes va de pair avec la Conf&#233;d&#233;ration. Leur r&#244;le est fondamental dans la colonisation et l'appropriation des territoires autochtones, plus particuli&#232;rement dans l'Ouest canadien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sean Carleton, &#171; Might is not right : A historical perspective on coercion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, la pr&#233;d&#233;cesseure de la Royal Canadian Mounted Police / Gendarmerie royale du Canada (RCMP/GRC), la North-West Mounted Police, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1873 par le gouvernement de John A. Macdonald sp&#233;cifiquement pour assurer l'expansion et la r&#233;gulation coloniales, &#224; travers les d&#233;placements et la relocalisation forc&#233;s des populations autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction coloniale des premiers &#171; policiers &#187; au Qu&#233;bec remonte toutefois au XVIIe si&#232;cle. Sur le site du Service de police de la Ville de Montr&#233;al (SPVM), on nous apprend par exemple que les &#171; &lt;em&gt;premiers repr&#233;sentants de l'ordre de Montr&#233;al&lt;/em&gt; &#187; sont regroup&#233;s sous une milice de 120 hommes cr&#233;&#233;e par Paul Chomedey de Maisonneuve en 1663. Cette milice a pour mission de &#171; &lt;em&gt;surveiller l'ennemi qui menace les paysans dispers&#233;s sur leurs terres &#224; l'ext&#233;rieur des murs de Ville-Marie&lt;/em&gt; &#187; et &#171; &lt;em&gt;n'a pas pour responsabilit&#233; premi&#232;re de r&#233;primer le crime&lt;/em&gt; &#187;. Il est ais&#233; de comprendre que &#171; l'ennemi &#187; mena&#231;ant pour les colons est en fait la population autochtone. La r&#233;pression polici&#232;re des peuples autochtones au Qu&#233;bec prend donc racine dans les d&#233;buts du colonialisme &#8211; et elle se poursuit jusqu'&#224; nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonctions de contr&#244;le social et de coercition envers d'autres groupes sociaux sont aussi manifestes d&#232;s la mise sur pied de la police provinciale. En 1870, le 1er mai &#8211; une date particuli&#232;rement significative, et ironique, lorsqu'on pense &#224; la r&#233;pression polici&#232;re des ouvrier&#183;&#232;re&#183;s &#8211;, l'organisation de la Police provinciale du Qu&#233;bec, anc&#234;tre de la SQ, est officiellement cr&#233;&#233;e. Il est &#233;nonc&#233; que cette police &#171; &lt;em&gt;pourra intervenir lors d'&#233;meutes &#233;lectorales, religieuses et conflits ouvriers tout en veillant au respect des lois f&#233;d&#233;rales, provinciales et r&#232;glements municipaux&lt;/em&gt; &#187;. Assurer la &#171; s&#233;curit&#233; &#187; signifie alors beaucoup contenir les mouvements qui pourraient perturber l'ordre social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la figure du &#171; constable &#187; qui r&#233;sume bien l'esprit devant animer ces policiers, c'est-&#224;-dire des hommes &#171; &lt;em&gt;robustes et capables qui seront arm&#233;s&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;de fusils ou mousquets l&#233;gers, de ba&#239;onnettes et de revolvers ou toutes autres armes&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;dont ils ne devront se servir que dans des cas d'extr&#234;me n&#233;cessit&#233;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Histoire de la police &#224; Montr&#233;al &#187;. En ligne : spvm.qc.ca/fr/Pages/Decouvrir-l&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ainsi, l'armement constant et le &#171; bon jugement &#187; des policiers semblent incontournables d&#232;s les d&#233;buts.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;but et mi-XXe si&#232;cle : moralit&#233; et r&#233;pression des luttes ouvri&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au tournant du XXe si&#232;cle, l'argument qui justifie les interventions polici&#232;res est, comme aujourd'hui, celui de la lutte contre la criminalit&#233;. C'est en fait une surveillance &#233;troite de la moralit&#233; qui se met en place, et qui se concr&#233;tise par une &#171; chasse &#187; aux d&#233;viant&#183;e&#183;s. Diff&#233;rents corps de police de niveau provincial sont cr&#233;&#233;s au d&#233;but des ann&#233;es 1900 : Police du revenu, Police de la circulation et Police des liqueurs. Cette derni&#232;re joue un r&#244;le fondamental dans les &#171; &lt;em&gt;arrestations d'ivrognes&lt;/em&gt; &#187; et le &#171; &lt;em&gt;d&#233;mant&#232;lement des &#8220;lieux de d&#233;bauche&#8221;&lt;/em&gt; &#187;. Ce sont en fait des escouades de la moralit&#233; qui assurent contr&#244;le et coercition sur les maisons de jeu, la vente d'alcool, la prostitution et le commerce des drogues, particuli&#232;rement l'opium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1940 et au cours des ann&#233;es 1950, sous Duplessis, les policiers de ce qui est alors nomm&#233; la S&#251;ret&#233; provinciale sont particuli&#232;rement actifs dans la r&#233;pression violente des mouvements ouvriers. Lors de gr&#232;ves et de manifestations de travailleur&#183;euse&#183;s d'usines de textile, &#224; Salaberry-de-Valleyfield (1946) et Louiseville (1952) ou du secteur minier, &#224; Asbestos (1949) et Murdochville (1957), les policiers interviennent pour prot&#233;ger les briseurs de gr&#232;ve (&lt;em&gt;scabs&lt;/em&gt;) et leur permettre de passer les piquets de gr&#232;ve, tout en arr&#234;tant les gr&#233;vistes par centaines. Ces affrontements causent plusieurs bless&#233;s, et m&#234;me un mort, &#224; Murdochville.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1960-1980 : modernisation et militarisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les chercheur&#183;euse&#183;s qui ont &#233;tudi&#233; la police s'entendent pour dire que les ann&#233;es 1960 et 1970 marquent un tournant caract&#233;ris&#233; par une militarisation accrue des forces polici&#232;res et une augmentation de la r&#233;pression envers les mouvements sociaux et les groupes marginalis&#233;s militant pour la reconnaissance de leurs droits. Dans un contexte o&#249; les in&#233;galit&#233;s, surtout &#233;conomiques et raciales, se consolident, l'expansion de la puissance et de la pr&#233;sence polici&#232;res est li&#233;e &#224; des politiques n&#233;oconservatrices qui am&#232;nent des solutions et des r&#233;ponses punitives aux probl&#232;mes sociaux &#8211; pr&#233;carit&#233; &#233;conomique, itin&#233;rance, toxicomanie, etc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Alex S. Vitale, The End of Policing, Londres, Verso, 2017.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La crainte que la population vivant dans la pr&#233;carit&#233; puisse devenir &#171; dangereuse &#187; justifie le profilage et l'interventionnisme plus fort de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, ces ann&#233;es sont caract&#233;ris&#233;es par &#171; &lt;em&gt;le retour d'un mod&#232;le administratif militaire&lt;/em&gt; &#187; &#224; la SQ, sous la direction de Josaphat Brunet &#8211; un ancien sup&#233;rieur de la GRC. Une quarantaine d'ex-membres de la GRC seront m&#234;me nomm&#233;s &#224; des &#171; postes cl&#233;s &#187; &#224; la SQ entre 1960 et 1965. Ces liens entre GRC et SQ sont &#224; consid&#233;rer dans le contexte des interventions colonialistes de la police dans les ann&#233;es 1980 et 1990, notamment &#224; Listuguj pour imposer des restrictions aux Mi'kmaq sur la p&#234;che aux saumons, puis sur le territoire des Kanien'k&#233;ha:ka lors du si&#232;ge d'Oka par la SQ d'abord, puis l'arm&#233;e canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1990 &#224; aujourd'hui : expansion et puissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1990 et 2000 am&#232;nent des interventions polici&#232;res de plus en plus nombreuses et r&#233;pressives, particuli&#232;rement dans le cadre de grandes manifestations men&#233;es par des mouvements sociaux de gauche. Un exemple embl&#233;matique : la violence de l'intervention des policiers de la SQ lors du Sommet des Am&#233;riques de Qu&#233;bec en 2001 ou, plus r&#233;cemment, lors de la gr&#232;ve &#233;tudiante de 2012. La r&#233;ponse aux &#171; &lt;em&gt;enjeux de s&#233;curit&#233; publique propres au XXIe si&#232;cle&lt;/em&gt; &#187;, pour reprendre encore une formulation de la SQ, se d&#233;ploie donc dans la poursuite de l'armement des corps policiers et dans l'allocation d'un budget de plus en plus important &#8211; 1,1 milliard de dollars en 2018-2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pass&#233; et l'actualit&#233; de la police renvoient &#224; la violence coloniale, au contr&#244;le des &#171; d&#233;viant&#183;e&#183;s &#187; et &#224; la r&#233;pression des populations les plus marginalis&#233;es. Si la police a pris forme dans des contextes sociaux, politiques et historiques particuliers, on peut peut-&#234;tre imaginer, pour le futur, d'autres contextes dans lesquels il n'y aurait pas de police. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; 1870-2020 : Histoire de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec &#187;. En ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='http://www.sq.gouv.qc.ca/organisation/histoire/' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.sq.gouv.qc.ca/organisation/histoire/&lt;/a&gt; Sauf mention contraire, les citations de cet article proviennent de ce site Web.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sean Carleton, &#171; Might is not right : A historical perspective on coercion as a colonial strategy &#187;, Canadian Dimension. En ligne : canadiandimension.com/articles/view/might-is-not-right-a-historical-perspective-on-coercion-as-a-colonial-strategy&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Histoire de la police &#224; Montr&#233;al &#187;. En ligne : spvm.qc.ca/fr/Pages/Decouvrir-le-SPVM/Musee-de-la-police/Histoire-de-la-police-a-Montreal&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Alex S. Vitale, &lt;em&gt;The End of Policing&lt;/em&gt;, Londres, Verso, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;PART DU BUDGET DE LA GRC VOU&#201;E &#192; LUTTER CONTRE DES D&#201;FENSEURS AUTOCHTONES DU TERRITOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gendarmerie royale du Canada a d&#233;pens&#233; plus de 13 millions de dollars entre janvier 2019 et mars 2020 pour surveiller, r&#233;primer et arr&#234;ter des militant&#183;e&#183;s Wet'suwet'en qui d&#233;fendaient leur territoire et leurs droits ancestraux en s'opposant au projet de pipeline Coastal GasLink.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :Chantelle Bellrichard, &#171; RCMP spent more than $13M on policing Coastal GasLink conflict on Wet'suwet'en territory &#187;, CBC News, 21 octobre 2020. En ligne : &lt;a href=&#034;http://www.cbc.ca/news/indigenous/rcmp-wetsuweten-pipeline-policing-costs-1.5769555&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cbc.ca/news/indigenous/rcmp-wetsuweten-pipeline-policing-costs-1.5769555&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Ramon Vitesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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