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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Qui &#233;chappe &#224; l'extractivisme ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arianne Des Rochers, Miriam Hatabi, Louise Nachet, Samuel Raymond</dc:creator>


		<dc:subject>Hatabi, Miriam</dc:subject>
		<dc:subject>Nachet, Louise</dc:subject>
		<dc:subject>Des Rochers, Arianne</dc:subject>
		<dc:subject>Raymond, Samuel</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour commander ce num&#233;ro et le recevoir par la poste, passez sur le site des Libraires. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'extraction des ressources naturelles est une affaire bien canadienne, mais aussi bien qu&#233;b&#233;coise. On creuse des mines pour extraire les minerais du sol ; on coupe des for&#234;ts pour extraire les mati&#232;res ligneuses ; on b&#226;tit de grandes infrastructures hydro&#233;lectriques pour extraire l'&#233;nergie de la force hydraulique. Ce mode de &#171; cr&#233;ation de richesses &#187;, aussi destructeur soit-il, est rarement remis en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Qui-echappe-a-l-extractivisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Qui &#233;chappe &#224; l'extractivisme ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hatabi-Miriam-+" rel="tag"&gt;Hatabi, Miriam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nachet-Louise-+" rel="tag"&gt;Nachet, Louise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Des-Rochers-Arianne-+" rel="tag"&gt;Des Rochers, Arianne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Raymond-Samuel-+" rel="tag"&gt;Raymond, Samuel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/ababord101_dossierimage-hr.jpg?1726933745' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;5400&#034; height=&#034;3375&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour commander ce num&#233;ro et le recevoir par la poste, passez sur le &lt;a href=&#034;https://www.leslibraires.ca/livres/a-babord-no-101-qui-echappe-9782925225201.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site des Libraires&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'extraction des ressources naturelles est une affaire bien canadienne, mais aussi bien qu&#233;b&#233;coise. On creuse des mines pour extraire les minerais du sol ; on coupe des for&#234;ts pour extraire les mati&#232;res ligneuses ; on b&#226;tit de grandes infrastructures hydro&#233;lectriques pour extraire l'&#233;nergie de la force hydraulique. Ce mode de &#171; cr&#233;ation de richesses &#187;, aussi destructeur soit-il, est rarement remis en question dans les sph&#232;res politiques. Pour preuve, dans les derni&#232;res ann&#233;es, la question de l'extraction du lithium s'est articul&#233;e autour de l'opposition privatisation/nationalisation de la ressource, plut&#244;t que de g&#233;n&#233;rer un d&#233;bat sur la validit&#233; de la fili&#232;re batterie pour r&#233;pondre aux enjeux bien r&#233;els li&#233;s aux changements climatiques. Est-ce que la perp&#233;tuelle extraction de ressources &#233;nerg&#233;tiques r&#232;glera plus de probl&#232;mes sociaux et environnementaux qu'elle n'en cr&#233;era ? Un pipeline peut-il vraiment &#234;tre une r&#233;ponse &#224; la crise climatique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, l'extractivisme est un paradigme dominant. C'est ce que ce dossier vous invite &#224; consid&#233;rer. L'extractivisme est aussi une mani&#232;re de se comprendre collectivement : Chl&#233;o Pelletier nous montre comment le nationalisme qu&#233;b&#233;cois est indissociable de l'hydro&#233;lectricit&#233;, un mode tout particulier de prise de possession du territoire et d'affirmation nationale. Aujourd'hui, ce nationalisme &#233;nerg&#233;tique semble vouloir se renouveler dans la foul&#233;e de la transition &#233;nerg&#233;tique avec le Projet Saint-Laurent, que notre collaborateur Quentin Lehmann d&#233;cortique pour nous. Jean-Philippe Sapinski nous am&#232;ne quant &#224; lui au Nouveau-Brunswick, o&#249; le tentaculaire empire des Irving s'est empar&#233; de l'appareil m&#233;diatique et politique de la province. Dans les Prairies, ce sont les champs desquels on extrait, depuis des d&#233;cennies, des ressources agricoles et &#233;nerg&#233;tiques, ainsi que de la valeur sp&#233;culative. L'extraction de ressources s'est d'ailleurs construite sur tout un dense et complexe &#233;chafaudage financier. Dans une entrevue avec Divest McGill, nous nous rendons au c&#339;ur de la lutte qui cherche &#224; pousser les institutions &#224; retirer leurs investissements des combustibles fossiles. Enfin, le collectif de MiningWatch Canada nous offre une r&#233;trospective de plus de 25 ans de militantisme contre l'extractivisme au Canada et &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'un syst&#232;me &#233;conomique, l'extractivisme, en tant que conception du monde, d&#233;robe les vies. Dans un texte tr&#232;s document&#233;, Philippe Blouin nous fait le r&#233;cit des enfances arrach&#233;es et mon&#233;tis&#233;es des orphelins de Duplessis et des enfants autochtones pour lesquels les M&#232;res mohawks luttent sans rel&#226;che depuis des ann&#233;es. &#192; l'universit&#233;, ce sont les savoirs autochtones que l'on extrait au d&#233;triment des communaut&#233;s selon Genevi&#232;ve Sioui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces appels &#224; la prudence, &#224; la responsabilit&#233; et &#224; la r&#233;sistance nous enjoignent de d&#233;celer, de d&#233;noncer et d'&#233;chapper &#224; l'extractivisme sous toutes ses formes, partout o&#249; il se cache. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Arianne Des Rochers, Miriam Hatabi, Louise Nachet et Samuel Raymond&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Illustr&#233; par Elisabeth Doyon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec des contributions de Philippe Blouin, Catherine Coumans, Val Croft, Arianne Des Rochers, Viviana Herrera, Jamie Kneen, Quentin Lehmann, Andr&#233; Magnan, Diana Martin, Chl&#233;o Pelletier, Jean Philippe Sapinski, Genevi&#232;ve Sioui et Rodrigue Turgeon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commander ce num&#233;ro et le recevoir par la poste, passez sur le &lt;a href=&#034;https://www.leslibraires.ca/livres/a-babord-no-101-qui-echappe-9782925225201.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site des Libraires&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Elisabeth Doyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;conciliation&#8482;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Reconciliation-TM</link>
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		<dc:date>2026-01-28T20:38:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miriam Hatabi</dc:creator>


		<dc:subject>Hatabi, Miriam</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que reste-t-il et qu'adviendra-t-il de la &#171; r&#233;conciliation &#187; ? &#192; l'occasion du mois de l'histoire des peuples autochtones, tenons nos gouvernements responsables des d&#233;tournements s&#233;mantiques qui leur servent &#224; faire avancer leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et ceux de leurs partenaires de l'industrie extractive. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Commission de v&#233;rit&#233; et r&#233;concilitation (CVR), qui s'est tenue de 2008 &#224; 2015, avait pour mandat d'&#233;tudier l'h&#233;ritage des pensionnats autochtones au Canada, d'entendre les t&#233;moignages (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-100-Ete-2024-" rel="directory"&gt;No 100 - &#201;t&#233; 2024&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hatabi-Miriam-+" rel="tag"&gt;Hatabi, Miriam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/02_ababord100-actus_hatabi__andrequerry.jpg?1769632615' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;864&#034; height=&#034;576&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que reste-t-il et qu'adviendra-t-il de la &#171; r&#233;conciliation &#187; ? &#192; l'occasion du mois de l'histoire des peuples autochtones, tenons nos gouvernements responsables des d&#233;tournements s&#233;mantiques qui leur servent &#224; faire avancer leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et ceux de leurs partenaires de l'industrie extractive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;La Commission de v&#233;rit&#233; et r&#233;concilitation (CVR), qui s'est tenue de 2008 &#224; 2015, avait pour mandat d'&#233;tudier l'h&#233;ritage des pensionnats autochtones au Canada, d'entendre les t&#233;moignages de survivant&#183;es des pensionnats et d'en informer l'ensemble de la population canadienne. Au bout de six ann&#233;es d'audiences, la CVR publie son rapport contenant ses 94 appels &#224; l'action. L'un d'entre eux demandait la tenue d'une enqu&#234;te sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassin&#233;es.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-14&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: normal; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-CA&#034;&gt;Huit ans apr&#232;s le d&#233;p&#244;t du rapport final de la CVR, seuls 13 des 94 appels &#224; l'action ont &#233;t&#233; compl&#233;t&#233;s. Devant la stagnation de la situation, le Yellowhead Institute, seul institut de politique publique au Canada &#224; &#234;tre dirig&#233; par des chercheur&#183;euses autochtones, a annonc&#233; en d&#233;cembre dernier mettre un terme &#224; sa s&#233;rie de publications annuelles faisant &#233;tat de la compl&#233;tion des appels &#224; l'action.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-14&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: normal; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-CA&#034;&gt;L'Institut d&#233;nonce par la m&#234;me occasion cinq barri&#232;res &#224; la r&#233;conciliation : le paternalisme des politicien&#183;nes, des bureaucrates et des l&#233;gislateur&#183;rices, la discrimination structurelle envers les Autochtones, le pr&#233;texte de &#171; l'int&#233;r&#234;t public &#187; pour justifier l'exploitation des territoires autochtones, l'insuffisance des ressources et la mont&#233;e en popularit&#233; d'un discours de la &#171; r&#233;conciliation &#233;conomique &#187;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-14&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: normal; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-CA&#034;&gt;Au Qu&#233;bec, il y a lieu d'&#234;tre vigilant&#183;es devant les d&#233;clarations d'Hydro-Qu&#233;bec, qui dit vouloir adopter une d&#233;marche de r&#233;conciliation &#233;conomique avec les Premi&#232;res Nations. Selon le plan d'action 2023 d'Hydro-Qu&#233;bec, cette r&#233;conciliation &#233;conomique prendrait la forme de partenariats financiers et de repr&#233;sentation et de concertation dans le cadre des projets de d&#233;veloppements hydro&#233;lectriques. Le mod&#232;le demeure le m&#234;me : harnacher de nouvelles rivi&#232;res, notamment sur la C&#244;te-Nord, ce &#224; quoi bien des communaut&#233;s innues s'opposent, en vue d'atteindre les objectifs d'&#233;lectrification promus par la CAQ. C'est le cas des Innu&#183;es d'Unamen Shipu avec la rivi&#232;re du Petit M&#233;catina, o&#249; Hydro-Qu&#233;bec aurait men&#233; des survols du territoire malgr&#233; l'opposition de la communaut&#233;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-14&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: normal; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-CA&#034;&gt;Si ce discours met de l'avant le d&#233;veloppement et le partage des ressources naturelles ainsi que le partage des profits, dans les mots des chercheur&#183;euses du Yellowhead Institute, &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-17&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-CA&#034;&gt;il est clair que la r&#233;conciliation &#233;conomique n'est pas une restitution des territoires ni la mise en &#339;uvre du type de r&#233;paration significative que demandent la Convention des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones ou le Livre rouge du Yellowhead Institute, &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-14&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: normal; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-CA&#034;&gt;Cash Back&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-17&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-CA&#034;&gt;. [&#8230;] La r&#233;conciliation &#233;conomique est un nouvel outil servant &#224; creuser des ol&#233;oducs, des mines, des d&#233;potoirs nucl&#233;aires, des bassins de r&#233;sidus de gaz bitumineux autoris&#233;s par des &#171; partenariats &#187; et des &#171; accords de partage de la ressource &#187; avec des Premi&#232;res Nations et des communaut&#233;s m&#233;tis et inuit.&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-14&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: normal; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-CA&#034;&gt; &#187; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Andr&#233; Querry&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Usurpations identitaires : Autochtones &#224; la place des Autochtones</title>
		<link>https://www.ababord.org/Usurpations-identitaires-Autochtones-a-la-place-des-Autochtones</link>
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		<dc:date>2025-08-12T19:09:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miriam Hatabi</dc:creator>


		<dc:subject>Hatabi, Miriam</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans l'Est-du-Qu&#233;bec et ailleurs, d&#232;s les ann&#233;es 1980, mais de fa&#231;on marqu&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 2000, des groupes de chasseurs et de d&#233;fense des droits des blancs se rassemblent pour se constituer en organisations m&#233;tisses. Ironiquement, se r&#233;clamer d'une ascendance autochtone est pour eux un moyen de militer contre l'avancement des droits territoriaux des Autochtones, comme le montre l'exemple du mouvement de r&#233;action envers les avanc&#233;es politiques des Innu&#183;es/Ilnu&#183;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on pense aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Demasquer-la-reaction-" rel="directory"&gt;Dossier : D&#233;masquer la r&#233;action&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/ababord98-c1-visuel-2.jpg?1755025651' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1350&#034; height=&#034;1688&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'Est-du-Qu&#233;bec et ailleurs, d&#232;s les ann&#233;es 1980, mais de fa&#231;on marqu&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 2000, des groupes de chasseurs et de d&#233;fense des droits des blancs se rassemblent pour se constituer en organisations m&#233;tisses. Ironiquement, se r&#233;clamer d'une ascendance autochtone est pour eux un moyen de militer contre l'avancement des droits territoriaux des Autochtones, comme le montre l'exemple du mouvement de r&#233;action envers les avanc&#233;es politiques des Innu&#183;es/Ilnu&#183;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La graphie &#171; Ilnus &#187; est celle privil&#233;gi&#233;e par les Pekuakamiulnuatsh, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Quand on pense aux faux Autochtones, il est probable qu'on pense d'abord aux nombreuses personnalit&#233;s publiques dont l'ascendance autochtone a &#233;t&#233; d&#233;mentie par des enqu&#234;tes journalistiques dans les derni&#232;res ann&#233;es. La plupart du temps, ces faux Autochtones (ou &#171; &lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034;&gt;pretendians&lt;/span&gt; &#187;) s'identifient comme tel&#183;les sur la base d'un r&#233;cit familial ou en raison de la pr&#233;sence, dans leur arbre g&#233;n&#233;alogique, d'une lointaine anc&#234;tre qui &#233;tait (ou pas vraiment) autochtone.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Sans &#234;tre n&#233;cessairement r&#233;actionnaires, il est possible de pr&#233;sumer que les actions de certain&#183;es faux Autochtones sont une r&#233;action, &#224; l'&#233;chelle individuelle, &#224; la cr&#233;ation de programmes et d'initiatives &#224; l'intention des peuples autochtones. Il s'agit d'un d&#233;tournement frauduleux de ressources financi&#232;res (comme des bourses d'&#233;tudes ou des prix), d'occasions d'avancement de carri&#232;re et d'admissions universitaires aux d&#233;pens des membres des Premi&#232;res Nations, des M&#233;tis et des Inuit auxquel&#183;les ces ressources et ces opportunit&#233;s sont destin&#233;es.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;L'artiste, cin&#233;aste et militante atikamekw nehirowisiw Catherine Boivin d&#233;nonce souvent les faux Autochtones et t&#233;moigne du fait que la nation w8banaki dans laquelle elle est &#233;tablie compose avec de fr&#233;quentes tentatives de fraude par de faux Ab&#233;nakis. La militante raconte &#234;tre parfois la cible d'intimidation par des personnes qui se pr&#233;tendent Autochtones et qui r&#233;agissent &#224; ses d&#233;nonciations de leurs pratiques d'usurpation identitaire et culturelle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;L'anthropologue Philippe Blouin nous fait aussi remarquer que la Meute et Storm Alliance, deux groupes d'extr&#234;me droite, instrumentalisent de l'imagerie autochtone comme la patte de loup, le drapeau de la conf&#233;d&#233;ration haudenosaunee et celui de la Mohawk Warrior Society &#224; des fins politiques x&#233;nophobes. Pour mieux s'opposer &#224; l'accueil de migrant&#183;es, la Meute avance que tout&#183;e Qu&#233;b&#233;cois&#183;e de deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration est Autochtone au m&#234;me titre que les membres des Premi&#232;res Nations.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Mais au-del&#224; de la &#171; simple &#187; usurpation identitaire individuelle, il existe des regroupements de faux Autochtones qui se mobilisent de mani&#232;re plus proprement r&#233;actionnaire contre l'avancement des droits des Autochtones.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'usurpation identitaire organis&#233;e&lt;/h2&gt;&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cela s'explique par la d&#233;cision de la Cour supr&#234;me du Canada dans l'affaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;, des organisations de faux M&#233;tis naissent de part et d'autre du Qu&#233;bec. Bien qu'ils se r&#233;clament du m&#234;me statut que celui des M&#233;tis de l'ouest des Grands Lacs et de Sault Ste. Marie, ces regroupements con&#231;oivent souvent le fait m&#233;tis comme le produit d'une simple ascendance personnelle mixte, et non comme le fait d'appartenir &#224; une communaut&#233; m&#233;tisse culturellement distincte&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une confusion subsiste parfois entre le terme M&#233;tis, d&#233;signant le peuple (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;. Les membres de ces organisations se d&#233;finissent comme m&#233;tiss&#233;&#183;es en raison de leur ascendance &#171; mixte &#187; canadienne-fran&#231;aise et innu&#183;e, mi'kmaw ou w8banaki, par exemple.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Toutefois, dans la majorit&#233; des cas, ces traces g&#233;n&#233;alogiques autochtones remontant au XVIII&lt;span class=&#034;CharOverride-9&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; vertical-align: super;&#034;&gt;e&lt;/span&gt; si&#232;cle sont tr&#232;s minces et monnay&#233;es &#224; mauvais escient. Les travaux de Darryl Leroux, professeur en science politique &#224; l'Universit&#233; d'Ottawa, montrent qu'en g&#233;n&#233;ral, l'arbre g&#233;n&#233;alogique des membres de ces regroupements ne pr&#233;sente qu'une seule anc&#234;tre autochtone ou dite autochtone. Qu'&#224; cela ne tienne : cette seule anc&#234;tre suffit &#224; int&#233;grer ces regroupements &#8211; tant qu'on s'acquitte des frais d'adh&#233;sion, bien entendu.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Pourquoi donc se regrouper sur la base d'une ascendance mince et s'identifier, du jour au lendemain, comme M&#233;tis ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;gitimer la r&#233;action&lt;/h2&gt;&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, les conseils de bande de Mashteuiatsh, Pessamit, Essipit et Nutashkuan n&#233;gocient l'Approche commune, une entente de principe en mati&#232;re de revendications territoriales avec Qu&#233;bec et Ottawa, qui devait mener &#224; la signature d'un trait&#233; parfois compar&#233; &#224; la Convention de la Baie-James et qui sera &#233;ventuellement connu sous le nom de Trait&#233; Petapan.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Face &#224; l'avancement des n&#233;gociations, des membres de groupes de d&#233;fense des droits des blancs et des opposant&#183;es &#224; l'Approche commune et aux revendications territoriales des Innu&#183;es, dont la Fondation &#233;quit&#233; territoriale et l'Association pour le droit des blancs, s'organisent pour d&#233;noncer ce qui, &#224; leurs yeux, mena&#231;ait l'existence de la &#171; communaut&#233; canadienne-fran&#231;aise &#187;. Selon eux, le trait&#233; &#233;tait un moyen pour les Innu&#183;es de prendre le contr&#244;le de territoires qui appartiennent aux Blancs, allant parfois jusqu'&#224; comparer la situation des Qu&#233;b&#233;cois&#183;es de la r&#233;gion &#224; celle des Palestinien&#183;nes en territoires occup&#233;s par Isra&#235;l.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Selon les recherches de Darryl Leroux, ce sont ces m&#234;mes individus &#8211; qui ne s'identifient comme M&#233;tis qu'&#224; partir de 2005, apr&#232;s la signature de l'Approche commune entre les conseils de bande innus, Qu&#233;bec et Ottawa &#8211; qui fonderont la Communaut&#233; m&#233;tisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan. Leur strat&#233;gie, face aux &#171; menaces &#187; de pertes de territoires et de droits au profit des Innu&#183;es, et devant leur incapacit&#233; &#224; intervenir dans les n&#233;gociations en tant que non-autochtones, est de devenir Autochtones&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces organisations n'ont pas la reconnaissance d'Ottawa en tant que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;En plus de chercher &#224; donner une plus grande l&#233;gitimit&#233; &#224; leurs oppositions aux droits innus, les fondateurs de la Communaut&#233; m&#233;tisse cherchent &#224; obtenir des droits autochtones prot&#233;g&#233;s par la constitution, en l'occurrence des droits de subsistance par la chasse et la p&#234;che. Au moment de r&#233;diger ce texte, le site Web de l'organisation disait compter plus de 5000 membres, mais l'organisation m&#233;tis, comme les autres au Qu&#233;bec et dans les provinces maritimes, n'est pas reconnue par Ottawa.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;D'autres organisations de chasseurs ailleurs au Qu&#233;bec ont aussi us&#233; de cette strat&#233;gie de r&#233;action &#224; l'avancement des droits territoriaux de communaut&#233;s autochtones. C'est le cas de la Nation M&#233;tis du soleil levant en Gasp&#233;sie, qui est n&#233;e pour s'opposer &#224; un projet de cr&#233;ation d'une pourvoirie administr&#233;e par la nation mi'kmaw de Gesgapegiag. &#192; deux occasions, en r&#233;ponse &#224; la pression exerc&#233;e par la Nation M&#233;tis du soleil levant, Qu&#233;bec a r&#233;duit les frais d'entr&#233;e &#224; la pourvoirie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les petites mains r&#233;actionnaires du colonialisme&lt;/h2&gt;&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Les analyses de Darryl Leroux montrent l'absurdit&#233; et la dangerosit&#233; des r&#233;cits promus par ces faux M&#233;tis, qui servent &#224; la fois &#224; donner de la l&#233;gitimit&#233; &#224; leurs revendications territoriales, de chasse et de p&#234;che, et &#224; miner la l&#233;gitimit&#233; des Autochtones sur ce m&#234;me territoire. En particulier, un discours v&#233;hicul&#233; par les membres de la Communaut&#233; m&#233;tis du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan voudrait qu'eux, en tant que M&#233;tis, seraient des &#171; Autochtones plus authentiques &#187; que les Innu&#183;es pour avoir refus&#233; la vie des r&#233;serves, en plus d'avoir lutt&#233; pour leur libert&#233;, au prix d'une &#171; invisibilisation historique &#187; de laquelle ils se lib&#233;raient enfin.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre dits Autochtones, puis s'&#234;tre dits de meilleurs Autochtones que les Innu&#183;es, et finalement avoir avanc&#233; que les Innu&#183;es sont, tous comptes faits, eux aussi &#171; de simples &#187; M&#233;tis, ces organisations et les &#171; anciens &#187; militants pour les droits des Blancs et contre les droits des Innu&#183;es ont finalement fait la promotion de la th&#232;se disparitionniste. Cette th&#232;se veut que les &#171; vrai&#183;es &#187; Innu&#183;es seraient disparu&#183;es apr&#232;s le contact avec les Europ&#233;ens et que les seul&#183;es Autochtones qui existent encore &#224; ce jour sur la C&#244;te-Nord et au Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean sont eux, les &#171; M&#233;tis &#187;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Sans en douter, diffuser cette th&#233;orie est utile &#224; qui veut faire obstacle &#224; l'avancement des droits territoriaux des Innu&#183;es et &#224; leur autod&#233;termination.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Comme le note Mathieu Arsenault, professeur d'histoire &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al, ce type de discours sert &#224; renforcer le projet colonial en donnant de la l&#233;gitimit&#233; &#224; l'occupation territoriale de la soci&#233;t&#233; dominante et &#224; la d&#233;possession des Autochtones : &#171; &lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034;&gt;&#192; partir de ce r&#233;cit, on affirme que la population coloniale, au m&#234;me titre que la population autochtone, entretient une relation organique avec le territoire&lt;/span&gt; &#187;. De l'aveu m&#234;me de dirigeants de la Communaut&#233; m&#233;tisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan dont les t&#233;moignages ont &#233;t&#233; analys&#233;s par Darryl Leroux, devenir &#171; M&#233;tis &#187; &#233;tait &#171; &lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034;&gt;la voie politique la plus strat&#233;gique pour eux en tant qu'opposants aux droits des Innus dans la r&#233;gion&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;AB-_BASE_Normal_1er&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; margin: 0px 0px 5px; padding: 0px; border-width: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: &#034;Abril Text&#034;, serif; font-size: 0.792em; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.474; orphans: 3; break-after: auto; break-before: avoid; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 3; letter-spacing: normal; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;color: rgb(0, 0, 0); font-style: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; text-align: justify; text-indent: 23px; text-transform: none; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; text-decoration-thickness: initial; text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial; display: inline !important; float: none;&#034;&gt;Si l'&#201;tat colonial est le principal agent de vuln&#233;rabilisation et de pr&#233;carisation des Premiers Peuples, il ne faut pas oublier que ses structures juridiques et politiques peuvent &#234;tre autant d'outils employ&#233;s par des organisations de la soci&#233;t&#233; civile pour faire de l'obstruction politique. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La graphie &#171; Ilnus &#187; est celle privil&#233;gi&#233;e par les Pekuakamiulnuatsh, les Ilnu&#183;es du Lac-Saint-Jean. Pour faciliter la lecture, j'utilise seulement &#171; Innu&#183;es &#187; dans la suite du texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cela s'explique par la d&#233;cision de la Cour supr&#234;me du Canada dans l'affaire Powley contre Canada, qui a reconnu en 2003 les droits des M&#233;tis de chasser pour se nourrir, en plus de cr&#233;er un processus d'identification juridique des M&#233;tis. Sur le site Web du gouvernement du Canada, on peut lire &#171; le terme M&#233;tis, &#224; l'article 35 [de la Constitution], n'inclut pas toutes les personnes ayant un patrimoine mixte autochtone et europ&#233;en. Il d&#233;signe plut&#244;t un groupe distinct de personnes qui, en plus de leur ascendance mixte, ont d&#233;velopp&#233; leurs propres coutumes et une identit&#233; de groupe distincte de celle de leurs anc&#234;tres indiens [sic] ou inuits et europ&#233;ens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une confusion subsiste parfois entre le terme M&#233;tis, d&#233;signant le peuple m&#233;tis des Prairies et de l'Ontario, et le fait d'&#234;tre &#171; m&#233;tiss&#233;&#183;e &#187;, n&#233;&#183;e de parents d'origines diff&#233;rentes. Voir la note pr&#233;c&#233;dente pour plus de pr&#233;cisions sur la reconnaissance juridique du peuple m&#233;tis. Il est &#224; noter que la majorit&#233; des historien&#183;nes s'entendent pour dire qu'une telle nation n'existe pas &#224; l'est des Grands Lacs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces organisations n'ont pas la reconnaissance d'Ottawa en tant que communaut&#233; m&#233;tisse au sens de l'arr&#234;t Powley.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;OUVRAGES CIT&#201;S&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Blouin, &#171; Part of the Landscape : Quebecois Nationalism and Indigenous Sentience &#187;, dans &lt;i&gt;Sentient Ecologies, Xenophobic Imaginaries of Landscape&lt;/i&gt;, dirig&#233; par Alexandra Co&#355;ofan&#259; and Hikmet Kuran, Berghahn Books, 2023, 266 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darryl Leroux, &lt;i&gt;Ascendance d&#233;tourn&#233;e : quand les Blancs revendiquent une identit&#233; autochtone&lt;/i&gt;, Sudbury, Prise de parole, 2022, 349 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu Arsenault, &#171; Historiographie d'une histoire commune : le temps des origines et la d&#233;colonisation de l'histoire du Qu&#233;bec &#187;, dans &lt;i&gt;Qu&#233;b&#233;cois et Autochtones. Histoire commune, histoires crois&#233;es, histoires parall&#232;les ?&lt;/i&gt;, dirig&#233; par Fran&#231;ois-Olivier Dorais et Genevi&#232;ve Nootens, Bor&#233;al, 2023, 280 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Alex Fatta&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des f&#233;minicides coloniaux</title>
		<link>https://www.ababord.org/Des-feminicides-coloniaux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Des-feminicides-coloniaux</guid>
		<dc:date>2025-05-03T16:01:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miriam Hatabi</dc:creator>


		<dc:subject>Hatabi, Miriam</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si le discours public sur la mort de personnes de groupes marginalis&#233;s est toujours politique, cela devient tr&#232;s clair quand on a affaire aux d&#233;bats d'opinion sur le g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; envers les peuples autochtones et sur les f&#233;minicides de femmes autochtones au Qu&#233;bec et au Canada. Chronique d'un militantisme anti-autochtones bien de chez nous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 3 juin 2019, nous &#233;tions de nombreux&#183;euses observateur&#183;rices et chercheur&#183;euses &#224; sortir &#233;branl&#233;&#183;es de la c&#233;r&#233;monie de cl&#244;ture de l'Enqu&#234;te (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-La-mort-Territoire-politique-et-enjeu-de-pouvoir-" rel="directory"&gt;Dossier : La mort. Territoire politique et enjeu de pouvoir&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hatabi-Miriam-+" rel="tag"&gt;Hatabi, Miriam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/souslechapiteau-1999_photo_guy_lheureux12.jpg?1746288027' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;807&#034; height=&#034;644&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si le discours public sur la mort de personnes de groupes marginalis&#233;s est toujours politique, cela devient tr&#232;s clair quand on a affaire aux d&#233;bats d'opinion sur le g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; envers les peuples autochtones et sur les f&#233;minicides de femmes autochtones au Qu&#233;bec et au Canada. Chronique d'un militantisme anti-autochtones bien de chez nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Le 3 juin 2019, nous &#233;tions de nombreux&#183;euses observateur&#183;rices et chercheur&#183;euses &#224; sortir &#233;branl&#233;&#183;es de la c&#233;r&#233;monie de cl&#244;ture de l'Enqu&#234;te nationale sur les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'acronyme 2ELGBTQQIA rassemble les personnes deux esprits, lesbiennes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; autochtones disparues et assassin&#233;es (ENFFADA), au Mus&#233;e canadien de l'histoire, &#224; Hull. Nous &#233;tions &#233;branl&#233;&#183;es par cette communion des deuils et par la vibrante et contagieuse indignation des proches de victimes. Nous n'&#233;tions toutefois pas &#233;tonn&#233;&#183;es par la conclusion phare de l'enqu&#234;te : les femmes, les filles et les personnes&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; 2ELGBTQQIA autochtones sont des cibles du g&#233;nocide colonial canadien.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un &#171; non &#187; cat&#233;gorique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Cependant, d&#232;s l'apr&#232;s-midi du 3 juin, des chroniqueurs se scandalisaient. Sur TVA, Mario Dumont d&#233;clarait &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;le [rapport] a commenc&#233; &#224; circuler [&#8230;] avec cette fameuse expression, un &#8220; g&#233;nocide &#8221;&#8230; c'est pas acceptable, c'est pas vrai&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187;. Le m&#234;me jour, Yves Boisvert de La Presse titrait sa chronique &#171; &lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;C'&#233;tait pas un &#8220; g&#233;nocide &#8221;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187; et y affirmait que &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;ce tordage de mots militants sugg&#232;re au final de comparer les chambres &#224; gaz nazies et les assassinats massifs &#224; coups de machette au Rwanda avec la situation des femmes autochtones&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Le 8 juin, sur les ondes de Global News, Andrew Scheer, alors chef du Parti conservateur, d&#233;clarait que l'enjeu des disparitions et des assassinats de femmes autochtones &#233;tait &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;its own thing&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187;, &#171; un dossier particulier &#187; qu'on ne pouvait qualifier de g&#233;nocide. Entre autres propos suintant de racisme, Normand Lester du Journal de Montr&#233;al &#233;crivait le lendemain que &#171; &lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;le rapport [&#8230;] a habilement utilis&#233; cette r&#233;alit&#233; en l'associant au mot honni &#171; g&#233;nocide &#187; pour r&#233;aliser une fantastique et malhonn&#234;te op&#233;ration de propagande &#224; l'&#233;chelle internationale&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187;. Encore tout r&#233;cemment, &#224; l'occasion de la Journ&#233;e nationale des peuples autochtones de juin dernier, Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e usait de sa tribune dans le&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; Devoir&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; pour d&#233;fendre la libert&#233; d'expression des n&#233;gationnistes de partout au pays et r&#233;clamer le droit de douter de l'existence de tombes anonymes d'enfants sur les sites des pensionnats f&#233;d&#233;raux. Pour appuyer ses propos, Lis&#233;e se faisait le relais des &#233;crits de Tom Flanagan, n&#233;gationniste de renom et l'un des porte-&#233;tendards du militantisme anti-autochtones au Canada.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un g&#233;nocide colonial&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;Les r&#233;dactrices du rapport avaient vu venir cette lev&#233;e de boucliers. On peut lire, dans le rapport, qu'il est souvent difficile, voire impossible de faire reconna&#238;tre certains &#233;v&#233;nements qui correspondent en beaucoup de points &#224; des g&#233;nocides en raison de l'intensit&#233; extr&#234;me de la violence qu'on associe &#224; l'Holocauste, &#224; l'Holodomor ou au g&#233;nocide rwandais. Ce sont des &#233;v&#233;nements dont la violence a &#233;t&#233; brutale autant dans le temps que dans l'espace, alors que le g&#233;nocide canadien, lui, repose sur des structures diffuses, des actions et des omissions dont les effets g&#233;nocidaires (l&#233;taux et non l&#233;taux) s'&#233;talent longuement dans le temps. Pensons &#224; la &lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034;&gt;Loi sur les Indiens&lt;/span&gt;, aux pensionnats, &#224; la rafle des ann&#233;es 1960, aux d&#233;placements forc&#233;s de communaut&#233;s inuites dans l'Extr&#234;me Arctique, au long bras de la Protection de la jeunesse ou aux biais persistants de la police et du syst&#232;me judiciaire, &lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034;&gt;from coast to coast to coast&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Cumul&#233;es, coordonn&#233;es et &#224; long terme, ces structures cr&#233;ent une violence &#224; la fois culturelle, &#233;conomique, institutionnelle et de sant&#233; publique qui vise l'extinction de la souverainet&#233; autochtone et l'effacement de la pr&#233;sence autochtone sur le territoire. Cette extinction est fondamentale pour assurer l'emprise de l'&#201;tat canadien sur ce territoire et ses ressources : le g&#233;nocide colonial est un mode d'op&#233;ration inscrit dans l'ADN de l'&#201;tat colonial de peuplement&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Patrick Wolfe (2006), un &#201;tat colonial de peuplement &#171; vise &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;. Sa souverainet&#233; et son int&#233;grit&#233; territoriale d&#233;pendent de l'effacement des Premiers Peuples.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;F&#233;minicides&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Le f&#233;minicide est le meurtre misogyne d'une femme ou d'une personne dont l'expression de genre est f&#233;minine. On le d&#233;crit souvent comme la face la plus visible des violences de genre, qu'on peut positionner sur un continuum d'intensit&#233;. En ce qui concerne les f&#233;minicides perp&#233;tr&#233;s envers des femmes autochtones, il s'agit de l'un des nombreux rouages et effets de la violence structurelle que produit le colonialisme. C'est une violence qui se situe au confluent de la misogynie, de la colonialit&#233; et du racisme.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Au Qu&#233;bec, depuis 2021, on a r&#233;alis&#233; une avanc&#233;e dans le discours en d&#233;laissant plus ou moins les f&#226;cheuses expressions&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#171; drame conjugal &#187; ou &#171; drame familial &#187; pour leur pr&#233;f&#233;rer le terme &#171; f&#233;minicide &#187;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'&#233;chelle internationale, le Qu&#233;bec est en retard. Cela fait maintenant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;. Une avanc&#233;e, parce que dire &#171; f&#233;minicide &#187; nous &#233;loigne d'une compr&#233;hension purement criminaliste pour mieux repr&#233;senter le caract&#232;re politique de la violence faite &#224; la victime en raison de son genre. Dans un contexte o&#249; les meurtres conjugaux &#8211; ces meurtres commis par un (ex-)partenaire &#8211; sont les plus m&#233;diatis&#233;s, parler enfin de f&#233;minicide a aussi le potentiel d'&#233;largir la couverture m&#233;diatique vers tous les types de violences commis envers les femmes, m&#234;me hors de la sph&#232;re domestique, et de complexifier notre compr&#233;hension collective du f&#233;minicide.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;En r&#233;alit&#233;, tous les f&#233;minicides ne sont pas des meurtres conjugaux. Parler de f&#233;minicide est particuli&#232;rement important lorsqu'il est question des femmes autochtones assassin&#233;es qui, selon l'Observatoire canadien du f&#233;micide, sont plus susceptibles d'&#234;tre tu&#233;es par un inconnu ou par une connaissance que les femmes allochtones. Sachant cela, et sachant qu'au moins une femme assassin&#233;e sur cinq au Canada est une femme autochtone, on ne saurait faire du f&#233;minicide un synonyme de meurtre conjugal : ce mot doit conserver toute sa force et refl&#233;ter toutes les r&#233;alit&#233;s des violences de genre, notamment coloniales&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au-del&#224; du sujet du pr&#233;sent texte, cela doit inclure les violences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La violence polici&#232;re ne date pas d'hier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Au moment o&#249; l'ENFFADA est lanc&#233;e, en 2015, des militant&#183;es et des associations de femmes autochtones luttent depuis plusieurs d&#233;cennies d&#233;j&#224; pour que ces disparitions et ces assassinats soient examin&#233;s et trait&#233;s avec l'urgence qu'ils m&#233;ritent. D&#232;s 2004, Amnistie internationale, en collaboration avec l'Association des femmes autochtones du Canada, publiait un rapport intitul&#233; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;On a vol&#233; la vie de nos s&#339;urs&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; : discrimination et violence contre les femmes autochtones. &lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Les organisations y signalaient le vif contraste entre le nombre alarmant de femmes autochtones disparues et assassin&#233;es et l'indiff&#233;rence des corps de police et des &#233;lu&#183;es devant la violence commise envers elles.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;&#192; lire les transcriptions des audiences de l'ENFFADA, on voit que celles-ci &#233;taient l'occasion pour les proches de r&#233;pondre aux discours d&#233;shumanisants et &#224; l'indiff&#233;rence des autorit&#233;s. La plupart des t&#233;moignages d&#233;noncent le traitement g&#233;n&#233;ral que les femmes autochtones re&#231;oivent de la soci&#233;t&#233; coloniale dominante, qui se traduit par cette phrase, parfois m&#234;me entendue de la bouche des autorit&#233;s : &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;c'est rien qu'une (autre) femme autochtone&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187;. Ce qu'on y comprend, c'est &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;un appel &#224; &#233;conomiser ses &#233;nergies pour une femme qu'on d&#233;crit comme indistincte, dispensable et de peu de valeur. De nombreux t&#233;moins &#224; l'ENFFADA en ont montr&#233; les graves cons&#233;quences, comme le ralentissement des enqu&#234;tes, la d&#233;cr&#233;dibilisation des t&#233;moignages de proches et de victimes, et l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale de la population devant le sort r&#233;serv&#233; aux femmes autochtones disparues et assassin&#233;es.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Au Qu&#233;bec, nous avons &#233;t&#233; aux premi&#232;res loges de ce traitement discriminatoire. En 2015, des femmes anishinabeg et cries de la r&#233;gion de Val-d'Or t&#233;moignent &#224; l'&#233;mission &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Enqu&#234;te&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; du m&#233;pris des policiers &#224; leur &#233;gard, mais aussi des abus et des violences commises par les forces de l'ordre &#224; l'endroit des femmes autochtones. On apprend aussi que des agents commettent des &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;starlight tours&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les starlight tours, litt&#233;ralement &#171; voyages sous la lumi&#232;re des &#233;toiles &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;. En d&#233;pit de la gravit&#233; des actes d&#233;nonc&#233;s et du grand nombre de t&#233;moignages entendus, plusieurs s'obstinent &#224; remettre en doute la parole des femmes victimes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;En r&#233;plique &#224; l'appui offert aux femmes par les communaut&#233;s autochtones et les alli&#233;&#183;es allochtones, une manifestation s'organise &#224; Val-d'Or en soutien aux policiers. Certain&#183;es manifestant&#183;es diront &#224; Radio-Canada : &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Je suis tann&#233;e en maudit d'entendre parler contre nos policiers. Je ne crois pas que nos policiers soient des abuseurs&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187; ; &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Nous, comme citoyens, nous sommes tann&#233;s d'entendre parler de Val-d'Or du c&#244;t&#233; tr&#232;s n&#233;gatif&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187; ; &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;&#199;a &#233;t&#233; ben que trop loin. C'est pas la r&#233;alit&#233;. Non. C'est pas &#231;a.&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187; On verra aussi l'apparition du bracelet rouge 144, distribu&#233; et port&#233; par des policiers du Qu&#233;bec pour signifier leur appui aux huit agents suspendus du poste 144 de Val-d'Or.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Le d&#233;ni se poursuit encore aujourd'hui. En mai dernier, le caquiste Pierre Dufour avan&#231;ait encore, au conseil municipal de Val-d'Or, que l'&#233;mission d'&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Enqu&#234;te&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#233;tait &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;bourr&#233;e de menteries&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187;, qu'elle avait &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;attaqu&#233; des policiers qui &#233;taient tr&#232;s honn&#234;tes&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187;. Dufour accusait aussi la municipalit&#233; d'avoir failli &#224; sa t&#226;che de prot&#233;ger ses policiers apr&#232;s la diffusion de l'&#233;pisode d'&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Enqu&#234;te&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; et la publication du rapport de la commission Viens, lequel soulignait que les femmes autochtones vivent une victimisation secondaire dans leurs rapports avec les policiers.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dos large du crime&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Dans un contexte plus qu'hostile &#224; la d&#233;nonciation, les militant&#183;es et les associations autochtones tiraient donc sans rel&#226;che la sonnette d'alarme depuis des dizaines d'ann&#233;es. Mais elles se butaient &#224; des &#233;lu&#183;es qui d&#233;fendaient un discours selon lequel les f&#233;minicides &#233;taient une affaire criminelle, pas un ph&#233;nom&#232;ne sociologique ni un enjeu politique &#8211; une attitude bien utile pour ceux et celles qui veillent &#224; &#233;vacuer la responsabilit&#233; de l'&#201;tat et de ses appendices policier et judiciaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Parmi les politicien&#183;nes insistant pour faire des f&#233;minicides un probl&#232;me de criminalit&#233;, on compte Stephen Harper, qui tenait ces propos en 2014 : &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Comme l'a montr&#233; la GRC dans sa propre enqu&#234;te, la vaste majorit&#233; &lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;[des cas de disparition et d'assassinat]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; sont pris en charge et r&#233;solus par les enqu&#234;tes polici&#232;res, on va les laisser continuer de s'en occuper. &lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;[&#8230;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; Il ne faut pas voir &#231;a comme un ph&#233;nom&#232;ne &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;sociologique, il faut plut&#244;t voir &#231;a comme une affaire de crimes. Ce sont des crimes commis envers des personnes innocentes, il faut les traiter comme tels. &lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187; En insistant sur l'acte criminel, Harper veillait &#224; faire des violences des &#233;v&#233;nements ind&#233;pendants les uns des autres, n'impliquant &#224; chaque fois qu'une victime innocente et un agresseur troubl&#233; et dangereux. La solution, c'est donc l'arrestation, le proc&#232;s et la sentence, le tout op&#233;r&#233; et supervis&#233; dans l'impartialit&#233; par l'appareil policier et le syst&#232;me judiciaire canadiens.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Depuis la mort tragique de Joyce Echaquan, Fran&#231;ois Legault prend le relais de Harper en refusant de reconna&#238;tre l'existence du racisme syst&#233;mique. Le 5 octobre 2021, en point de presse, Legault faisait dans la question rh&#233;torique et dans la parodie des recommandations d'expert&#183;es : &#171; &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;CharOverride-1&#034; lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important; font-style: italic; font-weight: normal;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Est-ce qu'il y a quelque chose qui part d'en haut et qui est communiqu&#233; partout dans le r&#233;seau de la sant&#233; en disant &#8220;soyez discriminatoires dans votre traitement des Autochtones&#8221; ? C'est &#233;vident pour moi que la r&#233;ponse, c'est non. Par contre, je comprends qu'&#224; certains endroits, il y a des employ&#233;s, je dirais m&#234;me dans certains cas des groupes d'employ&#233;s et m&#234;me des dirigeants qui ont des approches discriminatoires.&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt; &#187; En martelant que des individus sont racistes, mais pas le syst&#232;me, Legault usait de la m&#234;me man&#339;uvre discursive que l'ancien premier ministre conservateur pour circonscrire la violence &#224; des &#233;v&#233;nements isol&#233;s et des actes individuels.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;fr-FR&#034; style=&#034;hyphenate-character: &#034;-&#034; !important;&#034; xml:lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;Les f&#233;minicides de femmes autochtones peuvent bien &#234;tre perp&#233;tr&#233;s par des individus (tr&#232;s souvent impunis, par ailleurs), mais ils sont rendus possibles par un contexte politique qui vuln&#233;rabilise, pr&#233;carise et oppresse les femmes autochtones. Canadien&#183;nes ou Qu&#233;b&#233;cois&#183;es, les n&#233;gationnistes du g&#233;nocide des peuples autochtones, ces chiens de garde du colonialisme, arrivent toujours &#224; l'heure pour d&#233;gager l'&#201;tat de sa responsabilit&#233; dans la mort de Joyce Echaquan et celle d'autres Autochtones. Les efforts mis &#224; contredire, tour &#224; tour, les conclusions de l'ENFFADA sur le g&#233;nocide canadien et d&#233;cr&#233;dibiliser les t&#233;moignages sur lesquels elle s'appuie sont autant d'&#233;nergies investies pour compromettre la s&#233;curit&#233; des femmes autochtones.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'acronyme 2ELGBTQQIA rassemble les personnes deux esprits, lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans, queer, en questionnement, intersexes et asexuelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon Patrick Wolfe (2006), un &#201;tat colonial de peuplement &#171; &lt;em&gt;vise &#224; dissoudre les soci&#233;t&#233;s autochtones &lt;/em&gt; &#187; pour &#171; &lt;em&gt;&#233;riger une nouvelle soci&#233;t&#233; coloniale sur les terres expropri&#233;es &#8211; les colonisateurs viennent pour rester&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; l'&#233;chelle internationale, le Qu&#233;bec est en retard. Cela fait maintenant plus de vingt ans que les termes &#171; femicidio &#187; et &#171; feminicidio &#187; sont employ&#233;s couramment en Am&#233;rique latine pour d&#233;noncer le nombre effrayant de meurtres misogynes qui y sont perp&#233;tr&#233;s. Le Qu&#233;bec est aussi l&#233;g&#232;rement &#224; la remorque de la France, o&#249; on commence &#224; parler plus couramment de f&#233;minicide vers 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au-del&#224; du sujet du pr&#233;sent texte, cela doit inclure les violences perp&#233;tr&#233;es envers les femmes et personnes &#224; l'expression de genre f&#233;minine issu&#183;es de divers groupes minoris&#233;s et marginalis&#233;s, qui sont les cibles de violences s'inscrivant dans d'autres syst&#232;mes de maintien du pouvoir, comme le classisme et la queerphobie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les starlight tours, litt&#233;ralement &#171; voyages sous la lumi&#232;re des &#233;toiles &#187;, sont une pratique polici&#232;re qui consiste &#224; intercepter et embarquer des Autochtones en milieu urbain pour les d&#233;poser &#224; plusieurs kilom&#232;tres &#224; l'ext&#233;rieur des limites de la ville, en plein hiver et en pleine nuit. Si certain&#183;es r&#233;ussissent &#224; regagner la ville &#224; pied, un nombre important meurent d'hypothermie. La pratique est bien document&#233;e dans les Prairies canadiennes, mais elle est aussi utilis&#233;e au Qu&#233;bec &#8211; c'est ce que nous apprenaient les femmes autochtones de Val-d'Or qui ont t&#233;moign&#233; de ces abus &#224; l'&#233;mission Enqu&#234;te en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Marcel Saint-Pierre, Sous le chapiteau, 1999, d&#233;tail. Pellicule d'acrylique sur toile, 120 x 150 cm. Collection particuli&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bas-Saint-Laurent. Repousser l'horizon</title>
		<link>https://www.ababord.org/Bas-Saint-Laurent-Repousser-l-horizon</link>
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		<dc:date>2024-12-28T18:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Val&#233;rie Beauchamp, Miriam Hatabi</dc:creator>


		<dc:subject>Hatabi, Miriam</dc:subject>
		<dc:subject>Beauchamp, Val&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour vous procurer une copie papier de ce num&#233;ro, rendez-vous sur le site des Libraires ou consultez la liste de nos points de vente. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;, &#192; b&#226;bord ! consacre un dossier par ann&#233;e &#224; une r&#233;gion, &#224; ses acteurs et actrices des milieux communautaires et militants. Cette fois-ci, &#192; b&#226;bord ! s'est pench&#233;e sur le Bas-Saint-Laurent, en collaboration avec l'&#233;quipe du Mouton Noir &#8211; un journal citoyen bien connu dans la r&#233;gion et &#224; l'ext&#233;rieur, actif depuis pr&#232;s de 30 ans et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/04_ababord96-dossier_intro-illu.jpg?1686497784' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;2775&#034; height=&#034;1728&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour vous procurer une copie papier de ce num&#233;ro, rendez-vous sur le &lt;a href=&#034;https://www.leslibraires.ca/livres/a-babord-no-96-bas-saint-9782925225102.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site des Libraires&lt;/a&gt; ou consultez la liste de nos &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Points-de-vente&#034;&gt;points de vente&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;, &lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; consacre un dossier par ann&#233;e &#224; une r&#233;gion, &#224; ses acteurs et actrices des milieux communautaires et militants. Cette fois-ci, &lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; s'est pench&#233;e sur le Bas-Saint-Laurent, en collaboration avec l'&#233;quipe du &lt;em&gt;Mouton Noir&lt;/em&gt; &#8211; un journal citoyen bien connu dans la r&#233;gion et &#224; l'ext&#233;rieur, actif depuis pr&#232;s de 30 ans et dont la couverture est r&#233;solument ax&#233;e sur des enjeux de justice sociale et climatique &#8211; et la Table r&#233;gionale des organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent. C'est avec des personnes impliqu&#233;es dans leur communaut&#233; que nous nous sommes interrog&#233;&#183;es sur les th&#233;matiques &#224; explorer pour rendre compte de la vitalit&#233; de l'organisation citoyenne locale. Ce sont donc des gens qui &#339;uvrent dans la r&#233;gion qui ont cern&#233; les luttes et les initiatives &#224; mettre &#224; l'avant-plan de ce dossier. C'est aussi avec l'aide de ces collaborateur&#183;rices que nous sommes entr&#233;es en contact avec des militant&#183;es, des habitant&#183;es et des organisations de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous est rapidement apparu que cette r&#233;gion se caract&#233;rise par une v&#233;ritable effervescence des initiatives citoyennes ! Comme en t&#233;moignent les prochaines pages, l'image d&#233;vitalis&#233;e qu'on a pu s'en faire &#224; une certaine &#233;poque ne tient plus. Au contraire, le Bas-Saint-Laurent bat au rythme d'une sc&#232;ne culturelle vibrante, &#224; laquelle contribue une communaut&#233; queer grandissante ; de mobilisations historiques pour prot&#233;ger les petites municipalit&#233;s, et de plus r&#233;centes pour la protection des berges et du b&#233;luga ; d'initiatives citoyennes et communautaires visant des modes de vie plus durables et adapt&#233;s au territoire bas-laurentien. Toutefois, de nombreuses luttes sont encore &#224; mener, comme celle contre l'accaparement des terres agricoles par des acteurs priv&#233;s, la crise du logement, ou encore celle pour la protection des milieux humides et des berges menac&#233;s par le prolongement de l'autoroute 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour chaque dossier r&#233;gional, on souhaite que les luttes men&#233;es &#224; divers endroits de la province rejoignent ceux et celles qui m&#232;nent des luttes analogues ailleurs. Nous prenons donc le pari que ce dossier r&#233;gional contribuera modestement &#224; fomenter des solidarit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Val&#233;rie Beauchamp et Miriam Hatabi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Illustr&#233; par Liane Rioux (couverture et double page) et Michel Dompierre (photos)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec des contributions de Jean-Michel Coderre-Proulx, Donald Dub&#233;, Abigaelle Dussol, &#201;variste Feurtey, Tina Laphengphratheng, Fran&#231;ois L'Italien, Yanick Perreault, Mikael Rioux, Bernard Vachon et Cassandre Vassart-Courteau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/8678.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH325/8678-e3ed4.png?1735411269' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nous voulons remercier chaleureusement Marc Simard du Mouton Noir ainsi qu'&#201;milie Saint-Pierre et Maxime Tremblay de la TROC-BSL pour leur collaboration &#224; la mise au point de ce dossier r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Liane Rioux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Wounded Knee : 50 ans de lutte</title>
		<link>https://www.ababord.org/Wounded-Knee-50-ans-de-lutte</link>
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		<dc:date>2024-10-25T21:18:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miriam Hatabi, Melissa Miller</dc:creator>


		<dc:subject>Miller, Melissa</dc:subject>
		<dc:subject>Hatabi, Miriam</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 27 f&#233;vrier marquait le 50e anniversaire du d&#233;but de l'occupation de Wounded Knee, une action men&#233;e par l'American Indian Movement (AIM) et des militant&#183;es Oglala-Lakota de la r&#233;serve de Pine Ridge dans le Dakota du Sud. L'occupation, qui a dur&#233; 71 jours, marque un tournant dans les luttes pour les droits des peuples autochtones aux &#201;tats-Unis. &lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;vrier 1973. Le site de Wounded Knee, situ&#233; au c&#339;ur de la r&#233;serve de Pine Ridge, est pris d'assaut par 250 militant&#183;es de l'American Indian (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Miller-Melissa-+" rel="tag"&gt;Miller, Melissa&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/9879-5.png?1729890976' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;449&#034; height=&#034;249&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 27 f&#233;vrier marquait le 50e anniversaire du d&#233;but de l'occupation de Wounded Knee, une action men&#233;e par l'American Indian Movement (AIM) et des militant&#183;es Oglala-Lakota de la r&#233;serve de Pine Ridge dans le Dakota du Sud. L'occupation, qui a dur&#233; 71 jours, marque un tournant dans les luttes pour les droits des peuples autochtones aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;F&#233;vrier 1973. Le site de Wounded Knee, situ&#233; au c&#339;ur de la r&#233;serve de Pine Ridge, est pris d'assaut par 250 militant&#183;es de l'American Indian Movement et d'autres habitant&#183;es de la r&#233;gion. L'American Indian Movement (AIM) est un groupe militant autochtone, cr&#233;&#233; &#224; Minneapolis en 1968 afin de prot&#233;ger les personnes autochtones des brutalit&#233;s polici&#232;res. &#192; partir des ann&#233;es 1970, il se transforme en une organisation nationale et devient le fer de lance du mouvement &lt;em&gt;Red Power&lt;/em&gt;, lui-m&#234;me inspir&#233; de la lutte pour les droits civils men&#233;e par des militant&#183;es afrodescendant&#183;es. Le AIM prend en charge de nombreuses luttes &#224; travers le pays : ind&#233;pendance &#233;conomique, revitalisation des cultures traditionnelles, protection des droits reconnus par la loi et, plus particuli&#232;rement, autonomie sur les zones tribales ainsi que restitution des terres ill&#233;galement saisies par le gouvernement ou des compagnies priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un si&#232;ge connect&#233; au pass&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'occupation de Wounded Knee, initi&#233;e par les habitant&#183;es de Pine Ridge, vise d'abord &#224; d&#233;noncer la corruption du chef du conseil tribal Dicky Wilson ainsi que la violence exerc&#233;e par ses hommes envers les Oglala-Lakota et plus particuli&#232;rement envers les traditionalistes. Avec la complaisance du gouvernement f&#233;d&#233;ral, Pine Ridge &#233;tait devenue, sous la poigne de Wilson, une v&#233;ritable prison pour ceux et celles qui tenaient &#224; revaloriser leur culture et leurs traditions. L'occupation vise aussi &#224; d&#233;noncer les injustices historiques subies par les peuples autochtones aux &#201;tats-Unis. Les occupant&#183;es exigent notamment que le gouvernement f&#233;d&#233;ral respecte les trait&#233;s historiques qu'il a sign&#233; avec les diff&#233;rentes nations &#8211; trait&#233;s qu'il a plus souvent qu'autrement bafou&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, le lieu choisi pour l'occupation n'est pas anodin. Situ&#233; au c&#339;ur du Dakota, Wounded Knee entre dans l'histoire en 1890 alors que l'arm&#233;e am&#233;ricaine y commet un massacre. Dans un contexte de guerre et de famine, alors que les territoires sioux sont confisqu&#233;s par le gouvernement am&#233;ricain et les communaut&#233;s autochtones diss&#233;min&#233;es, le 7e r&#233;giment de cavalerie, appel&#233; pour &#171; pacifier &#187; la population de Wounded Knee, fusille entre 300 et 350 personnes. C'est pour se rappeler de ce massacre, mais aussi des luttes des peuples autochtones pour leur souverainet&#233;, qu'un des slogans les plus populaires du AIM est &#8220;Remember Wounded Knee&#8221; (rappelons-nous de Wounded Knee).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ras-le-bol et revendications&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'occupation de 1973, les militant&#183;es prennent possession de plusieurs b&#226;timents dans la localit&#233; de Wounded Knee, dont le mus&#233;e, une station-service et quelques &#233;glises. Les occupant&#183;es proclament alors l'ind&#233;pendance de la nation oglala (Oglala Independant Nation), un geste qui exprime le refus des habitant&#183;es de Pine Ridge de se soumettre plus longtemps &#224; l'oppression coloniale et aux structures gouvernementales corrompues (les conseils tribaux) impos&#233;es par le gouvernement am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;claration d'ind&#233;pendance n'est pas que symbolique : elle s'appuie sur un trait&#233; de 1868 sign&#233; entre les Sioux et le gouvernement des &#201;tats-Unis. Les occupant&#183;es exigent de n&#233;gocier de nation &#224; nation, mais le gouvernement f&#233;d&#233;ral d&#233;cide plut&#244;t de d&#233;loger les occupant&#183;es par la force. Tr&#232;s vite, l'occupation tourne &#224; l'affrontement arm&#233;. Pendant 71 jours, plus de 300 personnes r&#233;sistent &#224; une importante force militaire et paramilitaire compos&#233;e de soldats, d'agents du FBI et de policiers locaux. Au terme de l'occupation, on d&#233;nombre deux morts, assassin&#233;s par les forces r&#233;pressives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Legs et &#233;chos&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'occupation, bien que spectaculaire, n'a pas d'effet imm&#233;diat sur la r&#233;serve de Pine Ridge ; les relations entre les militant&#183;es traditionalistes et le conseil tribal s'enveniment et la violence y perdure. Par contre, l'occupation de Wounded Knee fait appara&#238;tre au grand jour les revendications des nations autochtones aux &#201;tats-Unis. L'action mobilise l'opinion publique qui se montre g&#233;n&#233;ralement favorable aux revendications des occupant&#183;es. De plus, Wounded Knee contribue &#224; former une nouvelle g&#233;n&#233;ration de militant&#183;es pour les droits des peuples autochtones. Entre autres, certaines des militantes pr&#233;sentes &#224; Wounded Knee forment l'ann&#233;e suivante l'association Women of All Red Nations. C'est aussi &#224; ce moment que le AIM commence ses actions au Canada, notamment avec le blocage de Cache Creek en 1973.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3712 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L434xH663/capture_d_e_cran_le_2024-10-25_a_17.18_48-23dd3.png?1729891169' width='434' height='663' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cho du AIM d&#233;passe les fronti&#232;res coloniales &#8211; fronti&#232;res que l'AIM ne reconna&#238;t pas, d'ailleurs. Des membres de nations autochtones s'inspirent de leurs actions depuis 50 ans, partout &#224; travers le monde. Lors de l'occupation de Wounded Knee, des militant&#183;es kanien'keh&#225;:ka sont all&#233;&#183;es soutenir leurs camarades aux &#201;tats-Unis. &#192; partir de 1973, de nombreuses organisations de d&#233;fense des droits autochtones se rallient &#224; l'AIM et &#224; sa vision, et, dans les ann&#233;es qui suivent, quelques sections de l'AIM sont cr&#233;&#233;es du c&#244;t&#233; canadien de la fronti&#232;re. Les exp&#233;riences d'occupations et de blocages, de r&#233;clamations territoriales et d'actions directes se poursuivent depuis, au Canada comme aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les ann&#233;es qui suivent Wounded Knee, l'AIM continue d'offrir son appui aux luttes que m&#232;nent les communaut&#233;s autochtones du c&#244;t&#233; canadien de la fronti&#232;re &#8211; en autant que celles-ci le demandent, peut-on lire dans des entrevues avec des membres de l'AIM publi&#233;es dans Akwesasne Notes. C'est ainsi que les luttes de Ganienkeh (1974), de Fort Kanasaraken (1979), d'Oka (1990) et d'Ipperwash (1995), parmi d'autres, s'inscrivent clairement dans la continuit&#233; de Wounded Knee. C'est aussi le cas du blocage du chantier de l'ol&#233;oduc Dakota Access, de 2016 &#224; 2017, par des militant&#183;es autochtones &#224; Standing Rock dans le Dakota du Nord. Ainsi, depuis 50 ans, les luttes pour les souverainet&#233;s autochtones se poursuivent, par tous les moyens n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blouin, Philippe (coord.), Matt Peterson, Malek Rasamny et Kahentinetha Rotiskarewake. &lt;em&gt;La Mohawk Warrior Society&lt;/em&gt;, E&#769;ditions de la rue Dorion, 2022, 462 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On the Road to Wounded Knee &#187;, &lt;em&gt;Indian Nation&lt;/em&gt;, Vol. 3, No. 1, Avril 1976&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; The Struggle Continues &#8211; Wounded Knee &#187;, &lt;em&gt;Akwesasne Notes&lt;/em&gt;, Vol. 5, No. 3, Juin 1973 &#171; Voices from Wounded Knee &#187;, publie&#769; par les &lt;em&gt;Akwesasne Notes &lt;/em&gt;(e&#769;diteur lie&#769; au journal du me&#770;me nom).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;M&#233;lissa Miller est membre du collectif d'Archives R&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : &#171; Show your Solidarity with the Indian Nations &#187;, affiche de l'occupation de Wounded Knee, 1973, Library of Congress.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Image tir&#233;e de l'&#233;pisode 5 de la s&#233;rie documentaire We Shall Remain, &#171; Wounded Knee &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nommer pour mieux exister</title>
		<link>https://www.ababord.org/Nommer-pour-mieux-exister</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Nommer-pour-mieux-exister</guid>
		<dc:date>2024-08-09T17:06:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Bouchard, &#201;lisabeth Doyon, Miriam Hatabi</dc:creator>


		<dc:subject>Bouchard, Isabelle</dc:subject>
		<dc:subject>Doyon, &#201;lisabeth</dc:subject>
		<dc:subject>Hatabi, Miriam</dc:subject>
		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est &#224; la lecture d'un courriel d'une lectrice nous questionnant sur nos strat&#233;gies d'inclusion &#233;crites que nous avons souhait&#233; fouiller le sujet. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le collectif d'&#192; b&#226;bord !, le passage vers l'&#233;criture inclusive s'est fait graduellement, mais s'est pos&#233; comme une &#233;vidence. D'abord, notre protocole de r&#233;daction a inclus l'&#233;criture &#233;pic&#232;ne, puis l'&#233;criture f&#233;minis&#233;e et, plus r&#233;cemment, nous entreprenons un travail de familiarisation avec l'&#233;criture plus inclusive dans un souci de rendre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Mini-dossier-Nommer-pour-mieux-exister-" rel="directory"&gt;Mini-dossier : Nommer pour mieux exister&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hatabi-Miriam-+" rel="tag"&gt;Hatabi, Miriam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/12312-11.png?1723223067' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1250&#034; height=&#034;710&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est &#224; la lecture d'un courriel d'une lectrice nous questionnant sur nos strat&#233;gies d'inclusion &#233;crites que nous avons souhait&#233; fouiller le sujet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour le collectif d'&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt;, le passage vers l'&#233;criture inclusive s'est fait graduellement, mais s'est pos&#233; comme une &#233;vidence. D'abord, notre protocole de r&#233;daction a inclus l'&#233;criture &#233;pic&#232;ne, puis l'&#233;criture f&#233;minis&#233;e et, plus r&#233;cemment, nous entreprenons un travail de familiarisation avec l'&#233;criture plus inclusive dans un souci de rendre visible la diversit&#233; des genres, parce que nommer, c'est aussi mieux exister. Ce travail se poursuivra &#224; mesure qu'on continuera, collectivement, &#224; adapter la langue &#224; nos r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La langue, on le sait, est bien plus qu'un outil de communication d'informations : c'est par elle que certain&#183;es chercheront &#224; lisser, &#224; aplanir, &#224; &#233;tablir les fronti&#232;res de l'acceptable et ainsi marginaliser ; c'est toutefois aussi par elle que l'affiliation et la solidarit&#233; prennent existence. C'est l'un des constats que le dossier th&#233;matique sur la r&#233;volution queer du dernier num&#233;ro d'&#192; b&#226;bord ! nous portait &#224; faire, notamment &#224; travers son glossaire qui, oui, accompagnait les lecteur&#183;rices et t&#233;moignait d'un souci d'accessibilit&#233;, mais, de mani&#232;re plus importante, rejetait l'id&#233;e d'uniformiser les termes pour plut&#244;t accueillir la diversit&#233; des formes &#233;crites et refl&#233;ter la multiplicit&#233; des identit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre de mani&#232;re moins flamboyante, il y a certainement un mouvement diffus qui cherche &#224; foutre le bordel dans les rapports &#224; la langue et rejeter l'esprit normatif du fran&#231;ais standardis&#233; qui s'immisce dans nos rapports aux autres. En plus de r&#233;fl&#233;chir aux logiques norm&#233;es qui informent certaines dynamiques d'exclusion et d'invisibilisation, ce court dossier cherche aussi des avenues de transformation de nos rapports &#224; la langue qui puissent se traduire dans nos rapports politiques. La langue que nous avons voulu aborder est donc orale, populaire, localis&#233;e, institutionnalis&#233;e, nationalis&#233;e et instrumentalis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Pakistan submerg&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Pakistan-submerge-3558</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-Pakistan-submerge-3558</guid>
		<dc:date>2024-06-09T16:22:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miriam Hatabi</dc:creator>


		<dc:subject>Hatabi, Miriam</dc:subject>
		<dc:subject>Asie</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la fin du mois d'ao&#251;t, les Pakistanais&#183;es composent avec des inondations historiques : un tiers du pays se trouve sous l'eau et les efforts requis pour r&#233;pondre &#224; cette crise sont collossaux. Par-del&#224; les campagnes de dons et d'aide internationale d'urgence, les appels &#224; la justice climatique, notamment par l'annulation de la dette ext&#233;rieure du Pakistan, se multiplient. &#171; &#192; l'heure actuelle, les ressources du Pakistan doivent &#234;tre mobilis&#233;es pour r&#233;pondre &#224; la crise, pas pour payer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-93-Automne-2022-" rel="directory"&gt;No 093 - Automne 2022&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hatabi-Miriam-+" rel="tag"&gt;Hatabi, Miriam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Asie-+" rel="tag"&gt;Asie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/45645.png?1717950047' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;800&#034; height=&#034;600&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la fin du mois d'ao&#251;t, les Pakistanais&#183;es composent avec des inondations historiques : un tiers du pays se trouve sous l'eau et les efforts requis pour r&#233;pondre &#224; cette crise sont collossaux. Par-del&#224; les campagnes de dons et d'aide internationale d'urgence, les appels &#224; la justice climatique, notamment par l'annulation de la dette ext&#233;rieure du Pakistan, se multiplient. &#171; &#192; l'heure actuelle, les ressources du Pakistan doivent &#234;tre mobilis&#233;es pour r&#233;pondre &#224; la crise, pas pour payer des dettes ext&#233;rieures. Les leaders mondiaux doivent &#234;tre tenus responsables de fournir r&#233;paration en mati&#232;re de changements climatiques &#187; (traduction libre), demande la Commission pakistanaise de droits humains. &#171; Quelle attention est-ce que des pays comme le Pakistan, qui ont un ratio dette/PIB des plus &#233;lev&#233;s, peuvent r&#233;ellement accorder aux infrastructures sociales, d'assistance sociale et d'adaptation aux changements climatiques ? &#187; (traduction libre), pose Maira Hayat, professeure &#224; l'universit&#233; Notre Dame, sur Twitter. &#171; On ne peut comprendre vraiment la capacit&#233; du Pakistan &#224; r&#233;pondre &#224; la crise sans la situer dans ce r&#233;gime de dette international auquel le pays appartient. Comment peut-on penser que des pays endett&#233;s seraient en mesure d'investir dans les infrastructures sociales [requises pour l'adaptation aux changements climatiques] ? &#187; (traduction libre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Oxfam International (CC BY-NC-SA)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une gr&#232;ve f&#233;ministe ? Entrevue avec Camille Robert</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-greve-feministe-Entrevue-avec-Camille-Robert</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-greve-feministe-Entrevue-avec-Camille-Robert</guid>
		<dc:date>2023-08-16T00:57:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miriam Hatabi, Camille Robert, Claire Ross</dc:creator>


		<dc:subject>Robert, Camille</dc:subject>
		<dc:subject>Ross, Claire</dc:subject>
		<dc:subject>Hatabi, Miriam</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Propos recueillis par Claire Ross et Miriam Hatabi. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; b&#226;bord ! : La gr&#232;ve de 2012 a-t-elle &#233;t&#233; l'occasion d'une politisation f&#233;ministe ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Camille Robert : La gr&#232;ve a permis une politisation large des &#233;tudiantes et &#233;tudiants, mais pas suffisamment sur les enjeux f&#233;ministes. Du moins, pas au d&#233;part. Cette politisation f&#233;ministe s'est plut&#244;t faite durant la gr&#232;ve et apr&#232;s. Il y a d'abord eu une conscientisation progressive &#224; travers diff&#233;rentes exp&#233;riences de sexisme au quotidien, notamment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Mini-dossier-2012-an-dix-" rel="directory"&gt;Mini-dossier : 2012, an dix&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Robert-Camille-+" rel="tag"&gt;Robert, Camille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ross-Alexis-+" rel="tag"&gt;Ross, Claire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hatabi-Miriam-+" rel="tag"&gt;Hatabi, Miriam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/capture_d_e_cran_le_2023-08-15_a_20.40_48.png?1692146463' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;545&#034; height=&#034;682&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Claire Ross et Miriam Hatabi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; : La gr&#232;ve de 2012 a-t-elle &#233;t&#233; l'occasion d'une politisation f&#233;ministe ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille Robert :&lt;/strong&gt; La gr&#232;ve a permis une politisation large des &#233;tudiantes et &#233;tudiants, mais pas suffisamment sur les enjeux f&#233;ministes. Du moins, pas au d&#233;part. Cette politisation f&#233;ministe s'est plut&#244;t faite durant la gr&#232;ve et apr&#232;s. Il y a d'abord eu une conscientisation progressive &#224; travers diff&#233;rentes exp&#233;riences de sexisme au quotidien, notamment par rapport aux dynamiques de pouvoir et de genre et &#224; la marginalisation des enjeux f&#233;ministes dans les instances de l'ASS&#201; et des f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes. Ensuite, dans les mois suivant la gr&#232;ve, il y avait un retour critique &#224; faire sur le d&#233;roulement des mobilisations et sur les relations entre militants et militantes. Je me souviens de l'onde de choc, en 2012 et 2013, quand il y a eu des vagues de d&#233;nonciations d'agressions sexuelles ayant eu lieu pendant et apr&#232;s la gr&#232;ve. Pour moi, ces &#233;v&#233;nements ont mis de l'avant toute l'importance de s'organiser entre f&#233;ministes, notamment en non-mixit&#233;. Il y a donc eu une effervescence f&#233;ministe pendant et apr&#232;s 2012 qui a beaucoup profit&#233; du mouvement de politisation engendr&#233; par la gr&#232;ve, tout en d&#233;non&#231;ant certains aspects du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quelle a &#233;t&#233; la place des revendications et des pratiques f&#233;ministes dans le mouvement de 2012 ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C. R. :&lt;/strong&gt; Je ne peux pas dire que les revendications f&#233;ministes aient eu une place centrale&#8230; Il s'agissait surtout de souligner que la hausse des frais de scolarit&#233; allait affecter les femmes en particulier, puisqu'elles gagnent g&#233;n&#233;ralement des salaires moins &#233;lev&#233;s que les hommes et qu'elles sont plus pr&#233;sentes dans les programmes d'&#233;tudes traditionnellement f&#233;minins, qui d&#233;bouchent sur des emplois moins bien r&#233;mun&#233;r&#233;s. Avec la Coalition Main rouge, on mettait aussi de l'avant que les femmes seraient davantage touch&#233;es par les mesures d'aust&#233;rit&#233; annonc&#233;es &#224; l'&#233;poque (hausse des tarifs d'hydro&#233;lectricit&#233;, ticket mod&#233;rateur en sant&#233;, etc.). Durant la gr&#232;ve, on d&#233;non&#231;ait aussi le sexisme dans la r&#233;pression, par exemple de la part de la police qui traitait les militantes de mani&#232;re tr&#232;s paternaliste, en passant des commentaires et en les tabassant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein des associations &#233;tudiantes, il y avait certaines pratiques f&#233;ministes, comme l'alternance des tours de parole dans les instances, et une certaine volont&#233; de parit&#233; dans les comit&#233;s ex&#233;cutifs, mais c'&#233;tait assez superficiel. Au sein des comit&#233;s, les femmes occupaient souvent des postes moins int&#233;ressants et r&#233;alisaient des t&#226;ches r&#233;p&#233;titives, tandis que les hommes occupaient des r&#244;les strat&#233;giques. C'&#233;tait surtout des gars qui r&#233;fl&#233;chissaient au d&#233;roulement de la gr&#232;ve : les femmes &#233;taient exclues de ces r&#233;flexions strat&#233;giques qui se passaient souvent autour d'une bi&#232;re, entre les congr&#232;s, par affinit&#233;s amicales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup de f&#233;ministes, il y a eu une grande d&#233;ception du fait que, dans ce mouvement se disant progressiste et sensible aux valeurs f&#233;ministes, il y avait encore des pratiques sexistes. D'ailleurs, juste avant la gr&#232;ve, les membres du comit&#233; femmes de l'ASS&#201; ont d&#233;missionn&#233; en bloc en d&#233;non&#231;ant notamment leur manque d'autonomie au sein de l'organisation. Plusieurs d'entre elles ont ensuite rejoint le comit&#233; femmes GGI, qui fonctionnait &#224; travers une structure plus horizontale et sans lien avec les associations &#233;tudiantes nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul, je r&#233;alise que le f&#233;minisme, dans les associations &#233;tudiantes, c'&#233;tait un peu un f&#233;minisme de fa&#231;ade. Et l'analyse concernant les personnes trans et non binaires, elle, &#233;tait compl&#232;tement absente des perspectives politiques, tout comme les questions li&#233;es au racisme ou au colonialisme, et la reconnaissance du fait que les femmes ne constituent pas un groupe homog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Dirais-tu qu'il y a un renouveau f&#233;ministe, au Qu&#233;bec, qu'on peut dater de 2012 ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C. R. :&lt;/strong&gt; Je pense que c'est venu dans les ann&#233;es qui ont suivi. Le mouvement de 2012 a &#233;t&#233; un moment de prise de conscience. Apr&#232;s, il y a eu de nombreuses initiatives, pas juste au Qu&#233;bec, avec l'apparition de blogues et l'accroissement de l'utilisation des m&#233;dias sociaux. &#199;a a co&#239;ncid&#233; avec la quatri&#232;me vague f&#233;ministe qui s'est notamment d&#233;velopp&#233;e &#224; travers des plateformes comme Facebook et Twitter, o&#249; des f&#233;ministes &#233;taient tr&#232;s actives. Comme f&#233;ministes, &#231;a devenait plus facile de s'organiser, de cr&#233;er des nouveaux liens et d'avoir acc&#232;s &#224; de nouvelles id&#233;es et de nouvelles th&#233;ories. Et beaucoup de femmes plus jeunes qui n'ont pas n&#233;cessairement particip&#233; &#224; 2012, qui &#233;taient peut-&#234;tre au secondaire, se sont politis&#233;es en voyant ce qui se passait &#224; la t&#233;l&#233; et en ayant ensuite acc&#232;s &#224; des discours et des espaces f&#233;ministes sur les m&#233;dias sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : C'est donc dire que la gr&#232;ve a politis&#233; des personnes, des femmes qui ont ensuite particip&#233; &#224; cette quatri&#232;me vague f&#233;ministe ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C. R. :&lt;/strong&gt; C'est mon impression. On ne peut pas dire que 2012 a &#233;t&#233; une gr&#232;ve f&#233;ministe. Le livre &lt;em&gt;Les femmes changent la lutte&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Myl&#232;ne Bigaouette et Marie-Eve Surprenant (dir.), 2013, &#201;ditions Remue-m&#233;nage.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par exemple, montre bien que c'&#233;tait un moment de frustration, de constat d'oppression. Mais cette effervescence politique a aussi servi de levier pour d&#233;velopper une conscience f&#233;ministe et pour r&#233;seauter pour le militantisme f&#233;ministe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que la gr&#232;ve a aussi &#233;t&#233; un moment de partage g&#233;n&#233;rationnel entre militants et militantes. Avec la Coalition Main rouge, on &#233;tait en contact avec des gens du milieu communautaire et du mouvement syndical. C'&#233;tait des militant&#183;es qui &#233;taient parfois pass&#233;&#183;es par le mouvement &#233;tudiant, mais on se retrouvait pour lutter contre les mesures d'aust&#233;rit&#233;, pour faire des alliances, pour partager des strat&#233;gies et des revendications. Ce partage-l&#224; s'est aussi fait entre des f&#233;ministes de diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations, avec des anciennes du mouvement &#233;tudiant qui &#233;taient l&#224; en 2005 ou en 1996 et qui pouvaient partager leur exp&#233;rience avec les plus jeunes de 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Est-ce que ce regain du f&#233;minisme apr&#232;s 2012 a eu un effet sur le mouvement &#233;tudiant dans les ann&#233;es suivantes ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C. R. :&lt;/strong&gt; &#192; court terme, la politisation et la prise de conscience f&#233;ministe a eu un impact sur diff&#233;rents collectifs qui sont apparus, comme lors des mouvements de d&#233;nonciations des agressions sexuelles qui ont commenc&#233; dans les cercles militants en 2012 et 2013. Ces mouvements ont ensuite touch&#233; la soci&#233;t&#233; plus largement et on a connu plusieurs autres vagues de d&#233;nonciation dans les ann&#233;es qui ont suivi. Peu &#224; peu, des valeurs f&#233;ministes qui &#233;taient tr&#232;s militantes et marginalis&#233;es dans les m&#233;dias sont devenues plus &lt;em&gt;mainstream&lt;/em&gt; : &#231;a se voit dans la fa&#231;on dont les journalistes traitent aujourd'hui les questions d'agressions sexuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est du mouvement &#233;tudiant lui-m&#234;me, on a connu un certain essoufflement apr&#232;s 2012. L'ASS&#201; a commenc&#233; &#224; d&#233;cliner et son comit&#233; femmes a connu des conflits sur les enjeux li&#233;s &#224; l'inclusion des femmes trans, notamment. Puis, il y a eu la gr&#232;ve du printemps 2015, o&#249; on a fait les m&#234;mes constats qu'en 2012 concernant la marginalisation des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par apr&#232;s, en 2019, il y a eu la gr&#232;ve pour la r&#233;mun&#233;ration des stages, structur&#233;e autour des Comit&#233;s unitaires sur le travail &#233;tudiant (CUTE). Les CUTE menaient une gr&#232;ve fondamentalement f&#233;ministe, qui int&#233;grait les id&#233;es f&#233;ministes dans ses revendications et dans ses pratiques de gr&#232;ve. &#192; partir des apprentissages et des d&#233;ceptions des mouvements pr&#233;c&#233;dents, les CUTE ont montr&#233; comment c'est possible de faire les choses autrement. C'&#233;tait une gr&#232;ve qui portait directement sur la d&#233;valorisation du travail des femmes, le travail de reproduction sociale. On dit que le travail des femmes est d&#233;valoris&#233; au foyer, il l'est aussi dans les milieux d'&#233;tudes traditionnellement f&#233;minins : d&#233;valoris&#233; lors des stages non pay&#233;s et encore une fois lorsque ces &#233;tudiantes obtiennent un emploi &#224; titre de travailleuse sociale ou d'infirmi&#232;re, par exemple. Plut&#244;t que d'essayer d'int&#233;grer une dimension f&#233;ministe &#224; une cause d'abord pens&#233;e sans trop tenir compte des femmes, la gr&#232;ve des CUTE est partie des enjeux f&#233;ministes et les a politis&#233;s. Ce faisant, elle a permis de mobiliser des d'&#233;tudiant&#183;es de certains programmes d'&#233;tudes traditionnellement oppos&#233;s &#224; la gr&#232;ve, des programmes souvent plus f&#233;minins o&#249; il y a des stages &#224; faire et o&#249; les &#233;tudiant&#183;es craignent donc particuli&#232;rement d'&#234;tre p&#233;nalis&#233;&#183;es par une gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les CUTE ont aussi renouvel&#233; les mani&#232;res de faire au sein du mouvement &#233;tudiant. Auparavant, le mouvement &#233;tait beaucoup calqu&#233; sur les structures syndicales, quoique le printemps 2015 &#233;tait d&#233;j&#224; venu un peu brasser &#231;a. Avec les CUTE, le fonctionnement &#233;tait d&#233;centralis&#233; et il n'y avait pas de porte-parole fixe, contrairement &#224; l'ASS&#201;, la CLASSE et les f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes. Il y avait une rotation dans les portes-parole et dans les t&#226;ches &#224; effectuer pour &#233;viter qu'il se cr&#233;e des sp&#233;cialisations, selon l'id&#233;e que les militant&#183;es pouvaient apprendre &#224; faire diff&#233;rentes choses et qu'on pouvait donner la chance &#224; tout le monde de se former. Les militantes des CUTE ont port&#233; une r&#233;flexion essentielle et complexe, mais aussi tr&#232;s accessible, ce qui a men&#233; les revendications f&#233;ministes encore plus loin qu'en 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Myl&#232;ne Bigaouette et Marie-Eve Surprenant (dir.), 2013, &#201;ditions Remue-m&#233;nage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Camille Robert est doctorante en histoire &#224; l'UQAM et militante de la CLASSE en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Elisabeth Doyon. Les nuages de mots sont produits par des analyses de fr&#233;quence de mots, effectu&#233;es sur un corpus de 6 276 articles concernant la gr&#232;ve de 2012 et parus dans des journaux &#224; grand tirage. Le corpus est segment&#233; par mois, de f&#233;vrier &#224; septembre. Dans ces nuages, la taille du mot correspond &#224; sa fr&#233;quence d'apparition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faire place &#224; l'&#233;meute &#233;pist&#233;mique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Faire-place-a-l-emeute-epistemique</link>
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		<dc:date>2023-07-30T20:08:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dalie Giroux, Miriam Hatabi, Pierrot Ross-Tremblay</dc:creator>


		<dc:subject>Hatabi, Miriam</dc:subject>
		<dc:subject>Giroux, Dalie</dc:subject>
		<dc:subject>Ross-Tremblay, Pierrot</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans l'&#233;ditorial de ce num&#233;ro, le collectif d'&#192; b&#226;bord ! offre son appui et sa solidarit&#233; aux luttes pour la protection du territoire men&#233;es &#224; Kahnaw&#224;:ke et dans le Nitassinan de Pessamit, entre autres. Mais qu'est-ce donc qu'&#234;tre solidaire dans cette soci&#233;t&#233; coloniale &#224; laquelle nous appartenons ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En mai 2021, &#224; l'occasion du Festival TransAm&#233;riques, Pierrot Ross-Tremblay et Dalie Giroux se r&#233;unissaient dans le cadre d'une discussion ayant pour th&#232;me &#171; Habiter le territoire &#187;. Cet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-90-decembre-2021-" rel="directory"&gt;No 090 - d&#233;cembre 2021&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hatabi-Miriam-+" rel="tag"&gt;Hatabi, Miriam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Giroux-Dalie-+" rel="tag"&gt;Giroux, Dalie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ross-Tremblay-Pierrot-+" rel="tag"&gt;Ross-Tremblay, Pierrot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/34524-2.png?1690747519' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;692&#034; height=&#034;462&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'&#233;ditorial de ce num&#233;ro, le collectif d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; offre son appui et sa solidarit&#233; aux luttes pour la protection du territoire men&#233;es &#224; Kahnaw&#224;:ke et dans le Nitassinan de Pessamit, entre autres. Mais qu'est-ce donc qu'&#234;tre solidaire dans cette soci&#233;t&#233; coloniale &#224; laquelle nous appartenons ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;En mai 2021, &#224; l'occasion du Festival TransAm&#233;riques, Pierrot Ross-Tremblay et Dalie Giroux se r&#233;unissaient dans le cadre d'une discussion ayant pour th&#232;me &#171; Habiter le territoire &lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est possible de visionner cet &#233;change sur la page Facebook du festival (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;em&gt;. Cet &#233;change, que j'ai souhait&#233; p&#233;renniser en partie en offrant cette retranscription, aborde aussi de mani&#232;re &#233;loquente diverses facettes d'une solidarit&#233; des allochtones envers les Autochtones qui soit propice aux changements politiques. Les intervenant&#183;e&#183;s y abordent des avenues de solidarit&#233; entre allochtones et Autochtones pour &#233;branler les r&#233;cits qui sont aux fondements des structures de pouvoir perp&#233;tuant l'exploitation, l'oppression et l'imposition du silence. Cette solidarit&#233; intellectuelle et &#233;pist&#233;mique repose sur une prise de responsabilit&#233; par les descendant&#183;e&#183;s de colons envers leur h&#233;ritage colonial, sur l'examen des r&#233;cits dominants et, pour ce faire, sur l'accueil des r&#233;cits peu ou pas entendus, qui sont souvent douloureux.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Prendre responsabilit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dalie Giroux :&lt;/strong&gt; Si on connecte le territoire et le projet de colonisation/d&#233;colonisation, j'ai l'impression que dans mon travail, je l'ai beaucoup abord&#233; au plan des structures : o&#249; nous sommes, dans quoi nous sommes. Il faut savoir reconna&#238;tre les puissances accumul&#233;es et les syst&#232;mes politiques qui soutiennent et qui l&#233;gitiment l'exploitation. Les structures que les allochtones et les Autochtones ont en partage, ce sont des structures de d&#233;possession, bien qu'on ne soit pas d&#233;poss&#233;d&#233;&#183;e&#183;s de la m&#234;me fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ton travail, Pierrot, la question de la colonisation/d&#233;colonisation articul&#233;e au territoire est vraiment abord&#233;e au plan du rapport entre les personnes et de l'&#234;tre &#224; lui-m&#234;me. Tu vas chercher au niveau politico-affectif et micro-politique la mani&#232;re dont le colonialisme agit dans nos vies. Tu montres comment il nous structure de l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L495xH469/68876-c8967.png?1729020561' width='495' height='469' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De mon c&#244;t&#233;, [&#233;tudier le colonialisme] a &#233;t&#233; un cheminement : quand j'&#233;tais plus jeune, j'&#233;tais tr&#232;s attir&#233;e par la litt&#233;rature autochtone, les penseurs autochtones, j'&#233;tais intrigu&#233;e par le fait qu'il y avait possiblement d'autres r&#233;cits sur le lieu, la spatialisation et la temporalisation. J'&#233;tais attir&#233;e par &#231;a, la fr&#233;quentation, rencontrer des gens, &#233;couter, essayer de m'initier au territoire d'une autre fa&#231;on, trouver les r&#233;ponses ailleurs que dans mon &#233;ducation et ma famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le temps, je me suis rendu compte que la job que j'avais &#224; faire n'&#233;tait pas de parler au nom des Autochtones, de trouver les formules par lesquelles je dirais les bonnes choses et me prot&#233;gerais du risque de me faire traiter de colon, finalement, mais c'&#233;tait de parler de ma propre soci&#233;t&#233;, avec cette franchise-l&#224;, d'aller l&#224; o&#249; &#231;a fait mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Et justement, aller l&#224; o&#249; &#231;a fait mal, c'est au c&#339;ur de cette d&#233;marche de cr&#233;ation de solidarit&#233;s intellectuelles par laquelle les descendant&#183;e&#183;s de colons doivent faire l'examen des probl&#232;mes et des torts qui appartiennent &#224; la soci&#233;t&#233; coloniale. En retour, cette prise de responsabilit&#233; lib&#232;re du temps et de l'&#233;nergie aux membres des nations autochtones pour mener d'autres projets et d'autres r&#233;flexions.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierrot Ross-Tremblay :&lt;/strong&gt; Le genre de travail que tu fais, Dalie, nous lib&#232;re du temps pour faire autre chose. [Pour les Autochtones,] critiquer le Qu&#233;bec, critiquer la culture qu&#233;b&#233;coise ou le rapport du Qu&#233;bec avec lui-m&#234;me, c'est comme s'immoler. Et de la m&#234;me fa&#231;on, quand on d&#233;cide de critiquer des dirigeants dans nous propre communaut&#233;, c'est un peu comme se faire harakiri. Ann Antash Kapesh le disait : un moment donn&#233;, tu vas te trouver tout&#183;e seul&#183;e. Mettre fin &#224; l'omerta nous met dans des positions difficiles en tant que chercheur&#183;euse&#183;s. On a besoin de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. G. :&lt;/strong&gt; Tu dis que c'est pas facile de dire les choses telles qu'on pense qu'elles sont, tu dis que critiquer le Qu&#233;bec c'est comme s'immoler : quand &#231;a br&#251;le, quand &#231;a chauffe, j'ai le sentiment que c'est parce qu'on est &#224; la bonne place. Il y a un crit&#232;re &#233;pist&#233;mologique qui dit que quand la parole met en danger, c'est comme un sympt&#244;me qui aide &#224; lire la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ta fa&#231;on, Pierrot, tu le vis dans ton travail, tu as beaucoup de courage de parler comme &#231;a de l'intrication de la violence coloniale &#224; l'int&#233;rieur des cultures colonis&#233;es aussi et de reprendre la r&#233;flexion sur l'h&#233;ritage autochtone &#224; partir de ce lieu-l&#224;, &#224; partir de la communaut&#233;, &#224; partir de l'intimit&#233; : le colonialisme comme forme de pathologie politique intime. Moi, &#231;a m'&#233;duque beaucoup, ta mani&#232;re de te mettre en danger comme personne travers&#233;e par ces contradictions-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faire l'examen des r&#233;cits dominants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;La solidarit&#233; imagin&#233;e et mise en pratique par Dalie Giroux et Pierrot Ross-Tremblay ouvre la voie &#224; la remise en question des pratiques de &#171; r&#233;conciliation &#187; qui se contentent d'amender les r&#233;cits dominants de la colonisation et qui cherchent &#224; imposer une nouvelle relation sans examiner les violences associ&#233;es &#224; la prise de possession du territoire.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.-T. :&lt;/strong&gt; Quand on entend parler des premiers contacts, c'est souvent dans le fantasme et le romantisme des relations entre les coureurs des bois et les femmes autochtones. C'est un grand mensonge. Au fond, si on &#233;coute attentivement, on entend des histoires de traumatismes historiques, des histoires de viols, de massacres : elle est l&#224;, la vraie histoire. C'est difficile &#224; entendre. Les gens ne veulent pas entendre cette histoire-l&#224;. Mais les soci&#233;t&#233;s coloniales sont aussi fond&#233;es sur la fiction de leur impunit&#233;, sur l'id&#233;e qu'il n'y aura pas de cons&#233;quence, que le mal engendr&#233; tombera dans le n&#233;ant, un peu &#224; l'image de notre rapport avec la terre. C'est comme si on pouvait balancer n'importe quoi dans le fleuve et que &#231;a allait disparaitre comme par magie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L495xH469/0987-6a966.png?1729020561' width='495' height='469' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais non, il y a une m&#233;moire, il y a une m&#233;moire de la terre et une m&#233;moire de la vie. C'est vrai aussi avec le c&#339;ur humain : tou&#183;te&#183;s ces orphelin&#183;e&#183;s qui ont &#233;t&#233; arrach&#233;&#183;e&#183;s &#224; l'Afrique, qui ont &#233;t&#233; arrach&#233;&#183;e&#183;s &#224; nos communaut&#233;s, qui ont &#233;t&#233; mis&#183;e&#183;s en esclavage, il faut vivre avec cet h&#233;ritage-l&#224;, parce qu'ils et elles sont pr&#233;sent&#183;e&#183;s dans notre conscience collective, d'une certaine fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. G. :&lt;/strong&gt; Il y a une r&#233;sistance tr&#232;s forte &#224; la remise en question du r&#233;cit dominant de l'histoire de la soci&#233;t&#233; coloniale qu&#233;b&#233;coise. Il s'agit pas juste de dire &#171; on s'est tromp&#233; dans notre r&#233;cit, on va s'en faire un autre &#187;. Pourtant, il y a une tentative de &#231;a dans la perspective &#171; inclusive &#187; o&#249; on veut maintenant ajouter un chapitre dans le livre de l'histoire du Qu&#233;bec qui traiterait des Autochtones. Il y a cette tentative d'amender le r&#233;cit national pour le rendre acceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.-T. :&lt;/strong&gt; C'est tr&#232;s violent : c'est ceux qui portent la m&#233;moire traumatique, la violence coloniale historique qui se trouvent face &#224; des gens qui tentent de les convaincre de leur bont&#233;, qu'ils sont meilleurs que les Anglais, que les Am&#233;ricains, meilleurs que tout le monde. C'est une fuite, une fiert&#233; mal plac&#233;e. Il n'y a pas un colonialisme meilleur qu'un autre, ni un racisme moins pire qu'un autre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Accueillir l'&#233;meute &#233;pist&#233;mique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#192; la prise de responsabilit&#233; et &#224; l'examen des r&#233;cits dominants s'ajoute l'accueil des voix sous-&#233;cout&#233;es qui, lorsqu'elles s'&#233;l&#232;vent pour d&#233;noncer les violences sexistes, racistes et coloniales, cr&#233;ent ce que Pierrot Ross-Tremblay appelle une &#171; &#233;meute &#233;pist&#233;mique &#187;. Cet entrechoquement des connaissances sous-repr&#233;sent&#233;es permet de mettre au jour un contre-discours et des avenues de changement inform&#233;es par l'exp&#233;rience des personnes qui ont une connaissance fine de l'oppression.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.-T. :&lt;/strong&gt; Un aspect difficile &#224; traiter, c'est le fait que souvent, les gens vont dire &#171; &lt;em&gt; on ne connait pas les Autochtones, on ne sait pas&lt;/em&gt; &#187;. Il y a donc une surprise permanente li&#233;e &#224; nos prises de parole. De l'autre c&#244;t&#233;, quand on &#233;coute les a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s et nos r&#233;cits, leur connaissance du colonialisme est tr&#232;s fine. C'est plus de 400 ans d'observation directe ! C'est comme dire &#224; l'allochtone : &#171; &lt;em&gt;Tu sais rien de moi, et moi je sais tout de toi&lt;/em&gt; &#187;. Si on commence &#224; dire les choses, c'est comme si on mettait &#224; nu la soci&#233;t&#233; coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action [de la soci&#233;t&#233; coloniale], cette fragilit&#233;, peut faire tr&#232;s mal en retour. Quand on r&#233;v&#232;le ces informations-l&#224;, &#231;a a un effet : la culpabilit&#233; non assum&#233;e peut engendrer un ph&#233;nom&#232;ne de bouc &#233;missaire. Quand on critique &#171; trop &#187; profond&#233;ment le Qu&#233;bec, son rapport avec lui-m&#234;me, le r&#233;cit colonial qui est racont&#233; dans lequel les premiers peuples sont souvent des figurants d&#232;s les premiers contacts, on devient une cible, un ennemi. Les v&#233;rit&#233;s qui font mal sur les effets du colonialisme peuvent &#234;tre interpr&#233;t&#233;es comme de la qu&#233;b&#233;cophobie. Mais le but n'est pas de ha&#239;r, mais de mettre des mots sur les maux engendr&#233;s par la domination, rendre visible ce qui est cach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience historique des Premiers Peuples est profonde. C'est comme une r&#233;volte qui gronde. Cette id&#233;e que la r&#233;sistance disparaitra, que nous serons effac&#233;&#183;e&#183;s, c'est une grande chim&#232;re. Il faut vivre avec les cons&#233;quences de nos actions individuelles autant que collectives. Derri&#232;re le cul-de-sac actuel, il y a une forme de r&#233;bellion, d'&#233;meute &#233;pist&#233;mique, une autre vision du monde qui est l&#224;, qui attend. Porter et partager cette parole-l&#224;, c'est tr&#232;s puissant. Le retour de la pens&#233;e des Premiers Peuples m&#232;ne in&#233;vitablement &#224; une forme d'effondrement des mythes justifiant l'effacement, &#224; l'effritement des fausses certitudes sur lesquelles sont fond&#233;es les soci&#233;t&#233;s dans lesquelles on vit, comme l'id&#233;e qu'on peut contr&#244;ler et dominer la terre, que les hommes sont sup&#233;rieurs aux femmes, qu'on peut sacrifier sans raison des &#234;tres vivants, qu'on peut accumuler pour soi&#8230; Tous ces pr&#233;suppos&#233;s sur lesquels sont fond&#233;es nos soci&#233;t&#233;s sont tr&#232;s tr&#232;s fragiles et, comme nous le voyons aujourd'hui, largement mortif&#232;res. L'effondrement de certaines certitudes laissera la place &#224; des visions &#224; la fois nouvelles et tr&#232;s anciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis pr&#233;sentement dans la c&#233;l&#233;bration d'une victoire : on a r&#233;ussi, dans les derni&#232;res ann&#233;es, &#224; &#233;branler cette id&#233;e qu'il n'y avait qu'un seul r&#233;cit valable. Maintenant, il y a plusieurs voix. C'est vrai pour les r&#233;cits &#233;mergeant de #MeToo, c'est vrai pour les nouvelles dynamiques d&#233;coloniales, pour les r&#233;cits sur racisme, pour les multiples voix d'aujourd'hui sur notre rapport au vivant. Qu'y aura-t-il apr&#232;s l'effondrement de l'&#233;difice ? Il nous restera la voix du c&#339;ur, la r&#233;union avec tou&#183;te&#183;s ceux et celles qui ont &#233;t&#233; oubli&#233;&#183;e&#183;s, avec le monde des Anc&#234;tres aussi, tou&#183;te&#183;s ces d&#233;funt&#183;e&#183;s, ces gens qui ont &#233;t&#233; effac&#233;s de l'histoire, mais qui sont encore l&#224; d'une certaine fa&#231;on, et c'est vrai des autres esp&#232;ces de la terre aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. G. :&lt;/strong&gt; Il y a effectivement une prise de parole qui est multiple. J'adore cette image de l'&#171; &#233;meute &#233;pist&#233;mique &#187;. La force de la r&#233;action actuelle qu'on vit contre l'antiracisme, contre le f&#233;minisme, contre l'affirmation autochtone t&#233;moigne de la puissance de cette prise de parole l&#224;. Cette parole-l&#224; nomme une domination, alors que le r&#233;cit unique, national et colonial reposait sur un silence. Quand tu parles de cette exigence d'oubli que la soci&#233;t&#233; dominante a envers les opprim&#233;&#183;e&#183;s, c'est une incitation &#224; une complicit&#233;, &#224; garder le silence sur la domination. C'est comme dire : &#171; &lt;em&gt;T'en auras pas, de m&#233;moire &lt;/em&gt; &#187;, parce que la m&#233;moire r&#233;v&#232;le la domination qui est requise par cette forme de vie l&#224;, qui carbure au mythe de la violence n&#233;cessaire. On ne peut pas reculer de &#231;a &#224; mon avis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand tu dis que le colonis&#233; comprend tr&#232;s bien la soci&#233;t&#233; coloniale et qu'il peut l'expliquer au colonisateur alors que l'inverse n'est pas vrai, je ne peux qu'imaginer combien elle est p&#233;nible, la situation actuelle d'une perspective autochtone dans ce monde colonial qui veut se laver les mains, qui veut &#234;tre gentil, qui veut inclure, qui veut int&#233;grer, mais qui exige en m&#234;me temps cet oubli-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que les masques sont tomb&#233;s, et je le partage cet enthousiasme-l&#224;. On vit un moment un peu r&#233;volutionnaire. On n'est pas s&#251;r d'o&#249; &#231;a va, on sait ce qui ne marche plus, on n'a m&#234;me pas besoin de le mettre par terre puisqu'il dysfonctionne. On habite le dysfonctionnement de ce monde-l&#224;, et je trouve qu'une parole comme la tienne et tout ce fleuve de sagesse avec lequel on peut se brancher, ce rapport &#224; la terre, c'est plein de pouvoir, d'autres sortes de puissances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est possible de visionner cet &#233;change sur la page Facebook du festival TransAm&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pierrot Ross-Tremblay est juriste et sociologue innu. Dalie Giroux est politologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : PxHere&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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