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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>&#192; une once d'avoir le milieu &#233;ducatif le plus enviable</title>
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		<dc:date>2020-09-13T15:29:27Z</dc:date>
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		<dc:creator>&#201;milie Auclair</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Auclair, &#201;milie</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'analyse du syst&#232;me scolaire est un bon outil pour comprendre un milieu. D&#233;mystifier toutes ces microsoci&#233;t&#233;s que sont les &#233;coles et en faire &#233;merger un portrait global est un exercice fascinant. &lt;br class='autobr' /&gt;
En Abitibi-T&#233;miscamingue, il n'y a aucune &#233;cole priv&#233;e. Les enfants de m&#233;decin, ceux des mineurs&#183;euses et ceux des coiffeurs&#183;euses se retrouvent tous les jours sur les m&#234;mes bancs d'&#233;cole. Dans la r&#233;gion, les enfants arrivent en 5e ann&#233;e sans la pression de performance qui existe dans les grands (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Auclair-Emilie-+" rel="tag"&gt;Auclair, &#201;milie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2987.jpg?1642092249' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;833&#034; height=&#034;513&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'analyse du syst&#232;me scolaire est un bon outil pour comprendre un milieu. D&#233;mystifier toutes ces microsoci&#233;t&#233;s que sont les &#233;coles et en faire &#233;merger un portrait global est un exercice fascinant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Abitibi-T&#233;miscamingue, il n'y a aucune &#233;cole priv&#233;e. Les enfants de m&#233;decin, ceux des mineurs&#183;euses et ceux des coiffeurs&#183;euses se retrouvent tous les jours sur les m&#234;mes bancs d'&#233;cole. Dans la r&#233;gion, les enfants arrivent en 5e ann&#233;e sans la pression de performance qui existe dans les grands centres. Les notes sont importantes, &#233;videmment, mais moins qu'ailleurs o&#249; la course aux volets particuliers ou &#224; l'admission &#224; l'&#233;cole priv&#233;e sont bien r&#233;elles. Ici, les enfants restent des enfants jusqu'&#224; tant qu'ils en d&#233;cident autrement. Ici, on commence ensemble et on termine ensemble, ou presque. Une d&#233;monstration parfaite et renouvel&#233;e annuellement du fait que la mixit&#233; sociale n'existe pas seulement dans les livres. En Abitibi-T&#233;miscamingue, lib&#233;r&#233;e de l'hypocrisie de l'institution priv&#233;e, l'&#233;cole est un r&#233;el vecteur de justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petites &#233;coles de 60 &#233;l&#232;ves en synergie avec le centre communautaire et la biblioth&#232;que de quartier sont une r&#233;alit&#233; encore r&#233;pandue. Bien que la tendance soit &#224; fermer ces milieux &#233;ducatifs r&#234;v&#233;s, ceux-ci luttent pour subsister et pour continuer &#224; faire battre le c&#339;ur du village. Lorsqu'une &#233;cole ferme, comme cela arrive ailleurs au Qu&#233;bec, les parents s'inqui&#232;tent de voir leur b&#233;b&#233; partir pour un-peu-trop-loin chaque matin. En Abitibi, il s'agit d'une catastrophe locale souvent sans issue. C'est un village qui s'&#233;teint, c'est un milieu de vie qui perd son sens, ce sont des familles qui finissent par d&#233;serter. Ces enfants, dont les cris ne se conjuguent qu'avec le bruit de leur respiration dans la cour d'&#233;cole, partent vers l'inconnu en laissant leur sentiment d'appartenance au bas de l'autobus jaune qui les am&#232;ne en ville. Il s'agit d'une r&#233;alit&#233; &#233;ducative et sociale unique qu'il faut constamment d&#233;fendre contre Goliath.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette r&#233;alit&#233; s'ajoute la vivacit&#233; des milieux urbains de Rouyn-Noranda ou de Val-d'Or. Une r&#233;alit&#233; qui s'apparente dr&#244;lement &#224; celle des grands centres o&#249; les &#233;l&#232;ves sont empil&#233;s faute de place, mais ceci dans une communaut&#233; qui reste tiss&#233;e serr&#233;e. Les enseignant&#183;e&#183;s habitent le voisinage, leurs enfants se retrouvent dans les classes de coll&#232;gues et tout le monde finit toujours par se conna&#238;tre. La premi&#232;re question pos&#233;e reste souvent : &#171; &lt;em&gt;C'est un p'tit qui, lui ?&lt;/em&gt; &#187; Une urbanit&#233; nouvelle dont les racines rurales sont encore fra&#238;ches. Il faut apprendre &#224; composer avec un milieu qui se diversifie et accepter que parfois, personne ne conna&#238;t le p'tit nouveau, ni les enseignant&#183;e&#183;s, ni les enfants.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un &#233;cosyst&#232;me confortable&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cependant, un &#233;cosyst&#232;me scolaire aussi homog&#232;ne fait en sorte que l'offre p&#233;dagogique innove peu. Les milieux ne tentent pas de se diff&#233;rencier &#224; tout prix. C'est rassurant pour certains parents de voir que l'&#233;cole n'a pas chang&#233; d'un poil depuis qu'ils l'ont quitt&#233;e. Mais parfois, une petite comp&#233;tition, une saine rivalit&#233;, une concurrence amicale, donne des ailes. Cr&#233;er un choc. Stimuler la cr&#233;ativit&#233;. S'appuyer sur ses forces vives. Donner l'&#233;nergie pour d&#233;velopper et innover. Comme ailleurs, les profs sont professionnel&#183;le&#183;s et engag&#233;&#183;e&#183;s, les directions et les cadres passionn&#233;&#183;e&#183;s. Il ne faudrait qu'un pas pour que le milieu &#233;ducatif de l'Abitibi-T&#233;miscamingue soit le plus enviable au Qu&#233;bec.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, il y a les mines. Ces mines qui volent les gar&#231;ons des bancs d'&#233;cole en les faisant saliver avec des salaires faramineux. Ces mines qui font du march&#233; immobilier de Rouyn-Noranda et de Val-d'Or le petit cousin de Montr&#233;al. Ces mines qui rendent le d&#233;crochage scolaire &#171; moins grave &#187; parce qu'un emploi t'attendra &#224; la sortie. Ces mines qui embrouillent la relation de cause &#224; effet entre un salaire &#233;lev&#233; et la pers&#233;v&#233;rance scolaire. Ces mines qui participent autant &#224; la vitalit&#233; du milieu par son implication locale financi&#232;re qu'&#224; l'asservissement des citoyen&#183;ne&#183;s &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette industrie profite de la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre. Celle-ci transforme les nouveaux arrivants et les d&#233;crocheurs&#183;euses en opportunit&#233;s d'affaires. Les jeunes ont l'occasion de choisir leur emploi d'&#233;t&#233; et d'&#233;viter le salaire minimum. Pour certain&#183;e&#183;s, la tentation est forte de poursuivre tout au long de l'ann&#233;e. Comme ailleurs, de plus en plus de jeunes occupent un emploi pendant leurs &#233;tudes. Comme ailleurs, on croit que c'est un symbole de r&#233;ussite, voire une source de confiance en l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;cole, c'est aussi se donner le droit de dire non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'occasion de faire des choix, d'aimer son m&#233;tier et de pouvoir se r&#233;orienter &#224; 35 ans parce que la vie nous appelle ailleurs. C'est l'occasion de comprendre le monde dans lequel on vit, d'y participer et de le changer en mieux. L'&#233;cole forge des citoyen&#183;ne&#183;s en action et en sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si le prix de l'once diminue, les bancs d'&#233;cole se rempliront. Si le prix de l'once diminue, les mineurs&#183;euses, alors sous terre, ressurgiront, mais sans voir la lumi&#232;re. C'est la dure r&#233;alit&#233; des r&#233;gions ressources. Tout devient un peu artificiel parce que personne n'a r&#233;ellement le contr&#244;le de sa destin&#233;e. Ce n'est pas nous qui jouons avec les d&#233;s. Sans nous en rendre compte, nous contribuons &#224; une &#233;conomie tellement plus grande et plus complexe que nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a UQAT, dira-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, l'UQAT offre des programmes universitaires qui participent au d&#233;veloppement &#233;conomique traditionnel de la r&#233;gion, &#224; quelques exceptions pr&#232;s. Les &#233;tudiant&#183;e&#183;s qui se passionnent pour la politique, qui veulent voir le monde avec une lunette diff&#233;rente, qui souhaitent explorer les tenants et aboutissants de la philosophie, elles et ils traversent le parc vers le sud et rares sont celles et ceux qui refont le chemin inverse. Mais, l'exode des intellos, on s'en soucie moins. Et pourtant, l'Abitibi-T&#233;miscamingue, comme partout ailleurs, a besoin de ses penseurs&#183;euses et de ses visionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ici, c'est vrai, tout est &#224; b&#226;tir. Les Jeanne Mance et les Laviolette de la r&#233;gion ont encore leur photo dans nos salons et leurs h&#233;ritiers les appellent encore grands-papas et grands-mamans. L'identit&#233; est naissante. Mais d&#233;j&#224; deux solitudes : d'un c&#244;t&#233; le monde culturel riche et novateur, de l'autre, un d&#233;veloppement &#233;conomique bas&#233; sur les ressources naturelles et men&#233; avec une &#171; acceptabilit&#233; sociale &#187; qui rel&#232;ve davantage du tabou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui a vraiment le luxe de dire non ici ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que dire non, c'est peut-&#234;tre s'&#233;teindre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;milie Auclair est &#233;tudiante &#224; la ma&#238;trise en &#233;ducation &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec en Abitibi-T&#233;miscamingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Fr&#233;d&#233;rique Godefroid&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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