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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Alg&#233;rie. Le mouvement populaire ne doit pas &#233;chouer</title>
		<link>https://www.ababord.org/Algerie-Le-mouvement-populaire-ne-doit-pas-echouer</link>
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		<dc:date>2020-08-31T13:48:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rabah Moulla</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Nord</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les manifestations &#224; Alger durent depuis des mois et ne semblent pas montrer de signes d'essoufflement. L'arrestation de Louisa Hanoune, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale du Parti des travailleurs marque cependant un tournant dans le bras de fer entre le pouvoir et le peuple. Elle signifie que le r&#233;gime n'h&#233;sitera pas &#224; s'engager dans la voie de la r&#233;pression si son agenda de sortie de crise continue d'&#234;tre rejet&#233; par la rue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il convient d'abord de rappeler que le mouvement de protestation est n&#233; du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moulla-Rabah-+" rel="tag"&gt;Moulla, Rabah&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2979.jpg?1642092249' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1191&#034; height=&#034;676&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les manifestations &#224; Alger durent depuis des mois et ne semblent pas montrer de signes d'essoufflement. L'arrestation de Louisa Hanoune, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale du Parti des travailleurs marque cependant un tournant dans le bras de fer entre le pouvoir et le peuple. Elle signifie que le r&#233;gime n'h&#233;sitera pas &#224; s'engager dans la voie de la r&#233;pression si son agenda de sortie de crise continue d'&#234;tre rejet&#233; par la rue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il convient d'abord de rappeler que le mouvement de protestation est n&#233; du refus d'un cinqui&#232;me mandat pour le pr&#233;sident Bouteflika, au pouvoir depuis 1999. Craignant d'&#234;tre la ris&#233;e du monde entier, &#224; cause d'un pr&#233;sident tr&#232;s affaibli et aphasique depuis son accident vasculaire c&#233;r&#233;bral subi en 2013 et qui s'accrochait n&#233;anmoins au pouvoir, les Alg&#233;riens ne pouvaient pas accepter ce mandat de trop. Bouteflika voulait sans doute mourir pr&#233;sident mais le peuple en avait assez. Ce dernier a donc d&#233;cid&#233; d'investir la rue, particuli&#232;rement &#224; Alger o&#249; les manifestations sont interdites depuis la grande marche du 14 juin 2001, lors du printemps noir de Kabylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, le peuple alg&#233;rien n'avait pas embarqu&#233; dans le processus r&#233;volutionnaire qui avait d&#233;but&#233; en Tunisie pour ensuite toucher plusieurs pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Les Alg&#233;rien&#183;ne&#183;s &#233;taient alors &#233;chaud&#233;s par la d&#233;cennie noire de 1990, durant laquelle le terrorisme islamiste avait fait environ 200 000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit ans plus tard, les Alg&#233;rien&#183;ne&#183;s ne souhaitent pas non plus que leur pays connaisse le m&#234;me sort que la plupart des pays du printemps arabe qui ont sombr&#233; dans le chaos ou qui sont retourn&#233;s sous la dictature, comme en &#201;gypte.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela explique peut-&#234;tre le caract&#232;re pacifique des manifestations et le haut niveau de civisme des manifestant&#183;e&#183;s. Le printemps alg&#233;rien a lib&#233;r&#233; la parole et les talents, notamment ceux d'une jeunesse qui a grandi avec les r&#233;seaux sociaux et qui tient &#224; faire bonne figure et &#224; impressionner le monde qui la regarde. Ce mouvement populaire est aussi une v&#233;ritable &#233;cole de formation des luttes populaires o&#249; l'on apprend &#224; prendre la parole, &#224; &#233;couter et &#224; &#234;tre respectueux de la diversit&#233; des opinions et des parcours politiques. Cet esprit de solidarit&#233; et d'ouverture, on le doit sans doute aux jeunes de 20 ans qui n'ont pas connu la d&#233;cennie noire et ses fractures.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bouteflika part, mais son r&#233;gime reste&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De la revendication du d&#233;part de Bouteflika, r&#233;clam&#233; au d&#233;but du mouvement de protestation, on est pass&#233; &#224; celle de la fin du r&#233;gime en entier. &#171; &lt;em&gt;Yatnahaw ga3&lt;/em&gt; &#187; (Qu'ils d&#233;gagent tous !) entonn&#233; dans toutes les manifestations, est devenu le slogan phare du mouvement pour souligner la volont&#233; du peuple de se d&#233;barrasser d'une caste qui a dilapid&#233; et d&#233;tourn&#233; les richesses du pays.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu trois semaines de mobilisation et une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le 10 mars, pour faire reculer une premi&#232;re fois le pouvoir avec l'annonce par Bouteflika de son renoncement &#224; briguer un 5e mandat, du report de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle pr&#233;vue pour le 18 avril et d'un changement de gouvernement. Ces concessions n'ont fait que renforcer le mouvement et lui faire prendre conscience de sa force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mission de Bouteflika, finalement intervenue le 2 avril, est cependant la v&#233;ritable premi&#232;re victoire arrach&#233;e par le mouvement alors que la mobilisation avait gagn&#233; tout le pays et toutes les cat&#233;gories de la population. Le r&#233;gime a d&#233;sign&#233; Abdelkader Bensalah, ancien pr&#233;sident de la chambre haute du parlement, chef d'&#201;tat par int&#233;rim pour une p&#233;riode de 90 jours, le temps d'organiser une &#233;lection pr&#233;sidentielle fix&#233;e au 4 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est pas r&#233;gl&#233; pour autant. Le peuple en mouvement r&#233;clame le d&#233;part des trois B (Bensalah, Belaiz et Bedoui) et l'annulation de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle programm&#233;e. Si Tayeb Belaiz, pr&#233;sident du Conseil constitutionnel a aussi d&#233;missionn&#233;, Abdelkader Bensalah et le premier ministre Nouredine Bedoui sont toujours en poste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'arm&#233;e, la carotte et le b&#226;ton&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le nouvel homme fort du r&#233;gime, c'est cependant le g&#233;n&#233;ral Gaid Salah, chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e et ancien fid&#232;le de Bouteflika. Plusieurs observateurs lui pr&#234;tent l'ambition de devenir, &#224; 77 ans, le &#171; Sissi &#187; alg&#233;rien. Gaid Salah multiplie les sorties publiques depuis plusieurs semaines. Il pr&#233;tend &#234;tre du c&#244;t&#233; du peuple dans sa lutte contre le syst&#232;me corrompu, mais il n'h&#233;site pas &#224; utiliser la menace contre les &#171; &lt;em&gt;ennemis de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur qui veulent attenter &#224; la stabilit&#233; du pays&lt;/em&gt; &#187;. Il tente de donner des gages de son suppos&#233; soutien aux revendications du peuple, en mettant en prison quelques hommes d'affaires qui ont amass&#233; des fortunes colossales durant le r&#232;gne de Bouteflika. Il conforte sa position de nouveau maitre du r&#233;gime en faisant aussi jeter en prison les g&#233;n&#233;raux Mohamed Medi&#232;ne et Bachir Tartag ainsi que Said Bouteflika, fr&#232;re cadet du pr&#233;sident d&#233;chu. Ils sont accus&#233;s par un tribunal militaire &#171; &lt;em&gt;d'atteinte &#224; l'autorit&#233; de l'arm&#233;e&lt;/em&gt; &#187; et &#171; &lt;em&gt;complot contre l'autorit&#233; de l'&#201;tat&lt;/em&gt; &#187;. Enfin, Gaid Salah r&#233;p&#232;te que la seule voie de sortie de crise possible, dans le cadre constitutionnel, demeure l'organisation de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'intransigeance de la direction de l'arm&#233;e et aux vell&#233;it&#233;s de durcissement de la r&#233;pression, quel avenir peut-on envisager pour le mouvement populaire ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;fis du mouvement populaire&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le monde entier a &#233;t&#233; impressionn&#233; par l'ampleur des mobilisations dans les diff&#233;rentes villes du pays et surtout par le caract&#232;re pacifique des manifestations. Les m&#233;dias et les r&#233;seaux sociaux relayent chaque jour les images de marches et de rassemblements joviaux de dizaines de milliers de jeunes et de moins jeunes, de femmes et d'hommes tous unis derri&#232;re le m&#234;me objectif : en finir avec le r&#233;gime et fonder une deuxi&#232;me r&#233;publique. Des forums de discussions sont organis&#233;s sur le futur du pays, mais il est urgent que le mouvement d&#233;gage une repr&#233;sentation unifi&#233;e et propose une feuille de route de sortie de crise et de la gestion de la transition. Les quelques partis politiques qui n'ont pas tremp&#233; dans les magouilles du r&#233;gime de Bouteflika sont t&#233;tanis&#233;s apr&#232;s des d&#233;cennies de fermeture du champ politique. C'est aussi le cas des diff&#233;rents groupes et organisations de la soci&#233;t&#233; civile m&#234;me si un collectif compos&#233; d'une trentaine d'associations a appel&#233;, fin avril, &#224; l'ouverture d'une transition politique et &#224; un dialogue entre le pouvoir politique, d'un c&#244;t&#233;, et les acteurs de la soci&#233;t&#233; civile et la classe politique participant au mouvement populaire, de l'autre, afin de d&#233;gager une feuille de route pour une transition politique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est urgent de construire une direction du mouvement pour peser sur la suite des choses. En Tunisie, moins de deux mois apr&#232;s le d&#233;but de la r&#233;volution, un Conseil national pour la protection de la r&#233;volution (CNPR) avait &#233;t&#233; form&#233;. Il demandait la convocation d'une assembl&#233;e constituante et la dissolution de toutes les institutions h&#233;rit&#233;es de l'&#232;re de Ben Ali et quelques jours plus tard, un gouvernement de transition avait &#233;t&#233; constitu&#233; avec pour mission de pr&#233;parer l'&#233;lection de l'Assembl&#233;e constituante. La soci&#233;t&#233; civile tunisienne avait r&#233;ussi &#224; imposer une feuille de route de gestion de la transition parce que la pression sur le r&#233;gime avait &#233;t&#233; appuy&#233;e par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la puissante Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs tunisiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, le mouvement populaire a aussi besoin d'adopter de nouveaux moyens de pression comme la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Il est &#224; ce titre imp&#233;ratif de se d&#233;barrasser de la direction de l'Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs alg&#233;riens inf&#233;od&#233;e au r&#233;gime et de restituer la centrale syndicale aux travailleurs&#183;euses pour qu'elle puisse jouer pleinement son r&#244;le au sein du mouvement populaire. Les organisations de jeunes et des droits des personnes, les associations de femmes, les &#233;tudiant&#183;e&#183;s, les collectifs de manifestant&#183;e&#183;s, et les partis d&#233;mocratiques ont besoin de forcer un front commun et de proposer une feuille de route pour une transition d&#233;mocratique g&#233;r&#233;e par les repr&#233;sentants du peuple.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rabah Moulla est professeur au Coll&#232;ge de Maisonneuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Rabah Moulla.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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