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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les d&#233;fis du prochain chef conservateur</title>
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		<dc:date>2021-08-09T14:13:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bryan Breguet</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Breguet, Bryan</dc:subject>

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&lt;p&gt;En 2017, la plupart des expert&#183;e&#183;s et analystes (et une bonne majorit&#233; des membres du Parti conservateur) pensaient que Justin Trudeau serait imbattable lors de l'&#233;lection g&#233;n&#233;rale de 2019. Or, celle-ci s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#171; gagnable &#187; et plusieurs personnes pensent maintenant qu'Andrew Scheer aurait en fait pu (d&#251; ?) faire mieux. Le prochain chef r&#233;ussira-t-il l&#224; o&#249; Scheer a &#233;chou&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, le Parti conservateur du Canada (PCC) a re&#231;u en octobre davantage de votes que le Parti lib&#233;ral, mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-84-ete-2020-" rel="directory"&gt;No 084 - &#233;t&#233; 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breguet-Bryan-+" rel="tag"&gt;Breguet, Bryan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3172.jpg?1642092262' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;750&#034; height=&#034;750&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2017, la plupart des expert&#183;e&#183;s et analystes (et une bonne majorit&#233; des membres du Parti conservateur) pensaient que Justin Trudeau serait imbattable lors de l'&#233;lection g&#233;n&#233;rale de 2019. Or, celle-ci s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#171; gagnable &#187; et plusieurs personnes pensent maintenant qu'Andrew Scheer aurait en fait pu (d&#251; ?) faire mieux. Le prochain chef r&#233;ussira-t-il l&#224; o&#249; Scheer a &#233;chou&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Certes, le Parti conservateur du Canada (PCC) a re&#231;u en octobre davantage de votes que le Parti lib&#233;ral, mais son total de si&#232;ges &#233;tait bien inf&#233;rieur. La raison principale ? L'Ontario et, dans une moindre mesure, le Qu&#233;bec. Dans ces deux provinces, le PCC a fait pire qu'en 2015 en termes de pourcentage de votes, alors que partout ailleurs ce parti progressait assez significativement. Avec 36 d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s &#233;lu&#183;e&#183;s dans la province comptant le plus grand nombre de circonscriptions, cela ne repr&#233;sentait qu'un gain de 3 si&#232;ges par rapport &#224; 2015. Juste assez pour compenser les deux pertes au Qu&#233;bec, mais de loin insuffisant pour envoyer Trudeau dans l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;MacKay et le potentiel qu&#233;b&#233;cois&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que la course &#224; la direction du PCC promettait initialement d'&#234;tre palpitante, avec possiblement une opposition entre plusieurs grands noms du milieu conservateur (MacKay, Ambrose, Charest, Poilievre, etc.), on se retrouve avec essentiellement Mackay seul, quasi assur&#233; de devenir le prochain chef du parti. Oui, Erin O'Toole se pr&#233;sente, ainsi que plusieurs autres dont les noms sont essentiellement inconnus du grand public. Il est un peu surprenant de voir le peu de candidatures &#233;tant donn&#233; la nature &#171; gagnable &#187; de la prochaine &#233;lection, mais la r&#233;alit&#233; est que Peter MacKay sera selon toute vraisemblance le prochain chef. Vingt ans apr&#232;s avoir uni la droite canadienne, MacKay va enfin avoir sa chance de devenir premier ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que devra-t-il faire pour battre Trudeau ? La r&#233;ponse facile et logique est naturellement de faire mieux au Qu&#233;bec et en Ontario. Le PCC pourrait se contenter de faire des gains en Ontario (surtout dans la grande r&#233;gion m&#233;tropolitaine de Toronto, le GTA), mais il est peu probable que cela lui permette de remporter 169 si&#232;ges ou plus. Une majorit&#233; devra passer par des gains au Qu&#233;bec. Stephen Harper avait bien r&#233;ussi &#224; remporter une majorit&#233; parlementaire sans cette province &#8211; ou presque &#8211; en 2011, mais il s'agit d'une exception. Pour le PCC, l'objectif ne devrait pas &#234;tre de remporter une majorit&#233; de si&#232;ges au Qu&#233;bec, mais bien d'y &#234;tre comp&#233;titif dans plus d'une r&#233;gion et d'y remporter davantage qu'une dizaine de si&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le potentiel existe. La derni&#232;re &#233;lection provinciale s'est jou&#233;e entre un parti de centre droit (la CAQ) et un autre parti de centre droit (le PLQ). L'id&#233;e que le Qu&#233;bec est tr&#232;s &#224; gauche est un mythe. Un chef conservateur mod&#233;r&#233; et sachant parler fran&#231;ais pourrait facilement y r&#233;colter 25 &#224; 30 % des votes. Les sondages en 2019 cr&#233;ditaient le PCC de 25 % des intentions de vote en d&#233;but de campagne, avant que Scheer n'entra&#238;ne son parti vers le bas (sa pi&#232;tre performance en fran&#231;ais n'aidant pas, tout comme sa prestation horrible lors du premier d&#233;bat &#224; TVA). Le PCC &#224; 30 % au Qu&#233;bec pourrait faire mal au Bloc et devenir comp&#233;titif dans bien des r&#233;gions ; atteindre 20 si&#232;ges ne serait pas si difficile. Si Jean Charest avait d&#233;cid&#233; de se pr&#233;senter, le potentiel aurait &#233;t&#233; encore bien plus &#233;lev&#233;. Mais 20 si&#232;ges, coupl&#233;s aux gains en Ontario, donneraient une majorit&#233; aux conservateurs. Pour y arriver cependant, Peter MacKay se devra d'am&#233;liorer son fran&#231;ais. Sa ma&#238;trise de la langue est &#233;tonnamment mauvaise pour un politicien qui a &#233;t&#233; &#233;lu pendant 20 ans et qui avait des ambitions nationales &#233;videntes.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers un centrisme ?&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre une question plus g&#233;n&#233;rale est de savoir si le prochain chef conservateur pourra se permettre d'&#234;tre plus mod&#233;r&#233; ou centriste. MacKay n'est pas un conservateur social, ainsi il n'aura pas &#224; d&#233;fendre tous les jours sa position sur l'avortement par exemple. C'est d&#233;j&#224; &#231;a de gagner, &#231;a permettra aux conservateurs de promouvoir leur message sans trop de distractions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains vont argumenter que le PCC a chang&#233; et que la politique canadienne conna&#238;t la m&#234;me polarisation que l'on voit ailleurs, aux &#201;tats-Unis par exemple. On peut observer un tel ph&#233;nom&#232;ne dans les r&#233;sultats en Ontario o&#249; la popularit&#233; du PCC a baiss&#233; dans bien des circonscriptions du GTA tout en augmentant dans les comt&#233;s ruraux. On peut aussi voir cette polarisation dans plusieurs sondages, dont un r&#233;cent de la firme Ekos. Les positions des membres du PLC et du PCC sur des enjeux tels que l'immigration ou les changements climatiques ont &#233;volu&#233; de mani&#232;re compl&#232;tement oppos&#233;e au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, je crois surestim&#233;es ces craintes voulant que la base conservatrice en Alberta et en Saskatchewan ne votera pas si le chef vient de l'aile mod&#233;r&#233;e du parti. Ces &#233;lecteurs et &#233;lectrices continueront de voter PCC simplement parce qu'ils d&#233;testent Trudeau. Il n'y a pas vraiment d'alternative pour eux de toute mani&#232;re. Aussi, m&#234;me si certains &#233;lecteurs de l'Ouest d&#233;cident de rester chez eux lors de la prochaine &#233;lection, cela ne co&#251;tera pas beaucoup de si&#232;ges au PCC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;cent sondage Angus-Reid montrait par ailleurs que les &#233;lecteurs de droite &#233;taient plus enclins &#224; voter pour un candidat ne partageant pas leur vision (sur les enjeux sociaux) que les &#233;lecteurs de gauche (pour qui une position conservatrice sociale &#233;tait per&#231;ue comme une barri&#232;re insurmontable au vote). Un sondage Nanos montrait une large majorit&#233; d&#233;sirant que le prochain chef soit fiscalement conservateur. &#192; l'inverse, seule une petite minorit&#233; voulait un chef socialement conservateur (15 % des &#233;lecteurs). M&#234;me parmi les &#233;lecteurs conservateurs, il y a une plus grande importance donn&#233;e &#224; avoir un chef fiscalement conservateur, plut&#244;t que socialement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'enjeu environnemental&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a un enjeu qui pourrait poser de grands probl&#232;mes sur le plan de l'unit&#233; du parti et de la strat&#233;gie &#233;lectorale : les changements climatiques et la taxe sur le carbone. La base de l'Ouest d&#233;teste cette taxe et les restrictions environnementales qui font en sorte que l'&#233;conomie albertaine souffre. MacKay a d&#233;j&#224; publiquement annonc&#233; qu'il &#233;liminerait la taxe sur le carbone s'il &#233;tait &#233;lu. Or cette taxe n'est pas du tout impopulaire en dehors de la base conservatrice. Si le PCC compte gagner des si&#232;ges en Ontario et au Qu&#233;bec, il se devra de pr&#233;senter un plan climatique plus ambitieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un tel plan peut techniquement exister sans une taxe sur le carbone, il demeure qu'il sera difficile de convaincre les Canadiens mod&#233;r&#233;s que cette taxe n'est pas n&#233;cessaire. Le consensus scientifique et &#233;lectoral est qu'une telle taxe est utile. MacKay a probablement fait cette annonce afin de s&#233;duire la base, mais cela pourrait lui co&#251;ter cher en campagne. En passant, il est bon de rappeler qu'une taxe sur le carbone n'est pas une id&#233;e de gauche. Il s'agit d'une solution propos&#233;e par les &#233;conomistes et qui &#233;tait soutenue, dans le pass&#233;, par les partis de droite (comme les lib&#233;raux de Colombie-Britannique qui ont instaur&#233; une telle taxe dans la province).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, il y a un facteur qui semble &#234;tre ignor&#233; par plusieurs : l'efficacit&#233; de la campagne. Le Parti lib&#233;ral, depuis 2015, est rendu incroyablement efficace pour cibler les bons comt&#233;s. Cela explique comment ce parti a remport&#233; bien davantage de si&#232;ges que ce que l'on aurait pu pr&#233;dire (en se basant seulement sur les pourcentages de votes). La plus r&#233;cente &#233;lection f&#233;d&#233;rale l'a bien d&#233;montr&#233;, le PLC r&#233;ussissant &#224; gagner un nombre impressionnant de courses serr&#233;es au Qu&#233;bec, en Ontario (surtout dans le GTA) et ailleurs. Le fait qu'en octobre dernier le PLC soit pass&#233; relativement proche d'une majorit&#233; tout en ne r&#233;coltant que 33 % des votes montre bien cette efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci est en partie due &#224; la polarisation mentionn&#233;e plus t&#244;t qui fait en sorte que les conservateurs &#171; gaspillent &#187; beaucoup de votes en r&#233;coltant des majorit&#233;s &#233;crasantes dans bien des comt&#233;s ruraux. Il y a aussi le fait que le NPD n'a pas vraiment fait sortir son vote, m&#234;me en milieu urbain comme le centre-ville de Toronto. Mais cette efficacit&#233; s'explique aussi par le fait que le PLC a investi dans des m&#233;thodes avanc&#233;es d'analyse de donn&#233;es et de ciblage des circonscriptions. Ces m&#233;thodes, d&#233;velopp&#233;es largement pour Barack Obama en 2012, ne garantissent pas une victoire (Hilary Clinton avait acc&#232;s &#224; ces m&#233;thodes et a perdu), mais elles aident grandement. Peu importe qui sera le prochain chef conservateur, cette personne se devra d'am&#233;liorer cet aspect de la campagne conservatrice.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bryan Breguet est directeur du D&#233;partement d'&#233;conomie du Langara College et fondateur du site Too Close To Call.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Le glitch HarpScheer (montage : Anne-Laure J.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;forme du mode de scrutin. La le&#231;on des &#233;checs en Colombie-Britannique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Reforme-du-mode-de-scrutin-La-lecon-des-echecs-en-Colombie-Britannique</link>
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		<dc:date>2020-08-11T20:29:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bryan Breguet</dc:creator>


		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Breguet, Bryan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement Legault a entam&#233; une d&#233;marche afin de r&#233;former le mode de scrutin au Qu&#233;bec. Fran&#231;ois Legault veut passer &#224; un mode de scrutin proportionnel et il a le soutien du Parti qu&#233;b&#233;cois, de Qu&#233;bec solidaire et du Parti vert, alors que le Parti lib&#233;ral y est farouchement oppos&#233;. Bien que Legault semble vouloir faire passer la r&#233;forme sans r&#233;f&#233;rendum, il pourrait apprendre des &#233;checs en Colombie-Britannique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette province a en effet rejet&#233; une telle r&#233;forme lors d'un r&#233;f&#233;rendum en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-79-avril-mai-2019-" rel="directory"&gt;No 079 - avril / mai 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breguet-Bryan-+" rel="tag"&gt;Breguet, Bryan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2967.png?1642092248' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;626&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement Legault a entam&#233; une d&#233;marche afin de r&#233;former le mode de scrutin au Qu&#233;bec. Fran&#231;ois Legault veut passer &#224; un mode de scrutin proportionnel et il a le soutien du Parti qu&#233;b&#233;cois, de Qu&#233;bec solidaire et du Parti vert, alors que le Parti lib&#233;ral y est farouchement oppos&#233;. Bien que Legault semble vouloir faire passer la r&#233;forme sans r&#233;f&#233;rendum, il pourrait apprendre des &#233;checs en Colombie-Britannique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette province a en effet rejet&#233; une telle r&#233;forme lors d'un r&#233;f&#233;rendum en novembre dernier. Un rejet tr&#232;s clair &#224; plus de 60 %. Ce refus intervient apr&#232;s deux autres r&#233;f&#233;rendums perdus en 2005 et 2009. Notons que si les &#233;lecteurs et &#233;lectrices avaient vot&#233; Oui &#224; plus de 57 % en 2005, le seuil fix&#233; pour enclencher la r&#233;forme s'&#233;tablissait &#224; 60 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux premiers r&#233;f&#233;rendums proposaient de passer au vote unique transf&#233;rable, un syst&#232;me proportionnel recommand&#233; par l'Assembl&#233;e citoyenne de Colombie-Britannique. Le r&#233;f&#233;rendum de novembre 2018 proposait quant &#224; lui trois syst&#232;mes proportionnels, dont un tr&#232;s similaire au mode envisag&#233; pour le Qu&#233;bec : le mode de scrutin mixte compensatoire. Analysons ce r&#233;f&#233;rendum de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi un tel &#233;chec ?&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, il faut admettre qu'une r&#233;forme du mode de scrutin n'est pas un sujet qui g&#233;n&#232;re beaucoup d'attention, sauf aupr&#232;s d'une minorit&#233; friande de politique. De plus, les syst&#232;mes &#233;lectoraux proportionnels sont en g&#233;n&#233;ral plus compliqu&#233;s &#224; comprendre que notre mode de scrutin actuel. Il ne s'agit pas pour autant de syst&#232;mes qui demandent un doctorat en math&#233;matique pour &#234;tre compris, mais il reste qu'un &#233;lecteur typique devra probablement s'instruire un peu avant de se prononcer. Cela &#233;tait particuli&#232;rement le cas lors du r&#233;cent r&#233;f&#233;rendum en Colombie-Britannique (C-B), o&#249; le gouvernement proposait non pas un, mais trois syst&#232;mes diff&#233;rents. Et ces derniers n'&#233;taient pas tous bien d&#233;finis. Le mode de scrutin mixte compensatoire &#233;tait d'ailleurs celui qui pr&#233;sentait le moins de d&#233;tails (le nombre de d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s, la nouvelle carte &#233;lectorale, etc.).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Legault d&#233;cide de faire approuver la r&#233;forme du mode de scrutin par r&#233;f&#233;rendum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La ministre responsable du Secr&#233;tariat &#224; l'acc&#232;s &#224; l'information et &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ma recommandation serait de pr&#233;senter un seul syst&#232;me compl&#232;tement d&#233;fini avec l'aide du Directeur g&#233;n&#233;ral des &#233;lections du Qu&#233;bec. Aucun d&#233;tail ne devrait &#234;tre d&#233;cid&#233; apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum. Sinon cela ouvre la porte aux critiques arguant que le projet n'est pas clair. En C-B, l'opposition &#224; la r&#233;forme a fait ses choux gras des quelques d&#233;tails manquants, souvent en exag&#233;rant l'importance de ces d&#233;tails et la soi-disant mauvaise foi du gouvernement. Si la r&#233;forme propos&#233;e au Qu&#233;bec est, comme attendu, la proportionnelle mixte compensatoire, un effort particulier devra &#234;tre fait pour assurer aux &#233;lecteurs et &#233;lectrices qu'aucun&#183;e d&#233;put&#233;&#183;e ne sera &#233;lu&#183;e simplement en &#233;tant plac&#233; sur une liste d&#233;cid&#233;e par les partis. Ce point semble particuli&#232;rement important et l'absence de clarification sur ce sujet lors du r&#233;f&#233;rendum en C-B a probablement contribu&#233; &#224; la d&#233;faite.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en cas de projet parfaitement d&#233;fini, le gouvernement et ses partenaires devront se pr&#233;parer &#224; une &#226;pre bataille pour convaincre et &#233;duquer la population. Il est facile de saper une telle r&#233;forme en utilisant des arguments d&#233;magogiques tels que celui pr&#233;tendant que &#171; le mode de scrutin proportionnel va permettre &#224; un parti nazi de prendre le pouvoir &#187;. Une &#233;ventualit&#233; qui a &#233;t&#233; all&#233;gu&#233;e &#224; maintes reprises en C-B. M&#234;me si la r&#233;forme est soutenue par quatre des cinq principaux partis au Qu&#233;bec, il ne faudrait pas sous-estimer la difficult&#233; de convaincre l'&#233;lectorat de changer de syst&#232;me. La r&#233;forme en C-B &#233;tait soutenue par deux des trois principaux partis (repr&#233;sentant largement plus que 50 % des votes) et elle a malgr&#233; tout &#233;t&#233; d&#233;faite. Cela &#233;tant dit, la r&#233;forme en C-B ne semblait &#234;tre soutenue que par la gauche, ce qui n'est pas le cas au Qu&#233;bec. Il serait ainsi moins facile d'accuser Legault de vouloir cr&#233;er un syst&#232;me le favorisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#233;l&#233;ment majeur allant &#224; l'encontre d'une r&#233;forme est l'incertitude. L'&#233;lectorat est habitu&#233; &#224; son mode de scrutin et plusieurs personnes ne sont pas convaincues du besoin de r&#233;forme. Le camp du Oui en C-B n'a pas fait un bon travail sur ce point. La campagne s'&#233;tait surtout concentr&#233;e sur le vote jeune, progressiste et urbain. Or, cet &#233;lectorat est d&#233;j&#224; acquis &#224; la cause. C'est l'&#233;lectorat plus rural (ou en banlieues) et plus &#226;g&#233; qu'il faut convaincre. R&#233;f&#233;rendum ou pas, cette partie de l'&#233;lectorat qu&#233;b&#233;cois ne devra pas &#234;tre ignor&#233;e. L&#224; encore cependant, le fait que la r&#233;forme soit soutenue par quatre partis aide grandement, &#233;tant donn&#233; que ces formations repr&#233;sentent &#224; peu pr&#232;s tout le Qu&#233;bec mis &#224; part l'ouest de l'&#238;le de Montr&#233;al. Il ne faudrait cependant pas oublier la minorit&#233; anglophone dans ce processus.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de C-B proposait de tenir deux &#233;lections sous le nouveau syst&#232;me et de voter ensuite sur la r&#233;forme pour la confirmer, un processus similaire &#224; celui adopt&#233; par la Nouvelle-Z&#233;lande lorsqu'elle est pass&#233;e &#224; la proportionnelle. Je crois qu'il pourrait &#234;tre judicieux que Fran&#231;ois Legault propose quelque chose de similaire. Cela pourrait possiblement permettre aux &#233;lecteurs et &#233;lectrices de se familiariser avec le nouveau syst&#232;me et un r&#233;f&#233;rendum tenu apr&#232;s exp&#233;rimentation du nouveau mode de scrutin serait bien davantage pertinent et &#233;clair&#233; qu'un r&#233;f&#233;rendum tenu avant. Je n'ai aucun doute que le Qu&#233;bec ne retournerait pas au mode de scrutin uninominal apr&#232;s avoir essay&#233; la proportionnelle. La difficult&#233; est vraiment de passer le cap de la r&#233;forme initiale et de casser le statu quo. Si un r&#233;f&#233;rendum est pr&#233;vu apr&#232;s deux &#233;lections, il sera important de communiquer cette information. Ce ne fut pas vraiment le cas en C-B et beaucoup d'&#233;lecteurs et d'&#233;lectrices ind&#233;cis&#183;es l'ignoraient.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au-del&#224; de la promesse&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La question d&#233;terminante est de savoir si la CAQ et Legault ont une vraie volont&#233; de r&#233;forme. Apr&#232;s tout, le parti vient de remporter une forte majorit&#233; avec moins de 38 % des voix. Ses d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s pourraient &#234;tre tent&#233;&#183;e&#183;s de conserver le syst&#232;me actuel. Adopter un mode proportionnel signifierait pour plusieurs de ces d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s une d&#233;faite dans quatre ans. Le NPD en C-B avait propos&#233; un r&#233;f&#233;rendum et l'a tenu (c'&#233;tait aussi dans l'optique d'obtenir l'appui du Parti vert, afin de former un gouvernement minoritaire), mais plusieurs ne sont pas convaincus que le parti voulait vraiment que la r&#233;forme passe. Certaines d&#233;cisions, avant et pendant le r&#233;f&#233;rendum, donnent &#224; penser que le NPD a fait &#233;chouer cette r&#233;forme volontairement. Plusieurs d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s du NPD n'ont carr&#233;ment pas fait campagne, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souviendra aussi de Justin Trudeau qui a vite chang&#233; d'avis apr&#232;s avoir remport&#233; une importante majorit&#233; &#224; la Chambre des communes. Legault a promis de ne pas faire cela et il semble tenir promesse actuellement. Mais rappelons-nous que Jean Charest et le PLQ avaient fait la m&#234;me promesse (avec la m&#234;me r&#233;forme !) en 2003 avant de changer d'avis lorsque plusieurs de leurs d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s avaient r&#233;alis&#233; qu'ils et elles perdraient leur si&#232;ge. C'est pour cela que je ne serais pas surpris si la CAQ d&#233;cidait ultimement de tenir un r&#233;f&#233;rendum sur le sujet. Si cela devait arriver, le camp du Oui devra s'assurer de ne pas r&#233;p&#233;ter les erreurs de la C-B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis relativement optimiste pour le Qu&#233;bec. Fran&#231;ois Legault semble de bonne foi dans ce dossier et il y a maintenant un large consensus au Qu&#233;bec pour une telle r&#233;forme. Le Qu&#233;bec est aussi une province habitu&#233;e au multipartisme et b&#233;n&#233;ficierait du changement de mode de scrutin, le mode actuel &#233;tant vraiment fait pour un syst&#232;me avec deux partis. Esp&#233;rons que le Qu&#233;bec r&#233;ussira &#224; &#234;tre pionnier dans ce domaine.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La ministre responsable du Secr&#233;tariat &#224; l'acc&#232;s &#224; l'information et &#224; la r&#233;forme des institutions d&#233;mocratiques, Sonia LeBel, a cependant r&#233;affirm&#233; le 26 f&#233;vrier dernier que le gouvernement n'avait pas l'intention de soumettre la question par voie de r&#233;f&#233;rendum, NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est directeur du D&#233;partement d'&#233;conomie du Langara College et fondateur du site &lt;i&gt;Too Close To Call&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Michael Swan (CC BY-ND 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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