<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=1244&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>L'extractivisme comme strat&#233;gie de conqu&#234;te</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-extractivisme-comme-strategie-de-conquete</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-extractivisme-comme-strategie-de-conquete</guid>
		<dc:date>2020-08-01T16:02:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Houde</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Houde, Jean-Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme, tout comme le colonialisme, est un syst&#232;me de domination politique, militaire, &#233;conomique et culturelle, domination qui s'&#233;tend sur des peuples et des territoires &#233;loign&#233;s. Les puissances qui exercent cette domination obtiennent des avantages &#233;conomiques, politiques et militaires de cette situation de suj&#233;tion. L'empire, avec le temps, a d&#233;laiss&#233; l'usage des cha&#238;nes de l'esclavage, mais a conserv&#233; les m&#234;mes structures et fa&#231;ons de dominer. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'empire &#233;loigne l'humain de son (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-nouveaux-habits-de-l-imperialisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Les nouveaux habits de l'imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Houde-Jean-Pierre-+" rel="tag"&gt;Houde, Jean-Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2957.jpg?1642092247' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1191&#034; height=&#034;718&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme, tout comme le colonialisme, est un syst&#232;me de domination politique, militaire, &#233;conomique et culturelle, domination qui s'&#233;tend sur des peuples et des territoires &#233;loign&#233;s. Les puissances qui exercent cette domination obtiennent des avantages &#233;conomiques, politiques et militaires de cette situation de suj&#233;tion. L'empire, avec le temps, a d&#233;laiss&#233; l'usage des cha&#238;nes de l'esclavage, mais a conserv&#233; les m&#234;mes structures et fa&#231;ons de dominer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'empire &#233;loigne l'humain de son propre corps et de la nature, efface le pass&#233;, manufacture l'histoire, enl&#232;ve aux peuples leurs moyens de subsistance et leurs rep&#232;res pour ensuite les contraindre &#224; adopter une culture artificielle et homog&#233;n&#233;is&#233;e. &#192; l'origine, les diff&#233;rentes cultures se d&#233;veloppent en lien avec les conditions environnementales, leurs &#233;l&#233;ments repr&#233;sentatifs &#233;tant une extension de la m&#233;moire des peuples qui ont r&#233;ussi &#224; s'y adapter. C'est la signature d'un territoire. La colonisation a impos&#233; une culture &#233;trang&#232;re aux territoires et aux peuples, une culture homog&#232;ne pour &#234;tre en mesure de r&#233;gner sur des environnements diff&#233;rents, aux cultures diversifi&#233;es. La culture imp&#233;rialiste, perp&#233;tuant celle du colonialisme, ne tient pas compte des sp&#233;cificit&#233;s propres aux cultures organiques directement reli&#233;es au territoire. Elle concentre ses &#233;l&#233;ments, utilisant des outils de conqu&#234;te, comme son syst&#232;me mon&#233;taire et marchand, vers ce qui offre une satisfaction imm&#233;diate, en oblit&#233;rant les cons&#233;quences &#224; long terme. La financiarisation de l'&#233;conomie, la militarisation et le contr&#244;le des m&#233;dias sont parmi ses outils de pr&#233;dilection.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Imp&#233;rialisme et extractivisme&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La technologie performante du syst&#232;me imp&#233;rialiste s'av&#232;re n&#233;anmoins inefficace, parce qu'elle &#233;puise l'environnement. Ce sont ses monopoles, ceux impos&#233;s par ses guerres dans le sang ou par les blocus &#233;conomiques, qui lui permettent d'accaparer les ressources &#224; son avantage pour d&#233;velopper ensuite une technologie hypnotique. Cette technoscience stup&#233;fie pour ensuite pi&#233;ger ceux et celles qui l'adoptent et en deviennent d&#233;pendants. La culture moderne homog&#233;n&#233;is&#233;e est celle d'une vie artificielle dont l'empire d&#233;tient les cl&#233;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extractivisme pratiqu&#233; par l'industrie mini&#232;re, p&#233;troli&#232;re, agricole, foresti&#232;re, est l'arme de pr&#233;dilection du pouvoir de l'empire et est la suite logique de la d&#233;possession des peuples autochtones et paysans. Il chasse ces peuples de leurs terres pour installer des exploitations qui ne tiennent pas compte de la nature et de sa capacit&#233; &#224; en dig&#233;rer les poisons et les d&#233;chets. On cherche &#224; installer les villes loin des zones o&#249; se d&#233;roulent les g&#233;nocides des peuples et des &#234;tres vivants pour que l'ignorance et la d&#233;pendance des populations servent de levier pour l'acceptation sociale de leurs politiques apparemment humanistes. L'empire met en place un &#233;cran virtuel omnipr&#233;sent &#224; travers les m&#233;dias qui disperse et confond l'attention des peuples dans le but de manufacturer leur consentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utilisant des moyens artificiels pour acc&#233;l&#233;rer les actions, l'extractivisme surexploite les pays-ressources &#224; travers des corporations-multinationales qui s'ing&#232;rent dans leur politique interne afin d'assurer leurs investissements &#224; coup de manipulation du prix des mati&#232;res premi&#232;res, de sanctions &#233;conomiques, de financement de l'armement et de propagande m&#233;diatique. Le gigantisme des op&#233;rations et les exigences des march&#233;s mondialis&#233;s obligent des m&#233;thodes de production qui &#233;vacuent les aspects environnementaux et la dignit&#233; des peuples : plus de production &#224; moindre co&#251;t, le plus rapidement possible, pour l'exploitation illimit&#233;e des ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire divise pour r&#233;gner, s&#233;pare les &#234;tres de la nature, s&#232;me la m&#233;fiance et le conflit, trompe par la promesse d'une meilleure vie, offre des cadeaux empoisonn&#233;s qui affectent la sant&#233; des peuples et de la nature. Les sympt&#244;mes sont pr&#233;sent&#233;s comme des maladies d&#233;connect&#233;es des causes r&#233;elles de l'abus de l'exploitation extractive des corps et de la nature. Par exemple, on dira que la fonte de glaciers ou l'ass&#232;chement de cours d'eau sont dus aux changements climatiques, plut&#244;t qu'&#224; la consommation d'une immense quantit&#233; d'eau par les entreprises extractives.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extractivisme d&#233;truit et d&#233;structure les communaut&#233;s locales en introduisant de nouvelles habitudes et modes de consommation, cr&#233;ant de nouvelles d&#233;pendances et exacerbant la pauvret&#233;. Il g&#233;n&#232;re une mentalit&#233; de profit et oblige les habitant&#183;e&#183;s d'un territoire &#224; se subordonner aux int&#233;r&#234;ts d'une &#233;lite minoritaire en lien avec les acteurs du march&#233; international, alors qu'ils ne re&#231;oivent que les miettes. Les communaut&#233;s qui souhaitent survivre n'ont pas le choix d'incorporer brutalement cette logique extractive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples et les esp&#232;ces qui se trouvent sur les lieux convoit&#233;s par les industries sont m&#233;pris&#233;s et doivent continuellement fuir devant les imp&#233;rialistes qui volent leurs territoires, sur lesquels ne voient que du gibier et des ressources. La chasse est loin d'&#234;tre juste. Face aux armes et aux technologies, la bataille est perdue d'avance pour les peuples qui n'ont pas encore succomb&#233; aux attraits promus par le syst&#232;me imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ces esp&#232;ces dans la nature sont les plus efficaces. La faune et la flore produisent l'oxyg&#232;ne, la nourriture, l'&#233;nergie, les m&#233;decines, ils prot&#232;gent de la d&#233;sertification. La biodiversit&#233; aide &#224; comprendre l'&#233;volution des &#234;tres vivants et sa pr&#233;servation contribue &#224; l'&#233;quilibre de la plan&#232;te. Sans elle, l'humain ne pourra survivre, ni les g&#233;n&#233;rations futures. L'empire ne trouve pas assez productives les esp&#232;ces naturelles, pas assez payantes pour attendre que la nature et les &#234;tres produisent : il faut les y forcer, les contraindre &#224; subir des modifications qui les rendront plus performantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les outils de l'empire ont d&#233;naturalis&#233; les esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, d&#233;poss&#233;d&#233; les premiers peuples et ceux qui continuent d'&#234;tre en &#233;troite relation avec un territoire. L'imp&#233;rialisme est une culture parasite qui draine tout des ressources d'un territoire pour en surd&#233;velopper un autre. Ses &#339;uvres grandioses et spectaculaires cachent la mis&#232;re sur laquelle leurs constructions sont &#233;rig&#233;es. Comment expliquer que l'on continue d'&#234;tre s&#233;duit par sa technologie et ses r&#233;alisations ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sistances des femmes&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'expansion et la multiplication des activit&#233;s extractives ont donn&#233; naissance &#224; une r&#233;sistance qui d&#233;bute souvent au niveau local et se base sur la perception du risque et des impacts de ces activit&#233;s sur l'environnement et sa biodiversit&#233; et sur les communaut&#233;s. La r&#233;sistance na&#238;t en tant que r&#233;ponse &#224; de profondes pr&#233;occupations li&#233;es &#224; la vie quotidienne et qui sont en relation avec les impacts sociaux et ceux affectant la sant&#233; de la population. Les femmes jouent alors un r&#244;le central &#224; travers leur implication directe ou encore par le sens qu'elles attribuent &#224; la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont les territoires o&#249; les femmes paysannes et autochtones font face aux formes traditionnelles et nouvelles de l'extractivisme. Elles r&#233;sistent &#224; la mercantilisation et la surexploitation de la nature. Leurs exp&#233;riences mettent en valeur le protagoniste f&#233;minin dans des sc&#233;narios o&#249; r&#232;gne une immense asym&#233;trie entre les acteurs impliqu&#233;s et elles affrontent des milieux particuli&#232;rement agressifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines organisations de femmes en Am&#233;rique latine mettent non seulement en &#233;vidence la relation entre nature et genre, mais de plus, elles con&#231;oivent l'extractivisme dans un cadre plus complexe d'oppression, comme celui des relations patriarcales. La Terre est l'aspect fondateur en tant que la M&#232;re de la vie qui est la nourrici&#232;re sur laquelle l'humanit&#233; exerce de l'oppression, tout comme la domination patriarcale sur les femmes, le f&#233;minin et les autres genres.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers les conflits g&#233;n&#233;r&#233;s par l'extractivisme surgissent des r&#233;bellions face au pouvoir dans ses multiples manifestations, pour la d&#233;fense de la qualit&#233; de vie et du droit de d&#233;cider qui conduisent les communaut&#233;s &#224; adopter des pratiques &#233;cologistes et f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour vers une vie en lien avec le territoire et des cultures intrins&#232;ques &#224; la nature est-il possible apr&#232;s la destruction et la d&#233;possession impos&#233;es par le syst&#232;me imp&#233;rialiste et son corollaire extractif ? Il est grand temps que la nature et le f&#233;minin reprennent la place qui leur revient. Cela se fera probablement de mani&#232;re brutale. Comme une maladie soudaine frappe celui ou celle qui abuse de son corps, la plan&#232;te va r&#233;agir avec une fi&#232;vre cataclysmique pour venir &#224; bout de l'infection qui l'afflige.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est &#233;cologiste, philosophe et fondateur d'&#201;coagir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Action dans la ville de Bangalore, en Inde, contre la commercialisation d'aubergines modifi&#233;es g&#233;n&#233;tiquement en 2009 (Wiki Commons, CC BY-NS 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
