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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La dette comme arme imp&#233;rialiste</title>
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		<dc:date>2020-07-14T20:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Toussaint, &#201;ric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le 19e si&#232;cle, de l'Am&#233;rique latine &#224; la Chine en passant par Ha&#239;ti, la Gr&#232;ce, la Tunisie, l'&#201;gypte et l'Empire ottoman, la dette publique a &#233;t&#233; utilis&#233;e comme arme de domination et de spoliation &lt;br class='autobr' /&gt; Au bout du compte, c'est la combinaison de l'endettement et du libre-&#233;change qui constitue le facteur fondamental de la subordination d'&#233;conomies enti&#232;res &#224; partir du 19e si&#232;cle. Les classes dominantes locales se sont associ&#233;es aux grandes puissances financi&#232;res &#233;trang&#232;res pour soumettre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-nouveaux-habits-de-l-imperialisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Les nouveaux habits de l'imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Toussaint-Eric-+" rel="tag"&gt;Toussaint, &#201;ric&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2954.jpg?1642092247' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;834&#034; height=&#034;557&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 19e si&#232;cle, de l'Am&#233;rique latine &#224; la Chine en passant par Ha&#239;ti, la Gr&#232;ce, la Tunisie, l'&#201;gypte et l'Empire ottoman, la dette publique a &#233;t&#233; utilis&#233;e comme arme de domination et de spoliation&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Au bout du compte, c'est la combinaison de l'endettement et du libre-&#233;change qui constitue le facteur fondamental de la subordination d'&#233;conomies enti&#232;res &#224; partir du 19e si&#232;cle. Les classes dominantes locales se sont associ&#233;es aux grandes puissances financi&#232;res &#233;trang&#232;res pour soumettre leur pays et leur peuple &#224; un m&#233;canisme de transfert permanent de richesses des producteurs locaux vers les cr&#233;anciers, qu'ils soient nationaux ou &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La cons&#233;quence &#233;tait &#233;vidente : les pays qui s'endettaient n'&#233;taient pas en mesure de rembourser leurs dettes. Ils devaient constamment recourir &#224; de nouveaux emprunts pour rembourser les anciens. Et quand ils n'y arrivaient pas, les puissances cr&#233;anci&#232;res avaient le droit de recourir &#224; une intervention militaire pour se faire rembourser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les cr&#233;anciers, qu'ils soient de puissants &#201;tats, des organismes multilat&#233;raux &#224; leur service ou des banques, ont parfaitement su man&#339;uvrer pour imposer leur volont&#233; aux d&#233;biteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La dette a entre autres &#233;t&#233; utilis&#233;e pour asservir la Tunisie &#224; la France en 1881 ou l'&#201;gypte au Royaume-Uni en 1882, car les puissances cr&#233;anci&#232;res ont us&#233; de la dette impay&#233;e pour soumettre ces pays jusque-l&#224; souverains. De m&#234;me, la Gr&#232;ce est n&#233;e dans les ann&#233;es 1830 avec le boulet d'une dette qui l'encha&#238;nait au Royaume-Uni, &#224; la France et &#224; la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La dette dans les ann&#233;es 1960-1970&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le processus s'est reproduit apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, quand les pays d'Am&#233;rique latine avaient besoin de capitaux pour financer leur d&#233;veloppement et quand les pays asiatiques d'abord, puis africains au virage des ann&#233;es 1960, ont acc&#233;d&#233; &#224; l'ind&#233;pendance. La dette a constitu&#233; l'instrument majeur pour imposer des politiques n&#233;ocoloniales. Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, il n'&#233;tait plus permis de recourir &#224; la force contre un pays d&#233;biteur. Ce sont d'autres moyens qui, d&#232;s lors, ont &#233;t&#233; utilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les pr&#234;ts massifs octroy&#233;s, &#224; partir des ann&#233;es 1960, &#224; un nombre croissant de pays de la p&#233;riph&#233;rie (&#224; commencer par les alli&#233;s strat&#233;giques des grandes puissances, le Congo de Mobutu, l'Indon&#233;sie de Suharto, le Br&#233;sil de la dictature militaire), jouent le r&#244;le de lubrifiant d'un puissant m&#233;canisme de reprise de contr&#244;le de pays.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La crise de la dette des ann&#233;es 1980&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#192; la fin de 1979, les &#201;tats-Unis ont d&#233;cid&#233; d'augmenter leurs taux d'int&#233;r&#234;t, ce qui a eu des r&#233;percussions sur les taux au Sud qui &#233;taient variables et ont eux aussi fortement augment&#233;. Coupl&#233;e &#224; une baisse des cours des mati&#232;res premi&#232;res export&#233;es par les pays du Sud (p&#233;trole, caf&#233;, cacao, coton, sucre, minerais), cette hausse des taux a referm&#233; le pi&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En ao&#251;t 1982, le Mexique et d'autres pays ont annonc&#233; qu'ils n'&#233;taient plus en mesure de rembourser. C'est l&#224; qu'est intervenu le Fonds mon&#233;taire international (FMI), qui, &#224; la demande des banques cr&#233;anci&#232;res, a pr&#234;t&#233; aux pays en difficult&#233;, au taux fort, &#224; la double condition qu'ils poursuivent le remboursement de leurs emprunts aux banques et qu'ils m&#232;nent la politique d&#233;cid&#233;e par ses experts : abandon des subventions aux produits et services de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, r&#233;duction des d&#233;penses publiques, d&#233;valuation de la monnaie, taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s pour attirer les capitaux &#233;trangers, production agricole tourn&#233;e vers l'exportation, ouverture totale des march&#233;s par la suppression des barri&#232;res douani&#232;res, lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie avec abandon du contr&#244;le des mouvements de capitaux et suppression du contr&#244;le des changes, fiscalit&#233; aggravant les in&#233;galit&#233;s avec hausse de la taxe sur la valeur ajout&#233;e (TVA) et pr&#233;servation des revenus du capital, privatisations des entreprises publiques rentables&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est ainsi qu'est apparue une nouvelle forme de colonisation : plus besoin d'entretenir une administration et une arm&#233;e coloniale sur place, le m&#233;canisme de la dette s'est charg&#233; de pr&#233;lever les richesses produites et de les diriger vers les cr&#233;anciers. Cela se combine &#224; l'ing&#233;rence politique et &#233;conomique lorsque les int&#233;r&#234;ts des cr&#233;anciers et des puissances n&#233;ocoloniales sont menac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &#201;volution dans les ann&#233;es 2000&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#192; partir de 2003-2004, les prix des mati&#232;res premi&#232;res et des produits agricoles ont commenc&#233; &#224; augmenter dans un contexte de forte demande internationale. Cela a permis aux pays exportateurs de tels produits d'augmenter leurs recettes en devises comme le dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans les ann&#233;es 2000, la r&#233;duction des taux d'int&#233;r&#234;t au Nord a r&#233;duit le co&#251;t de la dette au Sud. Ce financement &#224; bas co&#251;t, combin&#233; &#224; l'afflux de capitaux du Nord &#224; la recherche de rendements plus rentables face aux taux d'int&#233;r&#234;t bas au Nord et &#224; des recettes d'exportation &#233;lev&#233;es, a donn&#233; aux gouvernements des pays en d&#233;veloppement une dangereuse impression de s&#233;curit&#233;. Et la situation a commenc&#233; &#224; se d&#233;grader &#224; partir de 2016-2017, car le taux d'int&#233;r&#234;t croissant fix&#233; par la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine (dont le taux directeur est pass&#233; de 0,25 % en 2015 &#224; 2,25 % en novembre 2018) et les cadeaux fiscaux faits aux grandes entreprises &#233;tats-uniennes par Donald Trump entra&#238;nent un rapatriement de capitaux vers les &#201;tats-Unis et un rench&#233;rissement des int&#233;r&#234;ts de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 2018, une nouvelle crise de la dette a touch&#233; directement des pays comme l'Argentine, le Venezuela, la Turquie, l'Indon&#233;sie, le Nig&#233;ria, le Mozambique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Refuser de payer une dette ill&#233;gitime&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; En 1914, en pleine r&#233;volution, quand Emiliano Zapata et Pancho Villa &#233;taient &#224; l'offensive, le Mexique a suspendu compl&#232;tement le paiement de sa dette ext&#233;rieure consid&#233;r&#233;e comme odieuse (voir encadr&#233;), remboursant seulement, entre 1914 et 1942, des sommes symboliques &#224; seule fin de temporiser. Entre 1934 et 1940, le pr&#233;sident L&#225;zaro C&#225;rdenas a nationalis&#233; sans indemnisation l'industrie p&#233;troli&#232;re et les chemins de fer, et a expropri&#233; plus de 18 millions d'hectares des grandes propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res pour les remettre aux communaut&#233;s indig&#232;nes. La t&#233;nacit&#233; a &#233;t&#233; payante : en 1942, les cr&#233;anciers ont renonc&#233; &#224; environ 90 % de la valeur des cr&#233;dits et se sont content&#233;s de faibles indemnisations pour les entreprises dont ils avaient &#233;t&#233; expropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Plus r&#233;cemment, en &#201;quateur, le pr&#233;sident Rafael Correa a mis en place en juillet 2007 une commission d'audit de la dette publique. Apr&#232;s quatorze mois de travail, elle a remis des conclusions qui d&#233;montraient le caract&#232;re ill&#233;gitime et ill&#233;gal d'une grande partie de la dette publique. En novembre 2008, le gouvernement a d&#233;cid&#233; de suspendre unilat&#233;ralement le remboursement de titres de la dette vendus sur les march&#233;s financiers internationaux et venant &#224; &#233;ch&#233;ance en 2012 et en 2030. Finalement, le gouvernement de ce petit pays est sorti vainqueur d'une &#233;preuve de force avec les banquiers nord-am&#233;ricains d&#233;tenteurs de ces titres. Ainsi, il a &#233;t&#233; en mesure de d&#233;gager de nouveaux moyens financiers permettant d'augmenter les d&#233;penses sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est &#233;vident que le refus de payer la dette ill&#233;gitime constitue une mesure n&#233;cessaire, mais elle est insuffisante pour g&#233;n&#233;rer le d&#233;veloppement. Il faut appliquer un programme coh&#233;rent de d&#233;veloppement. Il s'agit de g&#233;n&#233;rer des ressources financi&#232;res en augmentant les ressources de l'&#201;tat &#224; partir d'imp&#244;ts respectant la justice sociale et environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH416/2ea03460d11259f3136f8531f205b509-d5895.png?1729033126' width='500' height='416' /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est porte-parole international et militant au Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Manifestation en soutien au Togo contre les conditions de vie qui se d&#233;gradent notamment d&#251; aux dettes odieuses qui augmentent sans cesse, Belgique, 2018 (Pascal Van, CC BY-NA).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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