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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'animation socioculturelle au Qu&#233;bec. Quand l'&#201;tat ch&#233;rissait l'underground</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-animation-socioculturelle-au-Quebec-Quand-l-Etat-cherissait-l-underground</link>
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		<dc:date>2020-05-31T21:40:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anithe de Carvalho</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>de Carvalho, Anithe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La contre-culture visait &#224; cr&#233;er de nouvelles fa&#231;ons d'&#234;tre au monde, des mani&#232;res marginales de vivre, s'inscrivant en opposition aux normes autoris&#233;es, que ce soit sur les plans artistique, culturel, esth&#233;tique, moral ou social. Les adeptes de l'underground pr&#233;tendaient &#234;tre des opposants &#224; la culture conformiste et cherchaient des alternatives globales &#224; la soci&#233;t&#233; ambiante. Cependant, l'art subversif au Qu&#233;bec a &#233;t&#233; institutionnalis&#233; d&#232;s sa naissance. &lt;br class='autobr' /&gt;
La contre-culture s'est en grande (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quand-l-art-se-mele-de-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Quand l'art se m&#234;le de politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2917.png?1642092243' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;415&#034; height=&#034;834&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La contre-culture visait &#224; cr&#233;er de nouvelles fa&#231;ons d'&#234;tre au monde, des mani&#232;res marginales de vivre, s'inscrivant en opposition aux normes autoris&#233;es, que ce soit sur les plans artistique, culturel, esth&#233;tique, moral ou social. Les adeptes de l'underground pr&#233;tendaient &#234;tre des opposants &#224; la culture conformiste et cherchaient des alternatives globales &#224; la soci&#233;t&#233; ambiante. Cependant, l'art subversif au Qu&#233;bec a &#233;t&#233; institutionnalis&#233; d&#232;s sa naissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La contre-culture s'est en grande partie d&#233;velopp&#233;e dans les premiers regroupements hippies, au sein des communes. Des revues comme &lt;em&gt;Logos&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Le voyage&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Mainmise&lt;/em&gt; y ont &#233;galement beaucoup contribu&#233;. Suivant la maxime de Ian Dury, &lt;em&gt;Sex &amp; Drugs &amp; Rock &#8216;n' Roll&lt;/em&gt;, les disciples de la contre-culture ont des relations sexuelles libres, consomment toutes sortes de drogues et &#233;voluent au son de la musique rock. Le festival rock Woodstock (1969) s'est d&#233;roul&#233; pas tr&#232;s loin de nos fronti&#232;res et le Qu&#233;bec a particip&#233; &#224; ce grand p&#232;lerinage de la jeunesse lib&#233;r&#233;e. La chanson qu&#233;b&#233;coise suit le mouvement, avec, par exemple, l'Infonie de Ra&#244;ul Duguay, Charlebois et ses amis, ou encore le groupe les Sinners. &#192; Montr&#233;al, c'est dans le ghetto McGill (ou quartier Milton Parc) et au Carr&#233; Saint-Louis que les communaut&#233;s hippies anglophone et francophone trouvent asile. En 1975, Montr&#233;al accueille m&#234;me le Colloque international de la contre-culture. On assiste alors &#224; l'&#233;mergence d'une culture &#171; autre &#187; et singuli&#232;re, qui tente d'avoir droit de cit&#233; au sein de la soci&#233;t&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dire donc que lorsqu'on entend le terme art underground, nous sommes port&#233;s &#224; croire qu'il s'agit d'un art marginal, rebelle, inconnu ou mal connu des &#233;lites culturelles. Il serait, par ailleurs, contestataire de l'establishment artistique, de la soci&#233;t&#233; et du milieu culturel lui-m&#234;me. Pourtant, la contre-culture en arts visuels, bien qu'elle fut contestataire et revendicatrice, voire n&#233;o-avant-gardiste et engag&#233;e, a pris naissance et s'est dessin&#233;e &#224; l'int&#233;rieur du champ de l'art. La contre-culture n'a pas &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e par l'establishment, comme on a eu tendance &#224; le penser.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;mocratie culturelle et l'int&#233;gration de l'underground&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les artistes de la n&#233;o-avant-garde artistique des ann&#233;es 1960 et 1970 contestent l'art traditionnel et sa fonction interne dans le milieu de l'art, tout en lui attribuant un r&#244;le &#233;mancipateur, gr&#226;ce auquel il donnera naissance &#224; de nouvelles formes d'art. Celles-ci pourront m&#234;me &#234;tre r&#233;alis&#233;es avec la collaboration de publics vari&#233;s, et investiront des lieux inusit&#233;s. Cette vision chez les artistes d'un art qui peut &#234;tre fait par toutes et tous rejoint la nouvelle vision culturelle de l'&#201;tat. Si la vis&#233;e de la d&#233;mocratisation de la culture est de rendre accessible la culture d'&#233;lite &#224; un public plus large, celle de la d&#233;mocratie culturelle est tr&#232;s diff&#233;rente. Cette derni&#232;re consiste &#224; faire la promotion de la culture au sens large. Elle na&#238;t des traditions et des coutumes populaires et est produite par les gens eux-m&#234;mes. Au Qu&#233;bec, c'est apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de mai 1968 qu'on peut voir le mod&#232;le de la d&#233;mocratie culturelle (1970-1980) succ&#233;der et se juxtaposer &#224; celui de la d&#233;mocratisation de la culture (1950-1960).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1968, on voit appara&#238;tre le terme &#171; animation culturelle &#187; chez les artistes et les groupes comme Fusion des arts et Maurice Demers, qui suscitent une autre id&#233;e de l'art, de l'artiste, du public, du financement et des lieux de diffusion. Si, d'un c&#244;t&#233;, le milieu artistique veut r&#233;inventer le monde avec le public, de l'autre c&#244;t&#233;, le gouvernement est pr&#234;t &#224; r&#233;viser ses propres orientations en mati&#232;re culturelle, et &#224; les adapter &#224; une vision plus large, englobant les nouveaux publics participatifs que certains voudraient voir na&#238;tre et proposant des activit&#233;s d'animation socioculturelle r&#233;pondant &#224; leurs besoins. C'est donc au d&#233;but des ann&#233;es 1970 que le minist&#232;re des Affaires culturelles a &#233;t&#233; touch&#233; par le courant d'animation sociale et culturelle et s'est orient&#233; vers une politique ancr&#233;e dans le d&#233;veloppement des communaut&#233;s locales et du mouvement participatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception de l'animation socioculturelle suppose l'intervention d'un&#183;e artiste animatrice ou animateur au sein d'une activit&#233; culturelle ouverte &#224; de nouveaux publics, consid&#233;r&#233;s comme des partenaires. Ces nouveaux publics sont diversifi&#233;s et sont invit&#233;s &#224; s'impliquer spontan&#233;ment au sein de rassemblements volontaires &#8212; ils deviennent les producteurs m&#234;mes de leurs propres biens culturels. On peut alors mettre en parall&#232;le les caract&#233;ristiques du mod&#232;le de la d&#233;mocratie culturelle et ce que l'artiste n&#233;o-avant-gardiste met en place. De cela d&#233;coule une nouvelle vision, une autre fa&#231;on de voir la fonction sociale &#233;mancipatrice de l'art, qui sera assum&#233;e de concert par l'artiste et le public, dans des espaces inusit&#233;s pour la diffusion artistique, et qui profitera de nouvelles ressources financi&#232;res. En outre, l'&#201;tat et les artistes semblent d&#233;sormais partager un ensemble de valeurs humanistes. Le financement proviendra des nouveaux programmes f&#233;d&#233;raux Perspectives jeunesse (1971), Initiatives locales (1971) et Explorations (1973-1974) du Conseil des arts du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces programmes sont mis sur pied dans la foul&#233;e de la crise d'Octobre 1970 et dans un contexte d'&#233;bullition sociale accentu&#233;e par un taux de ch&#244;mage &#233;lev&#233;, particuli&#232;rement chez les plus jeunes. Le r&#244;le politique jou&#233; par le gouvernement f&#233;d&#233;ral de Pierre Elliott Trudeau, et plus particuli&#232;rement par le Secr&#233;tariat d'&#201;tat alors dirig&#233; par G&#233;rard Pelletier, doit &#234;tre contextualis&#233;, entre autres, de cette mani&#232;re. L'&#201;tat a voulu int&#233;grer la contre-culture au syst&#232;me, alors que la contre-culture elle-m&#234;me a partag&#233; avec l'&#201;tat certaines valeurs humanistes et lui a demand&#233; un soutien financier. La sociologue Louise Vandelac et le journaliste et &#233;crivain Jean-Robert Sansfa&#231;on ont d&#233;nonc&#233; cette collaboration entre la contre-culture et l'&#201;tat, apr&#232;s avoir pris connaissance d'un rapport d'Andrew Cohen sur les raisons qui motivent l'intervention de l'&#201;tat et la mise sur pied des programmes f&#233;d&#233;raux ci-haut nomm&#233;s. Pour Cohen, ces projets, qui se veulent alors cr&#233;ateurs d'emploi pour la jeunesse, peuvent &#233;galement contribuer &#224; renforcer l'unit&#233; canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plusieurs observateurs et observatrices ont critiqu&#233; ces programmes et les ont accus&#233;s de tenter de soumettre les jeunes au contr&#244;le &#233;tatique. Ou au contraire, de lui &#233;chapper. Dans son autobiographie, le ministre G&#233;rard Pelletier affirme, par exemple, qu'il &#233;tait devenu dangereux de financer les emplois des jeunes cadets de l'arm&#233;e au moment o&#249; le Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec (FLQ) &#233;tait tr&#232;s populaire chez la jeunesse. Il consid&#233;rait plus appropri&#233; de faire d&#233;river les subventions des emplois d'&#233;t&#233; des cadets vers les autres programmes d'employabilit&#233;. Autrement dit, on ne voulait pas subventionner la formation militaire des jeunes membres du FLQ !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#339;uvres underground r&#233;alis&#233;es avec un public s'inscrivent dans les nouveaux enjeux et tendances historiques en mati&#232;re d'&#233;tatisation de la culture, dans le cadre de la mise en place d'un nouveau paradigme des politiques culturelles, celui de l'id&#233;ologie de la d&#233;mocratie culturelle, qui vise entre autres &#224; atteindre de nouveaux publics. La plupart du temps, ces &#339;uvres sont r&#233;alis&#233;es avec l'assentiment de l'&#201;tat et des institutions culturelles et artistiques, au moment de l'&#233;largissement d'un champ culturel dont la vision de l'art rel&#232;ve aussi de l'id&#233;ologie de la d&#233;mocratie culturelle. Voil&#224; la mani&#232;re dont la contre-culture, d&#232;s sa naissance, a elle-m&#234;me int&#233;gr&#233; les institutions.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Attention zone &#233;pineuse, &#339;uvre de l'ATSA, 2011 (installation d&#233;riv&#233;e de l'intervention).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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