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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Genre et violences dans l'espace public</title>
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		<dc:date>2020-05-21T13:13:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Pilote, Rapha&#235;lle D&#233;clo&#238;tre</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
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		<dc:subject>Anne-Marie Pilote</dc:subject>
		<dc:subject>Rapha&#235;lle D&#233;clo&#238;tre</dc:subject>

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&lt;p&gt;On apprenait au d&#233;but du mois de mai que l'homme qui a sauvagement attaqu&#233; trois femmes &#224; coups de b&#226;ton l'hiver dernier &#224; Montr&#233;al a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux. &#192; titre de citoyennes du Plateau-Mont-Royal et de f&#233;ministes pr&#233;occup&#233;es par les violences de genre, nous sommes d'avis que, dans cette histoire, une violence dirig&#233;e contre les femmes doit &#234;tre mise en lumi&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt; Simon Coupal Gagnon a frapp&#233; trois fois entre d&#233;cembre 2019 et f&#233;vrier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-83-mars-2020-" rel="directory"&gt;No 083 - mars 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Manchette-+" rel="tag"&gt;Manchette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Anne-Marie-Pilote-+" rel="tag"&gt;Anne-Marie Pilote&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2906.jpg?1642092242' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1130&#034; height=&#034;600&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On apprenait au d&#233;but du mois de mai que l'homme qui a sauvagement attaqu&#233; trois femmes &#224; coups de b&#226;ton l'hiver dernier &#224; Montr&#233;al a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; &lt;a href=&#034;https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/202005/06/01-5272509-attaques-au-baton-lagresseur-declare-non-criminellement-responsable.php&#034;&gt;non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux&lt;/a&gt;. &#192; titre de citoyennes du Plateau-Mont-Royal et de f&#233;ministes pr&#233;occup&#233;es par les violences de genre, nous sommes d'avis que, dans cette histoire, une violence dirig&#233;e contre les femmes doit &#234;tre mise en lumi&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Simon Coupal Gagnon a frapp&#233; trois fois entre d&#233;cembre 2019 et f&#233;vrier 2020. Trois fois contre des femmes. &#192; coups de b&#226;tons de hockey ou de bois. Ses victimes marchaient tranquillement, seules, dans leur arrondissement (Plateau-Mont-Royal et Rosemont-Petite-Patrie). Et puis Coupal Gagnon surgissait de nulle part et frappait, et frappait encore. L'une d'entre elles venait d'accoucher. Elle rentrait chez elle, apr&#232;s une premi&#232;re activit&#233; entre ami&#183;e&#183;s depuis la naissance de son enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Accus&#233; de voies de fait graves et d'agression arm&#233;e, Simon Coupal Gagnon a reconnu ses crimes lors d'une br&#232;ve audience pass&#233;e sous le radar le 31 mars dernier dans le contexte de la pand&#233;mie de COVID-19. Selon le rapport psychiatrique cit&#233; lors de l'audience, l'homme de 31 ans &#233;tait aux prises avec &#171; &lt;em&gt;un trouble psychiatrique d'un registre psychotique&lt;/em&gt; &#187; au moment de commettre ses crimes. Les psychiatres soulignent que &#171; &lt;em&gt;le diagnostic de schizophr&#233;nie nous appara&#238;t le plus probable actuellement face &#224; l'importance des sympt&#244;mes observ&#233;s. Nous ne pouvons &#233;liminer la pr&#233;sence d'un trouble schizoaffectif dans le sympt&#244;me pr&#233;sent&lt;/em&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Loin de nous l'id&#233;e de contester l'avis des psychiatres et de minimiser les enjeux de sant&#233; mentale qui ont men&#233; au verdict de non-responsabilit&#233;. Selon les journalistes ayant couvert l'affaire, l'accus&#233; traversait des ann&#233;es difficiles, consommait r&#233;guli&#232;rement et vivait en situation d'itin&#233;rance. Or, nonobstant son &#233;tat de sant&#233; mental, ce n'est pas la premi&#232;re fois que Simon Coupal Gagnon s'en prend aux femmes. En f&#233;vrier dernier, &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt; nous apprenait en effet qu'il avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; &lt;a href=&#034;https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/202002/19/01-5261623-attaque-au-baton-laccuse-vivait-en-situation-ditinerance.php&#034;&gt;six mois de prison&lt;/a&gt; (y compris une p&#233;riode de d&#233;tention pr&#233;ventive) en 2017 pour menaces, voies de fait et s&#233;questration &#224; l'&#233;gard de son ex-copine. Craintive, celle-ci avait d&#251; se cacher pendant quelques jours pour s'&#233;loigner de lui. Selon le r&#233;sum&#233; du dossier de cour de l'accus&#233;, que nous avons obtenu au plumitif de la Cour sup&#233;rieure du Qu&#233;bec, Simon Coupal Gagnon a plaid&#233; coupable sans soulever la d&#233;fense de non-responsabilit&#233; criminelle pour cause de troubles mentaux. Il a donc &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; coupable de violence conjugale cette fois-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Compte tenu de ce pass&#233; de violence conjugale, on peut l&#233;gitimement se demander s'il rel&#232;ve du hasard que les trois victimes des attaques au b&#226;ton soient des femmes. Ces agressions arm&#233;es &#233;taient-elles vraiment dirig&#233;es vers n'importe qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En outre, un rapide survol de la page Facebook de Simon Coupal Gagnon (sous un nom emprunt&#233;) donne &#224; voir une objectification de la femme, non seulement &#224; travers des images d&#233;gradantes et &#224; forte connotation sexuelle, mais aussi &#224; travers d'autres v&#233;hiculant l'id&#233;e que la femme est une propri&#233;t&#233; de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La d&#233;cision rendue le 31 mars dernier met &#224; l'avant-plan les probl&#233;matiques d&#233;licates de sant&#233; mentale, mais aurait aussi d&#251; aborder la question de la vuln&#233;rabilit&#233; des femmes. Que Simon Coupal Gagnon soit criminellement ou non criminellement responsable, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit de violences de genre. Dans l'espace public, le climat de peur n'est pas le m&#234;me si l'on est citoyen ou citoyenne. Les risques sont plus grands pour les femmes &#8211; sans compter que les vuln&#233;rabilit&#233;s s'additionnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Encore une fois, on est en droit de se demander jusqu'&#224; quel point le syst&#232;me prot&#232;ge les victimes si celles-ci sont des femmes. Interrog&#233;e par les policiers, l'une des victimes se serait fait demander &#171; &lt;em&gt;ce qu'elle portait&lt;/em&gt; &#187; ce soir-l&#224; &#8211; une question qui n'a jamais sa place, qui est intol&#233;rable en 2020, et qui rappelle &#224; chaque occurrence que les victimes de violence ne sont pas trait&#233;es de la m&#234;me fa&#231;on si elles sont des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour recouvrer sa libert&#233;, Simon Coupal Gagnon devra se pr&#233;senter devant la Commission d'examen des troubles mentaux, qui d&#233;terminera s'il ne repr&#233;sente plus un risque pour la s&#233;curit&#233; du public ou, inversement, si ce risque ne saurait &#234;tre att&#233;nu&#233; m&#234;me en respectant certaines conditions. Si les fondements du droit criminel emp&#234;chaient la prise en compte de ses ant&#233;c&#233;dents dans la poursuite intent&#233;e contre l'accus&#233;, la Commission pourra de son c&#244;t&#233; mettre en relation le pr&#233;c&#233;dent &#233;pisode de violence conjugale avec l'identit&#233; des plus r&#233;centes victimes : toutes des femmes. Nous souhaitons que la s&#233;curit&#233; des femmes passe en premier plan dans l'&#233;valuation des risques. Dans le cas pr&#233;sent, trop d'indices laissent croire &#224; une violence dirig&#233;e vers les femmes et le risque de r&#233;cidive doit &#234;tre interrog&#233; plus prudemment que jamais depuis le f&#233;minicide de Maryl&#232;ne L&#233;vesque en janvier 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Javier Garc&#237;a / Unsplash&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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