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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'&#233;chec commercial d'un bien public</title>
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		<dc:date>2020-05-02T19:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascale St-Onge</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>St-Onge, Pascale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'imputabilit&#233; des &#233;lites d&#233;pend en grande partie de la qualit&#233;, de la pluralit&#233; et de la disponibilit&#233; des journalistes professionnels, qui sont les yeux et les oreilles des citoyen&#183;ne&#183;s autrement exclu&#183;e&#183;s des lieux de pouvoir. Pourtant, les m&#233;dias d'information, particuli&#232;rement la presse &#233;crite, traversent une crise &#233;conomique sans pr&#233;c&#233;dent et sans fin qui met son existence en p&#233;ril. Et si la solution consistait &#224; admettre l'&#233;chec commercial de l'information et &#224; confirmer son statut de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Journalisme-Sorties-de-crise-" rel="directory"&gt;Dossier : Journalisme. Sorties de crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-St-Onge-Pascale-+" rel="tag"&gt;St-Onge, Pascale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2851.jpg?1642092237' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;834&#034; height=&#034;789&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'imputabilit&#233; des &#233;lites d&#233;pend en grande partie de la qualit&#233;, de la pluralit&#233; et de la disponibilit&#233; des journalistes professionnels, qui sont les yeux et les oreilles des citoyen&#183;ne&#183;s autrement exclu&#183;e&#183;s des lieux de pouvoir. Pourtant, les m&#233;dias d'information, particuli&#232;rement la presse &#233;crite, traversent une crise &#233;conomique sans pr&#233;c&#233;dent et sans fin qui met son existence en p&#233;ril. Et si la solution consistait &#224; admettre l'&#233;chec commercial de l'information et &#224; confirmer son statut de bien public ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Il est de bon ton de dire que l'information journalistique n'est pas une marchandise comme une autre. Qu'elle doit r&#233;pondre aux plus hauts standards &#233;thiques et de rigueur. Que les m&#233;dias forment le quatri&#232;me pouvoir dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique. Que le public doit avoir acc&#232;s aux informations qui lui sont n&#233;cessaires et pertinentes afin de mener des d&#233;bats de soci&#233;t&#233; &#233;clair&#233;s et, ultimement, de prendre des d&#233;cisions collectives r&#233;fl&#233;chies en s'appuyant sur des faits v&#233;rifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais si l'on accorde en apparence un statut particulier au r&#244;le de l'information dans nos soci&#233;t&#233;s, le travail journalistique a servi en r&#233;alit&#233; de bien commercial, participant &#224; enrichir des entreprises &#224; but lucratif, des propri&#233;taires et des actionnaires. M&#234;me si de nombreux efforts sont faits dans toutes les salles de presse afin d'offrir, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, une grande qualit&#233; d'information, les difficult&#233;s financi&#232;res nuisent in&#233;vitablement au journalisme auquel on reproche parfois son sensationnalisme, son penchant pour le &#171; clickbait &#187; et certains raccourcis. Cette tendance s'est d'ailleurs accentu&#233;e au cours des derni&#232;res ann&#233;es, alors que les entreprises de presse cherchent toujours plus &#224; accrocher les lectrices et les lecteurs afin de g&#233;n&#233;rer des revenus de publicit&#233; indispensables &#224; la poursuite de leurs activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Puisque la rentabilit&#233; est &#224; ce jour le crit&#232;re ultime de l'existence des m&#233;dias, les pouvoirs publics, tout comme la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral, ont assist&#233;, impuissants ou volontairement impassibles, &#224; la fermeture de centaines d'hebdomadaires et de dizaines de quotidiens qui desservaient des communaut&#233;s maintenant plong&#233;es dans l'obscurit&#233; m&#233;diatique. Quand on pense que les m&#233;dias &#233;crits alimentent toute la cha&#238;ne d'information, incluant les &#233;missions de radio, les bulletins de nouvelles t&#233;l&#233;vis&#233;es et les &#233;missions d'affaires publiques, tout comme les r&#233;seaux sociaux et les diverses plateformes de diffusion de contenus, c'est une v&#233;ritable catastrophe d&#233;mocratique qui se joue et nous sommes bien pr&#232;s d'un point de non-retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pendant de nombreuses d&#233;cennies, l'&#233;quation du journalisme qui attire du lectorat qui, lui, est &#171; vendu &#187; aux annonceurs a &#233;t&#233; tr&#232;s lucrative. Aujourd'hui, Internet et ses g&#233;ants ont permis l'&#233;clatement des possibilit&#233;s publicitaires. En moins de dix ans, la valeur commerciale du journalisme s'est compl&#232;tement &#233;croul&#233;e. D'une part, l'information est d&#233;sormais disponible en ligne gratuitement, ce qui rend l'abonnement &#224; un m&#233;dia particulier moins attrayant. D'autre part, la multiplication de l'offre pour les annonceurs a entra&#238;n&#233; la chute des tarifs publicitaires. Les plateformes comme Facebook et Google, qui ne produisent pas de contenus, peuvent ainsi avoir une structure d'entreprise peu co&#251;teuse ; le fait de d&#233;tenir un march&#233; plan&#233;taire leur permet de garantir les prix parmi les plus bas et de gruger la plus grande part de la tarte publicitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pourtant, la valeur civique de l'information journalistique, elle, demeure enti&#232;re, encore plus &#224; l'&#232;re des r&#233;seaux sociaux, qui favorisent la d&#233;sinformation et la propagande.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Menaces &#224; la libert&#233; de presse et au droit du public &#224; l'information&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt; Le d&#233;sinvestissement de l'entreprise priv&#233;e dans le secteur de l'information est la preuve que son existence est en p&#233;ril si rien n'est fait. En plus des nombreuses fermetures, &#224; peu pr&#232;s toutes les entreprises de presse ont proc&#233;d&#233; &#224; d'importantes restructurations, ventes et contractions qui ont provoqu&#233; la disparition de pr&#232;s de 50 % des emplois du secteur. Les questions qui se posent face &#224; ce constat sont les suivantes : que restera-t-il de la libert&#233; de presse et de notre droit &#224; l'information si rien n'est fait et que l'h&#233;catombe se poursuit dans l'indiff&#233;rence ? Et quelles sont les responsabilit&#233;s de l'&#201;tat afin de garantir ces droits et libert&#233;s consacr&#233;s dans nos Chartes qui, sans m&#233;dias et sans journalisme, deviendront compl&#232;tement d&#233;sincarn&#233;s et d&#233;nu&#233;s de sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'information journalistique a bel et bien un prix que les citoyen&#183;ne&#183;s ont toujours pay&#233;, d'abord directement, par le co&#251;t de l'abonnement, et ensuite indirectement par leurs achats d'articles de consommation et de services dont les co&#251;ts de publicit&#233; sont inclus dans le prix au d&#233;tail. Avec la chute des revenus publicitaires, nous sommes aujourd'hui confront&#233;s &#224; une r&#233;alit&#233; : la cha&#238;ne de financement de l'information est bris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pouvons-nous imaginer un nouveau mod&#232;le de financement de l'information journalistique ? Ce nouveau mod&#232;le pourrait-il impliquer un nouveau contrat social entre les m&#233;dias d'information et la population, afin que l'argent qu'on y injecte et les profits (s'il y a lieu) servent uniquement &#224; soutenir la production de contenus journalistiques plut&#244;t que d'aboutir dans les poches d'actionnaires ou de propri&#233;taires ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; L'information comme bien public&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Au Qu&#233;bec et au Canada, l'&#233;ducation, la sant&#233; ou le syst&#232;me de justice n'ont pas toujours &#233;t&#233; des services publics financ&#233;s collectivement afin d'&#234;tre accessibles &#224; tous. Cela d&#233;coule plut&#244;t d'importantes d&#233;cisions politiques qui se sont appuy&#233;es sur des principes d'accessibilit&#233; et d'&#233;quit&#233;. Une telle chose serait-elle envisageable pour l'information journalistique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Plusieurs solutions ont &#233;t&#233; propos&#233;es afin de soutenir les m&#233;dias d'information. Certaines impliquent des fonds publics, par exemple par le biais de cr&#233;dits d'imp&#244;t sur la masse salariale. D'autres n&#233;cessitent la participation &#233;conomique de nouveaux joueurs qui b&#233;n&#233;ficient du contenu journalistique, dont les fournisseurs d'acc&#232;s Internet et les plateformes num&#233;riques de diffusion. Mais toutes les solutions &#233;voqu&#233;es devront &#234;tre impos&#233;es par une volont&#233; politique claire, car elles n&#233;cessitent la mise en place de nouveaux programmes publics ou de nouvelles r&#233;glementations et lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bien s&#251;r, l'intervention de l'&#201;tat doit se limiter &#224; mettre en place un nouveau mode de financement. Les m&#233;dias doivent demeurer &#224; l'abri du pouvoir &#233;tatique afin de remplir leur mission civique de surveillance des pouvoirs politiques. Mais cela est possible et existe d&#233;j&#224;. Faut-il rappeler que Radio-Canada est financ&#233;e &#224; m&#234;me des cr&#233;dits parlementaires ? Que la plupart des pays d&#233;mocratiques soutiennent les m&#233;dias d'information &#224; partir de fonds publics, les champions &#233;tant les Scandinaves ? Que le Canada fait pi&#232;tre figure en mati&#232;re de soutien aux m&#233;dias d'information ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous sommes &#224; la crois&#233;e des chemins. Personne ne croit au retour de la manne publicitaire pour financer le journalisme. N'est-il pas temps comme soci&#233;t&#233; de renoncer &#224; la valeur commerciale de l'information journalistique et de lui donner le statut de bien public, au m&#234;me titre que l'&#233;ducation, les soins de sant&#233; ou le syst&#232;me juridique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si nous consid&#233;rons que le journalisme est un contre-pouvoir essentiel pour pr&#233;venir et d&#233;noncer les abus de toutes sortes, nous devrons collectivement nous assurer de nous donner les moyens de notre libert&#233; de presse et de notre droit &#224; l'information, sans quoi nous devrons peut-&#234;tre renoncer &#224; ceux-ci, avec toutes les cons&#233;quences que cela comporte. Une chose est certaine, nous n'avons plus le luxe du temps. Il faut agir vite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Henk Mul.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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