<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=1201&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Audisme et discrimination au travail. L'histoire d'une pr&#233;carit&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Audisme-et-discrimination-au-travail-L-histoire-d-une-precarite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Audisme-et-discrimination-au-travail-L-histoire-d-une-precarite</guid>
		<dc:date>2021-01-13T16:54:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Buisson</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Buisson, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malgr&#233; le nombre grandissant d'entreprises se voulant inclusives ainsi que le besoin criant de main-d'&#339;uvre, les Sourd&#183;e&#183;s peinent &#224; int&#233;grer le march&#233; du travail ou sont g&#233;n&#233;ralement appel&#233;&#183;e&#183;s &#224; occuper des emplois pr&#233;caires. &lt;br class='autobr' /&gt; Les discriminations syst&#233;miques envers les personnes sourdes ou malentendantes et les oppressions ordinaires v&#233;cues sur le march&#233; du travail sont enracin&#233;es dans l'histoire de la communaut&#233;. En d&#233;pit de leur fr&#233;quente surqualification, on les enjoint (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quel-avenir-pour-le-travail-" rel="directory"&gt;Dossier : Quel avenir pour le travail ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Buisson-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Buisson, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3046.png?1642092253' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;488&#034; height=&#034;836&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; le nombre grandissant d'entreprises se voulant inclusives ainsi que le besoin criant de main-d'&#339;uvre, les Sourd&#183;e&#183;s peinent &#224; int&#233;grer le march&#233; du travail ou sont g&#233;n&#233;ralement appel&#233;&#183;e&#183;s &#224; occuper des emplois pr&#233;caires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Les discriminations syst&#233;miques envers les personnes sourdes ou malentendantes et les oppressions ordinaires v&#233;cues sur le march&#233; du travail sont enracin&#233;es dans l'histoire de la communaut&#233;. En d&#233;pit de leur fr&#233;quente surqualification, on les enjoint continuellement &#224; prouver leur capacit&#233; &#224; fonctionner malgr&#233; leur &#171; handicap &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'audisme se caract&#233;rise d'abord par l'inf&#233;riorisation des personnes sourdes ou malentendantes, le retrait de leur pouvoir d&#233;cisionnel et la cons&#233;cration de la sup&#233;riorit&#233; des entendant&#183;e&#183;s. Cette discrimination dans le domaine de l'emploi repose sur un processus qui n'est pas nouveau. D&#232;s la fin du 19e si&#232;cle, il s'est op&#233;r&#233; une s&#233;gr&#233;gation dans la sph&#232;re du travail, les Sourd&#183;e&#183;s &#233;tant confin&#233;es dans certains emplois manuels qui &#233;taient &#171; appropri&#233;s &#187; pour elles, les excluant de nombreux domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'audisme, c'est ensuite la croyance selon laquelle les personnes sourdes ou malentendantes doivent se conformer et s'adapter aux structures de la soci&#233;t&#233; audiocentriste le plus &#171; normalement &#187; possible en pratiquant la lecture labiale ou en profitant des technologies m&#233;dicales permettant de &#171; surmonter le handicap &#187;, voire de le &#171; r&#233;parer &#187;. Les employeurs redoutent les investissements non rentables engendr&#233;s par l'adaptation des postes de travail (alors qu'il s'agit d'investissements minimes et subventionn&#233;s) ainsi que le recours &#224; des interpr&#232;tes. Plus fondamentalement, cette discrimination repose sur de forts pr&#233;jug&#233;s selon lesquels les Sourd&#183;e&#183;s seraient &#171; moins rapides d'esprit &#187;, qu'ils et elles n'ont pas acc&#232;s &#224; une langue enti&#232;re leur permettant de bien comprendre les consignes. &#192; comp&#233;tences &#233;gales, l'entendant&#183;e est favoris&#233;&#183;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pourtant, la surdit&#233; n'emp&#234;che pas la communication. Les strat&#233;gies d&#233;velopp&#233;es par les Sourd&#183;e&#183;s sont efficaces et peu co&#251;teuses. Elles requi&#232;rent n&#233;anmoins effort, ouverture et bonne volont&#233; de la part des employeurs et des employ&#233;&#183;e&#183;s. L'audisme ordinaire (soupirs d'impatience, roulements des yeux, etc.) v&#233;cu par les personnes sourdes ou malentendantes en milieu de travail contribue de fa&#231;on significative &#224; l'augmentation de leur d&#233;tresse psychologique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Provoquer des changements&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;em&gt;L'Enqu&#234;te sur la formation et l'emploi en d&#233;ficience auditive au Qu&#233;bec&lt;/em&gt;, publi&#233;e en 2006, rapporte que leur taux d'occupation en emploi &#233;tait de 53% seulement. Les revenus annuels d'une majorit&#233; d'entre elles se situaient entre 12000$ et 24999$. De plus, la moiti&#233; des femmes sourdes en emploi touchaient un salaire de moins de 15000$ par ann&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martin Bergevin et Dominique Pinsonneault, Enqu&#234;te sur la formation et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Fait int&#233;ressant : en 1998, celles travaillant &#224; leur compte ne repr&#233;sentaient que 6 % des personnes sourdes ou malentendantes actives sur le march&#233; du travail. Ce nombre a augment&#233; &#224; 22 % en 2015&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enqu&#234;te men&#233;e aupr&#232;s de 365 Sourd&#183;e&#183;s canadien&#183;ne&#183;s sous la supervision du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; gr&#226;ce aux opportunit&#233;s de carri&#232;re engendr&#233;es par l'av&#232;nement d'Internet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association des Sourds du Canada, &#171; L'emploi et l'employabilit&#233; &#187;, 3 juillet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, leur permettant de d&#233;velopper leurs entreprises dans la communaut&#233; et d'avoir son soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Parall&#232;lement, les Sourd&#183;e&#183;s ont cess&#233; de vouloir convaincre les employeurs de leur capacit&#233; et ont arr&#234;t&#233; d'attendre l'aide des gouvernements pour la cr&#233;ation d'emplois accessibles. La communaut&#233; sourde est ainsi devenue, au fil des ans, un important vecteur d'emplois dans le domaine de la vente et de services, mais aussi dans le milieu communautaire o&#249; se rejoignent militant&#183;e&#183;s et artistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En juillet 2019 entrait en vigueur le projet de loi f&#233;d&#233;rale C-81 sur l'accessibilit&#233; universelle. M&#234;me si la loi devrait en principe favoriser l'int&#233;gration des personnes sourdes ou malentendantes en emploi, beaucoup de chemin reste &#224; parcourir pour contrer l'audisme. Certes, il existe divers organismes d'aide &#224; l'emploi et des programmes d'employabilit&#233;. Si ces organisations favorisent l'int&#233;gration des Sourd&#183;e&#183;s au march&#233; du travail, les salaires offerts pour les emplois obtenus tendent &#224; les maintenir en situation de pr&#233;carit&#233;. Pour sortir de cette pr&#233;carit&#233;, ils et elles ont tr&#232;s certainement int&#233;r&#234;t &#224; s'organiser par et pour elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Martin Bergevin et Dominique Pinsonneault, &lt;em&gt;Enqu&#234;te sur la formation et l'emploi en d&#233;ficience auditive au Qu&#233;bec&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, Centre qu&#233;b&#233;cois de la d&#233;ficience auditive, juin 2006, p. 205.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Enqu&#234;te men&#233;e aupr&#232;s de 365 Sourd&#183;e&#183;s canadien&#183;ne&#183;s sous la supervision du statisticien en chef &#224; la retraite de Statistique Canada.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Association des Sourds du Canada, &#171; L'emploi et l'employabilit&#233; &#187;, 3 juillet 2015. En ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href=&#034;http://cad.ca/fr/dossiers-sur-la-surdite/lemploi-et-lemployabilite/&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cad.ca/fr/dossiers-sur-la-surdite/lemploi-et-lemployabilite/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Anne-Marie Buisson est candidate &#224; la ma&#238;trise en histoire &#224; l'UQAM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR ALLER PLUS LOIN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue Relations a consacr&#233; tout un dossier aux r&#233;alit&#233;s des Sourd&#183;e&#183;s en juillet 2018, abordant les th&#232;mes de la culture, de la langue et de l'&#233;ducation, notamment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les cliniques populaires vs les CLSC. Une lutte d&#233;mocratique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-cliniques-populaires-vs-les-CLSC-Une-lutte-democratique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-cliniques-populaires-vs-les-CLSC-Une-lutte-democratique</guid>
		<dc:date>2020-03-02T14:51:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Buisson</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Buisson, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, la concentration des pouvoirs d&#233;cisionnels entre les mains du ministre de la Sant&#233; nous a amen&#233;s &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la place accord&#233;e aux usagers et aux usag&#232;res dans le syst&#232;me de sant&#233;. Un retour historique sur les critiques formul&#233;es par les cliniques populaires dans leur lutte pour &#171; la sant&#233; du peuple &#187; permet de mieux saisir, aujourd'hui, comment le droit &#224; la sant&#233; est directement li&#233; &#224; la d&#233;mocratisation de sa gestion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement de ces cliniques (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-76-oct-nov-2018-" rel="directory"&gt;No 076 - oct. / nov. 2018&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Buisson-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Buisson, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2844.png?1642092237' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;902&#034; height=&#034;703&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, la concentration des pouvoirs d&#233;cisionnels entre les mains du ministre de la Sant&#233; nous a amen&#233;s &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la place accord&#233;e aux usagers et aux usag&#232;res dans le syst&#232;me de sant&#233;. Un retour historique sur les critiques formul&#233;es par les cliniques populaires dans leur lutte pour &#171; la sant&#233; du peuple &#187; permet de mieux saisir, aujourd'hui, comment le droit &#224; la sant&#233; est directement li&#233; &#224; la d&#233;mocratisation de sa gestion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de ces cliniques fortement politis&#233;es s'inscrit dans le mouvement de radicalisation propuls&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1970 par les centrales syndicales et certains comit&#233;s de quartiers montr&#233;alais. Elles font de la sant&#233; et de la maladie des enjeux de rapports de classes qui menacent davantage les travailleurs et travailleuses soumis&#183;e&#183;s aux cons&#233;quences physiques que provoque leur exploitation &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me capitaliste et aux in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s aux soins que cause la m&#233;decine lib&#233;rale. Elles d&#233;noncent l'exploitation et voient &#224; l'organisation des classes populaires et ouvri&#232;res pour &#171; &lt;em&gt;rendre les travailleurs conscients que la sant&#233; est li&#233;e &#224; la politique et que les maladies sont plus nombreuses chez les exploit&#233;s que chez les exploiteurs&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Clinique des citoyens de Saint-Jacques, La sant&#233; du peuple c'est retable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ces cliniques sont &#224; la fois des groupes populaires de services et des organismes de d&#233;fense de droits.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques exp&#233;riences radicalement d&#233;mocratiques de prise en charge collective de la sant&#233; ont largement d&#233;pass&#233; le cadre sanitaire auquel elles &#233;taient pr&#233;alablement vou&#233;es. En effet, les militant&#183;e&#183;s de ces cliniques critiquent le syst&#232;me capitaliste et consid&#232;rent que &#171; &lt;em&gt;seul le socialisme, qui place le peuple au centre de ses pr&#233;occupations et s'appuie sur lui pour se r&#233;aliser, est susceptible de promouvoir une m&#233;decine prenant pour objectif la pr&#233;servation r&#233;elle de la sant&#233; publique, sans en tirer un profit mat&#233;riel et sans contrepartie&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 5.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;forme Castonguay-Nepveu&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'adoption en 1971 de la loi 25 sur les services de sant&#233; et des services sociaux, le gouvernement du Qu&#233;bec met en place les modalit&#233;s de la r&#233;forme Castonguay-Nepveu. Il souhaite ainsi d&#233;mocratiser l'acc&#232;s aux soins de sant&#233;, jusqu'alors difficilement accessibles aux classes populaires, et en rationaliser la gestion afin d'en r&#233;duire les co&#251;ts d'exploitation et d'accro&#238;tre l'efficacit&#233; du nouveau r&#233;gime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr&#233;d&#233;rick Lesemann, &#171; La prise en charge de la sant&#233; au Qu&#233;bec &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Port&#233;e par les principes de gratuit&#233;, d'universalit&#233; et d'accessibilit&#233;, la r&#233;forme &#233;rige la sant&#233; en un droit inh&#233;rent &#224; la citoyennet&#233;. L'implantation des centres locaux de services communautaires (CLSC) sur l'ensemble du territoire qu&#233;b&#233;cois est l'une de ses pi&#232;ces ma&#238;tresses pour assurer la &#171; porte d'entr&#233;e &#187; du syst&#232;me. L'&#201;tat intervient dor&#233;navant sur deux plans du domaine sociosanitaire : au niveau de la structure de la distribution des soins et du type de m&#233;decine pratiqu&#233;e. Pour implanter ces nouvelles structures, le gouvernement compte d'abord institutionnaliser les groupes communautaires d&#233;j&#224; existants afin de profiter de leur exp&#233;rience et de leurs connaissances du milieu. La majorit&#233; accepte de participer &#224; ce processus dans l'espoir d'influencer la forme que prendront les CLSC.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur implantation ne se fait pas sans heurts. Les m&#233;decins s'opposent avec vigueur (et succ&#232;s !) &#224; leur salarisation &#224; l'int&#233;rieur des CLSC et &#224; l'imposition par l'&#201;tat de conditions de pratique. Ils mettent sur pied leurs propres polycliniques pour concurrencer les CLSC. Les cliniques populaires qui &#339;uvrent dans les quartiers d&#233;favoris&#233;s de Montr&#233;al depuis la fin des ann&#233;es 1960 voient &#233;galement d'un mauvais &#339;il l'apparition de ces structures qui menacent directement leur existence. Elles consid&#232;rent que le gouvernement proc&#232;de &#224; cette r&#233;cup&#233;ration des pratiques et initiatives communautaires pour les soumettre aux objectifs de l'&#201;tat. Au d&#233;but de 1973, quelques cliniques se regroupent en front commun pour proc&#233;der &#224; une solide critique des modalit&#233;s de la r&#233;forme selon quatre grands principes.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le droit &#224; la sant&#233;&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon les cliniques populaires, les mesures mises en &#339;uvre ne peuvent pas constituer un acc&#232;s &#233;galitaire &#224; la sant&#233; dans une soci&#233;t&#233; o&#249; il existe autant d'in&#233;galit&#233;s socio&#233;conomiques. La gratuit&#233; des soins ne repr&#233;sente que la garantie de pouvoir &#171; r&#233;parer &#187; les cons&#233;quences du capitalisme sur la sant&#233; de la population, desquelles l'&#201;tat est complice : les mauvaises conditions de travail, la mauvaise alimentation des familles vivant avec un salaire minimum et les mauvaises conditions de logement des b&#233;n&#233;ficiaires du &#171; minimum vital &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En reconnaissant le lien entre la maladie, certains facteurs sociaux et les in&#233;galit&#233;s en mati&#232;re sociosanitaire, les promoteurs et promotrices de la r&#233;forme pr&#233;conisent une nouvelle approche de &lt;em&gt;sant&#233; globale&lt;/em&gt;. Celle-ci mise sur la pr&#233;vention de la maladie chez l'individu plut&#244;t que la prise en charge isol&#233;e des sympt&#244;mes. Cette vision permet &#233;galement d'int&#233;grer dans la m&#234;me structure les services sociaux et la pratique m&#233;dicale. Pour le front commun, cette m&#233;decine se r&#233;duit &#224; l'immunisation et au d&#233;pistage de maladies d&#233;j&#224; existantes avant qu'elles ne n&#233;cessitent des soins sp&#233;cialis&#233;s. Une v&#233;ritable pr&#233;vention implique l'identification et l'&#233;limination des causes de la maladie comme la pauvret&#233; et les mauvais logements. Quant &#224; la m&#233;decine sociale, qui tente d'adapter une personne aux conditions de vie qui lui sont impos&#233;es, elle l'emp&#234;che de constater que les probl&#232;mes de sant&#233; sont des probl&#232;mes communs &#224; sa classe et rel&#232;gue ainsi &#224; l'individuel des probl&#232;mes sociaux plus larges.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La participation et l'organisation du travail&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les cliniques populaires pr&#244;nent un contr&#244;le exclusif de leur gestion par leurs usagers et usag&#232;res pour s'assurer qu'elles servent leurs int&#233;r&#234;ts. Leurs structures ne comptent que des gens issus des milieux populaires et ouvriers. La composition des conseils d'administration au sein des CLSC pr&#233;voit plut&#244;t de r&#233;server cinq si&#232;ges sur douze aux repr&#233;sentant&#183;e&#183;s du milieu, tandis que la majorit&#233; de l'administration est nomm&#233;e par le gouvernement. Ce dernier r&#233;cup&#232;re ainsi les efforts et les initiatives des citoyen&#183;ne&#183;s et met les mouvements sociaux sous le joug d'un conseil d'administration &#171; &lt;em&gt;dirig&#233; par des professionnels technocrates form&#233;s et habitu&#233;s de penser et d'agir comme des patrons&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Clinique des citoyens de Saint-Jacques, 1972, op. cit., p. 4.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; pour soustraire aux milieux populaires le contr&#244;le des cliniques qu'ils avaient mises sur pied et restreindre leurs activit&#233;s contestataires.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les cliniques populaires cherchent &#224; &#233;tablir de nouveaux rapports de travail fond&#233;s sur l'&#233;galit&#233; des pouvoirs, la coop&#233;ration et la r&#233;duction des &#233;carts salariaux entre les professionnel&#183;le&#183;s et les non-professionnel&#183;le&#183;s. Ces nouveaux rapports passent par une d&#233;mystification du r&#244;le du m&#233;decin et la d&#233;professionnalisation de certains actes m&#233;dicaux. On conteste les privil&#232;ges qui sont accord&#233;s aux m&#233;decins &#224; l'int&#233;rieur des CLSC concernant leurs salaires, mais aussi par rapport &#224; leur pouvoir au sein du comit&#233; consultatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant son incapacit&#233; &#224; trouver des appuis significatifs, le front commun des cliniques populaires est assez rapidement dissous. T&#244;t ou tard, ces derni&#232;res n'ont d'autre choix que de s'int&#233;grer ou de dispara&#238;tre. La Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles est la premi&#232;re &#224; quitter le front commun pour n&#233;gocier un statut particulier. Tout en recevant un financement appropri&#233;, elle conserve le contr&#244;le de sa structure d&#233;mocratique, des &#233;chelles de salaire et de sa philosophie d'intervention. En 1973, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de la Clinique des citoyens de Saint-Jacques choisit l'autonomie et &#233;volue en marge de l'&#201;tat jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1980, o&#249; les difficult&#233;s financi&#232;res la forcent &#224; accepter l'offre du gouvernement de s'int&#233;grer &#224; ce qui deviendra le CLSC du Plateau-Mont-Royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut sembler paradoxal de voir &#233;merger des milieux populaires une critique aussi radicale des modalit&#233;s d'une r&#233;forme qui rend accessibles &#224; tous et toutes les soins de sant&#233; et de services sociaux. Pourtant, cette opposition &#224; la loi 25 et ce refus d'adh&#233;rer au r&#233;seau CLSC s'ins&#232;rent dans la lutte beaucoup plus large du droit &#224; la sant&#233; et elle est directement li&#233;e &#224; la question de la d&#233;mocratisation de ses pratiques comme de sa gouvernance.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Clinique des citoyens de Saint-Jacqu&lt;em&gt;es, La sant&#233; du peuple c'est retable pour quoi ? pourquoi ?&lt;/em&gt;, 18 d&#233;cembre 1972, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr&#233;d&#233;rick Lesemann, &#171; La prise en charge de la sant&#233; au Qu&#233;bec &#187;, &lt;em&gt;International Review of Community Development&lt;/em&gt;, no 1, printemps 1979, p. 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Clinique des citoyens de Saint-Jacques, 1972, op. cit., p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Manifestation devant le minist&#232;re de la Sant&#233; (Andr&#233; Querry).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
