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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Seul &#224; la barre de l'&#233;ducation</title>
		<link>https://www.ababord.org/Seul-a-la-barre-de-l-education</link>
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		<dc:date>2020-05-08T15:18:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Violaine Cousineau</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Cousineau, Violaine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 7 f&#233;vrier dernier, au beau milieu de la nuit, le CAQ imposait le b&#226;illon pour mettre un terme imm&#233;diat au mandat des &#233;lu.es scolaires. Elle confiait, ce faisant, les r&#234;nes du r&#233;seau scolaire public aux directions g&#233;n&#233;rales des commissions scolaires qui devaient gouverner seules jusqu'&#224; la formation des conseils d'administration, &#224; la mi-juin 2020. &lt;br class='autobr' /&gt; Les actrices et acteurs du r&#233;seau de l'&#233;ducation se doutaient bien des effets pervers que cette transformation majeure de la gouvernance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2889.jpg?1642092240' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;3530&#034; height=&#034;2162&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 7 f&#233;vrier dernier, au beau milieu de la nuit, le CAQ imposait le b&#226;illon pour mettre un terme imm&#233;diat au mandat des &#233;lu.es scolaires. Elle confiait, ce faisant, les r&#234;nes du r&#233;seau scolaire public aux directions g&#233;n&#233;rales des commissions scolaires qui devaient gouverner seules jusqu'&#224; la formation des conseils d'administration, &#224; la mi-juin 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Les actrices et acteurs du r&#233;seau de l'&#233;ducation se doutaient bien des effets pervers que cette transformation majeure de la gouvernance auraient : hypercentralisation des pouvoirs &#224; Qu&#233;bec ; directions g&#233;n&#233;rales sans grande marge de man&#339;uvre et tenues au silence en raison du devoir de loyaut&#233; qui leur lie les mains et la langue ; disparition des contre-pouvoirs locaux. Faire des directions g&#233;n&#233;rales les porte-parole des nouveaux &#171; centres de services &#187;, c'&#233;tait assur&#233;ment, pour le ministre, s'acheter des porte-voix dociles &#224; travers tout le Qu&#233;bec : des gens tenus, par la nature m&#234;me de leur fonction, de r&#233;percuter le point de vue officiel, celui du ministre de l'&#201;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous savions tous et toutes que cela se produirait et poserait probl&#232;me, mais jamais, m&#234;me dans nos sc&#233;narios les plus noirs, nous n'aurions pu imaginer une illustration aussi dramatique que celle que nous vivons actuellement des effets n&#233;fastes que cette r&#233;forme a pu g&#233;n&#233;rer. Depuis les tout d&#233;buts de la crise, au moment o&#249; les cours ont &#233;t&#233; suspendus, l'information livr&#233;e aux parents ne filtre qu'au compte-gouttes. En r&#233;alit&#233;, elle leur arrive bien souvent plusieurs jours apr&#232;s les annonces officielles et leur diffusion dans les m&#233;dias sociaux et traditionnels. Les enseignant.es eux-m&#234;mes et les syndicats qui les repr&#233;sentent n'apprennent souvent qu'en point de presse des informations cruciales li&#233;es aux questions &#233;ducatives. Quant &#224; la possibilit&#233; de poser des questions, de soulever des incongruit&#233;s, d'essayer de comprendre le sens des orientations qui sont prises ou d'&#234;tre partie prenante de la recherche de solutions, tous ces gestes citoyens utiles et n&#233;cessaires sont actuellement impossibles &#224; poser : les parents, les membres du personnel et les citoyen.nes sont plac&#233;s devant une machine administrative plus ferm&#233;e et opaque que jamais, devant un r&#233;seau public qui leur appartient en propre, mais sur lequel ils n'ont plus aucune prise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Une absence qui p&#232;se lourd&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Loin de moi l'id&#233;e de vouloir embellir le portrait de ce qu'ont &#233;t&#233; les d&#233;funtes commissions scolaires : j'y ai si&#233;g&#233; comme commissaire ind&#233;pendante et j'y ai &#233;t&#233; en col&#232;re plus souvent qu'&#224; mon tour contre une gouvernance qui n'avait ni l'ouverture ni la transparence qu'on lui aurait souhait&#233;es. Mais malgr&#233; toutes leurs immenses lacunes, ces anciennes commissions scolaires jouaient un r&#244;le qui fait actuellement cruellement d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous le savions : une fois ces contre-pouvoirs abolis (ces &#171; &lt;em&gt;cailloux dans le soulier&lt;/em&gt; &#187; du ministre, comme il aimait les appeler), ne resteraient plus que les syndicats et les comit&#233;s de parents pour s'opposer &#224; la toute-puissance minist&#233;rielle. Ces groupes ont effectivement multipli&#233; les sorties publiques, au cours des derni&#232;res semaines, pour d&#233;crier diff&#233;rents aspects li&#233;s &#224; la gestion de la crise sanitaire en milieu scolaire. Les syndicats, on s'y attendait, se sont fait taxer de corporatisme, ont &#233;t&#233; accus&#233;s de vouloir mettre des b&#226;tons dans les roues du retour &#224; l'&#233;cole, de prot&#233;ger ind&#251;ment leurs membres et de n'&#234;tre pas solidaires des parents-travailleurs et des &#233;l&#232;ves. Les parents, quant &#224; eux, n'ont pas le niveau d'organisation et de coh&#233;sion que peuvent avoir les autres partenaires du r&#233;seau scolaire, particuli&#232;rement en temps de pand&#233;mie : ils sont isol&#233;s les uns des autres, disposent de peu d'information, n'ont pas acc&#232;s &#224; l'appareil administratif et demeurent &#224; la merci de la fa&#231;on dont les directions veulent bien collaborer avec eux. Leur pouvoir qui, dans l'ancienne structure, reposait sur leur pr&#233;sence au conseil des commissaires et au comit&#233; ex&#233;cutif, sur l'information qu'ils &#233;taient en droit de r&#233;clamer et sur leur contact fr&#233;quent avec la haute administration &#8211; ce pouvoir est maintenant dilu&#233; comme jamais. Ils ne sont absolument pas dans un contexte leur permettant de constituer un contre-pouvoir efficace qui pourrait infl&#233;chir les orientations prises &#224; Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le ministre est donc bel et bien seul &#224; la barre : seul &#224; annoncer la fermeture des &#233;coles, leur r&#233;ouverture, le nombre et le niveau des &#233;l&#232;ves qui seront de retour &#224; l'&#233;cole, la nature des suivis p&#233;dagogiques qui seront faits, la forme qu'ils prendront, la fa&#231;on dont ils seront (ou pas) &#233;valu&#233;s&#8230; Les directions d'&#233;cole, les enseignant.es, les membres du personnel et les parents ont eu, &#224; divers moments, des contacts avec le ministre et ont pu tenter d'orienter le cours des choses, mais ils et elles ont &#233;t&#233;, plus souvent qu'&#224; leur tour, plac&#233;.es devant des faits accomplis, tenu.es de mettre en &#339;uvre des orientations dict&#233;es par un seul homme et r&#233;percut&#233;es &#224; l'identique &#224; travers l'ensemble du r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Sans organisation locale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Jamais l'incapacit&#233; &#224; d&#233;cider et &#224; organiser localement les choses n'aura &#233;t&#233; aussi dommageable. Ne pas pouvoir d&#233;cider s'il est plus urgent d'ouvrir, &#224; temps plein ou &#224; temps partiel, des classes d'accueil, des classes de langage, des points de service, des &#233;coles sp&#233;cialis&#233;es, des &#233;coles offrant ou pas du transport scolaire, des enfants du primaire ou des &#233;l&#232;ves du secondaire, des adultes inscrits en formation professionnelle ou &#224; l'&#233;ducation des adultes&#8230; ne pas pouvoir d&#233;cider&#8230; ne pas pouvoir &#234;tre partie prenante de la prise de d&#233;cision&#8230; ne pas pouvoir s'assurer que les choses soient faites de la fa&#231;on la plus &#233;quitable possible pour l'ensemble des familles du territoire&#8230; ne pas pouvoir moduler localement des orientations globales&#8230; c'est devenu un vrai, un &#233;norme probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Personne ne contestera le fait que Qu&#233;bec a un r&#244;le n&#233;vralgique &#224; jouer en &#233;ducation, et un r&#244;le d'autant plus crucial dans un contexte o&#249; des vies sont en jeu : oui, des d&#233;cisions doivent &#234;tre prises par un gouvernement central et doivent &#234;tre coordonn&#233;es sur l'ensemble du territoire. Mais la conception de ce qu'est un &#171; gouvernement central &#187; peut &#234;tre tr&#232;s variable : est-ce le gouvernement d'une poign&#233;e de personnes ou le gouvernement d'un ensemble de citoyen.nes qui peuvent aussi collaborer &#224; cette prise de d&#233;cision ? Fermer les &#233;coles devait &#234;tre d&#233;cr&#233;t&#233; par Qu&#233;bec, mais aurait pu &#234;tre d&#233;cr&#233;t&#233; en s'assurant que tous les acteurs &lt;strong&gt;et actrices &lt;/strong&gt;soient bien inform&#233;s et bien solidaires de cette d&#233;cision. C'est encore plus vrai dans le cas de la r&#233;ouverture des &#233;coles qui devra se faire &#224; &#233;chelle et &#224; vitesse variables : il aurait &#233;t&#233; tellement plus porteur de travailler en &#233;troite collaboration avec les r&#233;seaux locaux pour fixer ces balises li&#233;es &#224; la r&#233;ouverture plut&#244;t que de les annoncer (et de les modifier) unilat&#233;ralement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La coh&#233;sion sociale repose sur la capacit&#233; &#224; solidariser les gens autour de projets communs. Je n'ai pas vu beaucoup de parents ni d'enseignant.es &#171; braqu&#233;s &#187; ou inamovibles dans leurs positions, ces derniers temps. J'ai, au contraire, vu des tas de personnes se poser des questions, s'informer, &#234;tre religieusement &#224; l'&#233;coute des consignes de la Sant&#233; publique, vouloir collaborer au mieux, se montrer solidaires des plus fragiles d'entre nous&#8230; C'est sur cette &#233;nergie extraordinaire qu'il aurait fallu tabler pour permettre la reprise des apprentissages, en pr&#233;sentiel ou &#224; distance, mais d'abord et avant tout AVEC ceux et celles qui font l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Seul &#224; la barre. Seul &#224; naviguer. Seul &#224; se d&#233;p&#234;trer dans la temp&#234;te. On le laissera seul frapper son iceberg, mais on ne coulera pas avec lui : ce film-l&#224;, on a d&#233;j&#224; jou&#233; dedans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Violaine Cousineau est enseignante au coll&#233;gial et ancienne commissaire scolaire ind&#233;pendante &#224; la CSDM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Isabelle Bouchard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les commissaires scolaires, qu'ossa donne ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-commissions-scolaires-qu-ossa-donne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-commissions-scolaires-qu-ossa-donne</guid>
		<dc:date>2020-02-07T20:55:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Violaine Cousineau, Jean-Denis Dufort, Jean-Fran&#231;ois Gosselin</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Cousineau, Violaine</dc:subject>
		<dc:subject>Dufort, Jean-Denis</dc:subject>
		<dc:subject>Gosselin, Jean-Fran&#231;ois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le c&#233;l&#232;bre num&#233;ro &#171; Les unions qu'ossa donne ? &#187; d'Yvon Deschamps mettait en sc&#232;ne un ouvrier ali&#233;n&#233; au point de ne plus savoir distinguer entre les forces qui cherchent &#224; l'&#233;craser et celles qui peuvent l'aider &#224; s'&#233;manciper. Cette situation pourrait-elle malheureusement s'appliquer &#224; la fa&#231;on dont l'imaginaire collectif per&#231;oit aujourd'hui les commissaires scolaires ? &lt;br class='autobr' /&gt; Tour &#224; tour ronds-de-cuir, dilapidateurs des fonds publics et grands voyageurs aux frais du contribuable, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cousineau-Violaine-+" rel="tag"&gt;Cousineau, Violaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dufort-Jean-Denis-+" rel="tag"&gt;Dufort, Jean-Denis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gosselin-Jean-Francois-+" rel="tag"&gt;Gosselin, Jean-Fran&#231;ois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2834.png?1642092236' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;698&#034; height=&#034;903&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le c&#233;l&#232;bre num&#233;ro &#171; Les unions qu'ossa donne ? &#187; d'Yvon Deschamps mettait en sc&#232;ne un ouvrier ali&#233;n&#233; au point de ne plus savoir distinguer entre les forces qui cherchent &#224; l'&#233;craser et celles qui peuvent l'aider &#224; s'&#233;manciper. Cette situation pourrait-elle malheureusement s'appliquer &#224; la fa&#231;on dont l'imaginaire collectif per&#231;oit aujourd'hui les commissaires scolaires ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Tour &#224; tour ronds-de-cuir, dilapidateurs des fonds publics et grands voyageurs aux frais du contribuable, les commissaires sont r&#233;put&#233;s ill&#233;gitimes (parce qu'&#233;lu&#183;e&#183;s par un faible pourcentage de la population), ignares (parce que de leur tour d'ivoire, elles et ils ne voient pas la r&#233;alit&#233; des &#233;coles), voire carr&#233;ment nocifs (quand elles et ils appliquent sur le terrain les compressions impos&#233;es par un palier sup&#233;rieur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'imaginaire collectif n'a pas totalement tort : oui, les commissaires scolaires peuvent &#234;tre tout cela. Et pis encore. Comme tous les &#233;lu&#183;e&#183;s, tous gouvernements confondus, ils peuvent &#234;tre incomp&#233;tents, obtus et serviles. Ils peuvent se servir du scolaire comme d'un tremplin vers d'autres postes &#233;lectifs. Et ils peuvent ne pas s'y conna&#238;tre en &#233;ducation. Mais, tout comme le personnage d'Yvon Deschamps m&#233;connaissait la force organisationnelle que constitue le syndicalisme, l'imaginaire collectif ne r&#233;alise pas non plus quel formidable et puissant levier de changement peut constituer la pr&#233;sence des commissaires scolaires dans le r&#233;seau public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Aux origines de la fonction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; 1841. C'est l'ann&#233;e o&#249; est vot&#233;e une loi qui tente d'organiser &#171; &lt;em&gt;un r&#233;seau d'&#233;coles publiques plac&#233;es sous la gouverne de conseillers municipaux nomm&#233;s par le gouvernement et de commissaires &#233;lus par le peuple &lt;/em&gt; &#187;, selon les mots de Robert Gagnon dans so&lt;em&gt;n Histoire de la Commission des &#233;coles catholiques de Montr&#233;al&lt;/em&gt;. D&#232;s les balbutiements de ce qui deviendra le r&#233;seau public actuel, les commissaires ont pour mission de veiller &#224; la scolarisation des moins nantis (les plus ais&#233;s pouvant d&#233;j&#224; compter sur la pr&#233;sence de nombreuses &#233;coles priv&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ironiquement, d&#232;s le d&#233;part, la fonction de commissaire implique aussi de d&#233;crier le manque de ressources et le manque de collaboration des autres paliers gouvernementaux, de recevoir les plaintes des parents et de forcer la main aux instituteurs et institutrices pour qu'ils et elles scolarisent aussi les enfants les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; De 2010 &#224; 2015, la Commission scolaire de Montr&#233;al (CSDM) a d&#251; subir des compressions majeures impos&#233;es par Qu&#233;bec. Menac&#233;e de d&#233;mant&#232;lement, de tutelle, d'abolition du si&#232;ge de ses &#233;lu&#183;e&#183;s, elle a fini par plier et par se soumettre &#224; un plan de retour &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire dict&#233; par des firmes comptables. Le r&#233;sultat de ce traitement-choc, nous le vivons encore dans nos &#233;coles : des services atrophi&#233;s, des enseignant&#183;e&#183;s &#233;puis&#233;&#183;e&#183;s, des conditions mat&#233;rielles d&#233;plorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sur le plan politique, les &#233;lu&#183;e&#183;s de la CSDM ont v&#233;cu dans le d&#233;chirement toute cette p&#233;riode. &#192; la derni&#232;re &#233;lection scolaire, en 2014, les &#233;lu&#183;e&#183;s du Mouvement pour une &#233;cole moderne et ouverte (MEMO) ont emport&#233; tous les si&#232;ges en promettant de tenir t&#234;te au gouvernement. Or, en 2016, au moment de voter de nouveau un budget de compressions, ce sont deux clans qui se sont oppos&#233;s : ceux et celles qui refusaient de voter ce budget, arguant qu'il allait encore une fois mettre &#224; mal nos &#233;coles, et ceux et celles qui l'appuyaient, s'en remettant &#224; leurs obligations de &#171; bons gestionnaires &#187;. Nous avons &#233;t&#233; trois &#224; nous opposer &#224; ce budget et &#224; provoquer, par le fait m&#234;me, la scission du MEMO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis 2016, nous si&#233;geons donc comme ind&#233;pendant&#183;e&#183;s au conseil des commissaires de la CSDM et nous y d&#233;fendons une totale autonomie face aux paliers sup&#233;rieurs. Oui, les commissions scolaires sont des &#171; cr&#233;atures &#187; du gouvernement du Qu&#233;bec, mais non, elles ne sont pas tenues d'en &#234;tre le bras arm&#233;. Oui, nous devons parfois refuser de jouer le r&#244;le qui est attendu de nous (celui de fid&#232;les vassaux de Qu&#233;bec) pour se faire objecteurs de conscience.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Au service des parents&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Comme en 1841, le ou la commissaire scolaire a pour mandat d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute des familles montr&#233;alaises. Il ou elle re&#231;oit bon nombre de sollicitations issues des familles de sa circonscription et sert souvent de pont entre les citoyen&#183;ne&#183;s et les fonctionnaires en ce qui concerne les probl&#232;mes de transport, de choix d'&#233;cole, d'acc&#232;s aux services &#233;ducatifs, etc. Ces questions qui surgissent immanquablement durant le parcours scolaire d'un enfant et qui ne se r&#233;solvent pas toujours dans l'enceinte de l'&#233;cole finissent dans la bo&#238;te vocale du commissaire ou sur son mur Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En tant que commissaires ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, nous sommes actifs sur les r&#233;seaux sociaux. Ceux-ci permettent une interaction quotidienne avec les parents et avec tous ceux et celles que les questions &#233;ducatives int&#233;ressent. Construire une &#233;cole dans Griffintown ? dans Angus ? au centre-ville ? sur le terrain des S&#339;urs Grises ? Et quelle &#233;cole ? une &#233;cole &#171; autonome &#187; ? une &#233;cole en location ? Ces enjeux qui surgissent dans l'espace public et qui int&#233;ressent au premier chef les parents peuvent et doivent faire l'objet de prises de position de la part des &#233;lu&#183;e&#183;s scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la compr&#233;hension de nos responsabilit&#233;s actuelles, ces prises de position publiques permettent aussi une reddition de comptes efficace et r&#233;guli&#232;re aupr&#232;s de nos concitoyen&#183;ne&#183;s, une reddition qui va immens&#233;ment plus loin que ce qu'implique le rituel du passage &#224; l'urne aux quatre ans.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Scolariser les moins nantis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Cet aspect de notre travail ne se manifeste plus de la m&#234;me fa&#231;on qu'en 1841, alors qu'on devait forcer des enseignant&#183;e&#183;s eux-m&#234;mes passablement d&#233;sargent&#233;&#183;e&#183;s &#224; accueillir dans leur classe des enfants d&#233;munis. En 2018, cependant, le travail de l'&#233;lu&#183;e scolaire continue de tourner, en grande partie, autour des questions d'&#233;quit&#233; et de redistribution des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les frais scolaires exig&#233;s des parents permettent-ils aux plus pauvres d'avoir acc&#232;s aux m&#234;mes projets particuliers et aux m&#234;mes sorties &#233;ducatives qu'en milieu plus ais&#233; ? Les repas devraient-ils &#234;tre offerts gratuitement dans toutes les &#233;coles ? Devrions-nous continuer de tol&#233;rer des services de garde &#224; plusieurs vitesses (o&#249; certaines familles paient pour avoir acc&#232;s &#224; des activit&#233;s que d'autres ne peuvent pas s'offrir) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les exemples sont l&#233;gion. Ils permettent de voir comment les commissaires peuvent choisir de reconduire des fa&#231;ons de faire ou peuvent, au contraire, les remettre en question. Choisir le deuxi&#232;me camp, c'est assur&#233;ment s'engager dans des dialogues parfois houleux avec nos concitoyen&#183;ne&#183;s, avec l'establishment ou avec le minist&#232;re de l'&#201;ducation afin de remettre en question les privil&#232;ges acquis. Et ces privil&#232;ges sont bien ancr&#233;s, comme en t&#233;moigne l'existence persistante d'un r&#233;seau public amaigri et &#233;dulcor&#233; aux c&#244;t&#233;s d'un r&#233;seau parall&#232;le : celui de l'&#233;cole priv&#233;e subventionn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_572 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/1231.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH227/1231-f1d01.png?1729018034' width='500' height='227' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/img572|center&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Critiquer les commissaires scolaires ne date pas d'hier. En 1841, on d&#233;plorait que la moiti&#233; d'entre eux soient analphab&#232;tes ! Aujourd'hui, les politicien&#183;ne&#183;s promettent leur disparition et entretiennent un portrait peu flatteur &#224; leur &#233;gard. Mais comme le dit Deschamps dans son monologue : demandons-nous bien si le bon boss sera meilleur le jour o&#249; ses chiens de garde l'auront quitt&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Les auteur.e.s sont commissaires ind&#233;pendant&#183;e&#183;s &#224; la Commission scolaire de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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