<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=1182&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Pour une gestion f&#233;ministe des fermes</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pour-une-gestion-feministe-des-fermes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Pour-une-gestion-feministe-des-fermes</guid>
		<dc:date>2023-02-17T01:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique Bouchard, Am&#233;lie Nguyen</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Nguyen, Am&#233;lie</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchard, V&#233;ronique</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;V&#233;ronique Bouchard, propri&#233;taire de la ferme Aux petits oignons et titulaire d'une ma&#238;trise en agronomie, discute avec nous des in&#233;galit&#233;s de genre en agriculture. Elle aborde la n&#233;cessit&#233; d'un changement dans les structures organisationnelles ainsi que dans les modes de gestion &#224; la ferme pour permettre aux femmes d'y prendre leur juste place et d'&#234;tre reconnues pour leur travail. Propos recueillis par Am&#233;lie Nguyen. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; b&#226;bord ! : Quels sont les principaux facteurs d'in&#233;galit&#233;s entre les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cultiver-la-resistance-agricole-" rel="directory"&gt;Dossier : Cultiver la r&#233;sistance agricole&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nguyen-Amelie-+" rel="tag"&gt;Nguyen, Am&#233;lie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bouchard-Veronique-+" rel="tag"&gt;Bouchard, V&#233;ronique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/ab-88_gestion-feministe-fermes.png?1676598279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;586&#034; height=&#034;462&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;V&#233;ronique Bouchard, propri&#233;taire de la ferme Aux petits oignons et titulaire d'une ma&#238;trise en agronomie, discute avec nous des in&#233;galit&#233;s de genre en agriculture. Elle aborde la n&#233;cessit&#233; d'un changement dans les structures organisationnelles ainsi que dans les modes de gestion &#224; la ferme pour permettre aux femmes d'y prendre leur juste place et d'&#234;tre reconnues pour leur travail. Propos recueillis par Am&#233;lie Nguyen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; : Quels sont les principaux facteurs d'in&#233;galit&#233;s entre les agricultrices et les agriculteurs dans leur travail agricole et leur travail de reproduction sociale ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique Bouchard :&lt;/strong&gt; Comme l'agriculture est plus traditionnelle, une grande part du travail des femmes est non r&#233;mun&#233;r&#233; dans les entreprises agricoles, comme le soin et l'&#233;ducation des enfants ou l'entretien m&#233;nager. En plus, beaucoup de femmes vont s'occuper b&#233;n&#233;volement de la comptabilit&#233;, des t&#226;ches administratives, de la gestion du personnel, de la mise en march&#233; ou encore du soins aux animaux. Les r&#244;les qui sont confi&#233;s aux femmes, souvent reli&#233;s au care, au &#171; prendre soin &#187;, sont moins valoris&#233;s et, dans certaines entreprises familiales, carr&#233;ment non r&#233;mun&#233;r&#233;s. C'est aussi un milieu o&#249; perdurent des st&#233;r&#233;otypes : on ne croit souvent pas que je suis la propri&#233;taire de mon entreprise, on veut parler &#224; un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il y a parfois un probl&#232;me d'in&#233;galit&#233; en ce qui concerne les parts des entreprises. &#192; l'Union des producteurs agricoles (UPA), pour les entreprises &#224; deux associ&#233;&#183;e&#183;s et plus, le montant de la cotisation est doubl&#233; par rapport aux entreprises &#224; propri&#233;taire unique. Pour les couples qui poss&#232;dent une petite entreprise, il est tentant de s'en tenir &#224; un propri&#233;taire unique &#8211; l'homme &#8211; pour &#233;conomiser sur la cotisation. Dans les familles agricoles, on esp&#232;re souvent qu'un fils va prendre la rel&#232;ve, on ne va pas penser d'embl&#233;e qu'une femme le fera. Donc, souvent, les entreprises se sont pass&#233;es de p&#232;re en fils et il sera beaucoup plus difficile pour la conjointe d'avoir des parts dans ce type d'entreprise familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'entreprise est au nom du conjoint, les revenus lui sont attribu&#233;s. Comme pourvoyeur, il va payer certaines d&#233;penses dans l'entreprise et pour la famille. Cependant, dans ce contexte, la femme, qui a travaill&#233; des ann&#233;es pour la ferme, n'aura pas cumul&#233; de RRQ ou de R&#201;&#201;R ni la moiti&#233; de l'entreprise, alors que son salaire impay&#233; aurait th&#233;oriquement pu servir &#224; faire des paiements de capital et que, si elle avait &#233;t&#233; r&#233;mun&#233;r&#233;e, elle aurait pris part &#224; l'augmentation de l'avoir des propri&#233;taires. En cas de s&#233;paration, ces femmes se retrouvent ainsi devant rien. C'est une &#233;norme injustice qui fait que des femmes restent dans des relations de couple par d&#233;pendance &#233;conomique. On entre alors dans des dynamiques de contr&#244;le. Il est tr&#232;s difficile de se s&#233;parer quand on a une entreprise ensemble. Plusieurs femmes peuvent endurer des situations malheureuses parce qu'elles seraient trop d&#233;munies autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:red;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quelles sont les priorit&#233;s pour que les droits des agricultrices soient respect&#233;s au m&#234;me titre que ceux des agriculteurs et qu'elles aient droit &#224; la m&#234;me reconnaissance ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. B. :&lt;/strong&gt; L'une des priorit&#233;s est que les agricultrices s'impliquent dans la politique et y soient encourag&#233;es. On a un syndicat, l'UPA, qui est cens&#233; repr&#233;senter tou&#183;te&#183;s les agriculteurs et les agricultrices, mais c'est encore majoritairement un boys club. Si plus de femmes &#233;taient &#233;lues, elles verraient les enjeux qui touchent les femmes. Il faudrait les appuyer de mani&#232;re cons&#233;quente, avec par exemple, des campagnes de communication pour les inciter &#224; s'impliquer (comme pour la politique municipale), des quotas de postes r&#233;serv&#233;s ou un remboursement des frais de gardiennage. Souvent les r&#233;unions ont lieu le soir et la m&#232;re va garder les enfants pendant que le p&#232;re fait de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Vous avez d&#233;marr&#233; votre ferme avec votre conjoint. Comment avez-vous tent&#233; de trouver des solutions &#224; ces in&#233;galit&#233;s de genre ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. B. :&lt;/strong&gt; Puisqu'il s'agissait d'un d&#233;marrage d'entreprise, il a &#233;t&#233; plus facile d'instaurer au d&#233;part la co-propri&#233;t&#233; &#224; parts &#233;gales. J'ai donc toujours poss&#233;d&#233; la moiti&#233; des parts de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis aujourd'hui s&#233;par&#233;e du p&#232;re de mes enfants, de mon associ&#233;. Apr&#232;s notre rupture, j'ai instaur&#233; la gestion partag&#233;e de l'entreprise et je souhaite maintenant en faire une coop&#233;rative. J'ai travaill&#233; avec une conseill&#232;re en gestion sp&#233;cialis&#233;e en d&#233;veloppement organisationnel. Elle m'a aid&#233;e &#224; comprendre pourquoi on ne s'entendait pas bien, mon ex-conjoint et moi, au sujet des orientations de la ferme, notamment en ce qui concerne le style de gestion. Apr&#232;s notre s&#233;paration, il fallait trouver une fa&#231;on de fonctionner pour sortir de l'impasse engendr&#233;e par un mode de gestion 50/50, g&#233;n&#233;rateur de conflits. J'ai donc mis &#224; contribution mon &#233;quipe et cr&#233;&#233; un comit&#233; de coordination avec les piliers de l'&#233;quipe, ce qui a notamment permis aux leaderships f&#233;minins d'&#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, en me formant en management responsable, j'ai d&#233;couvert qu'on attribue souvent le mot &#171; leadership &#187; &#224; un leadership directif et autoritaire, &#224; une sorte de bon p&#232;re de famille, qui a de l'assurance et qui ne va pas ouvertement dire qu'il doute. Les gens suivent souvent celui qui a l'air s&#251;r de lui, mais finalement, les meilleurs gestionnaires sont ceux qui savent faire preuve d'humilit&#233; et d'&#233;coute. J'ai d&#233;couvert qu'il y avait une forme de leadership qui s'appelait le &#171; leadership d&#233;vou&#233; &#187;. On observe que les femmes ont souvent ce genre de leadership, o&#249; on ne cherche pas n&#233;cessairement &#224; briller, &#224; se montrer sup&#233;rieures aux autres, mais plut&#244;t &#224; les motiver et &#224; les mobiliser, notamment en donnant l'exemple. Il y a des femmes dans mon entreprise qui sont tellement vaillantes, tellement bonnes, que quand elles demandent quelque chose &#224; leurs coll&#232;gues, il y a adh&#233;sion du groupe. Le respect se gagne aussi par l'exemple, plut&#244;t que par une approche &#171; suivez-moi, je suis le plus fort &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cr&#233;ant le comit&#233; de coordination dans une approche de cogestion, j'ai vu s'&#233;panouir le leadership d'une femme qui travaillait avec nous depuis dix ans. Je l'ai vue prendre confiance en elle, &#234;tre capable d'exprimer davantage son point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une structure hi&#233;rarchique et autoritaire, les femmes ne vont pas aussi facilement monter les &#233;chelons, parce que cela implique parfois de marcher sur la t&#234;te des autres, alors que les femmes n'aiment souvent pas cette comp&#233;tition. Le type de structure et le type de leadership qui est valoris&#233; ne leur conviennent pas, alors qu'elles ont pourtant toutes les comp&#233;tences et les aptitudes pour le faire. Il faut que la structure permette aux femmes de prendre leur place autrement plut&#244;t que de simplement prendre la place des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion partag&#233;e demande trois comp&#233;tences : confiance, transparence, humilit&#233;. C'est dommage, mais j'ai l'impression que ces comp&#233;tences sont moins valoris&#233;es chez les hommes, alors que les femmes sont plus culturellement appel&#233;es &#224; les d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a h&#233;rit&#233; de structures qui ont &#233;t&#233; mises en place par des hommes, qui conviennent aux hommes et qui font en sorte que les hommes se maintiennent dans des positions de pouvoir. Ce n'est pas pour rien que les femmes n'arrivent pas &#224; avoir des postes dans les conseils d'administration ou &#224; &#234;tre &#233;lues aux instances politiques. C'est que les r&#232;gles du jeu font en sorte qu'elles ne veulent souvent pas se battre pour gagner leur place. J'ai lu que les hommes, dans une &#233;quipe de travail, vont plus souvent s'attribuer le travail du groupe et le m&#233;rite, alors que les femmes vont davantage attribuer le succ&#232;s &#224; leur &#233;quipe, valorisant le travail de chacun&#183;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est le plus important est de remettre le &#171; prendre soin &#187; au c&#339;ur de l'&#233;conomie et de le valoriser. En pleine pand&#233;mie, on donne des millions en prime &#224; des hommes dirigeants d'entreprises, mais les infirmi&#232;res et les enseignantes, on se contente de les applaudir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:red;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : L'&#233;cof&#233;minisme tente de faire des liens entre l'oppression des femmes par les hommes et la surexploitation de la nature. Est-ce une perspective int&#233;ressante pour toi ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. B. :&lt;/strong&gt; J'aime rappeler qu'en agriculture biologique, on valorise beaucoup la diversit&#233;, les synergies, les symbioses entre les &#234;tres vivants, les insectes, la vie du sol. Sur le plan humain, il faut aussi que l'on se dote de structures qui valorisent une approche collaborative et non pas comp&#233;titive. L'approche &#233;cof&#233;ministe, c'est aussi de dire que pour r&#233;gler les probl&#232;mes issus de l'approche capitaliste et patriarcale, il faut changer cette culture-l&#224; pour &#234;tre davantage dans le &#171; prendre soin &#187;. Prendre soin des humains et prendre soin de la nature, c'est indissociable, l'un ne va pas sans l'autre. Hommes et femmes, nous avons tous &#224; gagner &#224; d&#233;velopper de telles approches !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi L&#233;roux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les nouveaux seigneurs du territoire</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-nouveaux-seigneurs-du-territoire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-nouveaux-seigneurs-du-territoire</guid>
		<dc:date>2019-11-25T14:43:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique Bouchard</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchard, V&#233;ronique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La colonisation des terres agricoles au Qu&#233;bec s'est faite majoritairement sous le r&#233;gime f&#233;odal. La terre &#233;tait conc&#233;d&#233;e &#224; un seigneur, soit une personne importante de la colonie, qui conc&#233;dait &#224; son tour des portions de terre &#224; des censitaires (qu'on appelait ici habitants) qui devaient payer des rentes ou des redevances au seigneur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Improductif &#233;conomiquement, ce syst&#232;me fut aboli progressivement et les habitants, devenus agriculteurs, ont pu se lib&#233;rer de cette relation de d&#233;pendance (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bouger-des-montagnes-Les-Laurentides-engagees-" rel="directory"&gt;Dossier : Bouger des montagnes. Les Laurentides engag&#233;es !&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bouchard-Veronique-+" rel="tag"&gt;Bouchard, V&#233;ronique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2789.jpg?1642092233' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1251&#034; height=&#034;855&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La colonisation des terres agricoles au Qu&#233;bec s'est faite majoritairement sous le r&#233;gime f&#233;odal. La terre &#233;tait conc&#233;d&#233;e &#224; un seigneur, soit une personne importante de la colonie, qui conc&#233;dait &#224; son tour des portions de terre &#224; des censitaires (qu'on appelait ici habitants) qui devaient payer des rentes ou des redevances au seigneur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Improductif &#233;conomiquement, ce syst&#232;me fut aboli progressivement et les habitants, devenus agriculteurs, ont pu se lib&#233;rer de cette relation de d&#233;pendance les liant aux seigneurs. C'est dans ce mouvement que s'est enclench&#233; la colonisation des Laurentides suivant le syst&#232;me de cantons h&#233;rit&#233; du r&#233;gime britannique. Cependant, dans cette r&#233;gion reconnue pour la beaut&#233; de ses paysages, les terres agricoles sont aujourd'hui de plus en plus convoit&#233;es et appartiennent de moins en moins aux agriculteurs et agricultrices. L'appropriation de terres agricoles par des non-agriculteurs cr&#233;e une sp&#233;culation fonci&#232;re amenant une perte d'ad&#233;quation entre la valeur mon&#233;taire et le potentiel agricole des terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la colonisation des Laurentides sous l'influence du cur&#233; Labelle, le monde agricole s'est transform&#233; avec l'arriv&#233;e du capitalisme, puis de la mondialisation. Passant d'une vocation d'abord vivri&#232;re, l'agriculture a acquis un r&#244;le d'activit&#233; &#233;conomique afin de nourrir la population qu&#233;b&#233;coise de plus en plus urbaine et industrialis&#233;e. Puis, dans les derni&#232;res d&#233;cennies, elle a perdu de son importance &#233;conomique au profit de pays poss&#233;dant une main-d'&#339;uvre corv&#233;able et peu co&#251;teuse ainsi que des normes environnementales permissives, voire inexistantes, leur conf&#233;rant un avantage comparatif pour produire &#224; moindre co&#251;t les aliments que nous produisions autrefois et que nous importons d&#233;sormais. Si le syst&#232;me de gestion de l'offre a permis de maintenir une souverainet&#233; alimentaire dans certaines productions (lait, &#339;uf, poulet, etc.), les droits de produire se sont concentr&#233;s dans les mains d'un nombre toujours plus restreint de fermes en croissance, limitant l'acc&#232;s &#224; ces productions pour la rel&#232;ve ou la diversification des autres fermes existantes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le retour des seigneurs&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les gagnants de cette nouvelle &#233;conomie mondialis&#233;e sont manifestement les nouveaux seigneurs de la zone agricole. Leur richesse leur permet d'acqu&#233;rir la terre agricole pour la beaut&#233; d'un paysage ou pour ajouter &#224; leur portefeuille de placements. Dans le contexte de globalisation et de financiarisation de l'&#233;conomie, la terre agricole appara&#238;t comme une valeur refuge. Puisqu'il s'agit d'une ressource qui est in&#233;vitablement appel&#233;e &#224; se rar&#233;fier par l'accroissement de la population, les changements climatiques et le manque d'eau, nos terres agricoles seront alors davantage convoit&#233;es. On entend d'ailleurs de plus en plus parler d'achat de terres agricoles par des investisseurs &#233;trangers ou par des soci&#233;t&#233;s d'investissement. S'il faut s'en inqui&#233;ter, on devrait &#233;galement se pr&#233;occuper de l'accaparement par des petits investisseurs fortun&#233;s qui participent d&#233;j&#224; tr&#232;s activement &#224; la pression sp&#233;culative dans certaines r&#233;gions comme les Laurentides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois, on pouvait emprunter pour acheter une terre et op&#233;rer une entreprise agricole qui g&#233;n&#233;rait suffisamment de profits pour rembourser l'hypoth&#232;que. Avec l'augmentation de la valeur des terres, certaines formes d'agriculture plus extensives (souvent plus &#233;cologiques) deviennent des mod&#232;les d'affaires qui ne permettent plus d'acheter une terre agricole. Par cons&#233;quent, aussi paradoxal que cela puisse para&#238;tre, il faut exercer un m&#233;tier non agricole (donc plus payant) pour se payer une terre. Ainsi, la rel&#232;ve est plus que jamais forc&#233;e de louer la terre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui comme hier, le statut de locataire constitue souvent une entrave au d&#233;veloppement &#233;conomique, mais &#233;galement &#224; une agriculture plus &#233;cologique. Qui irait planter des haies brise-vent ou des bandes riveraines enrichies sur une terre en location ? L'investissement dans la terre tend &#224; rester minimal dans une situation de location, ce qui nuit au d&#233;veloppement d'une agriculture dynamique et &#233;cologique sur notre territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette transformation graduelle dans le mode de tenure des terres agricoles passe totalement sous le radar de la vigilance citoyenne. Dans les milieux de droite, il n'est pas &#233;tonnant que personne ne s'offusque du fait de la concentration toujours plus grande de la terre entre les mains de riches propri&#233;taires terriens (soci&#233;t&#233;s d'investissements ou petits seigneurs locaux) et que les agriculteurs soient de plus en plus contraints &#224; un statut de locataire. L'&#233;cart entre les riches et les pauvres, tout comme les relations de pouvoir qu'il engendre, n'est pas per&#231;u comme probl&#233;matique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est cependant &#233;tonnant d'entendre des discours camp&#233;s &#224; gauche qui pr&#244;nent des id&#233;es libertariennes d'occupation du territoire. On revendique l'assouplissement de la Loi de protection du territoire et des activit&#233;s agricoles (LPTAA) pour permettre l'agriculture &#224; temps partiel, l'agriculture dite &#171; autosuffisante &#187;, la division de la terre en petites parcelles, etc. Bref, on revendique plus de libert&#233;s individuelles au d&#233;triment de l'int&#233;r&#234;t collectif, sans vision pour l'avenir de notre territoire agricole. Ce discours n&#233;glige le fait que les assouplissements qu'il revendique ne serviront pas qu'&#224; de valeureux projets &#233;cologiques, mais permettront aussi &#224; davantage de petits seigneurs de poss&#233;der la terre agricole. Il est important de rester vigilants et de d&#233;construire ces discours v&#233;hicul&#233;s dans certains milieux dits de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La loi prot&#232;ge&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'il est vrai que la LPTAA complique l'acc&#232;s &#224; la terre et la construction pour certains projets qui apparaissent b&#233;n&#233;fiques &#224; la collectivit&#233;, il faut reconna&#238;tre que cette m&#234;me loi emp&#234;che aussi plusieurs autres projets qui auraient un effet d&#233;structurant sur le territoire agricole. Il appara&#238;t donc dangereux de jeter le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain et de prendre des raccourcis menant &#224; une perte de souverainet&#233; de l'agriculture en zone agricole. Combien de pays ont d&#251; faire des r&#233;volutions sanglantes pour mener des r&#233;formes agraires visant &#224; retirer la terre agricole aux grands seigneurs et grosses soci&#233;t&#233;s pour la redonner &#224; ses agriculteurs et agricultrices ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, la Loi de protection du territoire agricole adopt&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1970 a certes besoin d'une r&#233;vision pour s'adapter aux nouvelles r&#233;alit&#233;s (sp&#233;culation, accaparement, mondialisation, etc.). Cependant, au lieu de pr&#244;ner des assouplissements &#224; la loi, la gauche qu&#233;b&#233;coise devrait plut&#244;t favoriser un renforcement de celle-ci pour limiter les d&#233;rives qui d&#233;poss&#232;dent les agriculteurs des terres agricoles. Parmi les modifications possibles, on pourrait imposer une valeur maximale pour une r&#233;sidence sur une terre agricole (pour que l'achat d'une ferme puisse &#234;tre rentabilis&#233; avec des activit&#233;s agricoles), interdire l'achat de terres agricoles par des fonds d'investissement, limiter la possession de terres agricoles &#224; une superficie maximale par propri&#233;taire (incluant certains agriculteurs qui participent &#224; l'accaparement des terres), surveiller les transactions en zone agricole, cr&#233;er des fiducies ou d'autres m&#233;canismes visant &#224; extraire la terre agricole de la sp&#233;culation fonci&#232;re, notamment pour permettre des projets agricoles &#224; vocation sociale, rendre la culture obligatoire sur les terres agricoles, donner &#224; la Commission de protection du territoire agricole un v&#233;ritable pouvoir de sanction, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nos lois et nos syst&#232;mes de subvention &#224; l'agriculture favorisent un type d'agriculture que nous jugeons n&#233;faste pour notre environnement, il faut adapter ces outils collectifs, mais il faut aussi &#234;tre pr&#234;ts collectivement &#224; assumer les co&#251;ts li&#233;s aux modes de production que nous souhaitons. Il faut faire attention de ne pas exiger des agriculteurs et agricultrices d'ici des pratiques plus &#233;cologiques ou &#233;thiques, tout en achetant sans se questionner des produits import&#233;s &#224; bas prix et issus de pratiques encore plus dommageables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terre agricole devrait &#234;tre per&#231;ue comme une richesse collective au m&#234;me titre que l'eau, l'air ou la for&#234;t. Par cons&#233;quent, on devrait s'inqui&#233;ter des changements de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re qui s'op&#232;rent graduellement, conf&#233;rant toujours plus de pouvoirs aux individus mieux nantis et aux grandes corporations au d&#233;triment de ceux qui cultivent la terre pour nous nourrir.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'autrice est B. Sc. agronomie et M. Sc. Environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
