<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=1180&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Un an avec ses d&#233;chets</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-an-avec-ses-dechets</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-an-avec-ses-dechets</guid>
		<dc:date>2019-11-25T14:36:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Castonguay</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>Castonguay, Sophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il reste encore beaucoup de chemin &#224; parcourir pour faire valoir l'importance de l'art comme moteur de transformation sociale. Trop souvent, l'art est per&#231;u comme une activit&#233; marginale qui regroupe un ensemble de disciplines dont l'offre culturelle se d&#233;ploie tel un menu que l'on consulte au restaurant. &lt;br class='autobr' /&gt; Cette mani&#232;re de fr&#233;quenter l'art s'ins&#232;re parfaitement dans une conception de la culture non pas collective mais bien individuelle, o&#249; chacun peut parfaire sa culture g&#233;n&#233;rale par une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bouger-des-montagnes-Les-Laurentides-engagees-" rel="directory"&gt;Dossier : Bouger des montagnes. Les Laurentides engag&#233;es !&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Castonguay-Sophie-+" rel="tag"&gt;Castonguay, Sophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2788.jpg?1642092233' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1251&#034; height=&#034;870&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il reste encore beaucoup de chemin &#224; parcourir pour faire valoir l'importance de l'art comme moteur de transformation sociale. Trop souvent, l'art est per&#231;u comme une activit&#233; marginale qui regroupe un ensemble de disciplines dont l'offre culturelle se d&#233;ploie tel un menu que l'on consulte au restaurant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Cette mani&#232;re de fr&#233;quenter l'art s'ins&#232;re parfaitement dans une conception de la culture non pas collective mais bien individuelle, o&#249; chacun peut parfaire sa culture g&#233;n&#233;rale par une construction personnelle &#224; partir de ses connaissances. C'est dans la splendeur de la professionnalisation de soi &#8211; le comble de la division du travail &#8211; que le r&#244;le de l'artiste a &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; celui d'un &#233;nergum&#232;ne excentrique, lequel est autoris&#233; &#224; d&#233;ployer sa subjectivit&#233; dans l'espace public, &#224; condition de se conformer aux politiques culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Force est de constater qu'il y a un &#233;cart entre l'engagement de l'artiste dans un processus de cr&#233;ation et la perception du r&#244;le de l'artiste par le grand public. Ici, le choix des mots &#171; public &#187; et &#171; grand public &#187; d&#233;voile une mani&#232;re d'appr&#233;hender le r&#233;el et l'art en leur donnant une tournure n&#233;olib&#233;rale d&#233;contract&#233;e. Il en va de m&#234;me lorsque l'on privil&#233;gie les mots &#171; consommateur &#187; et &#171; client &#187; au d&#233;triment de &#171; citoyen &#187; et &#171; peuple &#187;. L'&#233;cart dont il est question ici est d'ailleurs intimement li&#233; &#224; la culture du march&#233;, le march&#233; &#233;tant ce lieu o&#249; s'&#233;value et se fixe le prix moyen du d&#233;sir. La financiarisation du monde qui se d&#233;veloppe sous le couvert des d&#233;mocraties marchandes n'a de cesse de nous faire croire que nous consentons &#224; une vision du monde pla&#231;ant aux premi&#232;res loges les notions de croissance et de rentabilit&#233;. Mais le hic, c'est que le march&#233;, qui fixe le prix moyen du d&#233;sir, a le d&#233;faut de rarement solliciter un d&#233;sir profond chez le &#171; consommateur &#187;. Comme le dit le sociologue Alain Badiou, &#171; &lt;em&gt;il faudra se d&#233;sencombrer de beaucoup d'images &lt;/em&gt; &#187; pour acc&#233;der &#224; un d&#233;sir qui ne serait pas du semblant. Il faudra apprendre &#224; &#171; &lt;em&gt;d&#233;simager&lt;/em&gt; &#187;, nous dit-il, et c'est l&#224; qu'entre en sc&#232;ne le r&#244;le fondateur de l'artiste qui consiste &#224; cr&#233;er des &#339;uvres qui ne comblent aucun de nos d&#233;sirs asservis et qui ainsi brusquent l'id&#233;ologie dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si on se penche un tant soit peu sur la question, de toute &#233;vidence l'art ne s'est jamais r&#233;duit &#224; cr&#233;er de beaux objets et de belles images pour agr&#233;menter la vie, de m&#234;me qu'il ne sert pas d'embl&#233;e &#224; divertir ou &#224; toucher. M&#234;me le non-sp&#233;cialiste a l'intuition qu'il y a dans l'art quelque chose de plus qu'un simple jugement de go&#251;t. L'&#339;uvre est avant tout la trace d'un processus dialogique. Comme le mentionne Nicolas Bourriaud dans &lt;em&gt;Formes de vie &lt;/em&gt;(&#201;ditions Deno&#235;l, 2003) : &#171; &lt;em&gt;l'art moderne se donne pour but de constituer un espace &#224; l'int&#233;rieur duquel l'individu [peut] enfin d&#233;ployer la totalit&#233; de son exp&#233;rience et inverser le processus d&#233;clench&#233; par la production industrielle&lt;/em&gt; [&#8230;]. &lt;em&gt;L'art moderne, c'est sa vertu premi&#232;re, refuse de consid&#233;rer comme s&#233;par&#233;s le produit fini et l'existence &#224; mener. &lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En ce sens, s'engager dans la cr&#233;ation artistique est avant tout un processus qui d&#233;fie &#171; l'emploi du temps &#187; n&#233;olib&#233;ral. &#192; l'heure o&#249; l'augmentation du nombre d'&#233;pisodes d'action ou d'exp&#233;rience par unit&#233; de temps provoque un sentiment d'urgence et une intensification du rythme de vie, le comportement artistique vise principalement &#224; enclencher un processus de d&#233;c&#233;l&#233;ration radicale. Ce besoin de d&#233;c&#233;l&#233;rer est partag&#233; par bon nombre de ceux qui se sentent impuissants face au d&#233;sastre annonc&#233; de l'extinction de masse en cours. Dans ce contexte, l'art se r&#233;v&#232;le &#234;tre une tentative modeste et courageuse de transformer notre relation au monde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Performer un an avec nos &lt;em&gt;D&#233;chets&lt;/em&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Dans le cadre du projet artistique &lt;em&gt;D&#233;chets&lt;/em&gt;, ma famille et moi avons d&#233;cid&#233; de garder nos d&#233;chets pendant un an. Cette performance artistique de longue dur&#233;e s'est d&#233;roul&#233;e dans la municipalit&#233; de Val-Morin et a re&#231;u l'appui de la MRC des Laurentides, des municipalit&#233;s de Val-Morin et Val-David ainsi que de l'organisme culturel pour l'art et l'environnement Les fl&#226;neurs erratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour r&#233;aliser cette performance, nous avons compost&#233; nos d&#233;chets organiques, gard&#233; au sein de notre demeure l'ensemble de notre recyclage et accumul&#233; tous les rebuts. Nous avons soigneusement lav&#233; et entrepos&#233; nos mati&#232;res r&#233;siduelles dans les recoins de notre maison afin d'&#233;prouver la mat&#233;rialit&#233; de notre propre consommation. Beaucoup de temps a &#233;t&#233; consacr&#233; &#224; trier et &#224; observer les d&#233;chets. Nous les avons agenc&#233;s selon leurs couleurs et leurs formes. Nous les avons dessin&#233;s, film&#233;s et photographi&#233;s. Nos enfants se sont appropri&#233; cette nouvelle ressource qu'ils ont int&#233;gr&#233;e &#224; leurs jeux. Cela a donn&#233; lieu &#224; la construction de grandes tours, de trains interminables et de sculptures inusit&#233;es. Tout ce plastique encombrant s'est retrouv&#233;, apr&#232;s sept mois de r&#233;tention, sur un grand mur, &#224; l'int&#233;rieur de sacs Ziploc de grands formats. Plusieurs vid&#233;os d'art ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s dans lesquels nous donnons &#224; voir cette relation que nous d&#233;veloppons avec nos d&#233;chets. On les retrouve sur &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href=&#034;http://www.dechet.ca&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.dechet.ca&lt;/a&gt;, une plate-forme web cr&#233;&#233;e afin de partager notre processus de cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voici le protocole que nous avons r&#233;dig&#233; au tout d&#233;but : &#171; &lt;em&gt;Par la pr&#233;sente, nous nous engageons &#224; garder au sein de notre demeure nos d&#233;chets pendant un an et &#224; les transformer en &#339;uvres d'art. Nous faisons le serment de ne rien jeter. Nous pensons qu'&#233;prouver la mat&#233;rialit&#233; de notre consommation nous fera du bien. Il ne s'agit pas tant pour nous de faire un examen de conscience que d'&#234;tre avec ce trop-plein qui de fa&#231;on efficace, mais douteuse est habituellement g&#233;r&#233; par d'autres que nous. D&#233;j&#224;, apr&#232;s un mois, nous posons notre regard diff&#233;remment sur la montagne de plastique qui tr&#244;ne d&#233;sormais au c&#339;ur de notre maison et nous organisons notre temps autour de la gestion de cette montagne avec laquelle nous avons une nouvelle relation. &lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s quelques mois de r&#233;tention, de gestion et d'observation, nous avons eu la chance gr&#226;ce &#224; Turbine, un centre de cr&#233;ation artistique et p&#233;dagogique, d'accueillir des artistes en r&#233;sidence. Georges Audet et Marie-Claude Gendron sont venus nous pr&#234;ter main-forte afin de cr&#233;er des &#339;uvres d'art &#224; partir de nos mati&#232;res r&#233;siduelles. Au moment de leur arriv&#233;e, dans la maison voisine &#224; la n&#244;tre que nous avions temporairement transform&#233;e en atelier, les artistes &#233;taient emball&#233;s &#224; l'id&#233;e d'amorcer une nouvelle &#233;tape du travail avec nous. Assez rapidement, ils ont souhait&#233; que l'ensemble des d&#233;chets soit transport&#233; &#224; la r&#233;sidence. C'est &#224; ce moment que notre petite cellule familiale, constitu&#233;e de mon conjoint, de mes deux enfants de 10 et 12 ans et de moi-m&#234;me, a constat&#233; avoir d&#233;velopp&#233; un attachement aux d&#233;chets que nous avions amass&#233;s depuis plusieurs mois. Alors que nous d&#233;crochions les sacs Ziploc du mur, Marie-Claude Gendron m'a demand&#233; si ce d&#233;crochage &#233;tait lib&#233;rateur et j'ai alors r&#233;alis&#233; que je ressentais plut&#244;t une forme de d&#233;possession. Tout allait trop vite. Nous avons alors n&#233;goci&#233; une tr&#234;ve de 24 heures afin de r&#233;aliser un rituel lors duquel nous allions d&#233;verser l'ensemble du contenu des 250 sacs dans notre salon. Cela a donn&#233; lieu &#224; la vid&#233;o d'art Vider disponible sur la plate-forme web dans laquelle on peut aussi voir mon fils de 10 ans plonger dans la montagne de plastique. &#192; vrai dire, avant de s'&#233;lancer, il venait tout juste de me dire : &#171; &lt;em&gt;Maman, je veux qu'on les garde, nos d&#233;chets. &lt;/em&gt; &#187; C'est &#224; ce moment que j'ai r&#233;alis&#233; que nous avions tous d&#233;velopp&#233; une relation de proximit&#233; avec ces contenants et ces emballages m&#234;me si nous savions qu'ils repr&#233;sentaient l'apog&#233;e de la surench&#232;re n&#233;cessaire au maintien de notre mode de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au-del&#224; de ce que le projet donne &#224; voir, l'&#233;preuve v&#233;cue &#224; l'int&#233;rieur de notre demeure a eu une incidence sur la perception que nous avons des objets qui nous entourent. Il nous appara&#238;t d&#233;sormais plus &#233;vident que le cycle de vie des objets affecte la mani&#232;re dont nous entrons en relation les uns avec les autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Sophie Castonguay&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
