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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Effets de la pand&#233;mie sur le projet de loi 39 </title>
		<link>https://www.ababord.org/Effets-de-la-pandemie-sur-le-projet-de-loi-39</link>
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		<dc:date>2021-01-06T18:04:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Merc&#233;dez Roberge</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Roberge, Merc&#233;dez</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si la disparition du coronavirus est le v&#339;u, collectif et individuel, de 2021, il faut aussi se souhaiter une reprise intelligente des travaux qu'il a interrompus. Au niveau politique, des projets politiques con&#231;us avant la pand&#233;mie para&#238;tront d&#233;phas&#233;s si le nouveau contexte n'est pas pris en compte et si notre m&#233;moire fait d&#233;faut. Cette adaptation sera cruciale pour combiner r&#233;alisme et acceptabilit&#233; sociale. &lt;br class='autobr' /&gt; Le projet de Loi &#233;tablissant un nouveau mode de scrutin (PL39) est de ceux qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-86-Decembre-2020-" rel="directory"&gt;No 086 - d&#233;cembre 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Manchette-+" rel="tag"&gt;Manchette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Roberge-Mercedez-+" rel="tag"&gt;Roberge, Merc&#233;dez&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3031.jpg?1642092253' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;5409&#034; height=&#034;3600&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si la disparition du coronavirus est le v&#339;u, collectif et individuel, de 2021, il faut aussi se souhaiter une reprise intelligente des travaux qu'il a interrompus. Au niveau politique, des projets politiques con&#231;us avant la pand&#233;mie para&#238;tront d&#233;phas&#233;s si le nouveau contexte n'est pas pris en compte et si notre m&#233;moire fait d&#233;faut. Cette adaptation sera cruciale pour combiner r&#233;alisme et acceptabilit&#233; sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Le &lt;a href=&#034;http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/ci/mandats/Mandat-42361/index.html&#034;&gt;projet de Loi &#233;tablissant un nouveau mode de scrutin&lt;/a&gt; (PL39) est de ceux qui n&#233;cessitent cette mise &#224; niveau, mais pour ce faire, il faut commencer par &lt;a href=&#034;https://www.mercedezroberge.ca/le-projet-de-loi-39-doit-etre-scinde-car-le-referendum-nest-pas-appuye/&#034;&gt;se souvenir de l'analyse&lt;/a&gt; qui en a &#233;t&#233; faite lors de la consultation, tenue il y a un an. C'est ce qui est attendu de la ministre Sonia LeBel, responsable de la r&#233;forme &#233;lectorale, et des membres de la &lt;a href=&#034;http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/ci/mandats/Mandat-42361/index.html&#034;&gt;Commission des institutions&lt;/a&gt; qui se replongeront bient&#244;t dans ses 225 articles. Leur travail sera long, mais les parlementaires disposent de l'appui n&#233;cessaire pour, d'une part, am&#233;liorer les m&#233;canismes du syst&#232;me &#233;lectoral propos&#233;, et d'autre part, rejeter le projet de tenir un r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En effet, pr&#232;s de 70% des m&#233;moires ont r&#233;clam&#233; des m&#233;canismes vraiment proportionnels pour distribuer les si&#232;ges en fonction des votes obtenus dans chaque r&#233;gion et pour chaque parti (le statu quo n'a &#233;t&#233; propos&#233; que dans 7% des m&#233;moires). Aussi, 90% des m&#233;moires ont sollicit&#233; des r&#232;gles solides pour diversifier la repr&#233;sentation de l'Assembl&#233;e nationale, celle des femmes et des personnes racis&#233;es ou n&#233;es &#224; l'&#233;tranger en particulier, plut&#244;t que de d&#233;pendre de la bonne volont&#233; des partis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tenir compte de la pand&#233;mie c'est ici reconna&#238;tre qu'elle a fait voir les avantages de la collaboration entre partis et la n&#233;cessit&#233; de b&#233;n&#233;ficier d'expertises vari&#233;es. L'on devrait donc cesser d'avoir peur d'un gouvernement de coalition et voir ce qu'on gagne lorsque le pouvoir est partag&#233;. Illustration parfaite d'une situation o&#249; tous les territoires sont reli&#233;s, la pand&#233;mie nous a aussi montr&#233; l'int&#233;r&#234;t de combiner la repr&#233;sentation des circonscriptions &#224; celle de consid&#233;rations globales. Le Premier ministre Legault a d'ailleurs r&#233;affirm&#233; la pertinence de changer le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le travail serait sur la bonne voie s'il ne restait qu'&#224; rappeler ces consensus. Mais le gouvernement a mis du sable dans l'engrenage en rajoutant &lt;a href=&#034;https://www.mercedezroberge.ca/wp-content/uploads/2019/12/2019_12_05Proposition-am-PL-39-vf.pdf&#034;&gt;165 articles&lt;/a&gt; visant &#224; repousser son application suite &#224; la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum. Le moment de celui-ci, simultan&#233;ment aux &#233;lections d'octobre 2022, a suscit&#233; beaucoup d'opposition, mais ce n'est pas le seul probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Rappelons d'abord que le r&#233;f&#233;rendum propos&#233; par le gouvernement a &#233;t&#233; rejet&#233; par 85% des m&#233;moires transmis &#224; la Commission des institutions, que ce soit d'y recourir, le moment choisi ou ses r&#232;gles sp&#233;cifiques. En effet, celui-ci ne se d&#233;roulerait pas selon la &lt;a href=&#034;https://www.mercedezroberge.ca/amendements-gouvernementaux-au-projet-de-loi-sur-le-mode-de-scrutin-une-methode-bien-cavaliere-pour-changer-les-regles-referendaires/&#034;&gt;Loi sur la consultation populaire&lt;/a&gt;, mais selon des r&#232;gles invent&#233;es pour l'occasion et qui favoriseraient le statu quo, notamment en r&#233;duisant l'information n&#233;cessaire &#224; un choix &#233;clair&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, le gouvernement tente d'adopter les r&#232;gles d'un r&#233;f&#233;rendum sans projet de loi d&#233;di&#233; ni consultation sp&#233;cifique. Ce proc&#233;d&#233; &#233;tait douteux avant la pand&#233;mie, mais il devient irresponsable depuis qu'une ann&#233;e de travail a &#233;t&#233; perdue et que le contexte a chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En proposant un r&#233;f&#233;rendum, le gouvernement compromet l'adoption du nouveau syst&#232;me &#233;lectoral. En plus des questions de principe, chaque &#233;l&#233;ment, du d&#233;roulement au financement, peut faire d&#233;railler les travaux, en plus de les allonger consid&#233;rablement. En effet, le gouvernement ayant annonc&#233; que les votes de Qu&#233;bec solidaire et du Parti qu&#233;b&#233;cois, ses cosignataires d'une &lt;a href=&#034;https://drive.google.com/file/d/1mOM2Xpw5aaqBKCe6SuqEwxJMqfaZbVg5/view&#034;&gt;entente en 2018&lt;/a&gt;, seraient essentiels &#224; l'adoption du PL39, l'ajout du r&#233;f&#233;rendum r&#233;duit la possibilit&#233; de consensus, d'autant plus que l'entente ne pr&#233;voyait pas de r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il a fallu 12 ans pour aboutir &#224; la &lt;em&gt;Loi sur la consultation populaire&lt;/em&gt;. De plus, elle, tout autant que les r&#232;gles r&#233;f&#233;rendaires du PL39, abordent seulement l'op&#233;rationnalisation d'un r&#233;f&#233;rendum. Elles ne r&#233;pondent pas aux questions fondamentales sur son usage. Quels sont les sujets pouvant &#234;tre trait&#233;s par r&#233;f&#233;rendum ? Quelles r&#232;gles devraient s'appliquer et quelles conditions devraient &#234;tre en place, ind&#233;pendamment d'une question en particulier ? Quel recours avons-nous avant le d&#233;clenchement d'une p&#233;riode r&#233;f&#233;rendaire ? Comment prot&#233;ger les droits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je vous entends, &#224; raison, dire que ce n'est pas le moment d'ouvrir ce vaste chantier. La pand&#233;mie et ses suites pr&#233;occuperont la population et les membres de l'Assembl&#233;e nationale pour encore longtemps. Mais alors, ce n'est pas davantage le temps d'adopter des r&#232;gles r&#233;f&#233;rendaires, ni de tenir un r&#233;f&#233;rendum sur le syst&#232;me &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ni la conjoncture, ni les &lt;a href=&#034;https://www.mercedezroberge.ca/le-projet-de-loi-39-doit-etre-scinde-car-le-referendum-nest-pas-appuye/&#034;&gt;20 mois&lt;/a&gt; nous s&#233;parant de la campagne &#233;lectorale de 2022 ne permettent plus d'y tenir un r&#233;f&#233;rendum, d'autant plus que sa planification n&#233;cessite une adoption du PL39 avant le 1er f&#233;vrier 2021, selon le Directeur g&#233;n&#233;ral des &#233;lections. Le Premier ministre aurait avantage &#224; annoncer rapidement qu'il s'adapte en retirant le r&#233;f&#233;rendum de son projet de loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une telle d&#233;cision d&#233;montrerait du respect envers la population et les processus d&#233;mocratiques, incluant face &#224; ses propres engagements. La Commission des institutions pourrait alors se concentrer sur l'am&#233;lioration du mode de scrutin, ce qui permettrait son usage &#224; l'&#233;lection g&#233;n&#233;rale suivant celle de 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le gouvernement peut actuellement choisir de se pr&#233;senter aux prochaines &#233;lections en pla&#231;ant le remplacement du mode de scrutin dans la colonne des r&#233;alisations. Sinon, il s'additionnera aux travaux inachev&#233;s, et ce ne sera pas la faute de la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Merc&#233;dez Roberge est autrice de &lt;i&gt;Des &#233;lections &#224; r&#233;inventer - un pouvoir &#224; partager&lt;/i&gt; (&#201;ditions Somme Toute, 2019) et a notamment &#233;t&#233; pr&#233;sidente, de 2003 &#224; 2010, du Mouvement d&#233;mocratie nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;dit photo : Jules Tomi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le projet de loi 39 r&#233;formant le mode de scrutin doit avoir toutes les chances d'&#234;tre am&#233;lior&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-projet-de-loi-39-reformant-le-mode-de-scrutin-doit-avoir-toutes-les-chances-d-etre-ameliore</link>
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		<dc:date>2020-07-13T14:40:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Cliche, Merc&#233;dez Roberge</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Cliche, Paul </dc:subject>
		<dc:subject>Roberge, Merc&#233;dez</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsque l'Assembl&#233;e nationale reprendra ses travaux le 15 septembre prochain, le gouvernement Legault entreprendra la seconde moiti&#233; de son mandat. Nous souhaitons vivement que le menu l&#233;gislatif que le premier ministre annoncera alors inclut le projet de loi 39 visant &#224; remplacer le mode de scrutin majoritaire actuel par un syst&#232;me mixte &#224; finalit&#233; proportionnelle. Nous l'incitons &#233;galement &#224; renoncer &#224; tenir un r&#233;f&#233;rendum sur ce sujet qui aurait lieu en m&#234;me temps que les &#233;lections de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-84-ete-2020-" rel="directory"&gt;No 084 - &#233;t&#233; 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cliche-Paul-+" rel="tag"&gt;Cliche, Paul &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Roberge-Mercedez-+" rel="tag"&gt;Roberge, Merc&#233;dez&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2949.png?1642092247' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;735&#034; height=&#034;428&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque l'Assembl&#233;e nationale reprendra ses travaux le 15 septembre prochain, le gouvernement Legault entreprendra la seconde moiti&#233; de son mandat. Nous souhaitons vivement que le menu l&#233;gislatif que le premier ministre annoncera alors inclut le projet de loi 39 visant &#224; remplacer le mode de scrutin majoritaire actuel par un syst&#232;me mixte &#224; finalit&#233; proportionnelle. Nous l'incitons &#233;galement &#224; renoncer &#224; tenir un r&#233;f&#233;rendum sur ce sujet qui aurait lieu en m&#234;me temps que les &#233;lections de 2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Non seulement s'agit-il d'un projet de loi qui donne suite &#224; une promesse phare de la Coalition Avenir Qu&#233;bec, lors de la campagne &#233;lectorale de 2018, mais la r&#233;alisation de cette r&#233;forme permettrait de tourner enfin la page sur les &#233;checs subis par le gouvernement du Parti qu&#233;b&#233;cois en 1984 et celui du Parti lib&#233;ral en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La Commission des institutions a entrepris l'&#233;tude du projet de loi 39 en janvier et f&#233;vrier derniers. Elle a alors re&#231;u une cinquantaine d'avis par des auditions et des m&#233;moires pr&#233;sent&#233;s par des organismes importants de la soci&#233;t&#233; civile et des citoyens familiers avec la question. Un message tr&#232;s clair a alors &#233;t&#233; livr&#233; : de s&#233;rieuses modifications sont n&#233;cessaires pour que le mod&#232;le mixte propos&#233; soit vraiment proportionnel et pour y inclure des mesures efficaces afin de diversifier la classe politique. Quant &#224; son mode d'adoption, la proposition gouvernementale de le soumettre au r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; refus&#233;e quasi unanimement, surtout si celui-ci se tenait en m&#234;me temps que les prochaines &#233;lections. Rappelons que c'est pour repousser l'application du nouveau syst&#232;me aux &#233;lections de 2026 que le gouvernement a propos&#233; de tenir un r&#233;f&#233;rendum en 2022, et ce, afin de rassurer les membres de son caucus qui craignaient pour leur r&#233;&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais la pand&#233;mie n'a pas permis d'entreprendre l'&#233;tude d&#233;taill&#233;e du projet de loi qui compte 400 articles. Cette derni&#232;re n&#233;cessitera certes une &#233;nergie consid&#233;rable, du moins, si le gouvernement est ouvert aux suggestions re&#231;ues et s'il accorde &#224; la commission parlementaire le temps n&#233;cessaire. Or, on pr&#233;voit que le rythme de l'Assembl&#233;e nationale sera chamboul&#233; pendant encore longtemps, pour traiter tous les dossiers li&#233;s &#224; la pand&#233;mie, mais aussi en raison des cons&#233;quences de la distanciation physique sur les travaux parlementaires. Le premier ministre n'&#233;tant pas connu pour sa patience envers ce type de travaux, le risque est grand d'assister &#224; une finale pr&#233;cipit&#233;e, ou pire, au recours &#224; un 5e b&#226;illon depuis son &#233;lection. Cela ne manquerait pas d'&#234;tre vu comme un proc&#233;d&#233; partisan, puisque la CAQ est avantag&#233;e par le projet de loi sous sa forme actuelle, surtout que cet empressement ne viserait qu'&#224; respecter un calendrier r&#233;f&#233;rendaire rejet&#233; lors de la consultation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, en plus de ne pas &#234;tre n&#233;cessaire, un r&#233;f&#233;rendum mettrait une pression indue sur le calendrier d'adoption du projet de loi 39. En effet, une dur&#233;e de 18 mois &#233;tant n&#233;cessaire pour organiser la tenue ce dernier, le calendrier ne tiendrait plus si l'adoption du projet de loi survenait apr&#232;s mars 2021. Or, cet objectif ne pourrait &#234;tre atteint que si le gouvernement refusait de corriger les lacunes de son projet de loi ou, ce qui serait tout aussi ind&#233;cent, en raccourcissant le calendrier r&#233;f&#233;rendaire sens&#233; permettre un exercice d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous voyons mal le gouvernement, dans le contexte socio-&#233;conomique et sanitaire qui r&#233;sultera de la pand&#233;mie, dire &#224; la population que plusieurs mois d'&#233;nergie et de fonds publics serviront &#224; ent&#233;riner un projet de loi d&#233;j&#224; adopt&#233;. La simultan&#233;it&#233; de deux campagnes- &#233;lectorale et r&#233;f&#233;rendaire- favoriserait d&#233;j&#224; le statu quo quant au mode de scrutin. La nouvelle conjoncture accentuerait encore davantage ce ph&#233;nom&#232;ne puisque l'attention des partis politiques, de la population et des m&#233;dias seront vraiment ailleurs. Il est ainsi facile de pr&#233;voir que la campagne &#233;lectorale de 2022 servira en bonne partie &#224; juger des actions du gouvernement durant la pand&#233;mie et qu'y tenir un r&#233;f&#233;rendum au m&#234;me moment constitue une man&#339;uvre pour que le &#8216;non' l'emporte. Pour choisir en toute connaissance de cause, le seul type de r&#233;f&#233;rendum envisageable en serait un de confirmation, apr&#232;s quelques &#233;lections avec le nouveau mode de scrutin, comme l'a fait la Nouvelle-Z&#233;lande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous encourageons donc le gouvernement &#224; prendre la seule d&#233;cision qui s'impose, et annoncer qu'il renonce &#224; tenir un r&#233;f&#233;rendum, &#224; la fois par respect pour la situation socio-&#233;conomique et sanitaire qui pr&#233;vaudra d'ici 2022, que pour montrer qu'il sait &#233;couter lorsqu'il tient une consultation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le gouvernement ne devant cependant pas repousser ind&#251;ment la suite des travaux de la Commission des institutions, nous l'encourageons &#224; annoncer du m&#234;me souffle que l'&#233;tude d&#233;taill&#233;e du projet de loi d&#233;butera suffisamment t&#244;t pour qu'il soit adopt&#233; avant la fin des travaux de juin 2022. Le premier ministre ayant lui-m&#234;me reconnu que la &lt;a href=&#034;https://www.lesoleil.com/actualite/francois-legault-orchestrer-le-chaos-3e3c8a94256bb01583c681b5bfba1635&#034;&gt;collaboration entre les partis&lt;/a&gt;, dont il a pu b&#233;n&#233;ficier ces derniers mois, serait facilit&#233;e par un nouveau mode de scrutin, annoncer un calendrier r&#233;aliste permettrait au projet de loi de b&#233;n&#233;ficier de toute l'attention qu'il m&#233;rite, sans que cela soit per&#231;u comme une baisse de motivation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous militons tous les deux depuis fort longtemps et nous regrettons qu'un nouveau syst&#232;me &#233;lectoral n'ait pas encore &#233;t&#233; adopt&#233;. Nous souhaitions &#233;videmment que cela soit une r&#233;alit&#233; pour les &#233;lections de 2022, tel que le pr&#233;voyait l'entente transpartisane, sign&#233;e notamment par la CAQ en 2018. Mais devant cette impossibilit&#233;, nous choisissons de donner au projet de loi 39 toutes les chances d'&#234;tre am&#233;lior&#233;. Nous comptons sur le premier ministre pour mener &#224; bien cette t&#226;che durant ce pr&#233;sent mandat, pour une mise en application de la r&#233;forme en 2026. Cela n&#233;cessite un calendrier de travail permettant d'atteindre cet objectif, et non un rendez-vous artificiel avec un r&#233;f&#233;rendum non n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Merc&#233;dez Roberge est l'autrice du livre &lt;i&gt;Des &#233;lections &#224; inventer-un pouvoir &#224; partager&lt;/i&gt; (2019), pr&#233;sidente du Mouvement d&#233;mocratie nouvelle (2003-2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Cliche est l'auteur du livre &lt;i&gt;Pour r&#233;duire le d&#233;ficit d&#233;mocratique : le scrutin proportionnel&lt;/i&gt; (1999), membre fondateur du Mouvement d&#233;mocratie nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Sergio Rosemont&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;forme du mode de scrutin. Recette pour le statu quo</title>
		<link>https://www.ababord.org/Reforme-du-mode-de-scrutin-Recette-pour-le-statu-quo</link>
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		<dc:date>2020-03-17T18:18:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Merc&#233;dez Roberge</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Roberge, Merc&#233;dez</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 25 septembre dernier, le gouvernement du Qu&#233;bec a d&#233;pos&#233; le projet de loi 39 pour un nouveau mode de scrutin, respectant ainsi partiellement son engagement &#233;lectoral. Partiellement, parce qu'il ne livre pas ce &#224; quoi le premier ministre Legault s'&#233;tait engag&#233;, tant pour le processus que pour le contenu. O&#249; en sommes-nous cinq mois plus tard ? &lt;br class='autobr' /&gt; Du 22 janvier au 6 f&#233;vrier, la Commission des institutions a tenu cinq jours d'audiences aupr&#232;s d'une vingtaine d'organisations et d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-83-mars-2020-" rel="directory"&gt;No 083 - mars 2020&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2847.png?1642092237' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;782&#034; height=&#034;721&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 25 septembre dernier, le gouvernement du Qu&#233;bec a d&#233;pos&#233; le projet de loi 39 pour un nouveau mode de scrutin, respectant ainsi partiellement son engagement &#233;lectoral. Partiellement, parce qu'il ne livre pas ce &#224; quoi le premier ministre Legault s'&#233;tait engag&#233;, tant pour le processus que pour le contenu. O&#249; en sommes-nous cinq mois plus tard ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Du 22 janvier au 6 f&#233;vrier, la Commission des institutions a tenu cinq jours d'audiences aupr&#232;s d'une vingtaine d'organisations et d'une douzaine de personnes. J'y &#233;tais pr&#233;sente pour y pr&#233;senter les analyses issues de mon parcours militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est trop t&#244;t pour savoir si le r&#233;sultat sera &#224; la hauteur, mais le processus en cours l'influencera assur&#233;ment. Alors que diff&#233;rentes &#233;tapes pourraient se conclure avec les travaux parlementaires de juin, nous avons encore l'opportunit&#233; d'intervenir, pour contrecarrer de possibles d&#233;cisions qui s'appuieraient sur des bases inexactes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si l'enjeu rendait d&#233;j&#224; cette pr&#233;caution n&#233;cessaire, force est d'admettre que le dossier s'est alourdi en cours de route. En rendant l'adoption du projet de loi conditionnelle au r&#233;sultat d'un r&#233;f&#233;rendum, qui se tiendrait aux &#233;lections de 2022, le gouvernement ajoute un degr&#233; de complexit&#233;. De plus, plut&#244;t que de traiter distinctement les r&#232;gles r&#233;f&#233;rendaires, le gouvernement double pratiquement l'ampleur du projet de loi, deux mois apr&#232;s son d&#233;p&#244;t, en proposant 161 articles &#233;tablissant les r&#232;gles de la consultation. Ainsi, &#224; l'analyse du mode de scrutin propos&#233;e s'est greff&#233;e celle des r&#232;gles r&#233;f&#233;rendaires, tant sur le plan des principes que des techniques. Or, devant tant de contenu, il est in&#233;vitable que des &#233;l&#233;ments tr&#232;s importants soient n&#233;glig&#233;s ou souffrent de raccourcis d&#233;magogiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Des choix qui nuisent &#224; la repr&#233;sentation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; En choisissant un mode de scrutin &#171; mixte avec compensation r&#233;gionale &#187;, le gouvernement abaissait d&#233;j&#224; la barre, car il devait d&#233;poser un syst&#232;me proportionnel mixte compensatoire avec listes r&#233;gionales. La diff&#233;rence n'est pas s&#233;mantique, elle indique que la proportionnalit&#233; ne sera pas appliqu&#233;e globalement, mais une r&#233;gion administrative &#224; la fois. Or, celles-ci ne sont pas con&#231;ues pour un usage &#233;lectoral, n'&#233;tant pas comparables en densit&#233; de population. Cela produira une proportionnalit&#233; partielle et in&#233;gale d'une r&#233;gion &#224; l'autre ; les votes des r&#233;gions peu populeuses &#233;tant moins respect&#233;s que ceux des grands centres urbains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors que le nombre de si&#232;ges par r&#233;gions &#233;tait d&#233;j&#224; garanti par la r&#233;partition des circonscriptions et des si&#232;ges r&#233;gionaux, le gouvernement pr&#233;tend ainsi respecter le pouvoir des r&#233;gions. La r&#233;alit&#233; est que son choix emp&#234;chera la population du 2/3 des r&#233;gions d'acc&#233;der &#224; la proportionnalit&#233; du syst&#232;me mixte. Deux millions de personnes y perdent au change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le gouvernement pouvait pourtant utiliser des listes r&#233;gionales sans pour autant nuire &#224; la proportionnalit&#233; globale, mais il a choisi de fractionner le r&#233;sultat une r&#233;gion &#224; la fois. Le nombre de si&#232;ges de compensation de chacune &#233;tant r&#233;duit, des opinions politiques ne seront pas &#233;quitablement repr&#233;sent&#233;es. Comme si ce n'&#233;tait pas assez, le gouvernement ajoute des conditions qui avantagent les partis ayant d&#233;j&#224; obtenu des si&#232;ges de circonscriptions, au d&#233;triment des partis ne pouvant acc&#233;der qu'aux si&#232;ges r&#233;gionaux de compensation. Si les d&#233;tails techniques menant &#224; ce r&#233;sultat n'apparaissent pas au premier regard, la man&#339;uvre n'en est pas moins visible : utiliser les pr&#233;occupations r&#233;gionales pour r&#233;duire la proportionnalit&#233; et restreindre le pluralisme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bien que la sous-repr&#233;sentation des diff&#233;rentes composantes de la population soit de plus en plus d&#233;cri&#233;e, les rem&#232;des font rarement l'objet d'une attention soutenue. Les principes sont admis, mais les r&#233;ticences &#224; prendre des positions fermes et &#224; les transposer dans des m&#233;canismes &#233;lectoraux sont encore grandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il en va ainsi du gouvernement avec le projet de loi 39. En n'agissant pas pour diversifier la repr&#233;sentation, il est en d&#233;calage complet avec la soci&#233;t&#233; et ses valeurs. Le gouvernement aurait pu exiger des partis qu'ils atteignent des r&#233;sultats &#233;galitaires en termes de femmes &#233;lues, &#233;tablir des r&#232;gles d'alternance sur les listes et lever les obstacles nuisant &#224; l'acc&#232;s des personnes racis&#233;es ou n&#233;es &#224; l'&#233;tranger aux postes de repr&#233;sentation, mais il n'en fait rien. Il se limite &#224; demander aux partis de se fixer un objectif de candidates &#224; recruter et d'en divulguer le r&#233;sultat. Seul le d&#233;p&#244;t des rapports compte et non l'objectif, son atteinte ou le nombre de femmes &#233;lues. Quant &#224; la repr&#233;sentation &#233;quitable des personnes racis&#233;es ou n&#233;es &#224; l'&#233;tranger, le projet de loi demeure silencieux sur cet enjeu, ce qui est en porte-&#224;-faux avec la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Des r&#232;gles r&#233;f&#233;rendaires &#224; l'avantage du statu quo&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Avant qu'il ne change d'avis &#224; la suite des r&#233;ticences de son caucus envers un nouveau syst&#232;me &#233;lectoral, le premier ministre promettait que l'&#233;lection de 2022 se ferait sous un nouveau mode de scrutin, sans besoin de r&#233;f&#233;rendum. Ce revirement ne r&#233;sulte pas d'un app&#233;tit soudain pour la d&#233;mocratie. En effet, des lois aussi importantes que la Loi &#233;lectorale et touchant les membres de l'Assembl&#233;e nationale sont fr&#233;quemment adopt&#233;es sans r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En tenant un r&#233;f&#233;rendum, le gouvernement se d&#233;responsabilise du r&#233;sultat, mais surtout, repousse &#224; 2026 la mise en application d'un nouveau syst&#232;me &#233;lectoral. Si l'on a pu lui accorder le b&#233;n&#233;fice du doute devant cette man&#339;uvre d'&#233;vitement, les r&#232;gles r&#233;f&#233;rendaires qu'il propose d&#233;passent les bornes tant elles favorisent le statu quo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lors d'un r&#233;f&#233;rendum, la t&#226;che du camp du oui est plus lourde, le changement &#233;tant plus difficile &#224; mousser et demandant davantage d'information. Le camp du oui devrait par exemple illustrer les probl&#232;mes du syst&#232;me majoritaire en plus de pr&#233;senter le fonctionnement du mod&#232;le projet&#233;. La seule situation qui justifierait le recours &#224; un r&#233;f&#233;rendum serait de le tenir apr&#232;s l'avoir exp&#233;riment&#233; durant au moins deux &#233;lections. Quant au camp du non, un clip de 15 secondes lui suffit pour faire peur et invoquer la facilit&#233; du statu quo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or, le gouvernement choisit d'accentuer ce d&#233;s&#233;quilibre en n'assurant pas l'acc&#232;s &#224; l'information. En effet, ni le Directeur g&#233;n&#233;ral des &#233;lections ni aucune instance neutre n'informeraient la population. Qui plus est, des cinq mois de campagne, il n'en resterait que la moiti&#233; puisqu'il est peu probable de capter l'attention de la population entre la mi-juin et la fin ao&#251;t, sans compter que les listes &#233;lectorales ne seraient transmises aux camps r&#233;f&#233;rendaires qu'en septembre, alors qu'elles sont leur outil de travail. Aussi, en d&#233;courageant la participation politique, le gouvernement r&#233;duirait la visibilit&#233; m&#233;diatique du r&#233;f&#233;rendum. Ajoutons &#224; cela l'allocation financi&#232;re r&#233;duite &#224; 850 000 $, soit le tiers du montant allou&#233; en 1995, et il est clair que le gouvernement avantage le statu quo en restreignant l'acc&#232;s &#224; une information compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La libert&#233; d'expression des camps r&#233;f&#233;rendaires serait &#233;galement limit&#233;e par des r&#232;gles leur interdisant, &#224; compter de mai, toute d&#233;pense pouvant favoriser ou d&#233;favoriser l'&#233;lection d'un parti ou d'une personne. Comment illustrer les distorsions entre les votes et les si&#232;ges, sans nommer les partis ? Comment nommer le besoin de changement, sans r&#233;f&#233;rer aux d&#233;marches actuelles et pass&#233;es des divers partis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M&#234;me si plusieurs de ces difficult&#233;s s'accroissent dans le cas d'une campagne estivale ou d'un r&#233;f&#233;rendum simultan&#233; &#224; des &#233;lections, elles ne disparaissent pas sous un autre calendrier ou un autre sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est pr&#233;visible que les r&#232;gles r&#233;f&#233;rendaires soient peu abord&#233;es dans les m&#233;moires et les auditions, ou qu'elles le soient &#224; partir d'une vision id&#233;alis&#233;e d'un tel exercice. Le gouvernement ne s'y serait pas mieux pris pour dissimuler l'avantage qu'il accorde au statu quo qu'en situant l'essentiel du d&#233;bat entre parlementaires. Il utilise ainsi sa majorit&#233; pour modifier la Loi sur la consultation populaire, qui avait n&#233;cessit&#233; des ann&#233;es de travail, en faisant l'&#233;conomie d'une consultation en bonne et due forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toutes les lacunes du projet de loi 39 doivent &#234;tre corrig&#233;es, et pas seulement celles fr&#233;quemment abord&#233;es par les m&#233;moires et les auditions. Notre vigilance sera n&#233;cessaire pour qu'un syst&#232;me &#233;lectoral adapt&#233; aux besoins de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise soit adopt&#233; sans recourir &#224; un r&#233;f&#233;rendum pi&#233;g&#233;. Elle emp&#234;chera, par la m&#234;me occasion, l'adoption de r&#232;gles r&#233;f&#233;rendaires dans un processus qui n'a pas &#233;t&#233; con&#231;u pour cela.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'autrice a &#233;crit &lt;i&gt;Des &#233;lections &#224; r&#233;inventer&lt;/i&gt; (Montr&#233;al, Somme toute, 2019) et a &#233;t&#233; pr&#233;sidente du Mouvement d&#233;mocratie nouvelle de 2003 &#224; 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S'indigner face aux d&#233;ficiences du syst&#232;me &#233;lectoral actuel et non les perp&#233;tuer par int&#233;r&#234;t personnel</title>
		<link>https://www.ababord.org/S-indigner-face-aux-deficiences-du-systeme-electoral-actuel-et-non-les-perpetuer-par-interet-personnel</link>
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		<dc:date>2019-09-24T14:11:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Merc&#233;dez Roberge</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Roberge, Merc&#233;dez</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que la question du scrutin proportionnel revient &#224; l'avant-sc&#232;ne, nous publions sur notre site une intervention exclusive de Merc&#233;dez Roberge, autrice du livre Des &#233;lections &#224; r&#233;inventer, paru en septembre aux &#233;ditions Somme toute. &lt;br class='autobr' /&gt; Jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, le changement du mode de scrutin ne faisait pas couler beaucoup d'encre au Qu&#233;bec. Mais &#224; l'approche du d&#233;p&#244;t du projet de loi devant proposer un mod&#232;le proportionnel mixte compensatoire plusieurs articles ont fait &#233;tat des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-80-ete-2019-" rel="directory"&gt;No 080 - &#233;t&#233; 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Manchette-+" rel="tag"&gt;Manchette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Roberge-Mercedez-+" rel="tag"&gt;Roberge, Merc&#233;dez&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2777.jpg?1642092231' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;280&#034; height=&#034;408&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la question du scrutin proportionnel revient &#224; l'avant-sc&#232;ne, nous publions sur notre site une intervention exclusive de Merc&#233;dez Roberge, autrice du livre &lt;i&gt;Des &#233;lections &#224; r&#233;inventer&lt;/i&gt;, paru en septembre aux &#233;ditions Somme toute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, le changement du mode de scrutin ne faisait pas couler beaucoup d'encre au Qu&#233;bec. Mais &#224; l'approche du d&#233;p&#244;t du projet de loi devant proposer un mod&#232;le proportionnel mixte compensatoire plusieurs articles ont fait &#233;tat des avanc&#233;es et h&#233;sitations des membres de l'Assembl&#233;e nationale. Des lettres ouvertes &#233;talant des peurs se sont &#233;galement succ&#233;d&#233;es, suscitant les r&#233;pliques correspondantes. J'ai moi-m&#234;me joint la m&#234;l&#233;e, d'abord en publiant le livre &lt;i&gt;Des &#233;lections &#224; r&#233;inventer&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les donn&#233;es apparaissant dans ce texte sont issues de ce livre, paru en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , et par une lettre ouverte en r&#233;ponse aux tenants du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;. Mes interactions ont &#233;t&#233; motiv&#233;es par le d&#233;sir de fournir des informations, non pas neutres, car personne ne l'est, mais de fournir des donn&#233;es bas&#233;es sur des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelques jours nous verrons comment le gouvernement de la Coalition avenir Qu&#233;bec remplira la promesse r&#233;p&#233;t&#233;e avant et durant la derni&#232;re campagne &#233;lectorale. Nous &#233;valuerons alors la valeur de la proposition et identifierons comment l'optimiser. Nous aurons avantage &#224; exprimer &#224; ce moment nos r&#233;elles aspirations, sans les att&#233;nuer par r&#233;alisme politique, car c'est ainsi que nous contribuerons &#224; hausser la barre, en intervenant massivement et fermement durant la consultation parlementaire qui suivra. Mais d'ici l&#224;, il importe de rectifier les fausset&#233;s qui circulent et qui pr&#233;sentent des d&#233;fauts comme s'il s'agissait de qualit&#233;s. Souvent &#233;mises par des personnes disposant de nombreuses tribunes m&#233;diatiques, ou qui se pr&#233;sentent comme des sp&#233;cialistes, il s'agit d'affirmations sans fondement, parfois lanc&#233;es apparemment uniquement pour provoquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les &#233;normit&#233;s les plus flagrantes, plusieurs s'attaquent &#224; la pertinence m&#234;me de la r&#233;forme du mode de scrutin. Or, quelques donn&#233;es peuvent les d&#233;gonfler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers le monde, 113 pays utilisent un mode de scrutin de type proportionnel, soit 41 en Europe, 29 en Afrique, 20 en Asie, 20 dans les Am&#233;riques, 3 en Oc&#233;anie. La variante proportionnelle mixte compensatoire est utilis&#233;e dans 7 pays (Allemagne, Bolivie, Bulgarie, Guatemala, Hongrie, Lesotho et Nouvelle-Z&#233;lande) ; elle est utilis&#233;e &#233;galement dans d'autres niveaux de gouvernement, comme en &#201;cosse. L'autre famille de mode de scrutin, de type majoritaire, regroupe 74 pays, dont 23 en Afrique, 22 en Asie, 15 dans les Am&#233;riques, 11 en Oc&#233;anie et 3 en Europe. La variante uninominale &#224; un tour est appliqu&#233;e dans 41 pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re d&#233;monstration de l'illogisme des arguments des tenants du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; : si leurs pr&#233;tentions &#233;taient vraies cela signifierait que ces 113 pays seraient consid&#233;r&#233;s comme des dictatures, ce qui n'est &#233;videmment pas le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fauts du mode de scrutin majoritaire sont non seulement document&#233;s internationalement, mais ils font partie de sa nature : &#171; &lt;i&gt;Il exclut les partis minoritaires de la repr&#233;sentation&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;exclut les minorit&#233;s de toute repr&#233;sentation &#171; &#233;quitable &#187; &lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; exclut les femmes du parlement&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;amplifie le ph&#233;nom&#232;ne des &#171; fiefs &#233;lectoraux &#187;, sortes de domaines traditionnellement r&#233;serv&#233;s de certains partis&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;&#171; gaspille &#187; de nombreux votes qui ne contribuent &#224; l'&#233;lection d'aucun candidat&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;n'est pas sensible aux changements de l'opinion publique &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;ouvre la porte aux manipulations du d&#233;coupage&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut international pour la d&#233;mocratie et l'assistance &#233;lectorale, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;. Ce n'est donc pas par caprice que nous voulons le remplacer, comme d'autres l'ont fait avant nous, mais parce qu'il est normal qu'une soci&#233;t&#233; mette &#224; jour son syst&#232;me &#233;lectoral lorsqu'il ne correspond pas aux besoins d'aujourd'hui et en pr&#233;vision de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1867 nous avons eu 42 &#233;lections qui nous ont permis de voir la r&#233;currence des probl&#232;mes que ce syst&#232;me cause. Le r&#233;sultat de l'analyse est clair : le syst&#232;me majoritaire uninominal &#224; un tour n'est bon ni pour le Qu&#233;bec, ni pour les r&#233;gions et leurs populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un syst&#232;me &#233;lectoral &#233;tant l'instrument permettant de transposer les votes obtenus en si&#232;ges, il est normal de mesurer la qualit&#233; de cette transposition. L'indice de distorsion est un calcul math&#233;matique neutre permettant de donner une valeur globale au respect de la volont&#233; populaire exprim&#233;e lors d'une &#233;lection, pour ensuite la comparer au niveau atteint dans plusieurs &#233;lections ou sous d'autres syst&#232;mes &#233;lectoraux (un indice &#233;lev&#233; signifie de grandes distorsions). Les donn&#233;es internationales indiquent que l'indice de distorsion est beaucoup plus &#233;lev&#233; chez les pays utilisant un scrutin de la famille majoritaire que chez ceux du c&#244;t&#233; proportionnel. Lors de l'&#233;lection de 2018, l'indice de distorsion du vote de tout le Qu&#233;bec s'est situ&#233; &#224; 18, soit dans la moyenne observ&#233;e depuis 1867. En comparaison, la derni&#232;re &#233;lection n&#233;o-z&#233;landaise, sous un scrutin proportionnel mixte compensatoire, a eu un indice de distorsion de 3. &#192; chaque &#233;lection depuis 2007, de 12 &#224; 17 r&#233;gions administratives ont obtenu un indice r&#233;gional de distorsion de plus de 20, allant jusqu'&#224; 45 en 2008 et 51 en 2007, 2012 et 2014 ; une r&#233;gion a m&#234;me atteint un indice de 59 en 2018. Les populations de 13 r&#233;gions ont v&#233;cu un indice r&#233;gional de distorsion de plus de 30 lors de plusieurs &#233;lections, jusqu'&#224; 5 reprises dans le cas du Centre-du-Qu&#233;bec, de la C&#244;te-Nord et de l'Outaouais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme l'ensemble du Qu&#233;bec, la population de toutes les r&#233;gions a droit &#224; une repr&#233;sentation qui concorde avec la composition de la soci&#233;t&#233;. Cela n'est pas le cas actuellement, malgr&#233; les records atteints en 2018, avec l'&#233;lection de 42% de femmes et de 11% de personnes racis&#233;es ou n&#233;es &#224; l'&#233;tranger. Dans 8 r&#233;gions le pourcentage de femmes &#233;lues a &#233;t&#233; loin du taux national, entre 0 et le tiers seulement des si&#232;ges y sont occup&#233;s par des femmes, et la parit&#233;, soit 50%, n'a &#233;t&#233; atteinte que dans 6 r&#233;gions : Abitibi-T&#233;miscamingue, C&#244;te-Nord, Montr&#233;al, Laurentides, Mauricie et Mont&#233;r&#233;gie. Quant aux personnes racis&#233;es ou n&#233;es &#224; l'&#233;tranger, seules 7 r&#233;gions en comptent dans leur repr&#233;sentation, mais dans 5 cas, il ne s'agit que d'une seule personne. Si l'on regarde les 5 derni&#232;res &#233;lections qu&#233;b&#233;coises (2007-2018), la population de 4 r&#233;gions seulement a compt&#233; au moins une fois 40% d'&#233;lues et celle de 9 r&#233;gions n'a jamais &#233;lu de personnes racis&#233;es ou n&#233;es &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les votes ne sont pas trait&#233;s &#233;quitablement. Plus de la moiti&#233; des votes sont perdus &#224; chaque &#233;lection, du Qu&#233;bec comme du Canada : en 2018, 54% des votes n'ont pas &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s dans le r&#233;sultat total qu&#233;b&#233;cois, allant m&#234;me jusqu'&#224; 60% dans 10 r&#233;gions. En comparaison, seulement 6% des votes n'ont pas compt&#233; lors de l'&#233;lection n&#233;o-z&#233;landaise de 2017. En 1989, 10% des votes (333 741) ont procur&#233; 63 si&#232;ges de plus au PLQ qu'au PQ. En 2018, 13% des votes (508 418) ont procur&#233; 43 si&#232;ges de plus &#224; la CAQ qu'au PLQ. Depuis 1970, le PLQ a &#233;t&#233; surrepr&#233;sent&#233; dans les 8 &#233;lections qu'il a remport&#233;es, jusqu'&#224; 38 points d'&#233;cart entre les votes obtenus et les si&#232;ges occup&#233;s, pour une moyenne de +19%. La situation est tr&#232;s similaire pour les 5 &#233;lections remport&#233;es par le PQ, pour une moyenne de +17%. Quant &#224; la CAQ, elle a &#233;t&#233; surrepr&#233;sent&#233;e de 22 points en 2018. La pr&#233;sence de 4 partis &#224; l'Assembl&#233;e nationale est d'ailleurs encore une exception. Depuis 1867, ce nombre n'a &#233;t&#233; atteint qu'&#224; 12 des 42 &#233;lections, dont 6 fois depuis 1970. Lorsqu'ils obtiennent des si&#232;ges, les tiers partis sont syst&#233;matiquement sous-repr&#233;sent&#233;s (-10% depuis 1970).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le syst&#232;me actuel, que le gouvernement soit minoritaire ou majoritaire, les d&#233;cisions se prennent par un seul parti qui monopolise le pouvoir. Ne tenant pas compte du pourcentage de vote obtenu, un gouvernement minoritaire peut &#234;tre form&#233; avec 33% (PLQ 2007) ou avec 32% des votes (PQ 2012) et seulement 37% des votes suffisent pour un gouvernement majoritaire (CAQ 2018). Ce ne sont pas des exceptions. Depuis 1970, des 14 gouvernements du Qu&#233;bec seulement 3 ont obtenu 50% et plus des votes ; le dernier remontant &#224; il y a 30 ans. Pire, le parti ayant obtenu le plus grand nombre de votes peut ne pas constituer le gouvernement. Depuis 1867 la population qu&#233;b&#233;coise a v&#233;cu 9 de ces renversements de volont&#233; populaire, 5 fois &#224; Qu&#233;bec et 4 fois &#224; Ottawa. Ne serait-ce qu'aux 5 derni&#232;res &#233;lections qu&#233;b&#233;coises, les populations de 10 r&#233;gions ont v&#233;cu le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne jusqu'&#224; 3 occasions suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias nous parlent des coalitions gouvernementales d'autres pays uniquement lorsqu'elles prennent fin et m&#232;nent &#224; des &#233;lections, ce qui alt&#232;re notre vision. Un gouvernement de coalition est plus fort, dans ses affaires internes comme face aux autres gouvernements, parce qu'il compte sur l'appui populaire accord&#233; &#224; au moins 2 partis et qu'il repr&#233;sente 50% et plus des votes comme des si&#232;ges. Les ministres &#233;tant alors issus de plus d'un parti, les d&#233;cisions peuvent obtenir une adh&#233;sion plus large que si le gouvernement est majoritaire ou minoritaire. Lorsque le vote est r&#233;parti entre plusieurs partis, sans que l'un d'eux n'obtienne la majorit&#233; des appuis, c'est parce qu'aucun n'obtient le mandat de gouverner seul. Voir une anomalie dans le respect de l'appui populaire en dit long sur la culture politique &#224; laquelle les tenants du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; tiennent tant. Quant &#224; la stabilit&#233;, depuis 1867, la dur&#233;e moyenne des gouvernements majoritaires qu&#233;b&#233;cois a &#233;t&#233; de 3,5 ann&#233;es, baissant m&#234;me &#224; 2 ans lorsque minoritaires. En comparaison, la dur&#233;e moyenne des l&#233;gislatures allemandes, o&#249; les coalitions sont usuelles sous un syst&#232;me proportionnel mixte compensatoire, est de 3,7 ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout cela, par leur campagne de peur, les tenants du &lt;i&gt;statu quo &lt;/i&gt; tentent de faire croire que le syst&#232;me actuel sert bien le &#171; pouvoir qu&#233;b&#233;cois &#187; ou le poids politique des francophones. Ce faisant, c'est leur propre pouvoir qu'ils souhaitent favoriser. Que l'on soit d'accord ou non avec les id&#233;es politiques des autres, le pluralisme politique est une r&#233;alit&#233; et aucun agenda politique ni aucune cause ne peuvent justifier de conserver un syst&#232;me &#233;lectoral pour favoriser ses id&#233;es, au d&#233;triment de celles des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du moment o&#249; l'on voit un probl&#232;me, ne pas le corriger signifie le cautionner. Les injustices caus&#233;es par la non-concordance entre les votes et les si&#232;ges, de m&#234;me qu'entre les &#233;l&#233;ments constitutifs d'une soci&#233;t&#233; et la composition de la classe politique, peuvent susciter diff&#233;rents niveaux d'indignation, mais d'y voir une force, comme le font les tenants du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; est ahurissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; est bien trop &#233;lev&#233; pour qu'on se permette de laisser passer une occasion de v&#233;ritablement r&#233;inventer les &#233;lections, o&#249; tous les votes et toutes les personnes compteront.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les donn&#233;es apparaissant dans ce texte sont issues de ce livre, paru en septembre 2019 aux &#201;ditions Somme toute. Pour plus d'informations, consultez &lt;a href=&#034;https://www.MercedezRoberge.ca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mon site personnel&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut international pour la d&#233;mocratie et l'assistance &#233;lectorale, &lt;i&gt;La Conception des Syst&#232;mes &#201;lectoraux&lt;/i&gt;, International IDEA, Stockholm, 1997, p. 28-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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