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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>&#171; Notre relation &#224; l'autre est indissociable de notre rapport au territoire &#187;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Entrevue-avec-Emilise-Lessard-Therrien</link>
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		<dc:date>2019-06-05T17:18:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi Leroux, &#201;milise Lessard-Therrien</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Leroux, R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>Lessard-Therrien, &#201;milise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;lue depuis moins d'un an, la jeune d&#233;put&#233;e de Qu&#233;bec solidaire (27 ans) a pris la mesure de sa fonction. &#171; J'arrive &#224; bien marcher avec ces grands souliers, dit-elle. J'ai progressivement d&#233;couvert le travail de d&#233;put&#233;e au quotidien, en r&#233;gion et &#224; l'Assembl&#233;e nationale &#224; Qu&#233;bec. &#187; Mines, environnement, agriculture, services publics, culture, relations avec les Autochtones&#8230; nous avons pass&#233; en revue avec elle les grands dossiers qui l'occupent &#224; l'occasion de la parution d'un num&#233;ro d'&#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Abitibi-Territoire-des-possibles-" rel="directory"&gt;Dossier : Abitibi. Territoire des possibles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Manchette-+" rel="tag"&gt;Manchette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lessard-Therrien-Emilise-+" rel="tag"&gt;Lessard-Therrien, &#201;milise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2736.jpg?1642092227' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;5961&#034; height=&#034;3974&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;lue depuis moins d'un an, la jeune d&#233;put&#233;e de Qu&#233;bec solidaire (27 ans) a pris la mesure de sa fonction. &#171; &lt;i&gt;J'arrive &#224; bien marcher avec ces grands souliers&lt;/i&gt;, dit-elle. &lt;i&gt;J'ai progressivement d&#233;couvert le travail de d&#233;put&#233;e au quotidien, en r&#233;gion et &#224; l'Assembl&#233;e nationale &#224; Qu&#233;bec&lt;/i&gt;. &#187; Mines, environnement, agriculture, services publics, culture, relations avec les Autochtones&#8230; nous avons pass&#233; en revue avec elle les grands dossiers qui l'occupent &#224; l'occasion de la parution d'un &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Abitibi-Territoire-des-possibles&#034;&gt;num&#233;ro d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; consacr&#233; &#224; l'Abitibi-T&#233;miscamingue&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par R&#233;mi Leroux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Dans le dossier des mines, comment parvenez-vous &#224; conjuguer le discours de Qu&#233;bec solidaire, qui pr&#244;ne la mise en &#339;uvre d'une v&#233;ritable transition &#233;nerg&#233;tique et le fait que vous vivez dans une r&#233;gion qui s'est d&#233;velopp&#233;e et continue &#224; se d&#233;velopper &#224; partir de l'extraction des ressources naturelles ?&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion s'est construite sur l'industrie mini&#232;re, oui, et de nombreux projets de d&#233;veloppement sont encore en cours. La position de QS se situe avant tout du c&#244;t&#233; des redevances mini&#232;res. On souhaiterait avoir une redevance de 5% sur le brut pour que les mini&#232;res paient en partie la ressource qui nous appartient, qui appartient au peuple qu&#233;b&#233;cois. Le syst&#232;me actuel est un syst&#232;me d'imp&#244;t minier qui est complexe et qui est calcul&#233; sur la valeur &#224; la t&#234;te du puits. Une fois que la mini&#232;re a d&#233;duit ses co&#251;ts de production, elle va payer son imp&#244;t minier. Or, cet imp&#244;t est d&#233;ductible de l'imp&#244;t ordinaire des entreprises. Donc, d'un c&#244;t&#233;, on leur demande des sous mais de l'autre on leur rend en cr&#233;dit d'imp&#244;t. &#199;a n'a pas de sens. Ce que nous souhaitons, c'est un 5% sur la valeur brute de l'exploitation de la ressource. Si on fait la conversion avec le syst&#232;me actuel d'imp&#244;t minier, le montant de la taxe repr&#233;senterait entre 1,5 et 3%. La moyenne canadienne se situe autour de 4,5%. Nous sommes donc encore en dessous. Avec un 5% de taxe, en 2018, nous aurions &#233;t&#233; chercher 200 millions de dollars dans les poches des mini&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Comment cette position est-elle re&#231;ue par la population ? Est-ce qu'il y a une frilosit&#233; &#224; taxer une industrie qui apporte &#233;norm&#233;ment &#224; la r&#233;gion ?&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en &#233;volution. Cela d&#233;pend bien s&#251;r de la fa&#231;on dont on d&#233;peint les mini&#232;res. Je suis tr&#232;s consciente que l'industrie mini&#232;re apporte une vitalit&#233; &#233;conomique, des salaires int&#233;ressants, de l'expertise qui s'exporte &#224; l'&#233;chelle mondiale. Mais en m&#234;me temps, lorsqu'on explique aux gens que la taxation que l'on propose est le juste prix de la ressource, ils sont d'accord. Ils comprennent que cela n'a pas de sens que les mini&#232;res ne paient pas davantage de redevances. Sans compter que l'&#201;tat contribue &#233;galement beaucoup au d&#233;veloppement de l'industrie mini&#232;re, par d'autres moyens, comme la formation des travailleurs, par exemple. Il y a beaucoup de gens qui disent &#233;galement que les mini&#232;res sont philanthropes, qu'elles investissent dans nos milieux, financent des parcs, des ar&#233;nas. Les mini&#232;res financent ce qu'elles ont bien envie de financer. Avec un syst&#232;me de redevances efficace, nous d&#233;ciderons ensemble o&#249; et comment cet argent qui nous revient collectivement doit &#234;tre investi. Et cela ne sera pas forc&#233;ment l&#224; o&#249; les mini&#232;res, elles, pensent faire le plus de gain en terme d'acceptabilit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Quels seraient les secteurs d'activit&#233; o&#249; cet argent pourrait &#234;tre r&#233;investi ?&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces sommes vont faire en sorte que nous pourrons nous doter de fonds de d&#233;veloppement pour les r&#233;gions. L'industrie mini&#232;re repr&#233;sente 15 &#224; 20 ans d'activit&#233;s. Qu'est-ce que les gens feront une fois cette exploitation achev&#233;e ? Ils devront se r&#233;orienter. Si nous sommes constamment ax&#233;s sur l'industrie mini&#232;re, dans 15 ans, qu'est-ce qui va nous rester pour occuper notre territoire ? Nous devons nous diversifier. L'agriculture pourra en b&#233;n&#233;ficier. Le d&#233;veloppement de l'agriculture biologique, l'agro-tourisme, l'industrie de la deuxi&#232;me transformation &#233;galement. La plupart de nos productions agricoles sont envoy&#233;es dans les grands centres pour &#234;tre transform&#233;es. Si nous pouvions rapatrier cette &#233;tape en r&#233;gion, clairement, cela cr&#233;erait beaucoup d'emplois. Dans une perspective environnementale, nous devons d&#233;velopper les fili&#232;res courtes. Nous pouvons &#233;galement d&#233;velopper d'autres secteurs qui ne sont pas sp&#233;cifiquement reli&#233;s &#224; l'extraction des mati&#232;res premi&#232;res. Je pense par exemple &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec en Abitibi-T&#233;miscamingue (UQAT) qui d&#233;veloppe une expertise en cr&#233;ation multim&#233;dia et en cr&#233;ation num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/jpg/61738921_10157105536423913_6293311327087624192_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH190/61738921_10157105536423913_6293311327087624192_n-9eb40.jpg?1729025837' width='500' height='190' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi le 14 juin &#224; 17h &#224; la Microbrasserie Le Prospecteur de Val-d'Or (585, 3&#232; avenue), venez rencontrer les cr&#233;ateurs du dossier et plusieurs membres de la revue ! L'&#233;v&#233;nement Facebook est &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/events/2271263183126641/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : On parle &#233;galement de ressources mini&#232;res sensibles, comme le lithium, pr&#233;sent dans le sous-sol du territoire abitibien, et largement utilis&#233; dans la production des voitures &#233;lectriques ou des appareils &#233;lectroniques. Est-ce qu'on peut craindre que tous les regards se tournent vers l'Abitibi-T&#233;miscamingue dans les prochaines ann&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lithium est une composante essentielle quand on parle de convertir la flotte automobile en une flotte de v&#233;hicules &#233;lectriques. C'est un enjeu strat&#233;gique. Notre position, ce n'est pas de nationaliser l'exploitation du lithium mais de mettre en &#339;uvre une reprise de contr&#244;le par l'&#201;tat de cette exploitation. L'&#201;tat devrait avoir des int&#233;r&#234;ts privil&#233;gi&#233;s dans les secteurs n&#233;vralgiques essentiels pour mener la transition &#233;nerg&#233;tique. J'ai le cas de la mine de lithium de Sayona Mining en t&#234;te, dont on a beaucoup entendu parler ces derniers mois. Les gens r&#233;clamaient un BAPE pour &#233;valuer les impacts que cette mine pourrait avoir. Nous sommes en faveur de consultations du BAPE peu importe la taille de l'exploitation mini&#232;re, afin de s'assurer de l'acceptabilit&#233; sociale et environnementale de ces projets. Et l'&#201;tat devrait pouvoir s'assurer que les ressources servent, par exemple, &#224; d&#233;velopper notre propre fili&#232;re de fabrication de batteries pour les voitures &#233;lectriques. Cela peut aussi devenir un secteur cl&#233; pour l'emploi. Mais m&#234;me si l'objectif est d'am&#233;liorer le sort de la plan&#232;te, il ne faut pas que l'extraction de telles ressources portent pr&#233;judice &#224; l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Il y a &#233;galement le projet de pipeline de gaz naturel de l'entreprise Gazoduq, qui passerait par l'Abitibi-T&#233;miscamingue afin de rejoindre le Saguenay&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage de ce pipeline aurait des impacts tr&#232;s importants sur l'environnement. Il faudrait traverser des cours d'eau, la rivi&#232;re Harricana, etc. : ce que nous disons c'est que nous ne voulons clairement pas rendre le territoire de l'Abitibi-T&#233;miscamingue complice de plus d'&#233;missions de GES dans l'atmosph&#232;re. Or, m&#234;me s'il y a le mot naturel, quand on pense &#224; l'exploitation du gaz naturel, cela n'en fait pas une &#233;nergie verte pour autant. Nous faisons un gros travail de sensibilisation aupr&#232;s de la population pour d&#233;faire ce pr&#233;jug&#233; que le gaz naturel est une &#233;nergie verte. Ce n'est pas une &#233;nergie de transition. L'entreprise qui envisage de construire ce pipeline dit qu'il s'agit d'une &#233;nergie de remplacement, qui sera export&#233;e en Asie et en Europe, vers des pays qui souhaitent r&#233;duire leur d&#233;pendance aux &#233;nergies fossiles. Mais rien ne garantit aujourd'hui que cette &#233;nergie ne sera effectivement qu'une &#233;nergie de remplacement et qu'elle ne va pas plut&#244;t s'ajouter aux bouquets des &#233;nergies fossiles disponibles au niveau mondial. Il ne faut pas oublier non plus que le pipeline pourrait se rendre jusqu'au Saguenay. Or, au c&#339;ur du Saguenay, il y a des aires marines prot&#233;g&#233;es, des aires de reproduction des b&#233;lugas. Notre territoire ne peut pas &#234;tre complice de plus de pression sur l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Comment percevez-vous l'&#233;volution des relations avec les Autochtones ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; la suite notamment de l'affaire de la police de Val-d'Or ?&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les meilleures personnes pour r&#233;pondre, ce sont les peuples autochtones, c'est clair. Du c&#244;t&#233; de Val-d'Or, ce n'est pas dans mon comt&#233; et sans vouloir me d&#233;fausser, je suis un peu moins au fait des derniers d&#233;veloppements. Par contre, du c&#244;t&#233; du T&#233;miscamingue, nous avons plusieurs communaut&#233;s qui vivent sur le territoire et nous voyons na&#238;tre de plus en plus de partenariats entre les communaut&#233;s autochtones et non-autochtones, pour du d&#233;veloppement &#233;conomique, par exemple, mais &#233;galement au niveau touristique. Je pense que les gens ont d&#233;velopp&#233; le r&#233;flexe d'inclure les Autochtones autour des tables de concertation, pour que le d&#233;veloppement se fasse de concert, pour que tout le monde participe activement &#224; la mise sur pied des projets. C'est clairement gagnant-gagnant pour toutes les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Dans le dossier d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; consacr&#233; &#224; l'Abitibi-T&#233;miscamingue, un article aborde une particularit&#233; culturelle : la sc&#232;ne m&#233;tal, tr&#232;s vivante. Quels sont &#224; vos yeux les grands enjeux culturels r&#233;gionaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de nombreuses initiatives et une formidable vitalit&#233; culturelle sur le territoire. Rouyn-Noranda s'autoproclame capitale culturelle. Il y a &#233;norm&#233;ment de festivals d'envergure o&#249; on attire de grands noms de la sc&#232;ne musicale oui, mais pas seulement &#8211; des arts visuels et des arts de la sc&#232;ne &#233;galement. Je pense aussi au festival international de cin&#233;ma en Abitibi-T&#233;miscamingue. La r&#233;gion produit aussi de grands noms : Richard Desjardins, Ra&#244;ul Duguay, Diane Tell&#8230; Cette vitalit&#233; culturelle et toutes ces initiatives contribuent &#224; nous mettre sur la &lt;i&gt;map&lt;/i&gt; diff&#233;remment. Parce que nous sommes tr&#232;s associ&#233;s aux ressources naturelles, aux mines, &#224; la for&#234;t ou encore &#224; l'agriculture. Si on peut se d&#233;marquer autrement, j'en suis la premi&#232;re heureuse. Le tourisme culturel &#233;galement se d&#233;veloppe. La d&#233;marche participative Culturat qui consiste &#224; installer des &#339;uvres d'art partout, dans les municipalit&#233;s, les MRC, les villages, contribue &#224; faire en sorte que nous nous affichons en tant que r&#233;gion culturelle. Ce qui est int&#233;ressant, c'est que notre rapport &#224; la culture est tr&#232;s li&#233; au territoire. La relation avec le territoire, &#224; la fois tr&#232;s intime et tr&#232;s identitaire, nourrit &#233;norm&#233;ment les artistes et conf&#232;re une aura particuli&#232;re &#224; l'Abitibi-T&#233;miscamingue. Une aura qui donne envie d'y venir et, pourquoi pas, de s'y installer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_546 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/jpg/62220741_10157105548863913_5464849196962021376_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH190/62220741_10157105548863913_5464849196962021376_n-554d0.jpg?1729025837' width='500' height='190' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 15 juin &#224; 15h, &#224; la Brasserie artisanale Le Tr&#232;fle Noir de Rouyn-Noranda (145 avenue Principale), se tiendra une table-ronde en compagnie d'&#201;milie Auclair, Guy Leclerc, Marc Nantel et Ariane Turmel-Ch&#233;nard. L'&#233;v&#233;nement Facebook est &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/events/588344631663742/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Un article de notre dossier aborde ce lien tr&#232;s fort au territoire mais aussi &#224; la communaut&#233;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de rep&#232;res est un &#233;l&#233;ment cl&#233;. J'ai fait un court passage &#224; Montr&#233;al pour mes &#233;tudes pendant un an et demi. J'ai trouv&#233; cela extr&#234;mement difficile parce que les rep&#232;res ne sont pas du tout les m&#234;mes. Ici, nous sommes ax&#233;s sur le territoire. En ce moment [l'entrevue a &#233;t&#233; faite au mois de mai, NDLR], c'est le printemps qui s'installe. Tous nos sens sont en &#233;veil. On voit les premiers voiliers d'outardes, les chatons apparaissent sur les arbres, quand le petit vert tendre s'installe, c'est le temps de la chasse &#224; l'ours&#8230; Notre proximit&#233; et notre relation &#224; l'autre sont indissociables de notre rapport au territoire. Nous sommes tr&#232;s dispers&#233;s et tr&#232;s peu nombreux &#233;galement. C'est difficile d'avoir un poids dans la balance des d&#233;cisions qui sont prises &#224; Qu&#233;bec et je trouve qu'en Abitibi-T&#233;miscamingue, nous avons d&#233;velopp&#233; une solidarit&#233; impressionnante. Je repense &#224; 2015 quand les lib&#233;raux ont mis en place leurs mesures d'aust&#233;rit&#233;, le mouvement Touche pas &#224; ma r&#233;gion s'est d&#233;ploy&#233; dans l'ensemble du Qu&#233;bec mais a pris naissance ici, &#224; Rouyn-Noranda, o&#249; les gens se sont vraiment mobilis&#233;s. La participation citoyenne est tr&#232;s importante, notamment au sein des diff&#233;rents organismes de concertation, dont les ressources ont &#233;t&#233; coup&#233;es par les lib&#233;raux. La CAQ n'a d'ailleurs pas l'intention de ramener ces instances de concertation r&#233;gionale. Pourtant, nous avions l'impression, avec la conf&#233;rence r&#233;gionale des &#233;lus notamment, d'avoir voix au chapitre, de participer aux d&#233;cisions qui nous concernent. Le dicton &#171; diviser pour mieux r&#233;gner &#187;, c'est ce qui s'est pass&#233; avec toutes ces coupures budg&#233;taires. Lorsque j'&#233;tais administratrice au sein du Forum jeunesse de l'Abitibi-T&#233;miscamingue, nous &#233;tions quinze administrateurs et administratrices autour d'une m&#234;me table pour g&#233;rer des projets pour et par les jeunes. On g&#233;rait une enveloppe de 400 000 $ dans la r&#233;gion. On pouvait financer des projets qui s'adressaient &#224; la jeunesse. Nous avons perdu tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Est-ce d'autant plus important de d&#233;velopper des r&#233;seaux de mobilisation et de solidarit&#233; peut-&#234;tre plus informels ?&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais en m&#234;me temps, quand nous avions la conf&#233;rence r&#233;gionale des &#233;lus et avant &#231;a les conseils r&#233;gionaux de d&#233;veloppement, une centaine de personnes gravitaient autour de ces instances. Il y avait une &#233;quipe de permanents, des employ&#233;&#183;e&#183;s qui s'assuraient de faire la coordination entre tous ces acteurs. Actuellement, nous avons un gros probl&#232;me dans la r&#233;gion avec la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre. Elle concerne tout le monde. De nombreuses entreprises ont essay&#233; d'attirer des gens, mais il n'y a pas de places pour les loger, mettre leurs enfants en garderie, on a de la difficult&#233; avec nos infrastructures de loisirs &#233;galement. Quand nous avions des instances de concertation, tous les repr&#233;sentants de ces milieux travaillaient ensemble, mettaient en place des strat&#233;gies pour trouver des solutions et attirer de la main-d'&#339;uvre et faire pression sur les instances politiques. Aujourd'hui, les gens travaillent en silo et c'est plus difficile. Le r&#233;seau de la sant&#233; a de la difficult&#233; &#224; recruter, l'industrie mini&#232;re a de la difficult&#233;, le r&#233;seau de l'&#233;ducation &#233;galement&#8230; &#192; titre de d&#233;put&#233;e, je rencontre toutes sortes d'acteurs mais, parfois, je me sens un peu seule &#224; porter la voix de ma r&#233;gion &#224; l'Assembl&#233;e nationale alors qu'avec ce type d'instances de concertation, je pourrais prendre le pouls sur le terrain. Je me dis que mon travail serait plus simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Vous &#234;tes dans un rapport de force avec les centres de d&#233;cision, Qu&#233;bec et Montr&#233;al. Or, ce rapport de force, lorsqu'il s'agit de telles compressions budg&#233;taires, se fait au d&#233;triment des r&#233;gions&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi une question de poids d&#233;mographique. Ici, nous avons 1,6% de la population du Qu&#233;bec. Cela ne veut pas dire que nous n'avons pas de d&#233;fis &#224; relever, bien au contraire. Je dois d&#233;fendre des enjeux de ponts et d'infrastructures, de transports en commun, de piscines municipales, d'eau potable. J'ai une municipalit&#233; qui risque de perdre non seulement son eau potable mais aussi son r&#233;seau de distribution. Il y a 80 maisons dans le village mais, un beau matin, les habitants pourraient se retrouver sans eau potable tellement le r&#233;seau est d&#233;ficient. Le refaire &#224; neuf leur co&#251;terait 20 millions de dollars. Donc, si nous n'avons pas un appui significatif du gouvernement, nous n'y arriverons juste pas. Mes coll&#232;gues &#233;lu-e-s &#224; Montr&#233;al n'ont pas ce genre d'enjeux &#224; d&#233;fendre. Oui, il s'agit de 80 maisons, mais si demain il n'y a plus d'eau, le risque c'est qu'il n'y ait plus non plus de village. Les gens partiront. Est-ce que c'est ce que nous voulons ? Si nous rencontrons des difficult&#233;s &#224; faire entendre notre voix et reconna&#238;tre nos enjeux, c'est parce que nous sommes peu nombreux et qu'il est compliqu&#233; de peser dans la balance. Pourtant, c'est l'occupation du territoire qui est en jeu ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : La dynamique cr&#233;&#233;e autour de votre &#233;lection peut-elle porter QS et est-ce que vous vous dites que vous pourriez remporter plus qu'une circonscription en Abitibi-T&#233;minscamingue ?&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah mais c'est s&#251;r, c'est s&#251;r ! Et d&#233;fendre l'autonomie des r&#233;gions comme nous le faisons, c'est un de mes chevaux de bataille. Toutes les propositions de QS s'appliquent aux r&#233;gions. Quand on parle de gratuit&#233; scolaire, du milieu d'o&#249; je viens on quitte la maison &#224; 17 ans pour aller faire des &#233;tudes post-secondaires, parce que les centres universitaires sont &#233;loign&#233;s. C'est le cas dans de nombreuses r&#233;gions. L'UQAT n'offre pas tous les programmes et nous n'avons pas d'autre choix que de quitter la maison. On doit prendre un appartement, payer son loyer, des factures d'hydro&#233;lectricit&#233;, d'&#233;piceries, etc. Parce que nous sommes &#233;loign&#233;s, notre scolarit&#233; nous co&#251;te plus cher. Donc, la gratuit&#233; va &#233;galement servir aux gens des r&#233;gions. C'est un exemple parmi de nombreux autres. Quand on pense &#233;galement &#224; d&#233;velopper davantage une agriculture de proximit&#233;, une industrie de deuxi&#232;me transformation, l'agro-tourisme &#233;galement&#8230; ce sont des positions que nous portons &#224; QS et je me fais un devoir de propager ces id&#233;es dans nos r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par R&#233;mi Leroux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_547 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/jpg/_ababord80_c1_low.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH625/_ababord80_c1_low-82166.jpg?1729025837' width='500' height='625' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Maxime Caouette, attach&#233; politique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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