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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le droit de parole</title>
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		<dc:date>2019-02-21T02:25:24Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ga&#235;lle Bergougnoux</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
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		<dc:subject>Bergougnoux, Ga&#235;lle</dc:subject>

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&lt;p&gt;La biblioth&#232;que publique appara&#238;t comme un espace neutre dans la soci&#233;t&#233; actuelle, peut-&#234;tre m&#234;me un des derniers remparts de la neutralit&#233; &#224; une &#233;poque o&#249; Internet l'est de moins en moins. Or, si cette neutralit&#233; existe, c'est d'abord et avant tout parce que les biblioth&#233;caires sont engag&#233;&#183;e&#183;s en faveur de la libert&#233; d'expression. &lt;br class='autobr' /&gt; Qu'il s'agisse de la libert&#233; des cr&#233;ateurs et cr&#233;atrices ou de l'ouverture &#224; toutes et tous sans condition, l'engagement des biblioth&#233;caires fait-il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bibliotheques-Enjeux-et-mutations-" rel="directory"&gt;Dossier : Biblioth&#232;ques. Enjeux et mutations&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bergougnoux-Gaelle-+" rel="tag"&gt;Bergougnoux, Ga&#235;lle&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2701.jpg?1642092223' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;834&#034; height=&#034;556&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La biblioth&#232;que publique appara&#238;t comme un espace neutre dans la soci&#233;t&#233; actuelle, peut-&#234;tre m&#234;me un des derniers remparts de la neutralit&#233; &#224; une &#233;poque o&#249; Internet l'est de moins en moins. Or, si cette neutralit&#233; existe, c'est d'abord et avant tout parce que les biblioth&#233;caires sont engag&#233;&#183;e&#183;s en faveur de la libert&#233; d'expression.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'il s'agisse de la libert&#233; des cr&#233;ateurs et cr&#233;atrices ou de l'ouverture &#224; toutes et tous sans condition, l'engagement des biblioth&#233;caires fait-il in&#233;vitablement d'eux et elles des professionnel&#183;le&#183;s engag&#233;&#183;e&#183;s ? Et, si oui, engag&#233;&#183;e&#183;s envers qui ? Leur institution ou les citoyen&#183;ne&#183;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, les biblioth&#232;ques et les biblioth&#233;caires ont &#233;t&#233; impliqu&#233;&#183;e&#183;s dans diff&#233;rentes affaires concernant la libert&#233; de parole : ce que l'on peut dire, ce que l'on ne doit pas dire, ce qu'il faut absolument taire ou &#224; l'inverse crier sur les toits. &#192; travers deux exemples, l'un fran&#231;ais et l'autre qu&#233;b&#233;cois, nous verrons ce qu'il en co&#251;te aux biblioth&#233;caires de s'exprimer sur la place publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une censure politique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au printemps dernier, la conservatrice et r&#233;dactrice en chef du Bulletin des Biblioth&#232;ques de France, l'une des plus importantes revues professionnelles dans le milieu, publie sur sa page Facebook des propos racistes sur le manque de volont&#233; d'int&#233;gration des immigrant&#183;e&#183;s. Ces propos d&#233;clenchent un toll&#233; dans le petit monde des biblioth&#232;ques et incitent les biblioth&#233;caires &#224; se poser des questions sur la parole priv&#233;e dans un lieu public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, les propos de cette conservatrice n'engagent a priori qu'elle-m&#234;me. Mais peut-on, lorsque l'on repr&#233;sente une institution publique telle que les biblioth&#232;ques, tenir un tel discours dans la sph&#232;re publique ? Certains ont invoqu&#233; le droit de r&#233;serve qui aurait d&#251; l'emp&#234;cher, d'autres, la libert&#233; d'expression qui plaidait pour son exposition. Mais qu'est-ce que le droit de r&#233;serve lorsque l'on est fonctionnaire ? Certains ont fait valoir qu'elle aurait tout simplement pu choisir les personnes qui auraient eu acc&#232;s &#224; cette publication pol&#233;mique. Il appara&#238;t tout de m&#234;me assez compliqu&#233; de filtrer les acc&#232;s &#224; une publication en supprimant la moiti&#233; de ses contacts, tr&#232;s souvent professionnels, en supposant qu'un tel ou une telle ne partagerait pas ses id&#233;es. Un autre argument a tout de m&#234;me &#233;merg&#233; et amorc&#233; une petite &#233;tude de la part d'un autre conservateur, qui s'est demand&#233; si ces propos avaient &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;s en raison du poids d'une profession traditionnellement de gauche. S'agissait-il, au fond, d'une sorte de censure politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de Romain Gaillard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Romain Gaillard, &#171; Biblioth&#233;caires et politique : tous &#224; gauche, tous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, conservateur de la me&#769;diathe&#768;que de la Canope&#769;e la fontaine de Paris, semble confirmer cette hypoth&#232;se : des 500 biblioth&#233;caires fran&#231;ais ayant r&#233;pondu &#224; son &#233;tude, une majorit&#233; est de gauche, voire d'extr&#234;me gauche. Y aurait-il donc une certaine complaisance qui s'exercerait envers les propos socialistes ou anarchistes ? Censure-t-on ceux et celles ne correspondant pas &#224; ce mod&#232;le ? Si les biblioth&#232;ques sont garantes de la libert&#233; d'expression, cette derni&#232;re ne devrait-elle pas concerner en premier lieu ses employ&#233;&#183;e&#183;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir de r&#233;serve n'est pas inscrit dans la loi fran&#231;aise ; il est difficile &#224; interpr&#233;ter, car il rel&#232;ve du principe de neutralit&#233; du service public, mais il reconna&#238;t &#171; que cette obligation de r&#233;serve ne saurait &#234;tre con&#231;ue comme une interdiction pour tout fonctionnaire d'exercer des droits &#233;l&#233;mentaires du citoyen : libert&#233; d'opinion et, son corollaire n&#233;cessaire dans une d&#233;mocratie, libert&#233; d'expression. Ces droits sont d'ailleurs, eux, express&#233;ment reconnus par l'article 6 de la loi n&#176; 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires [...] &#187;. En somme, l'employ&#233;&#183;e des biblioth&#232;ques fran&#231;aises se retrouve dans une dr&#244;le de position sur ces questions, comme l'illustre le cas expos&#233; ici.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une question de loyaut&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De notre c&#244;t&#233; de l'Atlantique, une pol&#233;mique a aussi agit&#233; le monde des biblioth&#232;ques il y a quelques mois. Les biblioth&#233;caires de Montr&#233;al, impliqu&#233;&#183;e&#183;s dans une restructuration importante, se sont oppos&#233;&#183;e&#183;s officiellement aux changements visant &#224; centraliser le choix des collections dans les 45 biblioth&#232;ques de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une lettre ouverte a ainsi &#233;t&#233; publi&#233;e dans Le Devoir du 18 septembre 2017&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif, &#171; Une centralisation inqui&#233;tante pour les biblioth&#232;ques de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourquoi s'exprimer publiquement dans un m&#233;dia grand public sur un sujet plut&#244;t pointu et qui ne concerne qu'une r&#233;organisation interne ? Pourquoi les biblioth&#233;caires ont-ils jug&#233; important de faire part de ces changements &#224; la population de cette mani&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'inqui&#233;tude des biblioth&#233;caires y &#233;tait plus que palpable, mais ce message n'aurait-il pas d&#251; demeurer &#224; l'&#233;tat d'une discussion interne &#224; la profession, aux employ&#233;&#183;e&#183;s de la Ville de Montr&#233;al et de ses gestionnaires ? De plus, la lettre ouverte &#233;tait &#171; appuy&#233;e par 74 biblioth&#233;caires &#187; sans aucun nom ni autre pr&#233;cision. En alertant la population, la strat&#233;gie derri&#232;re cette man&#339;uvre publique &#233;tait de faire entendre leurs voix aupr&#232;s des gestionnaires responsables des dossiers biblioth&#232;ques &#224; la Ville. Le dialogue interne est-il donc si difficile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, les biblioth&#233;caires signataires de la lettre contrevenaient au Code de conduite des employ&#233;s de la Ville de Montr&#233;al, principalement en ce qui concerne le chapitre Loyaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on pour autant parler d'un manque de loyaut&#233; envers la Ville quand la principale consid&#233;ration mentionn&#233;e dans l'article et la lettre &#233;tait une perte de qualit&#233; dans les services offerts aux citoyen&#183;ne&#183;s ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des diff&#233;rences r&#233;v&#233;latrices ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence du droit de r&#233;serve fran&#231;ais, toutefois, il n'est mentionn&#233; nulle part que la libert&#233; d'expression et d'opinion des employ&#233;&#183;e&#183;s est garantie par la loi au Qu&#233;bec. La loyaut&#233; envers la Ville de Montr&#233;al, comme le maintien de son image et de sa r&#233;putation, pr&#233;vaut sur la loyaut&#233; envers les fondements d'une profession bien particuli&#232;re, celle des biblioth&#233;caires. De plus, selon le Code, une information n'est confidentielle que lorsqu'elle n'est pas connue du grand public. On peut donc supposer qu'une fois divulgu&#233;e, elle ne l'est plus et appartient alors &#224; tous et toutes. N'est-ce pas un droit fondamental que d&#233;fendent les biblioth&#232;ques, celui du droit &#224; l'information ? Doit-il vraiment exister des informations confidentielles sur le fonctionnement des biblioth&#232;ques de la Ville de Montr&#233;al ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le biblioth&#233;caire fran&#231;ais, qui se trouve dans une position plus ambigu&#235; que son confr&#232;re qu&#233;b&#233;cois, semble toutefois disposer d'une plus grande marge de man&#339;uvre pour exprimer ce qu'il pense du monde ou de la fa&#231;on dont est r&#233;gi son travail. Les biblioth&#233;caires de Montr&#233;al l'avaient bien compris et ont publi&#233; leur lettre anonymement. Pour une profession qui d&#233;fend la libert&#233; d'expression pour tous, c'est un comble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Romain Gaillard, &#171; Biblioth&#233;caires et politique : tous &#224; gauche, tous militants ? &#187;, ao&#251;t 2017. Disponible en ligne : &lt;a href=&#034;http://www.pearltrees.com/s/file/preview/159080895/Article%20version%20longue.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.pearltrees.com/s/file/preview/159080895/Article%20version%20longue.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif, &#171; Une centralisation inqui&#233;tante pour les biblioth&#232;ques de Montr&#233;al &#187;, Le Devoir, 18 septembre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : gratisography.com. Glitch : Yannick Delbecque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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