<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=1133&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Perspectives sur l'Acadie contemporaine</title>
		<link>https://www.ababord.org/Perspectives-sur-l-Acadie-contemporaine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Perspectives-sur-l-Acadie-contemporaine</guid>
		<dc:date>2019-01-24T16:46:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gabriel Robichaud</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Robichaud, Gabriel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La cr&#233;ation acadienne semble revendiquer une place de plus en plus importante : s'agit-il de la r&#233;ussite d'une survivance ou de la n&#233;cessit&#233; de vivre ? &lt;br class='autobr' /&gt; Je suis acadien. Mon nom de famille est Robichaud. L'un des originaux, m'a-t-on appris, dit et redit. Je suis acadien du plus loin que je me souvienne. Un Acadien n&#233; &#224; Moncton, au Nouveau-Brunswick, en 1990. &#199;a m'a toujours &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme quelque chose d'important, alors rapidement j'y ai cru, et plus je vieillis, plus je comprends que (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-72-dec-2017-janv-2018-" rel="directory"&gt;No 072 - d&#233;c. 2017 / janv. 2018&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Robichaud-Gabriel-+" rel="tag"&gt;Robichaud, Gabriel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2666.png?1642092221' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;833&#034; height=&#034;547&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La cr&#233;ation acadienne semble revendiquer une place de plus en plus importante : s'agit-il de la r&#233;ussite d'une survivance ou de la n&#233;cessit&#233; de vivre ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis acadien. Mon nom de famille est Robichaud. L'un des originaux, m'a-t-on appris, dit et redit. Je suis acadien du plus loin que je me souvienne. Un Acadien n&#233; &#224; Moncton, au Nouveau-Brunswick, en 1990. &#199;a m'a toujours &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme quelque chose d'important, alors rapidement j'y ai cru, et plus je vieillis, plus je comprends que &#231;a l'est. Je ne serais rien de qui ou de ce que je suis si je n'&#233;tais pas acadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Acadie, c'est un paradoxe profond, une dose d'improbable et d'impossible, une irr&#233;v&#233;rence batailleuse, goguenarde, railleuse, ratoureuse qui s'affranchit plus souvent par en dessous que par la grande porte. Elle sait se courber en apparence pour mieux se tenir droite, tout comme elle sait se perdre entre une qu&#234;te de l&#233;gitimit&#233; dans l'espace public et le travail de ses gu&#233;rillas dispers&#233;es dans le monde qui l'entoure, entre l'id&#233;e de la vie et de la survie de son peuple. Disons que &#231;a, c'est un peu son id&#233;al et sa beaut&#233;, malgr&#233; tout ce que &#231;a peut avoir de contradictoire. Reste que concr&#232;tement, &#231;a ne dit probablement pas grand-chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Acadie contemporaine, c'est ce qu'en fait son peuple. Ce peuple est dispers&#233;. Je continue de croire que ce qui fait la force de ce peuple, c'est sa capacit&#233; historique &#224; survivre, &#233;tendu sur d'aussi lointaines distances, &#224; reconnecter malgr&#233; le temps, malgr&#233; les routes et leurs travers. Par contre, je crois que l'avenir de ce peuple passera non pas par cette aptitude &#224; la survivance, mais par sa r&#233;silience &#224; vivre d'abord et avant tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Acadien du Nouveau-Brunswick, c'est facile de s'enfermer dans une ignorance du v&#233;cu des Acadien&#183;ne&#183;s de la diaspora. &#192; moins de chercher &#224; s'informer, de voyager ou d'avoir de la famille un peu partout, la r&#233;alit&#233; de l'Acadie de la Nouvelle-&#201;cosse, de l'&#206;le-du-Prince-&#201;douard, des &#206;les-de-la-Madeleine, de la Gasp&#233;sie, de la Louisiane, du Maine, de Terre-Neuve ou d'ailleurs devient facilement oubliable, ou encore dilu&#233;e dans sa sp&#233;cificit&#233; par une masse plus importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; est tout aussi pr&#233;sente &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du Nouveau-Brunswick, entre les r&#233;gions, les villes et les m&#233;dias. Radio-Canada Acadie est &#224; Moncton, la r&#233;gion du sud-est en b&#233;n&#233;ficie et la propagation sur les ondes dites nationales du r&#233;seau passe souvent par le couloir de la &#171; m&#233;tropole acadienne &#187;. Caraquet devient un autre p&#244;le d'attraction et la place de la p&#233;ninsule acadienne est souvent per&#231;ue comme pr&#233;pond&#233;rante dans l'&lt;i&gt;Acadie nouvelle&lt;/i&gt;. Tout &#231;a se transforme rapidement en guerre de clochers et fait tr&#232;s peu avancer les choses. On tire la couverte, on oublie Edmundston, Campbellton, Bathurst, Shippagan, les communaut&#233;s acadiennes de Fredericton, Saint-Jean et Miramichi, on questionne la division des parts de la tarte, on r&#233;clame la justice et d&#233;nonce l'injustice, et on se conforte &#224; nouveau rapidement dans l'ignorance de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ignorance devient d'autant plus criante au sortir d'une Acadie, dans les raccourcis employ&#233;s par les m&#233;dias dits nationaux, limit&#233;s souvent &#224; la province avec la masse critique la plus importante (le Nouveau-Brunswick) et &#224; l'accent parl&#233; qui s'en est le plus d&#233;marqu&#233; (le chiac, qui, du reste, s'il est acadien, ne repr&#233;sente qu'une partie sp&#233;cifique &#224; l'une des r&#233;gions de l'Acadie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, sur cette question, qui semble autant partager l'Acadie dans son for int&#233;rieur qu'un bassin important de francophones un peu partout, il me semble que le d&#233;bat gagnerait &#224; se clore. Le chiac est l&#224; et il est l&#224; pour rester. Il a &#233;t&#233; parl&#233;, est parl&#233; et vraisemblablement se parlera. Le chiac est parl&#233; par des francophones d'abord et avant tout, et leur lien &#224; la francophonie passe souvent par leur lien au chiac. Leur enlever ce lien, c'est enlever leur appartenance l&#233;gitime &#224; la francophonie. Enlever l'appartenance l&#233;gitime d'un francophone &#224; la langue fran&#231;aise, n'est-ce pas d'ailleurs l'assimiler ? Je me passe souvent la r&#233;flexion qu'il n'y a rien de mieux qu'un francophone pour en assimiler un autre. J'aspire &#224; me passer de cette r&#233;flexion un jour. Ce jour n'est pas encore venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant dit, le chiac a-t-il sa limite au niveau de sa communicabilit&#233; ? Certainement. Comme n'importe quel accent, r&#233;gionalisme, trait particulier avec un lien identitaire profond. Il me semble que la francophonie gagnerait &#224; faire de ses exemples une force plut&#244;t qu'un boulet. Mais c'est le sujet d'une autre chronique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai longtemps &#233;t&#233; partisan de l'Acadie de la diaspora et des statistiques gonfl&#233;es par la descendance &#233;parpill&#233;e un peu partout. Je ne suis pas tout &#224; fait pr&#234;t &#224; laisser cette perspective. Reste que, derni&#232;rement, m'est arriv&#233; ce questionnement sur la place que l'Acadie pourrait garder dans l'espace social si on arr&#234;tait de parler fran&#231;ais dans l'Est canadien. Hormis un apport historique ou folklorique, je crois que le tout se perdrait assez rapidement. En ce sens, sans exclure la place des Acadien&#183;ne&#183;s assimil&#233;&#183;e&#183;s, il me semble que le destin de l'Acadie contemporaine passe &#224; la fois par sa francophonie et sa capacit&#233; &#224; cr&#233;er des espaces sociaux dans son quotidien, tant au Nouveau-Brunswick qu'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ces espaces, &#224; mon sens, seront tout &#224; fait inutiles s'ils ne s'ouvrent pas &#224; la fois &#224; la perspective d'immigr&#233;&#183;e&#183;s, de francophones d'ailleurs au pays ou encore de francophiles. Si l'Acadie arrive &#224; faire de la place &#224; cette diversit&#233; en son sein et &#224; lui permettre d'adh&#233;rer &#224; ce que peut devenir une forme de projet de soci&#233;t&#233; au sein de sa diaspora, &#224; mon avis, elle continuera de se pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Acadie, &#224; ma connaissance, encore &#224; ce jour, hormis quelques enseignant&#183;e&#183;s z&#233;l&#233;&#183;e&#183;s, la culture acadienne fait trop souvent figure d'absente au sein du milieu scolaire. Comme le milieu d'&#233;ducation en est un qui devient un espace social pour ses &#233;l&#232;ves et que la raison d'&#234;tre d'un syst&#232;me d'&#233;ducation en fran&#231;ais est le fait qu'il existe une culture francophone, l'absence fr&#233;quente de la pertinence de ce qui s'est cr&#233;&#233; et (surtout) continue de se cr&#233;er en Acadie dans ce qu'on enseigne &#224; ses &#233;l&#232;ves est aberrante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si l'Acadie a surv&#233;cu et vit encore, c'est bel et bien parce qu'on l'a cr&#233;&#233; et continue de contribuer &#224; sa cr&#233;ation. C'est ainsi qu'elle s'ancre, c'est ainsi qu'elle voyage et c'est ainsi qu'elle trouvera et prendra sa place tant dans son monde qu'ailleurs. C'est ainsi que je tente de la vivre et de la propager. C'est aussi ainsi que je lui souhaite de continuer de vivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Gabriel Robichaud est com&#233;dien et auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Carte de l'Accadie et Pais Voisins datant de 1757 et produite par Jacques-Nicolas Bellin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
