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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Hussein Hussein. L'histoire d'un homme comme tant d'autres</title>
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		<dc:date>2018-12-28T18:12:16Z</dc:date>
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		<dc:creator>L&#233;a Coffineau</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
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&lt;p&gt;Alors que les images et les chiffres nous submergent, &#224; l'image des corps qui flottent sur l'eau tranquille de la M&#233;diterran&#233;e, l'Europe vacille dangereusement sous le poids d'id&#233;aux nationalistes apeur&#233;s. Contre l'isolationnisme et l'apathie g&#233;n&#233;rale, l'histoire d'un homme. Quand la petite histoire rencontre la grande. Une histoire pour tirer l'alarme, plut&#244;t que la larme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour aller plus loin, regardez le documentaire de L&#233;a Coffineau Hussein Hussein - 15 years a refugee, disponible avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2662.png?1642092220' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;953&#034; height=&#034;510&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les images et les chiffres nous submergent, &#224; l'image des corps qui flottent sur l'eau tranquille de la M&#233;diterran&#233;e, l'Europe vacille dangereusement sous le poids d'id&#233;aux nationalistes apeur&#233;s. Contre l'isolationnisme et l'apathie g&#233;n&#233;rale, l'histoire d'un homme. Quand la petite histoire rencontre la grande. Une histoire pour tirer l'alarme, plut&#244;t que la larme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin, regardez le documentaire de L&#233;a Coffineau &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://player.vimeo.com/video/276088004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hussein Hussein - 15 years a refugee&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, disponible avec sous-titres fran&#231;ais.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai rencontr&#233; Hussein en avril 2016 sur un campement baptis&#233; Stalingrad III, install&#233; sous le m&#233;tro a&#233;rien du nord de Paris. C'&#233;tait le troisi&#232;me campement de r&#233;fugi&#233;s &#224; s'&#233;tablir sous la ligne de m&#233;tro en moins d'un an. Le premier, apparu dans l'hiver, avait &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233; sur ordre de la pr&#233;fecture et l'espace public grillag&#233; le jour m&#234;me. Le second avait subi le m&#234;me sort au mois de mars, et c'est gr&#226;ce &#224; l'action des citoyens du mouvement Nuit Debout que le campement de r&#233;fugi&#233;s de Stalingrad, troisi&#232;me du nom, avait r&#233;ussi &#224; s'implanter malgr&#233; les intimidations polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le parcours d'Hussein, r&#233;fugi&#233; darfouri de 47 ans, d&#233;passe l'imagination et force le respect. De quoi d&#233;truire les naus&#233;abonds concepts de &#171; migration de confort &#187; ou de &#171; migration &#233;conomique &#187;. En 1999, alors qu'il est &#233;tudiant en Droit &#224; l'universit&#233; de Beyrouth au Liban, il est convoqu&#233;, ainsi que deux de ses amis, &#224; l'ambassade du Soudan. Tous trois sont membres d'une association d'&#233;tudiants darfouris qui tentent de faire valoir leurs droits au m&#234;me titre que les &#233;tudiants soudanais. Cette activit&#233; militante est consid&#233;r&#233;e comme une menace par le pouvoir militaire d'Omar El-Bechir, en place depuis 1989. De cette convocation &#224; l'ambassade, Hussein ne se rappelle que le choc qu'il a re&#231;u sur la t&#234;te lors d'un interrogatoire muscl&#233;. Ensuite, c'est le trou noir. D&#233;port&#233; vers Khartoum, il ne reverra jamais ses amis. S'en suivront deux ans de d&#233;tention dans une cellule de prison o&#249; lui seront inflig&#233;es tortures psychologiques et physiques avant qu'Hussein ne d&#233;cide de se laisser mourir de faim. Il sera alors lib&#233;r&#233; sous condition de silence et de pointage hebdomadaire au commissariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En 2002, ne supportant plus le poids de la surveillance polici&#232;re dont il fait l'objet, il fuit le Soudan &#224; l'aide de faux papiers. Alors &#226;g&#233; de 32 ans, Hussein traverse l'&#201;gypte, la Syrie et la Turquie. Parfois &#224; pieds, parfois enferm&#233; des jours durant dans l'inconfort d'une camionnette de passeur bond&#233;e suintant l'urine o&#249; manquent oxyg&#232;ne, eau et nourriture. Il fera ensuite la travers&#233;e de la mer Eg&#233;e &#224; bord d'une embarcation fragile et surpeupl&#233;e avant d'&#234;tre recueilli, affaibli et amaigri, sur la c&#244;te d'une petite &#238;le grecque par les autorit&#233;s locales. Une demande d'asile d&#233;pos&#233;e &#224; Ath&#232;nes, il se voit remettre la &#171; carte rouge &#187;, carte de s&#233;jour valable six mois qui lui permet de travailler et de r&#233;sider sur le territoire grec en toute l&#233;galit&#233;. Rapidement, il est embauch&#233; comme agent de nettoyage des wagons de m&#233;tro, en horaires de nuit. Cet emploi du temps lui convient parfaitement, &#224; lui qui ne dort plus la nuit depuis son passage en cellule. Son salaire lui permet de louer un petit appartement et d'acheter une voiture. Il s'installe tranquillement dans cette nouvelle vie, renouvelant tous les six mois sa carte rouge sans que jamais aucun droit d'asile d&#233;finitif ne lui soit accord&#233;. En 2009, il fait la rencontre de Sara, jeune &#233;thiopienne rescap&#233;e d'un r&#233;seau de passeurs-esclavagistes libanais lui ayant confisqu&#233; ses papiers &#224; Beyrouth alors qu'elle y travaillait pour eux comme femme de m&#233;nage. Ils se marient en 2009 &#224; la mosqu&#233;e soudanaise d'Ath&#232;nes, mais tr&#232;s vite, la s&#233;curit&#233; pr&#233;caire de leur vie &#224; deux se fissure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La crise &#233;conomique frappe la Gr&#232;ce de plein fouet. L'employeur d'Hussein perd son contrat avec la soci&#233;t&#233; de transports de la ville, les services de l'immigration refusent de renouveler sa carte rouge et le couple se retrouve &#224; la rue. Pendant des mois, ils dormiront dans des jardins publics et subiront le harc&#232;lement permanent des supr&#233;macistes blancs d'Aube Dor&#233;e. Plusieurs de leurs amis seront tu&#233;s sous les coups de ce groupuscule d'extr&#234;me-droite aujourd'hui &#233;tabli comme parti politique &#224; part enti&#232;re. La d&#233;cision est prise : Sara retournera en Ethiopie gr&#226;ce au processus de retour volontaire rendu possible par son ambassade et Hussein terminera seul le voyage, &#224; la recherche d'un lieu s&#251;r o&#249; elle pourra le rejoindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#233;but septembre 2015, Angela Merkel annonce l'ouverture de la d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre &#171; route des migrants &#187; &#224; travers l'Europe, destin&#233;e aux r&#233;fugi&#233;s syriens. Hussein fait son sac et quitte Ath&#232;nes pour Dusseldorf. Il y passera l'hiver, survivant dans les rues de la ville et trouvant parfois refuge chez des amis d'amis d'infortune. Effray&#233; par les mesures impressionnantes mises en &#339;uvre par les autorit&#233;s allemandes pour recenser les migrants et obtenir leurs empreintes digitales, il prend peur et embarque &#224; bord d'un taxi-passeur pour Paris. Le 2 avril 2016, il foule le sol de la Gare du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La fin du voyage est proche. Hussein est &#233;puis&#233; et sait qu'il lui sera impossible de traverser la Manche pour rejoindre l'Angleterre, pays dont il parle la langue et o&#249; les exil&#233;s d'Afrique subsaharienne r&#234;vent de s'&#233;tablir. Il oriente donc ses pas vers le quartier de La Chapelle dans le 18e arrondissement, carrefour de communaut&#233;s ethniques, point de rendez-vous des exil&#233;s fra&#238;chement d&#233;barqu&#233;s dans la capitale. En mars 2015, c'est sur le pont enjambant les voies ferr&#233;es de la Gare du Nord que s'&#233;tait install&#233; le premier campement de r&#233;fugi&#233;s parisiens, plongeant la ville et ses habitants dans une nouvelle r&#233;alit&#233;. Des hommes, des femmes, des enfants, des familles enti&#232;res abrit&#233;es sous des tentes sur le terre-plein d'un boulevard bruyant et pollu&#233;, dans l'attente d'une prise en charge salutaire. C'&#233;tait le d&#233;but d'un nouveau Paris, ou le retour de celui qu'on croyait disparu, celui o&#249; l'on meurt de faim et de maladies d'un autre si&#232;cle, sous les ponts, comme des chiens. En arrivant &#224; La Chapelle, Hussein pensait atteindre cette France-El Dorado, pays d'accueil et de droits d&#233;crit dans les livres d'histoire. Mais c'est le bitume humide et crasseux du campement Stalingrad III qui lui a tendu les bras, sous les voies hurlantes du m&#233;tro a&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les b&#233;n&#233;voles et habitants du quartier ont sauv&#233; l'honneur de justesse, d&#233;ployant une &#233;nergie bouleversante et des tr&#233;sors d'imagination pour offrir &#224; des milliers de personnes des repas chauds quotidiens, des abris, des v&#234;tements propres et une orientation administrative et sanitaire de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. C'est sur ces centaines d'anonymes - &#233;tudiants, ch&#244;meurs, intermittents du spectacle, marginaux - que repose aujourd'hui l'accueil des demandeurs d'asiles en France, quand ils ne sont pas arr&#234;t&#233;s et poursuivis pour d&#233;lit de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le matin du 2 mai 2016, Stalingrad III est &#233;vacu&#233; par les services de la ville accompagn&#233;s de policiers en armures. Hussein est pris en charge par le Croix-Rouge et log&#233; dans un h&#244;tel social de la proche banlieue nord. Il sera livr&#233; &#224; lui-m&#234;me pour effectuer sa d&#233;marche de demande d'asile dans un pays dont il ne parle pas la langue, aux prises avec une bureaucratie violente et inflexible. Pr&#232;s d'un an plus tard, et apr&#232;s que l'administration l'ait affubl&#233; d'un nouveau nom de famille &#171; plus facile &#224; comprendre &#187;, Hussein se voit remettre un titre de s&#233;jour de 10 ans. Et maintenant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Hussein a eu &#171; de la chance &#187;. La plupart de ses amis exil&#233;s soudanais ont vu leur demandes d'asile refus&#233;es. Entre le r&#233;gime dictatorial de Khartoum et la guerre civile qui s&#233;vit au Soudan du Sud depuis 2013, des millions de soudanais quittent leurs pays chaque ann&#233;e et l'Union Europ&#233;enne tente par tous les moyens de limiter leur arriv&#233;e sur son territoire (La Cimade, 2017). Plus de deux ans apr&#232;s sa mise &#224; l'abri, Hussein vit toujours dans son h&#244;tel social et survit gr&#226;ce &#224; une faible allocation de pr&#233;carit&#233;. Il doit apprendre le fran&#231;ais pour trouver du travail mais les cours manquent et le travail aussi. Il esp&#232;re stabiliser un jour sa situation et appeler Sara &#224; le rejoindre gr&#226;ce au programme de r&#233;unification familiale. &#171; Life is hard, you know &#187;. Les cas de suicide chez les r&#233;fugi&#233;s ayant obtenu un titre de s&#233;jour apr&#232;s une longue bataille se multiplient dans la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin, regardez le documentaire de L&#233;a Coffineau &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://player.vimeo.com/video/276088004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hussein Hussein - 15 years a refugee&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, disponible avec sous-titres fran&#231;ais.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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