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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>One Big Union ! L'IWW et le courant syndicaliste r&#233;volutionnaire au Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.ababord.org/One-Big-Union-L-IWW-et-le-courant-syndicaliste-revolutionnaire-au-Quebec</link>
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		<dc:date>2018-10-16T18:00:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Houle-Courcelles</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Houle-Courcelles, Mathieu</dc:subject>

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&lt;p&gt;Du 2 au 4 septembre dernier, une centaine de d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;e&#183;s provenant d'un peu partout en Am&#233;rique du Nord se sont r&#233;uni&#183;e&#183;s &#224; Montr&#233;al pour participer au congr&#232;s du Syndicat industriel des travailleuses et des travailleurs, mieux connu sous le nom des Industrial Workers of the World (IWW). Loin d'&#234;tre anecdotique, la tenue de cette rencontre t&#233;moigne d'un regain d'int&#233;r&#234;t pour les pratiques syndicales combatives et les modes alternatifs d'organisation reposant sur la d&#233;mocratie directe et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-71-oct-nov-2017-" rel="directory"&gt;No 071 - oct. / nov. 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Houle-Courcelles-Mathieu-+" rel="tag"&gt;Houle-Courcelles, Mathieu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 2 au 4 septembre dernier, une centaine de d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;e&#183;s provenant d'un peu partout en Am&#233;rique du Nord se sont r&#233;uni&#183;e&#183;s &#224; Montr&#233;al pour participer au congr&#232;s du Syndicat industriel des travailleuses et des travailleurs, mieux connu sous le nom des Industrial Workers of the World (IWW). Loin d'&#234;tre anecdotique, la tenue de cette rencontre t&#233;moigne d'un regain d'int&#233;r&#234;t pour les pratiques syndicales combatives et les modes alternatifs d'organisation reposant sur la d&#233;mocratie directe et l'autogestion. Retour sur un pan m&#233;connu de notre histoire ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;buts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de l'IWW &#224; Montr&#233;al ne date pas d'hier. Lors du congr&#232;s de fondation du syndicat qui se tient Chicago en 1905, deux d&#233;l&#233;gu&#233;s montr&#233;alais sont mandat&#233;s pour repr&#233;senter quatre groupes de travailleuses et de travailleurs de la m&#233;tropole. L'un d'eux, Richard Kerrigan, est un v&#233;t&#233;ran des luttes ouvri&#232;res au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les mois qui suivent le congr&#232;s de Chicago, l'IWW connait ses premiers succ&#232;s &#224; Montr&#233;al. Deux sections locales sont form&#233;es dans l'industrie du v&#234;tement compos&#233;es principalement de travailleurs et de travailleuses d'origine juive arriv&#233;&#183;e&#183;s apr&#232;s l'&#233;chec de la r&#233;volution de 1905 en Russie. Des ouvriers et des ouvri&#232;res d'origine italienne se joignent &#233;galement au syndicat, formant une troisi&#232;me section de l'IWW &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_472 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L245xH243/454545-3-ed8fa.png?1729025758' width='245' height='243' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aux c&#244;t&#233;s d'une dizaine d'autres organisations syndicales et politiques de gauche, les militantes et les militants de l'IWW participent &#224; la premi&#232;re manifestation du 1er mai &#224; Montr&#233;al en 1906, laquelle rassemble entre 1 000 et 2 000 personnes. &#192; cette occasion, les manifestants montr&#233;alais joignent leurs voix &#224; celles et ceux qui exigent &#224; travers toute l'Am&#233;rique du Nord la lib&#233;ration de &#171; Big Bill &#187; Haywood et de deux autres militants de l'IWW incarc&#233;r&#233;s aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'IWW re&#231;oit l'appui des cercles anarchistes francophones &#224; Montr&#233;al, elle ne parvient pas &#224; faire une perc&#233;e notable parmi la classe ouvri&#232;re canadienne-fran&#231;aise. Cette situation tranche avec celle qui pr&#233;vaut aux &#201;tats-Unis, o&#249; le syndicat compte d&#232;s 1906 une f&#233;d&#233;ration de langue fran&#231;aise compos&#233;e de plusieurs centaines de membres. Les efforts d&#233;ploy&#233;s par l'IWW au Qu&#233;bec sont contrecarr&#233;s par une lutte f&#233;roce livr&#233;e contre elle par les syndicats &#171; internationaux &#187; affili&#233;s &#224; l'American Federation of Labor (AFL). Lorsqu'&#233;clate la Premi&#232;re Guerre mondiale, l'organisation a cess&#233; &#224; toute fin pratique ses activit&#233;s dans la province. Ailleurs au Canada, l'IWW reste toutefois pr&#233;sente dans divers secteurs, notamment parmi les b&#251;cherons de Colombie-Britannique et du nord de l'Ontario. Ce militantisme ne passe pas inaper&#231;u. Au mois de septembre 1918, le gouvernement canadien interdit l'IWW en compagnie d'une douzaine d'autres organisations socialistes et anarchistes. Ces mesures font &#233;cho &#224; celles adopt&#233;es aux &#201;tats-Unis &#224; la m&#234;me &#233;poque, lesquelles entrainent des milliers d'arrestations et d&#233;portations dans les milieux r&#233;volutionnaires. &#192; Montr&#233;al, toutes celles et ceux qu'on soup&#231;onne de faire partie de l'IWW ou de distribuer sa litt&#233;rature font l'objet d'enqu&#234;tes de la part des services policiers et des agences gouvernementales charg&#233;es de faire respecter la Loi des mesures de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volte ouvri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, l'IWW prend la forme d'un &#233;pouvantail qu'agitent les dirigeants syndicaux montr&#233;alais pour contrer les militantes et militants les plus &#171; radicaux &#187;. Gustave Francq, l'&#233;diteur du journal &lt;i&gt;Le Monde ouvrier&lt;/i&gt;, brandit r&#233;guli&#232;rement la menace d'une r&#233;surgence de l'IWW pour faire taire ceux et celles qui critiquent ses positions en faveur de la conscription. Au sein du mouvement ouvrier, de plus en plus de voix s'&#233;l&#232;vent contre l'attitude conservatrice des responsables syndicaux. Ces conflits r&#233;p&#233;t&#233;s, qui ont cours &#224; la grandeur du Canada, entrainent la cr&#233;ation en 1919 d'une nouvelle organisation syndicale r&#233;volutionnaire : la One Big Union (OBU). D&#232;s sa formation, l'OBU compte parmi ses membres plusieurs sympathisants de l'IWW comme Richard Kerrigan. Si l'OBU et l'IWW sont bel et bien des organisations distinctes (et parfois rivales), une certaine convergence existe entre leurs pratiques respectives. Toutes deux souhaitent surmonter les divisions au sein de la classe ouvri&#232;re par l'entremise d'un syndicalisme de type &#171; industriel &#187; par opposition au syndicalisme &#171; de m&#233;tiers &#187; pr&#244;n&#233; par l'AFL. Les militantes et les militants de l'OBU et de l'IWW estiment &#233;galement qu'en prenant conscience de sa force et de ses int&#233;r&#234;ts &#224; travers leur participation au syndicat, les membres de la classe ouvri&#232;re seront en mesure de renverser le syst&#232;me capitaliste pour lui substituer une &#171; d&#233;mocratie industrielle &#187; o&#249; chacun produira selon ses moyens et recevra selon ses besoins.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_473 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L191xH295/787878-2-486d8.png?1729025758' width='191' height='295' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des d&#233;buts encourageants, l'OBU devient la cible d'attaques r&#233;p&#233;t&#233;es de la part des autorit&#233;s f&#233;d&#233;rales. Si ses premi&#232;res tentatives d'implantation au Qu&#233;bec s'av&#232;rent infructueuses, l'OBU parvient n&#233;anmoins &#224; rallier au cours de l'ann&#233;e 1920 environ 1 500 membres &#224; Montr&#233;al dans les secteurs de la m&#233;tallurgie, du transport ferroviaire et de la confection gr&#226;ce &#224; l'implication d'une poign&#233;e d'organisateurs et d'organisatrices issu&#183;e&#183;s pour la plupart des milieux socialistes. Le syndicat m&#232;ne &#233;galement une campagne de mobilisation dans les camps de b&#251;cherons des Hautes-Laurentides avec l'aide de son journal &lt;i&gt;Le Travailleur / The Worker&lt;/i&gt;, publi&#233; &#224; Montr&#233;al. Des divisions internes minent cependant ces efforts d'organisation. L'OBU cherche &#224; rebondir en appuyant la lutte des sans-emplois &#224; Montr&#233;al, sans toutefois parvenir &#224; les rallier de mani&#232;re durable. La fondation du Parti communiste du Canada en 1922 sonne le glas de l'OBU au Qu&#233;bec. La majorit&#233; des membres de l'ex&#233;cutif montr&#233;alais se joignent &#224; la nouvelle organisation et retournent militer dans les syndicats &#171; internationaux &#187;, suivant la ligne politique d&#233;finie par le Komintern de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra attendre deux ans avant que l'OBU ne forme de nouvelles sections au Qu&#233;bec. Le syndicat trouve d'abord des appuis du c&#244;t&#233; d'un courant communiste libertaire de langue fran&#231;aise anim&#233; par Albert Saint-Martin. Une section syndicale francophone regroupant des salari&#233;&#183;e&#183;s de diff&#233;rentes industries est cr&#233;&#233;e en 1924. Au cours des quatre ann&#233;es suivantes, trois autres syndicats sont form&#233;s &#224; Montr&#233;al dans les secteurs du transport, de la m&#233;tallurgie et des abattoirs. Un groupe de travailleurs de la Montreal Light, Heat and Power Company se joint &#233;galement au syndicat alors que l'OBU m&#232;ne en parall&#232;le une campagne d'organisation dans la r&#233;gion de Rouyn aupr&#232;s des mineurs et des b&#251;cherons. Ces quelques succ&#232;s ne r&#233;sisteront toutefois pas aux premiers contrecoups de la crise &#233;conomique de 1929. Le ch&#244;mage de masse s'installe et les sections de l'OBU au Qu&#233;bec disparaissent les unes apr&#232;s les autres. Ailleurs au Canada, la situation n'est gu&#232;re plus reluisante. Si l'OBU parvient &#224; maintenir une base organisationnelle cons&#233;quente &#224; Winnipeg jusqu'en 1956, elle ne r&#233;ussira pas &#224; s'implanter de nouveau dans la province. Tel n'est pas le cas pour l'IWW. Apr&#232;s une longue p&#233;riode de dormance, on voit resurgir l'organisation &#224; la fin des ann&#233;es 1960 alors qu'un petit groupe de jeunes militants anglophones met sur pied une coop&#233;rative d'imprimerie &#224; Montr&#233;al et choisit de s'affilier au syndicat. Pendant environ trois ans, La Presse populaire de Montr&#233;al se met au service des luttes men&#233;es par les mouvements anticolonialistes et anticapitalistes. Sa proximit&#233; avec les r&#233;seaux de soutien aux prisonniers politiques du FLQ lui vaut d'&#234;tre frapp&#233;e par la vague de r&#233;pression qui s'abat en octobre 1970 sur les milieux ind&#233;pendantistes et progressistes qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un renouvellement ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Hormis quelques tentatives au d&#233;but des ann&#233;es 2000, il faut attendre la fin de l'ann&#233;e 2013 pour assister &#224; la mise en place d'une section locale &#224; Montr&#233;al en mesure de mener des campagnes avec succ&#232;s. L'annonce en septembre 2016 de la formation d'un syndicat des employ&#233;&#183;e&#183;s d'un restaurant de la chaine Frite Alors ! a permis &#224; l'IWW de d&#233;passer le stade de l'agitation-propagande et de gagner en cr&#233;dibilit&#233;. Alors que le syndicat compte aujourd'hui des membres actifs aux quatre coins du Qu&#233;bec, la perspective de voir se propager un mod&#232;le d'organisation s'appuyant sur la solidarit&#233; et l'action directe reste bien vivante. Doit-on y voir le signe d'un renouvellement du discours et des pratiques syndicales ? C'est en tout cas le souhait formul&#233; par celles et ceux qui luttent aujourd'hui au sein de l'IWW.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour en savoir plus au sujet du syndicalisme r&#233;volutionnaire au Qu&#233;bec et au Canada :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel S. Beaulieu, &lt;i&gt;Labour at the Lakehead : Ethnicity, Socialism and Politics&lt;/i&gt;, 1900-1935, Vancouver, UBC Press, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon Belkin, &lt;i&gt;Le mouvement ouvrier juif au Canada&lt;/i&gt; (1904-1920), Sillery, Septentrion, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu Houle-Courcelles, &lt;i&gt;Sur les traces de l'anarchisme au Qu&#233;bec&lt;/i&gt; (1860-1960), Montr&#233;al, Lux &#201;diteur, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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