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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le climat, l'&#201;tat et nous</title>
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		<dc:date>2018-09-20T01:10:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Mousseau</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Energie</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Mousseau, Normand</dc:subject>

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&lt;p&gt;Au cours des 15 derni&#232;res ann&#233;es, les Qu&#233;b&#233;coises et Qu&#233;b&#233;cois ont adopt&#233; une position presque unanime sur la question des changements climatiques, acceptant leur r&#233;alit&#233; et la n&#233;cessit&#233; d&#8250;agir rapidement afin d'en r&#233;duire les impacts. D&#232;s 2006, pouss&#233; en partie par la population, le gouvernement du Qu&#233;bec pr&#233;senta une politique &#233;nerg&#233;tique tourn&#233;e vers les &#233;nergies renouvelables. &lt;br class='autobr' /&gt; Quelques ann&#233;es plus tard, il adoptait, avec l'appui de l'ensemble des partis politiques et de la majorit&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mousseau-Normand-+" rel="tag"&gt;Mousseau, Normand&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2596.png?1642092213' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;600&#034; height=&#034;277&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au cours des 15 derni&#232;res ann&#233;es, les Qu&#233;b&#233;coises et Qu&#233;b&#233;cois ont adopt&#233; une position presque unanime sur la question des changements climatiques, acceptant leur r&#233;alit&#233; et la n&#233;cessit&#233; d&#8250;agir rapidement afin d'en r&#233;duire les impacts. D&#232;s 2006, pouss&#233; en partie par la population, le gouvernement du Qu&#233;bec pr&#233;senta une politique &#233;nerg&#233;tique tourn&#233;e vers les &#233;nergies renouvelables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, il adoptait, avec l'appui de l'ensemble des partis politiques et de la majorit&#233; de la soci&#233;t&#233; civile, des cibles ambitieuses de r&#233;duction de ses &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) de 20 % d'ici 2020 par rapport &#224; 1990, des objectifs port&#233;s &#224; 37,5 % d'ici 2030.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en d&#233;fendant ces objectifs, les gouvernements successifs se sont laiss&#233; tenter par les promesses d'enrichissement par le p&#233;trole et le gaz naturel, soutenant, puis abandonnant, l'exploitation du gaz de schiste sur la rive sud du Saint-Laurent et du p&#233;trole sur l'&#238;le Anticosti. Malgr&#233; ces contradictions, toutefois, la volont&#233; du Qu&#233;bec de participer &#224; la lutte mondiale aux changements climatiques est forte et d&#233;tonne avec la r&#233;alit&#233; nord-am&#233;ricaine. En effet, les &#233;missions au Qu&#233;bec, &#224; environ 9,7 tonnes d'&#233;quivalents CO2 (t.&#233;q. CO2) par habitant, sont d&#233;j&#224; parmi les plus faibles en Am&#233;rique du Nord, sous la Californie, &#224; 11,3 t.&#233;q. CO2, et &#224; la moiti&#233; de la moyenne canadienne, de 20,1 t.&#233;q. CO2. Partant d&#233;j&#224; d'un faible niveau, les r&#233;ductions annonc&#233;es par Qu&#233;bec ne seraient donc qu'une goutte d'eau dans le total canadien et nord-am&#233;ricain alors m&#234;me que la population qu&#233;b&#233;coise devra travailler beaucoup plus fort que ses concitoyens pour y parvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat n'est pas que th&#233;orique. Les objectif du Qu&#233;bec sont inscrits, depuis 2013, dans un march&#233; du carbone int&#233;gr&#233; &#224; la Californie en 2015 et auquel se joindra bient&#244;t l'Ontario. Or, depuis les d&#233;buts de ce march&#233;, le Qu&#233;bec se voit forc&#233; d'acheter des droits d'&#233;mission &#224; la Californie afin de compenser son incapacit&#233; &#224; atteindre ses propres cibles, une situation qui ne semble pas vouloir se corriger. Au contraire, le Qu&#233;bec devrait acheter au moins 10 millions de tonnes de droits d'&#233;mission en 2020, sortant environ 200 millions $ de son &#233;conomie. Cette somme augmentera rapidement au cours des ann&#233;es subs&#233;quentes &#224; moins d'un revirement majeur, car le gouvernement s'appr&#234;te &#224; &#233;tendre, par r&#232;glement, la participation du Qu&#233;bec au march&#233; jusqu'en 2030, en maintenant sa cible de 37,5 % de r&#233;duction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; un appui massif de l'ensemble des acteurs du Qu&#233;bec et des efforts r&#233;els, l'approche retenue depuis une dizaine d'ann&#233;es s'av&#232;re donc un &#233;chec presque complet avec des &#233;missions qui stagnent depuis 2009. Plut&#244;t que de multiplier les appels &#224; la vertu, il est donc grand temps que les partis politiques et les citoyen&#183;ne&#183;s s'attaquent &#224; ce probl&#232;me. Car l'&#233;chec de la lutte aux changements climatiques est autant la responsabilit&#233; des &#233;lu&#183;e&#183;s que des individus : alors que les programmes gouvernementaux ratent leurs objectifs, les Qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s n'ont jamais achet&#233; autant de gros v&#233;hicules qu'aujourd'hui &#8212; des VUS aux pickups. Leurs rapports aux changements climatiques oscillent constamment entre le d&#233;sir de les combattre et une faible volont&#233; d'agir, comme le montre la r&#233;action des citoyens &#224; la suite des inondations du printemps 2017, alors que, malgr&#233; les d&#233;g&#226;ts et les co&#251;ts pour l'ensemble des contribuables, l'opinion s'est rang&#233;e derri&#232;re ceux qui voulaient reconstruire &#224; l'identique, sans tirer les le&#231;ons de ce sinistre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Confronter la r&#233;alit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, deux options s'offrent &#224; nous. La premi&#232;re exige d'abandonner toute pr&#233;tention &#224; la vertu et d'accepter que la situation enviable du Qu&#233;bec en mati&#232;re d'&#233;missions de GES est largement le fait de sa g&#233;ographie et de choix &#233;nerg&#233;tiques judicieux pris entre 1960 et 1990, alors que les gouvernements successifs ont fait le pari de l'hydro&#233;lectricit&#233; &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avance sur le reste du Canada et de la vaste majorit&#233; des pays de la plan&#232;te dans son utilisation de l'&#233;nergie &#224; faible empreinte carbone, le Qu&#233;bec devrait s'aligner, au mieux, sur les objectifs canadiens, laissant tomber le march&#233; du carbone, pour implanter plut&#244;t une taxe minimale sur le carbone, qui assurera au moins de conserver des revenus pour les redistribuer &#224; l'ensemble des contribuables. Il nous sera donc possible de progresser, en attendant que le reste du pays atteigne les niveaux qu&#233;b&#233;cois d'&#233;missions par habitant, ce qui risque de prendre au moins une vingtaine d'ann&#233;es. Cette approche permettrait au Qu&#233;bec de suivre les transformations du reste de la plan&#232;te, particuli&#232;rement en mati&#232;re d'&#233;lectrification des transports, sans que personne ne soit forc&#233; de changer ses habitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me option implique, au contraire, un engagement profond de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise dans la transformation de son &#233;conomie et de ses habitudes de vie qui sera n&#233;cessaire &#224; l'atteinte de ses objectifs en mati&#232;re environnementale. En effet, il est impossible et illusoire de viser l'atteinte d'objectifs de r&#233;ductions ambitieux des &#233;missions de GES en s'attendant &#224; ce que la soci&#233;t&#233; puisse continuer lontemps &#224; fonctionner comme aujourd'hui : la r&#233;duction de 40, 50 et m&#234;me 90 % des &#233;missions pour 2050 vis&#233;e par le gouvernement du Qu&#233;bec exigera des investissements et des efforts massifs. Ceux-ci pourraient s'opposer &#224; d'autres objectifs de d&#233;veloppement, &#224; moins qu'on ne les combine efficacement et qu'on en profite pour am&#233;liorer la qualit&#233; de vie, le d&#233;veloppement &#233;conomique, l'environnement, l'&#233;ducation et la sant&#233; de l'ensemble des Qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs raisons militent pour une telle int&#233;gration. Tout d'abord, l'impact des efforts du Qu&#233;bec sur la sant&#233; de la plan&#232;te est n&#233;gligeable. Si le Qu&#233;bec r&#233;ussit &#224; atteindre ses objectifs, aux prix d'efforts co&#251;teux et de privations alors que le reste du monde fait du surplace, les citoyen&#183;ne&#183;s se sentiront flou&#233;&#183;e&#183;s, avec raison. Se retrouvant plus pauvres et incapables de b&#233;n&#233;ficier du fruits de leurs efforts, la population qu&#233;b&#233;coise n'aura alors gagn&#233; qu'en cynisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant l'exemple des pays qui progressent r&#233;ellement dans la r&#233;duction des &#233;missions de GES, le Qu&#233;bec doit donc combiner, s'il veut gagner la guerre du climat, la lutte aux changements climatiques &#224; l'ensemble de ses actions visant &#224; faire avancer la soci&#233;t&#233; vers des objectifs de d&#233;veloppement plus larges, faisant en sorte que m&#234;me si le reste de la plan&#232;te ne s'engage pas dans la r&#233;duction des &#233;missions de GES, les Qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s sortent gagnants de leur propre transformation et dans une soci&#233;t&#233; bien meilleure que celle que nous aurions si nous suivions la premi&#232;re option.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Repenser les actions politiques de l'environnement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est important de le r&#233;p&#233;ter : l'&#233;chec actuel face aux d&#233;fis environnementaux auxquels le Qu&#233;bec est confront&#233; n'est pas d&#251; &#224; un manque de bonne volont&#233;. Tant les &#233;lu&#183;e&#183;s que les fonctionnaires sont engag&#233;&#183;e&#183;s avec conviction dans la lutte aux changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; &#224; progresser est plut&#244;t caus&#233;e par des structures gouvernementales mises en place afin de g&#233;rer des enjeux circonscrits et bien d&#233;finis par des minist&#232;res uniques. Or les grands d&#233;fis environnementaux, dont les changements climatiques, touchent l'ensemble des activit&#233;s humaines, incluant l'am&#233;nagement et l'occupation du territoire, le d&#233;veloppement &#233;conomique, le transport, la sant&#233;, l'eau et la protection des milieux de vie. Elles exigent pour &#234;tre trait&#233;es convenablement de nouvelles structures d'action politique capable de briser le type d'organisation actuelle et d'int&#233;grer les d&#233;cisions de mani&#232;re coh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si plusieurs mod&#232;les int&#233;ressants existent &#224; l'&#233;tranger, la nature d'une structure appropri&#233;e pour le Qu&#233;bec demande &#224; &#234;tre pr&#233;cis&#233;e. C'est pourquoi un groupe de chercheurs&#183;euses universitaires ind&#233;pendant&#183;e&#183;s a d&#233;cid&#233; de lancer, avec le soutien du scientifique en chef du Qu&#233;bec, de l'Institut de l'&#233;nergie Trottier de Polytechnique Montr&#233;al et de l'Institut du Nouveau Monde, une r&#233;flexion &#224; l'automne 2017 afin d'identifier un mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois capable de relever avec succ&#232;s les d&#233;fis environnementaux du XXIe si&#232;cle et de placer cet enjeu aux c&#339;ur de la prochaine campagne &#233;lectorale du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet effort rejoint l'appel de plus en pressant de nombreux groupes et observateurs de tous les milieux qui constatent &#233;galement que sans une volont&#233; claire et des actions coh&#233;rentes, le Qu&#233;bec ne pourra pas faire face aux grands d&#233;fis environnementaux du XXIe de mani&#232;re efficace et il est crucial que ce sujet s'impose dans les d&#233;bats qui m&#232;neront aux &#233;lections pr&#233;vues pour l'automne 2018. Nous n'avons plus le temps de repousser l'action.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est professeur de physique &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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