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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Pour une symbiose entre l'&#234;tre et la nature</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pour-une-symbiose-entre-l-etre-et-la-nature</link>
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		<dc:date>2018-09-20T01:05:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tania Larivi&#232;re, Am&#233;lie Nguyen</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Nguyen, Am&#233;lie</dc:subject>
		<dc:subject>Larivi&#232;re, Tania</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'une transition &#233;cologique est un concept &#233;tranger aux nations autochtones puisque la prise en compte de la nature et de l'&#233;cologie y est inh&#233;rente et fait donc partie de leur culture. Le territoire, c'est ce qui nous identifie en tant que Nation, dit la repr&#233;sentante jeunesse pour Femmes autochtones du Qu&#233;bec. Il s'agit moins pour nous d'une &#171; transition &#187; que d'une transmission de ces valeurs. &lt;br class='autobr' /&gt; AB ! : L'id&#233;e d'une transition &#233;cologique est-elle &#233;trang&#232;re &#224; la vision autochtone ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transition-ecologique-Le-grand-virage-" rel="directory"&gt;Dossier : Transition &#233;cologique. Le grand virage&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nguyen-Amelie-+" rel="tag"&gt;Nguyen, Am&#233;lie&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2594.png?1642092213' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;600&#034; height=&#034;388&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;e d'une transition &#233;cologique est un concept &#233;tranger aux nations autochtones puisque la prise en compte de la nature et de l'&#233;cologie y est inh&#233;rente et fait donc partie de leur culture. Le territoire, c'est ce qui nous identifie en tant que Nation, dit la repr&#233;sentante jeunesse pour Femmes autochtones du Qu&#233;bec. Il s'agit moins pour nous d'une &#171; transition &#187; que d'une transmission de ces valeurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;AB !&lt;/i&gt; : L'id&#233;e d'une transition &#233;cologique est-elle &#233;trang&#232;re &#224; la vision autochtone &lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on ajoute le mot &#171; autochtone &#187; apr&#232;s un certain terme, on peut tout de suite en conclure que &#231;a ne vient pas n&#233;cessairement de nous. Si ces concepts nous appartenaient v&#233;ritablement, on aurait un mot pour les nommer dans nos langues. L'id&#233;e d'une perspective &#233;cologiste autochtone ne fait pas exception. Il est plut&#244;t question ici de comprendre que notre vision se fonde sur un paradigme qui se distingue de la pens&#233;e occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est certain qu'avec l'impact de la colonisation, c'est difficile, mais ce n'est pas tant une transition qu'un retour aux valeurs des g&#233;n&#233;rations qui pr&#233;c&#232;dent les tactiques coloniales et agressives d'assimilation subies par les Premi&#232;res nations. Bref, le respect de la nature fait d&#233;j&#224; partie de nos cultures, donc il s'agit de faire un retour de plein gr&#233; vers &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;AB ! &lt;/i&gt; En quoi une perspective autochtone d'un changement de paradigme &#233;conomique, social, politique peut-elle &#234;tre porteuse pour nourrir diff&#233;remment les luttes &#233;cologistes ? &lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plusieurs des Premi&#232;res Nations, la nature fait partie int&#233;grante de l'identit&#233;. Les diff&#233;rents paradigmes autochtones pr&#244;nent pour la plupart une symbiose entre l'&#234;tre et la nature. Il est dans notre int&#233;r&#234;t de retourner vers cette mani&#232;re de voir le monde. Ainsi, nous pouvons partager nos mani&#232;res avec nos homologues allochtones, leur permettant d'int&#233;grer ces valeurs &#224; leur vision et de faire une transition vers un autre type de paradigme qui prenne en compte le fait que la nature, ce n'est pas nous qui la poss&#233;dons, mais bien elle qui fait partie de nous et qu'elle nous aide &#224; nous ancrer dans notre identit&#233;, notre vie. Voir le monde de cette mani&#232;re ne devrait pas &#234;tre seulement une perspective autochtone, mais bien une qui est commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre r&#244;le en tant que protecteurs de notre territoire &#8211; en tant que personnes ayant un fort attachement culturel au territoire &#8211; c'est de nous assurer qu'on transmette ces valeurs aux gens avec qui on partage cet environnement et ces territoires. Une soci&#233;t&#233; capitaliste dans laquelle r&#232;gne l'esprit du profit n'avantage pas la conscience &#233;cologiste qui nous invite &#224; faire particuli&#232;rement attention &#224; nos habitudes de consommation. De plus, avec une mentalit&#233; de profit, on a tendance &#224; vouloir que la nature se soumette &#224; nous, &#234;tres humains, pour qu'on puisse combler ces besoins de profit. &#199;a ne fait pas partie de l'ordre naturel des choses observ&#233; dans le paradigme autochtone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est certain qu'on m&#232;ne de grandes luttes pour nos droits ancestraux, pour nos territoires, mais ce n'est pas juste pour nous. On le fait pour toutes celles et tous ceux qui partagent ces territoires-l&#224; aujourd'hui. Notre identit&#233; et m&#234;me notre histoire commune sont d&#233;finies par le territoire. Pour notre bien commun, un changement de paradigme devra se faire, et ce, de mani&#232;re graduelle. Ainsi, notre r&#244;le en tant qu'Autochtones est de s'assurer que cette transition se fasse, car nous sommes consid&#233;r&#233;s comme les gardiens de ces terres-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;AB ! &lt;/i&gt; : Selon vous, quelles sont en ce moment les luttes autochtones qui n&#233;cessiteront un appui populaire dans les mois &#224; venir &lt;/strong&gt; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tellement difficile de choisir parce que chacune de ces luttes vaut la peine. C'est certain que si je r&#233;ponds &#224; cette question-l&#224;, ce sera tr&#232;s li&#233; &#224; mon attachement au territoire de l'Eeyou Istchee d'o&#249; je viens, soit la Baie-James. En r&#233;alit&#233;, c'est une chose qui est franchement occidentale, non-autochtone, de vouloir diviser les territoires pour ensuite d&#233;cider qu'il y a un endroit qui est plus important que l'autre. En r&#233;alit&#233;, tout est interconnect&#233;. Au sujet de la contribution des gens qui veulent s'allier &#224; nos luttes, le plus important c'est vraiment de s'informer en fonction d'o&#249; ils sont, de leur contexte et puis de voir comment ils peuvent se mobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup de choses qui se passent en ce moment : chaque communaut&#233; a ses luttes. Si quelqu'un prend en compte les paroles que je partage avec toi, son devoir serait de voir quelle est la communaut&#233; la plus proche de chez lui et de voir ce qui se passe l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;AB ! : &lt;/i&gt; Quelles sont les mani&#232;res de d&#233;coloniser ces relations de solidarit&#233; entre Nations et de questionner les relations de pouvoir ? &lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus important, c'est de s'&#233;duquer et de s'assurer d'avoir les bonnes informations. Il faut que l'alli&#233;&#183;e prenne conscience de toutes les choses qu'on a v&#233;cues historiquement en tant que peuples autochtones, que ce soient les luttes qu'on a men&#233;es dans le pass&#233; ou les impacts des politiques coloniales telles que la Loi sur les Indiens. Il faut savoir ce qui cause tant d'obstacles, les subtilit&#233;s qui cr&#233;ent des dynamiques un peu difficiles dans nos luttes. C'est important pour les alli&#233;&#183;e&#183;s de savoir ceci, mais pour nous aussi les Autochtones puisque nous aussi on doit vous rejoindre &#224; mi-chemin. Ce n'est pas juste &#224; vous de faire tout le chemin, il faut se rejoindre &#224; un point commun et nous devons utiliser notre droit &#224; l'autod&#233;termination &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e, c'est que le dialogue entre les Nations est tr&#232;s important. On est &#224; une heure o&#249; la r&#233;conciliation est suppos&#233;ment tr&#232;s importante pour le gouvernement. Mais pour le moment, on utilise le terme r&#233;conciliation pour dire &#171; ah, on a de bonnes intentions &#187;, mais on n'agit pas comme si on voulait vraiment cette r&#233;conciliation. Il faut vraiment comprendre le contexte et comment on peut faire avancer cette soi-disant r&#233;conciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, c'est tout simplement d'&#234;tre inform&#233; et d'avoir un esprit critique par rapport aux informations qui sont re&#231;ues, surtout dans les nouvelles. C'est important que chacun fasse sa propre analyse de la situation parce qu'il est difficile de trouver des sources d'information qui soient neutres. De notre bord, c'est notre attachement identitaire, culturel, historique au territoire qui fait qu'on en a une perspective diff&#233;rente. La mani&#232;re qu'on a de communiquer avec nos mots peut sembler extr&#234;me pour certain&#183;e&#183;s ou avoir une intensit&#233; que d'autres gens ne comprennent pas. Ceci r&#233;sulte parfois en pr&#233;jug&#233;s tels que &#171; les nations autochtones ne veulent pas partager leur territoire avec nous. Elles sont un peu extr&#234;mes quant &#224; l'environnement &#8211; elles exag&#232;rent ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;AB ! &lt;/i&gt; : Selon vous, les femmes autochtones ont-elles un r&#244;le particulier &#224; jouer quant &#224; la d&#233;fense du territoire ?&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, absolument ! Par exemple, on dit que les femmes sont &#171; porteuses d'eau &#187; et c'est pour &#231;a qu'en tant que femmes autochtones on a culturellement le devoir de prot&#233;ger l'eau, la source de vie ultime. D'ailleurs, dans certaines de nos langues, il n'y a pas de distinction entre le f&#233;minin et le masculin, mais on parle de la Terre comme une m&#232;re parce qu'elle porte la vie tout comme nos m&#232;res l'ont fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les femmes autochtones sont beaucoup au front de nos luttes parce qu'elles comprennent ce r&#244;le de m&#232;re &#8211; ce r&#244;le de femmes autochtones qui portent en elles les g&#233;n&#233;rations futures. Les femmes jouent un grand r&#244;le dans beaucoup de nos mouvements sociaux et la plupart du temps ce sont les femmes qui en sont les instigatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, notons bien qu'elles font le tout en prenant soin d'inclure les hommes dans le processus. Dans certaines des cultures autochtones, la compl&#233;mentarit&#233; entre les r&#244;les est importante pour &#234;tre en &#233;quilibre. Ceci se refl&#232;te notamment dans nos structures traditionnelles de gouvernance et notre mani&#232;re de voir le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;AB ! &lt;/i&gt; : On voit &#224; l'international que les femmes qui d&#233;fendent leur territoire sont particuli&#232;rement victimes de r&#233;pression ou de stigmatisation dans leur milieu. Est-ce que cela se refl&#232;te aussi ici ?&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a d&#233;pend vraiment du contexte : la r&#233;pression ou la stigmatisation ne se vit pas toujours de la m&#234;me mani&#232;re pour chacune de ces militantes. En menant de grandes actions ou en cr&#233;ant de grands mouvements, elles peuvent se mettre &#224; dos les gens qui ne croient pas n&#233;cessairement aux m&#234;mes valeurs qu'elles. Nous avons parl&#233; beaucoup du paradigme autochtone : le fait est que ce n'est pas tous les membres des Premi&#232;res Nations qui le poss&#232;dent ou qui le mettent en pratique. Ce n'est pas tout le monde qui aura la m&#234;me mani&#232;re de concevoir le monde, ni la m&#234;me mani&#232;re de comprendre un enjeu. C'est certain qu'il y aura un certain degr&#233; de marginalisation puisqu'elles vont d&#233;noncer les politiques absurdes en vigueur sur nos territoires ou par rapport &#224; notre culture. Ce genre de d&#233;nonciation n'est pas toujours accueilli avec le sourire. Au plan personnel, le temps qu'elles investissent dans ces causes peut avoir un impact sur leur vie, mais la mobilisation qu'elles cr&#233;ent au nom de nos droits et territoires en vaut la peine. En luttant pour ce en quoi elles croient, elles cr&#233;ent les alliances entre les diff&#233;rentes Premi&#232;res Nations qui permettent de mener des luttes communes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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