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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Vivre et mourir dans l'ombre des monuments</title>
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		<dc:date>2018-09-16T16:39:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Gilbert</dc:creator>


		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Gilbert, Alain</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les mythes porteurs du r&#233;cit national contribuent &#224; la machine &#224; oublier en gommant les multiples antagonismes de classes qui se sont institu&#233;s dans l'histoire. Puisqu'ils participent &#224; la fabrique du consentement, plusieurs sont &#224; d&#233;construire pour saisir les enjeux populaires de la p&#233;riode de la consolidation industrielle au Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean (1888-1929). &lt;br class='autobr' /&gt; L'arriv&#233;e du chemin de fer &#224; Chambord, en 1888, a profond&#233;ment &#233;branl&#233; la structure &#233;conomique r&#233;gionale. Le d&#233;veloppement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Saguenay-Lac-St-Jean-Chroniques-d-un-royaume-" rel="directory"&gt;Dossier : Saguenay - Lac-St-Jean. Chroniques d'un royaume&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gilbert-Alain-+" rel="tag"&gt;Gilbert, Alain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les mythes porteurs du r&#233;cit national contribuent &#224; la machine &#224; oublier en gommant les multiples antagonismes de classes qui se sont institu&#233;s dans l'histoire. Puisqu'ils participent &#224; la fabrique du consentement, plusieurs sont &#224; d&#233;construire pour saisir les enjeux populaires de la p&#233;riode de la consolidation industrielle au Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean (1888-1929).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'arriv&#233;e du chemin de fer &#224; Chambord, en 1888, a profond&#233;ment &#233;branl&#233; la structure &#233;conomique r&#233;gionale. Le d&#233;veloppement &#233;conomique de la r&#233;gion par les colons-b&#251;cherons avait &#233;t&#233; phagocyt&#233; par les nouveaux f&#233;odaux, la Price Brothers and Company en particulier. Les familles de d&#233;fricheurs vivaient comme des esclaves, dans une indigence nourrie par les cycles de l'endettement, de la d&#233;possession et des crises &#233;conomiques. Les promesses de changement qu'&#233;tait cens&#233;e apporter l'industrialisation n'auront &#233;t&#233; que de la poudre aux yeux. La haute finance, les hommes d'affaires et les grands commer&#231;ants avaient flair&#233; la manne de profits dans une r&#233;gion si domin&#233;e. L'establishment de la petite bourgeoisie traditionnelle c&#233;da ainsi son contr&#244;le des institutions publiques &#224; une nouvelle caste de privil&#233;gi&#233;s. Les conseils municipaux &#233;taient g&#233;n&#233;ralement inf&#233;od&#233;s aux entreprises qui exer&#231;aient localement le monopole. Les &#233;lections &#233;taient contr&#244;l&#233;es, surveill&#233;es, achet&#233;es et trafiqu&#233;es par celles-ci. Leur fraude &#233;tait payante avec les exemptions de taxe et tous les avantages qu'elles arrivaient &#224; faire adopter par le conseil municipal.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_451 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L103xH148/123123-6b6c3.png?1729028714' width='103' height='148' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Monument Le p&#232;re du Royaume &#233;rig&#233; &#224; Chicoutimi &#224; la fin du 19e si&#232;cle &#224; la m&#233;moire de l'industriel William Evan Price. Photo : Wm. Notman &amp; Son.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En continuit&#233; avec la colonisation des territoires ancestraux des peuples innu et wendat, la deuxi&#232;me vague d'industrialisation s'est aussi traduite par la consolidation de l'espace colonial avec le vol des terres autochtones. La cr&#233;ation du parc des Laurentides en 1895, &#224; la suite de la construction du chemin de fer, a attir&#233; toute une foule de promoteurs qui ont accapar&#233; les droits de chasse et de p&#234;che tout le long du trac&#233;. Les gardes-chasses de ces clubs priv&#233;s et ceux du gouvernement ont bataill&#233; avec les Wendat de Lorette, qui y tiraient leur subsistance. Plusieurs des routes traditionnelles que constituaient les cours d'eau &#233;taient bloqu&#233;es par le flottage du bois et la course au harnachement des rivi&#232;res par les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Le dessein colonial imposait sa domination par une destruction sans borne des &#233;cosyst&#232;mes&#8230; jusqu'&#224; entrer en contradiction totale avec l'une de ses bases id&#233;ologiques : l'agriculturisme et la figure du colon-d&#233;fricheur. Le rehaussement du niveau du lac Saint-Jean par le m&#233;gabarrage de l'Isle-Maligne a provoqu&#233; le d&#233;placement forc&#233; de villages d'agriculteurs entiers, l'inondation de terres parmi les plus fertiles de la r&#233;gion et la destruction d'&#233;cosyst&#232;mes exceptionnels. Sans respecter les proc&#233;dures d'expropriation n&#233;cessaires et sans m&#234;me, minimalement, avertir la population, la mise en marche du barrage a fait perdre 60000 acres de terre &#224; 940 cultivateurs. Malgr&#233; cela, la compagnie a eu gain de cause devant les tribunaux dans le proc&#232;s entam&#233; &#224; gros frais par les fermiers !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; D&#233;velopper le sous-d&#233;veloppement &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'hier &#224; aujourd'hui, le rapport de d&#233;pendance qu'entretiennent les centres urbains avec les r&#233;gions &#171; p&#233;riph&#233;ris&#233;es &#187; a structur&#233; le d&#233;veloppement de celles-ci sous le mode de production capitaliste. Cela explique bien pourquoi l'&#233;tablissement de villes et localit&#233;s mono-industrielles a pratiquement &#233;t&#233; une constante au Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean au cours de cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re grande usine &#224; voir le jour a &#233;t&#233; la Compagnie de pulpe de Chicoutimi, fond&#233;e en 1896 par Julien-&#201;douard-Alfred Dubuc. Selon l'historien Jean-Pierre Charland, il s'agissait &#224; l'&#233;poque de la plus grande pulperie du monde ; elle re&#231;ut d'ailleurs une publicit&#233; &#233;logieuse en Europe pour la qualit&#233; de sa production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dubuc b&#233;n&#233;ficiait pour sa part d'une alliance d'int&#233;r&#234;ts avec le clerg&#233;. L'&#233;change de bons proc&#233;d&#233;s a &#233;t&#233; tr&#232;s lucratif pour lui. Il a &#233;t&#233; vant&#233; par les cur&#233;s comme un &#171; bon patron &#187; canadien-fran&#231;ais, une image encore fr&#233;quemment reprise dans les ouvrages d'histoire. Ses ouvriers, qui ont souffert d'un syst&#232;me de non-paiement des salaires chronique durant plusieurs ann&#233;es, pensaient diff&#233;remment. L'&#233;tat de d&#233;pendance de leurs familles les r&#233;duisait &#224; la soumission &#224; des salaires comparativement plus bas qu'ailleurs, aux mauvaises conditions de travail et au travail des enfants. Nos bons cur&#233;s qui s'&#233;taient oppos&#233;s &#224; l'&#233;ducation obligatoire, revendiqu&#233;e par les syndicats pour mettre en &#233;chec le travail des enfants, r&#233;clamaient tout de m&#234;me une journ&#233;e de cong&#233; pour prier le dimanche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les profits de la compagnie &#233;taient en hausse constante. Dubuc s'est m&#234;me retrouv&#233; &#224; la t&#234;te du cartel de la North American Pulp and Paper Company. Le pr&#233;tendu bienfaiteur y a d&#233;fendu un syst&#232;me qui attribuait aux usines am&#233;ricaines la transformation des mati&#232;res premi&#232;res extraites &#224; faible co&#251;t au Canada. &#192; l'&#233;chelle r&#233;gionale, l'empire de Dubuc a un temps rivalis&#233; avec le monopole de la dynastie des Price Brothers, avant de conna&#238;tre son d&#233;clin dans les ann&#233;es 1920.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_452 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH361/234234-eebcd.png?1729028714' width='500' height='361' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chute de Val-Jalbert. Photo : Peter Van den Bossche (CC BY-SA 2.0).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Val-Jalbert, P&#233;ribonka, K&#233;nogami, Port-Alfred, Chute-aux-Galets, Isle-Maligne, Arvida, Dolbeau, Riverbend, Racine et Chute-des-Passes... Les villes de compagnie repr&#233;sentaient l'aboutissement de l'id&#233;ologie &#233;conomique du laisser-faire, l'utopie du capitalisme monopolistique. La r&#233;gion en a &#233;t&#233; championne, avec onze villes et villages de compagnie. Elles &#233;taient construites de toutes pi&#232;ces par les entreprises et demeuraient sous leur plein contr&#244;le. Toutes les infrastructures leur appartenaient. Leurs &#233;coles, dont elles consid&#233;raient le niveau &#233;l&#233;mentaire suffisant, s'appliquaient ainsi &#224; former de futurs travailleurs ob&#233;issants. Dans ses publicit&#233;s, Arvida (ville d'Alcoa) &#233;tait d&#233;crite comme une prouesse sur le plan du d&#233;veloppement industriel. Mais, objectivement, tout cela &#233;tait planifi&#233; en fonction du profit maximum et du contr&#244;le social sur la nouvelle concentration ouvri&#232;re. Alcoa, qui s'est d&#233;sormais impos&#233; comme nouveau monopole rival dans le paysage r&#233;gional, &#233;tait un trust am&#233;ricain qui maintenait l'aluminium au plus haut co&#251;t et &#233;liminait la comp&#233;tition. Ces grands capitalistes ont fait leur fortune &#224; m&#234;me le sang des boucheries mondiales fratricides de 1914 et de 1939.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des ouvriers ni passifs ni r&#233;sign&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour le clerg&#233; r&#233;gional, la consolidation industrielle comportait sa part de risques &#224; neutraliser pour asseoir son autorit&#233; sur ses ouailles dans un nouveau contexte. Les ouvriers n'&#233;taient pas tranquilles. La plus ancienne gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la r&#233;gion &#224; avoir &#233;t&#233; rapport&#233;e dans la litt&#233;rature historique remonte &#224; 1879. R&#233;volt&#233;s, les ouvriers de la scierie de Chicoutimi, puis ceux des navires, ont tabass&#233; leur g&#233;rant et menac&#233; de d&#233;truire la propri&#233;t&#233; de la Price Brothers and Company.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inspir&#233; par des associations contre-r&#233;volutionnaires de la droite catholique europ&#233;enne, Mgr Eug&#232;ne Lapointe a form&#233;, &#224; partir de 1907 dans la r&#233;gion, les premiers syndicats catholiques en Am&#233;rique du Nord. Il s'agissait d'une forme de syndicalisme jaune, en lien &#233;troit avec le grand patron J.-&#201;.-A. Dubuc, sous la direction de membres du clerg&#233; et en opposition aux id&#233;es de gr&#232;ve et de socialisme. Objectivement, dans le contexte, le clerg&#233; craignait l'irruption de leaders la&#239;ques repr&#233;sentant les masses ouvri&#232;res qui mineraient sa mainmise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La progression de ce courant syndical a &#233;t&#233; bien lente et ti&#232;de. La r&#233;volte ouvri&#232;re s'est t&#244;t manifest&#233;e contre cet organe d'encadrement social. Des ouvriers ont d&#233;nonc&#233; la collaboration avec le patronat, d&#233;fi&#233; les ordres du clerg&#233; et fait la gr&#232;ve m&#234;me si leur syndicat leur interdisait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1918, &#224; la Compagnie de pulpe de Chicoutimi, les travailleurs ont fait la gr&#232;ve alors que leur syndicat avait accept&#233; les offres patronales. &#192; l'hiver 1920, ils l'ont refait pour refuser de se faire refiler les co&#251;ts d'une crise provoqu&#233;e par les capitalistes. En 1921, les ouvriers de Price de K&#233;nogami et de Jonqui&#232;re, dont l'affiliation syndicale &#233;tait partag&#233;e entre l'union catholique et une union internationale, ont r&#233;sist&#233; durant plus de six semaines &#224; un lock-out. Le conflit a &#233;t&#233; parsem&#233; d'actes de sabotage pour une valeur de plus d'une dizaine de milliers de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains milieux de travail non syndiqu&#233;s ont &#233;galement connu des tumultes. En 1917, le chantier de construction de la Ha ! Ha ! Bay Sulphite &#224; Port-Alfred (propri&#233;t&#233; de Dubuc) a quasiment &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre d'une insurrection. Les ouvriers occupaient le chantier, chassaient les briseurs de gr&#232;ve, mena&#231;aient de faire exploser l'usine en construction et ont brav&#233; les ordres des agents de la police provinciale descendus de Qu&#233;bec. Le sh&#233;rif Savard a lu l'acte d'&#233;meute. Mais, les ouvriers ont refus&#233; de se conformer. Ils lui ont cri&#233; : &#171; &lt;i&gt;Si on veut la guerre, nous avons des fusils !&lt;/i&gt; &#187; La mise en place par la police des pr&#233;paratifs pour un bain de sang a un peu plus tard eu raison du courage des gagne-petit. Ils ne r&#233;clamaient que de justes salaires et le respect de la journ&#233;e de travail de huit heures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mythe de l'homog&#233;n&#233;it&#233; ethnique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan des id&#233;es, influenc&#233; par le courant de pens&#233;e du racisme scientifique, le clerg&#233; prenait activement part &#224; la d&#233;finition de l'identit&#233; nationale de la soi-disant &#171; race canadienne-fran&#231;aise &#187;. Il soutenait l'existence d'une hi&#233;rarchie naturelle entre les &#171; races &#187; et la supr&#233;matie blanche. Cette nouvelle identit&#233; d&#233;savouait cat&#233;goriquement tout le m&#233;tissage des Canadiens fran&#231;ais avec les Autochtones (consid&#233;r&#233;s comme des &#171; sauvages &#187;). Elle cr&#233;ait l'image d'un peuple au sang pur, descendant des anc&#234;tres de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe nationaliste conserve aujourd'hui sa place dans les pr&#233;jug&#233;s populaires et invisibilise les autres communaut&#233;s culturelles. Il faut savoir qu'&#224; toutes les &#233;poques depuis les d&#233;buts de la colonisation, la population r&#233;gionale a &#233;t&#233; diversifi&#233;e. Durant la consolidation industrielle, les gens d'une dizaine de nationalit&#233;s &#8211; d'Europe de l'Est, de Scandinavie et d'Europe de l'Ouest &#8211; ont pris part &#224; la construction des grands ouvrages et ont travaill&#233; dans les usines. Dans une mis&#232;re et des conditions sans nom, leur sang a coul&#233; aux quatre coins de la r&#233;gion. D'ailleurs, on entend encore l'expression &lt;i&gt;couler du polonais&lt;/i&gt;, qui signifie &lt;i&gt;grosso modo&lt;/i&gt; &#171; travailler d'arrache-pied &#187; ; l'expression faisant r&#233;f&#233;rence aux travailleurs, en grande partie &#233;trangers, qui mourraient en tombant dans le b&#233;ton au moment de la construction des grands barrages de la r&#233;gion. Dans ces barrages, sur le trac&#233; du chemin de fer et dans les autres milieux, la mortalit&#233; au travail &#233;tait plus quotidienne qu'accidentelle. Qui s'en souvient quand l'&#233;lite r&#233;gionaliste glorifie les r&#233;alisations de nos monopoles ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est militant du Collectif Emma Goldman (Saguenay).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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