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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les freins d'une r&#233;sistance</title>
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		<dc:date>2021-03-21T14:51:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabel Brochu</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Brochu, Isabel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 3 000 personnes ont march&#233; pour l'urgence climatique dans les rues de Chicoutimi le 27 septembre dernier. Le projet de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (GNL) &#224; Saguenay &#233;tait la principale cible de cette manifestation. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est un euph&#233;misme d'affirmer que le projet de construction d'une usine de gaz liqu&#233;fi&#233; divise la population de Saguenay. En effet, la capacit&#233; territoriale de r&#233;sistance face au projet GNL se heurte &#224; l'inqui&#233;tude quant &#224; l'avenir &#233;conomique de la r&#233;gion. Une br&#232;ve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brochu-Isabel-+" rel="tag"&gt;Brochu, Isabel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3103.jpg?1642092257' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1251&#034; height=&#034;704&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#232;s de 3 000 personnes ont march&#233; pour l'urgence climatique dans les rues de Chicoutimi le 27 septembre dernier. Le projet de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (GNL) &#224; Saguenay &#233;tait la principale cible de cette manifestation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; C'est un euph&#233;misme d'affirmer que le projet de construction d'une usine de gaz liqu&#233;fi&#233; divise la population de Saguenay. En effet, la capacit&#233; territoriale de r&#233;sistance face au projet GNL se heurte &#224; l'inqui&#233;tude quant &#224; l'avenir &#233;conomique de la r&#233;gion. Une br&#232;ve description de l'ensemble des projets industriels &#224; Saguenay est n&#233;cessaire pour comprendre le niveau de complexit&#233; auquel est confront&#233;e la population, mais aussi les groupes qui souhaitent r&#233;sister &#224; ces projets. Cet article se concentre sur la ville de Saguenay et les municipalit&#233;s de la MRC du Fjord-du-Saguenay, mais ces enjeux d&#233;passent ce territoire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Niveau de complexit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; GNL exige &#224; lui seul une analyse &#224; plusieurs niveaux notamment parce qu'il a &#233;t&#233; saucissonn&#233; en plusieurs sous-projets : gazoduc de l'Alberta &#224; Saguenay, usine de liqu&#233;faction au port de Grande-Anse &#224; La Baie (Saguenay) et transport maritime avec des m&#233;thaniers (fjord du Saguenay et fleuve Saint-Laurent). Les processus impliquent directement plusieurs territoires, limites administratives, instances de consultation et niveaux de gouvernement (municipal, MRC, provincial et f&#233;d&#233;ral). Du point de vue du citoyen, il devient difficile de bien comprendre le r&#244;le des institutions ou de savoir quand et o&#249; s'informer. Les organisations profitent de cette confusion pour nier leurs responsabilit&#233;s face aux demandes citoyennes. Par exemple, toutes les interventions aupr&#232;s des conseils municipaux sont rest&#233;es lettre morte. Sur ce sujet, une analyse a d&#233;montr&#233; &#224; quel point les lois et mesures actuelles, notamment celles sur l'am&#233;nagement et l'urbanisme, excluent la participation citoyenne dans ce type de projet o&#249; se c&#244;toient les enjeux locaux, supra-locaux et mondiaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I. Brochu et J.-G. Simard, &#171; Municipalit&#233;s locales et MRC : proximit&#233; avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il y a un autre &#233;l&#233;ment majeur &#224; consid&#233;rer : GNL n'arrive pas seul dans l'espace public saguen&#233;en. Il fait partie de la strat&#233;gie de d&#233;veloppement de la zone industrialo- portuaire (ZIP) dont le d&#233;nominateur commun est Port Saguenay, l'administration portuaire de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La construction du gazoduc et de l'usine de liqu&#233;faction de GNL ainsi que son transport par bateau s'ajoutent &#224; trois projets d'approvisionnement pour le d&#233;veloppement de la ZIP (gaz naturel, &#233;lectricit&#233; et eau de proc&#233;d&#233;). S'additionnent aussi trois autres projets industriels : l'usine M&#233;taux BlackRock (MBR), l'usine cryog&#233;nique (li&#233;e &#224; MBR) et la construction d'un nouveau terminal maritime sur la rive nord du Saguenay (Arianne Phosphate). Si une personne veut comprendre les impacts li&#233;s au trafic maritime sur le fjord, elle doit consid&#233;rer le trafic actuel (installations portuaires de Rio Tinto, terminal maritime de Grande-Anse, les bateaux au quai de croisi&#232;res internationales &#224; La Baie) et celui des nouveaux projets. Un casse-t&#234;te uniquement du point de vue de la disponibilit&#233; et de l'acc&#232;s &#224; l'information o&#249; se contredisent all&#232;grement les promoteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Appui massif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La classe politique locale de Saguenay et de la MRC du Fjord-du-Saguenay appuie unanimement tous les projets industriels de la ZIP, que ce soit &#224; travers les d&#233;clarations ou r&#233;solutions officielles. Les &#233;lu&#183;e&#183;s qui ont des r&#233;ticences sont d'une discr&#233;tion absolue, du moins dans l'espace public. Sans surprise, la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord appuie tous les projets. La position &#233;ditoriale du journal Le Quotidien y est plut&#244;t favorable de m&#234;me que la populaire et tr&#232;s conservatrice station Radio X. Les organisations du milieu touristique sont muettes alors qu'elles risquent de subir des cons&#233;quences majeures en lien avec ces d&#233;veloppements industriels. Sylvain Gaudreault, d&#233;put&#233; de Jonqui&#232;re, est le seul qui a adopt&#233; une position ferme contre le projet GNL. Tous les autres s'en remettent au d&#233;p&#244;t des analyses environnementales. Le sujet est chaud et, mis &#224; part le Parti vert, on pr&#233;f&#232;re attendre les r&#233;sultats des analyses qui arriveront apr&#232;s les &#233;lections f&#233;d&#233;rales. Les retomb&#233;es &#233;conomiques et le poids de ces projets sur l'avenir de la r&#233;gion dominent les discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La p&#233;tition &#171; Oui aux projets &#201;nergie Saguenay, Arianne Phosphate et M&#233;taux BlackRock &#187;, port&#233;e par un citoyen connu pour d&#233;fendre aveugl&#233;ment les grandes entreprises, a recueilli 10 000 signatures. En f&#233;vrier 2019, la Chaire de recherche en &#233;coconseil de l'UQAC, sous la direction du biologiste Claude Villeneuve, a sign&#233; une entente avec GNL. L'objectif consiste &#224; trouver des solutions pour que le complexe de liqu&#233;faction de gaz naturel soit carboneutre. Pour plusieurs, l'association du &#171; pape &#187; r&#233;gional de l'environnement au projet d'usine de liqu&#233;faction lui apporte une caution incontestable. Pourtant, leur &#233;tude ne concerne que l'usine, sans l'extraction, le gazoduc et le transport maritime. Tous ces silences et appuis, r&#233;els ou interpr&#233;t&#233;s, en am&#232;nent plus d'un &#224; affirmer que la population ent&#233;rine tous les projets industriels, dont celui de GNL.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; R&#233;sistance &#233;clat&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; L'organisation de la r&#233;sistance citoyenne est li&#233;e aux diff&#233;rents projets et &#224; leur territorialisation. Le premier groupe &#224; voir le jour a &#233;t&#233; le Collectif de l'Anse-&#224;-Pelletier, &#224; Saint-Fulgence, qui questionne le projet d'exploitation de la mine du lac &#224; Paul (2013) et la construction du port sur la rive nord d&#233;di&#233; au transport du minerai&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a actuellement trois infrastructures maritimes : installations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le Collectif de la Batture, form&#233; en 2018 &#224; La Baie (rive sud), vise aussi ce port qui sera construit face &#224; leurs habitations. Les autres collectifs locaux se sont ajout&#233;s en 2018 : Bas-Saguenay, Saint-Rose-du-Nord et la secr&#232;te Cellule des Abysses. D'autres groupes existent au Lac-Saint-Jean, en Abitibi et sur la C&#244;te-Nord. Anim&#233;e par un sentiment d'urgence et une volont&#233; de se regrouper, la Coalition Fjord &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Val&#233;rie Beauchamp, &#171; Une coalition &#224; la d&#233;fense du fjord &#187;, &#192; b&#226;bord !, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a &#233;t&#233; form&#233;e en novembre 2018 lors d'une soir&#233;e organis&#233;e en quelques heures et qui a attir&#233; une centaine de personnes. La Coalition Fjord a choisi de se battre contre GNL, qui constitue le symbole ultime de ce que combattent les groupes environnementaux. La r&#233;sistance se fait en collaboration avec divers groupes qu&#233;b&#233;cois et canadiens (Pacte pour la transition, Eau secours, Fondation David Suzuki).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Malgr&#233; cette diversit&#233; des fronts, les d&#233;fis li&#233;s &#224; l'organisation d'un mouvement de r&#233;sistance sont nombreux, les enjeux &#233;tant mondiaux, nationaux et locaux. Les collectifs ne visent pas tous les m&#234;mes projets et territoires. Les militantes et militants ne partagent pas les m&#234;mes niveaux de connaissance ni les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts. L'&#233;ventail des tactiques et d'actions possibles est &#233;lev&#233;, contrairement aux moyens financiers. Cet &#233;clatement ne facilite pas l'&#233;laboration d'une strat&#233;gie commune pour faire face &#224; l'appui massif des &#233;lites locales ou pour sensibiliser la population aux impacts cumulatifs des projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un des freins importants &#224; la r&#233;sistance locale, et qu'il ne faut jamais sous- estimer, r&#233;side dans les effets de proximit&#233; de la communaut&#233;. Les individus, entreprises et organisations qui appuient massivement ces projets sont aussi des parents, des employeurs actuels et potentiels, des clients et, surtout, de subventionnaires. On peut y voir une explication plausible (mais partielle) de l'absence d'un positionnement clair de certaines organisations li&#233;es de pr&#232;s aux enjeux environnementaux (ex. : Eur&#234;ko, organismes de bassins versants, comit&#233;s ZIP). Tout au plus ont-ils r&#233;clam&#233; une seule &#233;valuation environnementale et un prolongement des consultations publiques sur GNL. En juin 2019, le Regroupement national des conseils r&#233;gionaux s'est oppos&#233; au projet de GNL par voie de communiqu&#233;. Membre de ce regroupement, le Conseil r&#233;gional de l'environnement et de d&#233;veloppement durable (CREDD) du Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean n'a toutefois fait aucune d&#233;claration dans les m&#233;dias r&#233;gionaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est pourtant le d&#233;veloppement de la r&#233;gion p&#233;riph&#233;rique du Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean qui se trouve au c&#339;ur de ces questions alors que les &#233;lites locales et r&#233;gionales, appuy&#233;es par les gouvernements du Qu&#233;bec et du Canada, s'accrochent &#224; un vieux mod&#232;le qui n'a plus d'avenir. La r&#233;gion du Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean risque en effet de devenir le dindon d'une farce o&#249; les investissements porteurs d'avenir se font ailleurs au Qu&#233;bec, pendant que des compagnies &#233;trang&#232;res profitent des derniers soubresauts d'un mod&#232;le obsol&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;I. Brochu et J.-G. Simard, &#171; Municipalit&#233;s locales et MRC : proximit&#233; avec qui ? &#187;, &lt;em&gt;L'Action nationale&lt;/em&gt;, juin 2019, p. 136-151.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il y a actuellement trois infrastructures maritimes : installations portuaires industrielles de Rio Tinto &#224; La Baie (bauxite), le quai de croisi&#232;res internationales (La Baie) et le terminal de Grande-Anse &#224; La Baie qui accueille les projets industriels, dont celui de GNL. Le port sur le versant nord serait la 4e infrastructure portuaire dans un secteur assez restreint du fjord du Saguenay.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Val&#233;rie Beauchamp, &#171; Une coalition &#224; la d&#233;fense du fjord &#187;, &lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt;, no 81, novembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Isabel Brochu est consultante en d&#233;veloppement et professionnelle de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Normand Gaudreault (CC BY-NC-ND 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les mains invisibles de Saguenay</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-mains-invisibles-de-Saguenay</link>
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		<dc:date>2019-02-21T02:38:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabel Brochu</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Brochu, Isabel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un &#171; vent de changement &#187; a souffl&#233; sur Saguenay le 5 novembre dernier. Plusieurs per&#231;oivent, en effet, le d&#233;part de Jean Tremblay et l'arriv&#233;e de nouveaux visages comme la garantie d'un renouveau bienfaiteur. Il reste que redonner un sens d&#233;mocratique &#224; cet appareil municipal gangren&#233; par le favoritisme et les abus de pouvoir s'av&#232;rera une t&#226;che complexe. &lt;br class='autobr' /&gt; Jos&#233;e N&#233;ron, de l'&#201;quipe du renouveau d&#233;mocratique (ERD), est devenue la premi&#232;re mairesse dans l'histoire de Saguenay. En raison de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-73-fevrier-mars-2018-" rel="directory"&gt;No 073 - f&#233;vrier / mars 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brochu-Isabel-+" rel="tag"&gt;Brochu, Isabel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2707.png?1642092224' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;602&#034; height=&#034;339&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un &#171; vent de changement &#187; a souffl&#233; sur Saguenay le 5 novembre dernier. Plusieurs per&#231;oivent, en effet, le d&#233;part de Jean Tremblay et l'arriv&#233;e de nouveaux visages comme la garantie d'un renouveau bienfaiteur. Il reste que redonner un sens d&#233;mocratique &#224; cet appareil municipal gangren&#233; par le favoritisme et les abus de pouvoir s'av&#232;rera une t&#226;che complexe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jos&#233;e N&#233;ron, de l'&#201;quipe du renouveau d&#233;mocratique (ERD), est devenue la premi&#232;re mairesse dans l'histoire de Saguenay. En raison de la culture politique et des attaques belliqueuses venues de l'ancien r&#233;gime, les partis politiques municipaux ont toutefois mauvaise presse &#224; Saguenay. Ils sont per&#231;us comme une cause des probl&#232;mes d&#233;mocratiques. C'est pourquoi madame N&#233;ron se retrouve entour&#233;e de seulement trois conseillers&#183;&#232;res de l'ERD et de douze &#233;lu&#183;e&#183;s ind&#233;pendant&#183;e&#183;s. Quatre d'entre eux, par ailleurs, ont si&#233;g&#233; dans l'ancien conseil municipal sans intervenir pour emp&#234;cher les man&#339;uvres de Jean Tremblay. Le Parti des citoyens, celui de l'ancien maire, a &#233;t&#233; ray&#233; de la carte puisque son seul conseiller &#233;lu a choisi de si&#233;ger comme ind&#233;pendant. Le nombre de femmes accuse un recul, passant de cinq conseill&#232;res &#224; une mairesse et deux conseill&#232;res seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s son arriv&#233;e, Jos&#233;e N&#233;ron a redonn&#233; le droit de parole aux fonctionnaires, remis les s&#233;ances municipales en soir&#233;e, plac&#233; la p&#233;riode de questions au d&#233;but des assembl&#233;es, augment&#233; le nombre d'&#233;lus&#183;e&#183;s au comit&#233; ex&#233;cutif, etc. Il s'agit d'un retour &#224; des r&#232;gles de base bafou&#233;es par l'ancien r&#233;gime. On peut s'en r&#233;jouir sans consid&#233;rer pour autant qu'il s'agit de changements profonds.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le recul du d&#233;ni&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie de la population de Saguenay conna&#238;t une prise de conscience douloureuse depuis les &#233;lections. Le d&#233;ni perd du terrain. Chaque jour apporte son lot de rebondissements, montrant &#224; quel point les ami&#183;e&#183;s du r&#233;gime n'ont pas l&#233;sin&#233; pour s'enrichir avec les fonds publics. Le contrat blind&#233; et extravagant offert &#224; Ghislain Harvey, ex-PDG de Promotion Saguenay (PS), dont la r&#233;v&#233;lation a fait l'objet d'une ordonnance d'un juge de la Commission d'acc&#232;s &#224; l'information, n'est qu'un exemple parmi d'autres. &#192; travers les diverses man&#339;uvres pr&#233;-&#233;lectorales commises au conseil d'administration de PS et la d&#233;couverte d'autres contrats faramineux octroy&#233;s &#224; ses complices plac&#233;s dans l'appareil municipal, la population se rend compte que Saguenay poss&#233;dait le parfait arsenal, banal mais destructeur, d'un syst&#232;me bas&#233; sur le favoritisme et les abus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utilisons Promotion Saguenay, un cas type, pour jeter les bases d'un d&#233;bat sur les causes des malversations et de leurs possibles solutions. Cette organisation municipale re&#231;oit 10 millions $ par ann&#233;e en fonds publics. Un examen de la composition de son conseil d'administration (2006 &#224; 2017) met en &#233;vidence des &#233;l&#233;ments int&#233;ressants. Le nombre de membres varie, sans explication, entre 13 et 19 selon les ann&#233;es. Trois d'entre eux y si&#232;gent depuis le d&#233;but (11 ans), dont un qui est aussi pr&#233;sident de la Pulperie de Chicoutimi depuis 2015 et administrateur &#224; Diffusion Saguenay. La majorit&#233; y si&#232;ge depuis 8 et 10 ans. Il n'y a jamais eu plus de quatre femmes au conseil, et on en compte une seule actuellement. Ce sont en g&#233;n&#233;ral des propri&#233;taires de PME (tourisme, construction, clinique dentaire, garage, assurances, etc.). Aucun membre ne provient d'autres secteurs de la soci&#233;t&#233;, sauf un qui occupe un si&#232;ge r&#233;serv&#233; au pr&#233;fet de la MRC du Fjord. Les nominations ne sont pas justifi&#233;es bien qu'il y ait une dominance du secteur priv&#233;. Plusieurs critiques, demeur&#233;es lettres mortes, ont d&#233;nonc&#233; l'opacit&#233; de l'organisation. En 2013, un rapport du minist&#232;re des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) identifiait des probl&#232;mes dans l'octroi des contrats. Outre les mandats traditionnels de prospection et de soutien aux entreprises qui lui sont attribu&#233;s, PS s'occupe de tourisme, g&#232;re le quai de croisi&#232;res internationales et l'a&#233;roport civil de Bagotville. En mars 2017, elle a achet&#233; l'entreprise Croisi&#232;res du Fjord dans le plus grand secret. Le 30 novembre dernier, le nouveau conseil municipal a vot&#233; &#224; l'unanimit&#233; une r&#233;solution demandant sa mise en tutelle administrative par le MAMOT. Des v&#233;rificateurs externes enqu&#234;teront aussi sur Diffusion Saguenay et la Zone portuaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un renversement d&#233;mocratique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le danger qui guette le nouveau conseil municipal est de r&#233;duire les probl&#232;mes de Saguenay &#224; une question de gouvernance, terme fourre-tout qui occulte les int&#233;r&#234;ts et relations de pouvoir tout en faisant fi de l'imputabilit&#233;. &#192; ce titre, notons qu'aucun membre du conseil d'administration de PS n'a reconnu ses torts ni d&#233;missionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion d&#233;mocratique de Saguenay est le r&#233;el probl&#232;me. Le cas de PS est probant. Les &#233;lus&#183;e&#183;s et la population n'ont pas de contr&#244;le sur les orientations et les d&#233;cisions d'une organisation municipale qui se consid&#232;re comme souveraine. Face aux graves all&#233;gations qui circulent, plusieurs affirment que la solution passe par une &#171; d&#233;politisation &#187; de la structure municipale. Cette utilisation erron&#233;e du concept, qui confond d&#233;mocratie et partisanerie, en arrive &#224; d&#233;responsabiliser les &#233;lu&#183;e&#183;s. Il n'est gu&#232;re surprenant, du coup, d'entendre dire que les gens d'affaires sont les meilleurs pour si&#233;ger comme administrateurs comme si, naturellement, leurs int&#233;r&#234;ts se confondaient avec ceux de la population. Bref, les gens d'affaires seraient les doigts de cette main invisible qui cr&#233;e la richesse &#224; Saguenay. C'est l&#224; une application d'un pur n&#233;olib&#233;ralisme municipal dans lequel l'&#233;conomie n'est plus un enjeu politique. Cela signale toute l'ampleur du travail qui reste &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut redonner un sens &#224; la d&#233;mocratie en commen&#231;ant par la replacer &#224; l'endroit. Il faut mettre le bien commun au centre des d&#233;cisions. Ce d&#233;fi que certains jugent utopique est pourtant le changement fondamental attendu. Le bien commun ne saurait &#234;tre soumis &#224; la vision d'une communaut&#233; d'affaires. Promotion Saguenay est actuellement pr&#233;sent&#233; comme le bras &#233;conomique de Saguenay, conception dans laquelle l'&#233;conomie est dissoci&#233;e du social et des &#233;lus&#183;e&#183;s. Candidat d&#233;fait &#224; la mairie et associ&#233;-conseil chez Raymond Chabot Grant Thornton, Arthur Gobeil, nomm&#233; directeur int&#233;rimaire de PS pendant la proc&#233;dure de v&#233;rification, d&#233;fend depuis longtemps les promoteurs, dont la multinationale Rio Tinto. Sa premi&#232;re d&#233;claration fut d'affirmer que &#171; &lt;i&gt;la premi&#232;re &#233;tape, c'est de bien rassurer la communaut&#233; d'affaires, que la municipalit&#233; s'occupe de fa&#231;on prioritaire de ce dossier-l&#224;&lt;/i&gt; &#187;. Pourtant, l'actuel sursaut d'indignation vient de la population, pas du milieu &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me d&#233;fi est de revoir la d&#233;finition du d&#233;veloppement en le faisant reposer sur l'int&#233;r&#234;t collectif et en int&#233;grant toutes ses dimensions. Des outils existent d&#233;j&#224; &#224; cette fin, dont le plan d'am&#233;nagement et d'urbanisme. On doit consid&#233;rer tous les enjeux, notamment l'environnement et la baisse d&#233;mographique. La mission, la planification et le financement de PS, ainsi que des autres organismes paramunicipaux, devront d&#233;couler de la vision adopt&#233;e par le conseil municipal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement est politique. Il n'est pas neutre et encore moins uniquement &#233;conomique. Doit-on imposer un moratoire sur le d&#233;veloppement de nouveaux quartiers ? Financer les arts professionnels avant le divertissement ? Investir dans le patrimoine plut&#244;t que dans la construction ? Freiner les investissements en tourisme ? Ce sont des enjeux politiques qui confrontent directement les int&#233;r&#234;ts du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie existe &#224; travers des mesures concr&#232;tes. Il faut revoir les structures de pouvoir, changer la composition du conseil de PS afin d'ajouter des repr&#233;sentant&#183;e&#183;s de divers secteurs ainsi que des citoyen&#183;ne&#183;s. On doit lui donner un mandat clair, adopt&#233; par le conseil municipal, apr&#232;s une consultation citoyenne. Il faut des redditions de comptes, emp&#234;cher le cumul des si&#232;ges dans les organisations municipales, limiter la dur&#233;e des mandats et forcer la parit&#233; dans tous les conseils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conseil municipal doit appliquer des r&#232;gles qui emp&#234;cheront la reproduction d'un syst&#232;me bas&#233; sur les int&#233;r&#234;ts corporatifs et personnels. Redonner un sens &#224; la d&#233;mocratie me semble la seule voie pour lancer le chantier qui attend les &#233;lu&#183;e&#183;s de Saguenay. Il faudra du temps pour op&#233;rer un changement. Ce sera un vaste exercice p&#233;dagogique qui consistera &#224; revoir les bases d&#233;mocratiques, &#224; la mesure du lavage de cerveau men&#233; par l'ancien r&#233;gime pendant 15 ans. Par ailleurs, Saguenay n'est pas la seule municipalit&#233; du Qu&#233;bec &#224; triturer la d&#233;mocratie au moment o&#249; le gouvernement accorde aux villes plus de pouvoir. Les &#233;lu&#183;e&#183;s doivent saisir l'ampleur de la responsabilit&#233; qui accompagne le gouvernement de proximit&#233;. Or, la proximit&#233; n'est pas que celle de la population, elle est aussi celle des profiteurs !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteure est consultante en d&#233;veloppement des territoires et chroniqueuse au journal Le Quotidien. Elle est entre autres engag&#233;e dans le collectif Citoyens pour la d&#233;mocratie municipale &#224; Saguenay et dans la formation d'un collectif f&#233;ministe pour le Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Normand Gaudreault (CC BY-NC-ND 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des m&#233;dias r&#233;gionaux vuln&#233;rables</title>
		<link>https://www.ababord.org/Des-medias-regionaux-vulnerables</link>
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		<dc:date>2018-09-09T17:32:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabel Brochu</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Brochu, Isabel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249; que vous soyez au Qu&#233;bec, les m&#233;dias vont mal et les rapports s'accumulent pour le confirmer. Dans cet enjeu, il est n&#233;anmoins important de noter le d&#233;s&#233;quilibre qui existe entre le centre et les p&#233;riph&#233;ries ainsi que la diminution de la production d'information originale dans les r&#233;gions, comme l'a &#233;tabli le rapport Payette en 2010. &lt;br class='autobr' /&gt; Les deux derniers bilans produits par Influence Communication confirment en effet que les citoyen&#183;ne&#183;s du Qu&#233;bec ignorent ce qui se passe en Estrie, en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Saguenay-Lac-St-Jean-Chroniques-d-un-royaume-" rel="directory"&gt;Dossier : Saguenay - Lac-St-Jean. Chroniques d'un royaume&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brochu-Isabel-+" rel="tag"&gt;Brochu, Isabel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2575.png?1642092212' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;400&#034; height=&#034;301&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;O&#249; que vous soyez au Qu&#233;bec, les m&#233;dias vont mal et les rapports s'accumulent pour le confirmer. Dans cet enjeu, il est n&#233;anmoins important de noter le d&#233;s&#233;quilibre qui existe entre le centre et les p&#233;riph&#233;ries ainsi que la diminution de la production d'information originale dans les r&#233;gions, comme l'a &#233;tabli le rapport Payette en 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les deux derniers bilans produits par Influence Communication confirment en effet que les citoyen&#183;ne&#183;s du Qu&#233;bec ignorent ce qui se passe en Estrie, en Gasp&#233;sie ou en Abitibi. Ils ont une vision tronqu&#233;e des enjeux qu&#233;b&#233;cois. Qu'en est-il des m&#233;dias au Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean ? S'il est difficile de faire un portrait complet, voyons quelques indicateurs permettant d'&#233;valuer sommairement la situation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les journalistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les journalistes sont les rouages d'une presse libre. Leur nombre et les contextes de travail dans lesquels ils et elles &#233;voluent influencent la production d'une information de qualit&#233;. C'est lorsque les conditions de travail sont ad&#233;quates que les journalistes peuvent aller au-del&#224; de la couverture superficielle de l'actualit&#233; et faire du journalisme d'enqu&#234;te, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean compte diff&#233;rents m&#233;dias locaux et r&#233;gionaux, dont certains ont une salle de r&#233;daction. Outre le nombre de journalistes, les compressions et restructurations ont des effets sur la production elle-m&#234;me. En juin 2014, Radio-Canada a mis fin &#224; l'&#233;mission r&#233;gionale de fin de semaine et Capital M&#233;dias a cess&#233; en avril dernier la publication de l'hebdomadaire &lt;i&gt;Progr&#232;s-Dimanche&lt;/i&gt;. Dans les derniers mois, TVA a coup&#233; sa couverture m&#233;diatique la fin de semaine et transf&#233;r&#233; la r&#233;alisation des nouvelles &#224; Qu&#233;bec. Leurs bulletins seront d&#233;sormais pr&#233;enregistr&#233;s et ne permettront plus les interventions en direct. Ces exemples illustrent une d&#233;t&#233;rioration continue qui mine la qualit&#233; de l'information et p&#233;nalise ainsi les citoyen&#183;ne&#183;s de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journalistes en font d'ailleurs eux-m&#234;mes les frais. Selon la direction du &lt;i&gt;Quotidien / Le Progr&#232;s week-end&lt;/i&gt;, le journal a perdu trois journalistes en cinq ans. On y compte 23 journalistes, dont une quinzaine affect&#233;e &#224; la couverture m&#233;diatique. M&#234;me situation pour Radio-Canada Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean, qui a supprim&#233; trois postes de journaliste et proc&#233;d&#233; &#224; la conversion de deux autres au Web. Kate Tremblay, pr&#233;sidente du syndicat &#224; TVA Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean, indique que si le nombre de journalistes n'a pas vraiment diminu&#233; de leur c&#244;t&#233;, il en est autrement du total des employ&#233;&#183;e&#183;s, une situation qui illustre bien l'importance du contexte de travail. Madame Tremblay explique en effet que les changements technologiques, la diminution des surnum&#233;raires et la perte d'emplois dans les &#233;quipes de travail augmentent la charge de travail des journalistes et diminuent le temps disponible pour approfondir les dossiers ; il faut alors oublier les enqu&#234;tes, qui demandent du temps et ne sont pas toujours concluantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, il faut aussi prendre en compte la r&#233;alit&#233; territoriale : l'&#233;tendue du Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean devient une v&#233;ritable contrainte. Par exemple, lors du forum sur la critique tenu en 2017, Julie Larouche, seule journaliste culturelle &#224; Radio-Canada SLSJ, expliquait que couvrir un seul &#233;v&#233;nement au Lac-Saint-Jean peut prendre toute une journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'actualit&#233; municipale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'information est vitale en d&#233;mocratie et elle passe par &#171; &lt;i&gt;le journalisme civique qui couvre les affaires publiques et d&#233;cisions politiques&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tir&#233;e de Le Miroir &#233;clat&#233;. Nouvelles, d&#233;mocratie et confiance dans l'&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, notamment celles des municipalit&#233;s. La F&#233;d&#233;ration professionnelle des journalistes du Qu&#233;bec (FPJQ) recense les cas o&#249; des journalistes ont rencontr&#233; des obstacles en couvrant l'actualit&#233; municipale au Qu&#233;bec. Selon la FPJQ, Saguenay fait figure de mauvais exemple. L'organisme publiait en effet en 2010 le &#171; Dossier noir sur l'information municipale &#224; Saguenay &#187;. Au menu : boycottage, d&#233;nigrement, intimidation et chantage publicitaire. Par exemple, Pascal Girard, du &lt;i&gt;Quotidien&lt;/i&gt;, s'est vu menac&#233; de poursuites judiciaires &#224; la suite de la publication d'un article sur le co&#251;t du quai de croisi&#232;res. V&#233;ronique Dub&#233;, alors journaliste d'enqu&#234;te &#224; Radio-Canada, couvrait la politique municipale et essuyait des propos inacceptables et des boycottages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des mauvaises conditions de travail pouvant d&#233;courager les journalistes, cette situation a deux cons&#233;quences importantes. D'abord, les citoyen&#183;ne&#183;s n'ont pas acc&#232;s &#224; toutes les informations qui leur permettraient de mieux comprendre les enjeux qui les touchent. Ensuite, la pression est plus forte sur les propri&#233;taires de m&#233;dias qui jonglent d&#233;j&#224; avec des diminutions de revenus publicitaires. Rappelons qu'une presse v&#233;ritablement libre devrait &#234;tre financi&#232;rement ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les effets de proximit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;gion est vaste, la population, relativement peu nombreuse, est regroup&#233;e en petits milieux. Il y a un effet de proximit&#233; : celui du &#171; tout le monde se conna&#238;t &#187;, des liens familiaux et des cercles d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre effet de proximit&#233;, plus subtil, est le fait que les membres des m&#233;dias (dirigeants, journalistes, vendeurs publicitaires, etc.) appartiennent &#224; la m&#234;me communaut&#233; que les citoyen&#183;ne&#183;s qu'ils informent. Jusqu'&#224; quel point les m&#233;dias sont-ils imperm&#233;ables aux r&#233;actions de leur concitoyen&#183;ne&#183;s dans le contexte socio-&#233;conomique, politique et culturel ? Par exemple, la situation &#233;conomique est-elle propice &#224; l'autocensure ou la complaisance ? Dans un contexte de morosit&#233; &#233;conomique, il est d&#233;licat de questionner ce qui est per&#231;u ou pr&#233;sent&#233; comme une nouvelle positive : ouverture d'une entreprise, arriv&#233;e d'un gros bateau, investissements dans les infrastructures (croisi&#232;res et autres), etc. Interroger la qualit&#233; des emplois, le rapport co&#251;ts et b&#233;n&#233;fices ou les aspects &#233;thiques d'un projet est souvent jug&#233; comme une attitude n&#233;gative. &#171; Les bonnes nouvelles sont rares, profitons-en ! &#187; est-on cens&#233; se dire devant les annonces &#233;conomiques de tous ordres. Pourtant, plusieurs projets m&#233;ritent d'&#234;tre attentivement examin&#233;s par les journalistes, notamment dans les secteurs minier et gazier, pour ne citer que ceux-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; est double en raison de la proximit&#233; id&#233;ologique des &#233;lus avec les promoteurs et la grande entreprise. Les projets d'extraction b&#233;n&#233;ficient &#224; l'avance d'un appui politique du premier ministre Couillard, des &#233;lus municipaux et des lobbys priv&#233;s. Dans le secteur forestier, le groupe Alliance for&#234;t bor&#233;ale, form&#233; des quatre pr&#233;fets et du maire de Saguenay, est un bel exemple. Sans nier la l&#233;gitimit&#233; d'une d&#233;marche de d&#233;fense des emplois en for&#234;t, on peut s'inqui&#233;ter de la port&#233;e du discours qui d&#233;fend l'industrie contre les organisations de contre-pouvoir. Jean-Pierre Boivin, pr&#233;fet de la MRC Maria-Chapdeleine, se fait ainsi r&#233;guli&#232;rement porte-parole pour d&#233;fendre Produits forestiers R&#233;solu. En 2015, il demandait une modification &#224; la loi sur les poursuites-baillons pour que les compagnies puissent &#171; faire taire &#187; les groupes &#233;cologistes. Une approche qui rappelle la charge du maire Tremblay contre &#171; les intellectuels et les groupes &#233;cologistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tabous r&#233;gionaux, la peur de perdre des emplois et les commandites inject&#233;es par la grande entreprise alimentent une ambiance o&#249; les journalistes sont susceptibles de passer pour des trouble-f&#234;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cas de Rio Tinto est similaire et m&#233;riterait une analyse plus pouss&#233;e. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des m&#233;dias fragilis&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;dia n'est pas un produit, mais un maillon essentiel de la d&#233;mocratie. Les m&#233;dias au Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean sont vuln&#233;rables. Les journalistes ont moins de temps pour faire leur travail, les &#233;quipes sont r&#233;duites et font face &#224; de s&#233;rieux probl&#232;mes d'acc&#232;s &#224; l'information. La pression sur les revenus est aussi plus forte. En m&#234;me temps, le gouvernement souhaite transf&#233;rer des responsabilit&#233;s aux municipalit&#233;s en enlevant des m&#233;canismes de consultation, de reddition de comptes et la publication des avis dans les m&#233;dias (ce qui repr&#233;sente une autre perte de revenus). Dans ce contexte, les m&#233;dias peuvent-ils jouer leur r&#244;le d'information aupr&#232;s du public ? Les citoyen&#183;ne&#183;s du Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean ont-ils acc&#232;s &#224; une information de qualit&#233; pour saisir tous les tenants et aboutissants des enjeux politiques ? Les quelques exemples donn&#233;s ici permettent d'en douter et nous invitent &#224; une vigilance accrue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tir&#233;e de &lt;i&gt;Le Miroir &#233;clat&#233;. Nouvelles, d&#233;mocratie et confiance dans l'&#232;re num&#233;rique.&lt;/i&gt; Forum des politiques publiques, janvier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le cas de Rio Tinto est similaire et m&#233;riterait une analyse plus pouss&#233;e. Notons quand m&#234;me que le premier ministre du Qu&#233;bec a d&#233;fendu la compagnie lorsqu'elle a annonc&#233; 103 suppressions de postes en janvier dernier. Une section syndicale d&#233;fend la grande entreprise dans le dossier litigieux des boues rouges. Finalement, Rio Tinto, la Ville de Saguenay et la Chambre de commerce de Saguenay ont boycott&#233; le forum Pacte social aluminium tenu en septembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteure est consultante en d&#233;veloppement des territoires et chroniqueuse au journal &lt;i&gt;Le Quotidien&lt;/i&gt;. Elle est entre autres engag&#233;e dans le collectif Citoyens pour la d&#233;mocratie municipale &#224; Saguenay et la formation d'un collectif f&#233;ministe pour le Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : la rivi&#232;re Saguenay et le pont Sainte-Anne de Chicoutimi. (Antoine Lamielle CC BY-SA 4.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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