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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Vir&#233;e au centre du monde. Entretien avec Emmanuelle Walter</title>
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		<dc:date>2018-08-26T20:58:34Z</dc:date>
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		<dc:creator>G&#233;rald McKenzie, Emmanuelle Walter</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>McKenzie, G&#233;rald</dc:subject>
		<dc:subject>Walter, Emmanuelle</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 2015, la journaliste Emmanuelle Walter a eu le bonheur de faire la route de la Baie-James avec le d&#233;put&#233; n&#233;o-d&#233;mocrate Romeo Saganash. De son exp&#233;rience, elle en a tir&#233; un livre, Le centre du monde &#8211; une vir&#233;e en Eeyou Istchee Baie-James avec Romeo Saganash, qui nous instruit sur la r&#233;alit&#233; des Cris du Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! : Emmanuelle, je tiens d'abord &#224; te dire que ton livre se lit comme un roman policier. Tu nous am&#232;nes dans un territoire mythique &#224; hauteur d'homme&#8230; ou de femme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Walter-Emmanuelle-+" rel="tag"&gt;Walter, Emmanuelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 2015, la journaliste Emmanuelle Walter a eu le bonheur de faire la route de la Baie-James avec le d&#233;put&#233; n&#233;o-d&#233;mocrate Romeo Saganash. De son exp&#233;rience, elle en a tir&#233; un livre, &lt;i&gt;Le centre du monde &#8211; une vir&#233;e en Eeyou Istchee Baie-James avec Romeo Saganash&lt;/i&gt;, qui nous instruit sur la r&#233;alit&#233; des Cris du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; : Emmanuelle, je tiens d'abord &#224; te dire que ton livre se lit comme un roman policier. Tu nous am&#232;nes dans un territoire mythique &#224; hauteur d'homme&#8230; ou de femme ! Non seulement on voit et on sent les paysages, tout en &#233;tant &#171; barouett&#233; &#187; dans le pick-up avec tes compagnons de route, mais c'est tout le contexte politique qui nous est r&#233;v&#233;l&#233; au gr&#233; des rencontres avec les Cris, avec les Qu&#233;b&#233;cois qui se sont install&#233;s dans la r&#233;gion, mais aussi au travers des arrangements auxquels ils et elles sont arriv&#233;s. Surtout, tu nous fais conna&#238;tre les cons&#233;quences des grands projets hydro&#233;lectriques et miniers dans la vie des Cris qui y vivent depuis des temps imm&#233;moriaux. Qu'est-ce qui t'a pouss&#233; &#224; &#233;crire ce livre ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emmanuelle Walter :&lt;/strong&gt; Ce livre n'est pas pour les Cris, &#233;videmment. Il est destin&#233; aux personnes qui ne connaissent pas la Baie-James, et elles sont nombreuses ! (rires) C'est comme une entr&#233;e dans un territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon premier int&#233;r&#234;t date d'un article de Pierre Foglia pendant la campagne &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale de 2011 o&#249; il d&#233;crivait un homme politique qui n'en est pas un et je me suis dit : &#171; &lt;i&gt;Ce type a la moiti&#233; du Qu&#233;bec comme circonscription, c'est compl&#232;tement fou !&lt;/i&gt; &#187; J'ai rencontr&#233; Romeo pendant la promotion de &lt;i&gt;S&#339;urs vol&#233;es&lt;/i&gt;, mon livre pr&#233;c&#233;dent qui porte sur les femmes autochtones assassin&#233;es ou disparues. C'est lors de cette rencontre que je lui ai demand&#233; de m'accompagner pour faire la vir&#233;e d'Eeyou Istchee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Parlons de la vie des Cris dans les communaut&#233;s. On a une image, celle d'une crise sociale dramatique. Est-ce que la situation s'am&#233;liore ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Les Cris de la Baie-James ont de l'argent, ils ont une autonomie politique gr&#226;ce &#224; leur gouvernement r&#233;gional, qui est unique au Qu&#233;bec. &#192; l'&#233;cole, jusqu'&#224; 8ans, ils n'apprennent que le cri. N&#233;anmoins, Romeo dit que les probl&#232;mes psychosociaux sont toujours pr&#233;sents. Les stigmates de la colonisation, des pensionnats, sont vifs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L219xH320/565656-51fa9.png?1729022825' width='219' height='320' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; &#171; psychosociaux &#187;, il faudrait ajouter &#171; psychoculturel &#187; : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que je fais de ma vie ?&lt;/i&gt; &#187;, se demandent beaucoup d'entre eux et beaucoup d'entre elles. Il y a tout de m&#234;me un petit tiers des Cris qui sont &#171; subventionn&#233;s &#187; pour maintenir le mode de vie traditionnel. Par ailleurs, on est aujourd'hui dans un moment charni&#232;re : les jeunes Cris r&#233;investissent les institutions politiques autochtones telles que les conseils de bande ou le gouvernement cri. On voit aussi les effets d'un militantisme plus radical qui cherche &#224; &#233;veiller les consciences. Une g&#233;n&#233;ration se l&#232;ve. Les r&#233;formes les plus importantes viendront &#233;videmment des Cris eux-m&#234;mes et de ces jeunes g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Nos gouvernements et l'opinion publique en g&#233;n&#233;ral se r&#233;jouissent de la Paix des Braves, cette entente que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois a conclue en 2002 avec les Cris du Qu&#233;bec autour de la gestion du territoire. Mais qu'en est-il en r&#233;alit&#233; ? S'agissait-il d'une bonne entente ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : La Paix des Braves est d'abord un rattrapage impos&#233; par les &#233;checs de la Convention de la Baie-James de 1975 en raison des promesses non tenues. La volont&#233; d'Hydro-Qu&#233;bec de construire la centrale de la Sarcelle sur la rivi&#232;re Eastmain a conduit &#224; la Paix des Braves. Cet accord a permis aux Cris de toucher d'importantes compensations, mais surtout, on a tenu compte &#224; partir de ce moment de leur opinion pour la construction des nouveaux barrages. C'est donc gr&#226;ce &#224; la lutte acharn&#233;e des Cris qu'on a eu la Paix des Braves. Ce fut une n&#233;gociation &#226;pre for&#231;ant le gouvernement du Qu&#233;bec &#224; respecter la Convention de la Baie-James.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la majorit&#233; des Cris se sont engag&#233;s dans le processus, d'autres &#8211; comme Roger Orr ou Pakesso Mukash, le fils de Matthiew Mukash &#8211; sont fortement oppos&#233;s &#224; la Paix des Braves. Selon eux, si les Cris n'avaient pas sign&#233;, &#231;a les aurait contraints &#224; d&#233;velopper leur esprit d'initiative et leur autonomie &#233;conomique. Mais comme le dit Melissa Saganash, charg&#233;e des relations Cris-Qu&#233;bec (le poste qu'occupait son oncle Romeo avant elle) : &#171; &lt;i&gt;On est en train de cr&#233;er notre propre &#233;conomie avec l'argent qui nous est donn&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Elle voit les choses de mani&#232;re plus organique. Ce que j'esp&#232;re, c'est un retour &#224; l'autosuffisance alimentaire et un d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables sur le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent de la Paix des Braves les a amen&#233;s &#224; se demander : &#171; &lt;i&gt;Qui sommes-nous ? Comment rester nous-m&#234;mes ?&lt;/i&gt; &#187; Je trouve que le personnage qui incarne ce paradoxe-l&#224;, c'est Walter Jolly, &#224; Nemaska. Il dit en gros : &#171; &lt;i&gt;Oui, pour des raisons pragmatiques, pour nous sauver de la mis&#232;re, j'accepte cette nouvelle centrale hydro&#233;lectrique, m&#234;me si une partie de mon territoire va dispara&#238;tre, et je contribue &#224; son am&#233;nagement parce qu'on est dans une alliance Cris-Blancs, on va ensemble vers la prosp&#233;rit&#233;. Mais en m&#234;me temps, je suis atteint dans ma culture, dans mon enracinement, dans mon rapport au territoire ancestral et je veux qu'il y ait un monument qui comm&#233;more mes morts dont les s&#233;pultures ont &#233;t&#233; englouties par les barrages&#8230;&lt;/i&gt; &#187; C'est saisissant. Il m'a aussi racont&#233; ses ann&#233;es au pensionnat, comment il a finalement r&#233;ussi &#224; ne pas y retourner. Pour moi, Walter r&#233;sume tout ce d&#233;chirement. M&#234;me Romeo, tout n&#233;gociateur qu'il fut de la Paix des Braves, &#233;tait aussi hyper d&#233;chir&#233; sur cette question, notamment avec le d&#233;rivement de la rivi&#232;re Rupert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Que dire d'Hydro-Qu&#233;bec, qui a assur&#233; l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique du Qu&#233;bec avec des projets qui empi&#232;tent sur le territoire des Cris ? Est-ce qu'il y a un ressentiment &#224; l'&#233;gard de la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Ah, oui ! Mais c'est tr&#232;s g&#233;n&#233;rationnel. Le ressentiment provient surtout de la g&#233;n&#233;ration de Romeo et des plus vieux. Les plus jeunes n'&#233;prouvent pas tous et toutes ce ressentiment-l&#224;. C'est l&#224; puis voil&#224;, on fait avec. Il y en a qui y travaillent, mais pas des masses, pas beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH248/67676-9c923.png?1729030054' width='500' height='248' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Et aujourd'hui, apr&#232;s Hydro-Qu&#233;bec, les mini&#232;res arrivent ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Ce que j'observe, et j'avoue que &#231;a me fait un peu sourire, voire rire jaune, c'est que les mini&#232;res sont tr&#232;s soucieuses de leur acceptabilit&#233; sociale. L'exemple type, c'est la mine Goldcorp &#224; Wemindji, qui a donn&#233; beaucoup de sous, qui embauche autant qu'elle peut. Donc Wemindji est une petite ville prosp&#232;re, on y retrouve de belles maisons et tout. Je dis que &#231;a me fait rire jaune parce que je pense &#224; ce que les mini&#232;res canadiennes comme Goldcorp font dans d'autres pays&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Oui, entre autres avec le projet Pascua-Lama au Chili sur les terres des Diaguitas. Goldcorp est l&#224; avec Barrick Gold, ils veulent aller chercher de l'or sous les glaciers et les Autochtones chiliens s'y opposent. Alors d'apr&#232;s toi, on peut s'attendre &#224; des probl&#232;mes avec les mini&#232;res et les grandes entreprises ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : On peut effectivement s'inqui&#233;ter de l'influence qu'auront les mini&#232;res sur la vie publique et politique crie. Les Cris veulent leur part dans l'exploitation des ressources naturelles. Prenons, par exemple, Nemaska : le chef de Nemaska, Thomas Jolly veut d&#233;velopper des &#233;oliennes dans sa communaut&#233;. Des &#233;oliennes pour eux, g&#233;r&#233;es par eux. Qu'il y ait moins de mines, moins de destruction du territoire, je trouve &#231;a g&#233;nial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Peut-on comparer les relations des Cris et les mini&#232;res avec ce qui se passe en Am&#233;rique latine, o&#249; les compagnies canadiennes agissent impun&#233;ment sur le plan environnemental et o&#249; les conflits avec les Autochtones sont sources de mobilisations souvent violentes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Il y a un moment dans le livre qui est assez dr&#244;le. L'adjoint de Thomas Jolly &#224; Nemaska, Greg Jolly, &#233;tait agent de liaison pour l'entreprise mini&#232;re Nemaska Lithium. Greg Jolly est dans une dynamique tr&#232;s pragmatique du genre : &#171; &lt;i&gt;Il faut que Nemaska tire profit de la situation.&lt;/i&gt; &#187; Et c'est bien, mais il m'a aussi confi&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je reviens de Montr&#233;al, o&#249; j'ai rencontr&#233; des militants guat&#233;malt&#232;ques qui se battent contre les mini&#232;res canadiennes.&lt;/i&gt; &#187; C'est comme pour Walter tout &#224; l'heure, on est toujours dans une esp&#232;ce de dualit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Pour nous, la route de la Baie-James est mythique, immense&#8230; Mais finalement, on se rend compte &#224; la lecture du livre qu'elle est aussi magan&#233;e que ma rue Boyer, &#224; Montr&#233;al ! (rires) Quelles cons&#233;quences une telle voie a eues sur la vie des Cris ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Les premiers kilom&#232;tres sont les pires. Quand tu quittes Matagami, c'est atroce, mais apr&#232;s &#231;a va mieux. La route a contribu&#233; &#224; l'unit&#233; crie, paradoxalement. Ils se sont unis tout en perdant simultan&#233;ment leur essence. C'est vertigineux, c'est toujours la m&#234;me contradiction. La Convention de la Baie-James, la Paix des Braves, la route, c'est la m&#234;me chose : &#231;a d&#233;senclave, &#231;a permet aux jeunes d'aller faire leurs &#233;tudes, mais dans le m&#234;me temps, c'est par la route que la culture crie s'&#233;vapore, se volatilise et que l'autre rentre. La route a d'abord &#233;t&#233; construite pour les barrages du nord, elle ne va pas du tout dans les villages. Ils sont tous &#224; 100 km de la route, il faut le savoir. Tu prends la route, mais quand tu veux aller dans un village c&#244;tier, tu te tapes 100 km de terre, de gravelle. Tu ne peux pas aller d'une communaut&#233; &#224; une autre sans passer par la route de la Baie-James !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Il y a donc une g&#233;n&#233;ration qui est en train de trouver son chemin dans un autre mode de vie ? De se refaire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Ce que je comprends, c'est que les jeunes Cris, et peut-&#234;tre m&#234;me tous les jeunes autochtones en g&#233;n&#233;ral, ce qu'ils et elles se disent c'est : &#171; &lt;i&gt;Je ne veux pas vivre comme mes arri&#232;re-grands-parents. Je veux profiter des avantages de la vie moderne, mais tout en retrouvant mes racines culturelles&#8230;&lt;/i&gt; &#187; On est dans la naissance de &#231;a, je dirais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_444 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/787878.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH827/787878-e1bfd.png?1729030055' width='500' height='827' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photos : Emmanuelle Walter et Rom&#233;o Saganash.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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