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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Pourquoi abolir les prisons ?</title>
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		<dc:date>2017-11-17T01:51:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandra Bahary, Genevi&#232;ve Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Bahary, Alexandra</dc:subject>
		<dc:subject>Lucas, Genevi&#232;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, les politiques p&#233;nales r&#233;pressives et la privatisation des prisons figurent parmi les causes de la surpopulation carc&#233;rale et de la d&#233;t&#233;rioration des conditions de d&#233;tention. Pour assurer leur prosp&#233;rit&#233;, les actionnaires priv&#233;s du &#171; prison-industrial complex &#187; manipulent l'opinion publique, propagent de fausses donn&#233;es sur la criminalit&#233; et constituent de puissants lobbyistes aupr&#232;s des instances gouvernementales. C'est dans ce contexte que les groupes abolitionnistes, d&#233;j&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Prisons-A-l-ombre-des-regards-" rel="directory"&gt;Dossier : Prisons. &#192; l'ombre des regards&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2480.png?1642092202' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;833&#034; height=&#034;602&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, les politiques p&#233;nales r&#233;pressives et la privatisation des prisons figurent parmi les causes de la surpopulation carc&#233;rale et de la d&#233;t&#233;rioration des conditions de d&#233;tention. Pour assurer leur prosp&#233;rit&#233;, les actionnaires priv&#233;s du &#171; prison-industrial complex &#187; manipulent l'opinion publique, propagent de fausses donn&#233;es sur la criminalit&#233; et constituent de puissants lobbyistes aupr&#232;s des instances gouvernementales. C'est dans ce contexte que les groupes abolitionnistes, d&#233;j&#224; audibles dans ce pays depuis plusieurs d&#233;cennies, se multiplient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Europe, c'est &#224; la fin des ann&#233;es 1960 que plusieurs groupes abolitionnistes apparaissent. Les groupes religieux et les proches de personnes incarc&#233;r&#233;es sont alors pour une r&#233;forme du syst&#232;me carc&#233;ral et de l'adoucissement des conditions de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, d'autres groupes plus radicaux, d'all&#233;geance socialiste, anarchiste ou anti-autoritariste &#8211; dont le Groupe d'information sur les prisons, le Comit&#233; d'action des prisonniers, le groupe Marge, l'organisation Critical Resistance, le Prison Abolition Movement &#8211; vont au-del&#224; de l'argument r&#233;formiste. Ils revendiquent l'abolition compl&#232;te des prisons : pour eux, l'emprisonnement est un acte moralement r&#233;pr&#233;hensible puisque la vengeance est incompatible avec la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les abolitionnistes, l'incarc&#233;ration, &#224; l'instar d'autres politiques p&#233;nales, serait un moyen pour la soci&#233;t&#233; de se d&#233;responsabiliser face &#224; ses probl&#232;mes sociaux, &#233;conomiques et politiques. Ils et elles pr&#233;conisent la cr&#233;ation de programmes sociaux parall&#232;lement &#224; une d&#233;sincarc&#233;ration progressive, en d&#233;butant par les infractions mineures. L'objectif ultime est d'assurer l'int&#233;gration sociale et la s&#233;curit&#233; collective par des mesures qui ne rel&#232;vent pas de la punition, de la surveillance ou de l'incarc&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les arguments abolitionnistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, l'incarc&#233;ration est impuissante &#224; favoriser la r&#233;insertion sociale et la r&#233;habilitation puisque la prison enferme les personnes dans le cercle de la r&#233;cidive. Pour les abolitionnistes, la violence du syst&#232;me carc&#233;ral rel&#232;ve de la m&#234;me logique que la violence domestique inflig&#233;e aux enfants. Dans ce syst&#232;me de &#171; socialisation carc&#233;rale &#187;, la punition l'emporte sur les programmes de formation, de travail et d'&#233;ducation. Or, il est bien document&#233; que la prise en charge des probl&#232;mes sociaux a un impact plus positif sur le taux de criminalit&#233; que l'incarc&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la condamnation et l'emprisonnement sont encore justifi&#233;s par la loi du talion : &#171; &#339;il pour &#339;il, dent pour dent &#187;. L'incarc&#233;ration est une forme de vengeance qui ne constitue pas une r&#233;paration pour le pr&#233;judice subi par la victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, la prison ne prot&#232;ge pas r&#233;ellement la soci&#233;t&#233;. Pour Pierre Kropotkine, les prisons sont des lieux par excellence d'&#233;ducation au crime et il est illusoire de vouloir r&#233;former un syst&#232;me qui est mauvais en soi. Le syst&#232;me carc&#233;ral produit des r&#233;sultats contraires &#224; ceux d&#233;sir&#233;s et constitue lui-m&#234;me un des principaux probl&#232;mes de nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;mement, le syst&#232;me carc&#233;ral renforce la discrimination &#224; l'&#233;gard des personnes marginalis&#233;es. Les personnes en situation de pr&#233;carit&#233;, les personnes racis&#233;es et celles souffrant de probl&#232;mes de sant&#233; mentale y sont largement surrepr&#233;sent&#233;es. Les travaux d'Angela Davis et de Lo&#239;c Wacquant d&#233;montrent que les prisons ont servi &#224; cr&#233;er et maintenir des in&#233;galit&#233;s sociales et &#224; &#233;radiquer les mouvements sociaux r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les r&#233;formistes sont en accord avec un assouplissement des mesures carc&#233;rales, ils et elles demandent souvent aux abolitionnistes comment s'op&#233;rerait la gestion des personnes consid&#233;r&#233;es comme &#171; dangereuses &#187; pour la soci&#233;t&#233;. Pour Gordon West et Ruth Morris, m&#234;me si l'on admet qu'il y a quelques personnes irr&#233;m&#233;diablement dangereuses dans toute soci&#233;t&#233;, elles constituent un pourcentage infime de celles qui sont pr&#233;sentement incarc&#233;r&#233;es. Il semble alors profond&#233;ment irrationnel (et co&#251;teux) d'offrir le m&#234;me traitement aux autres individus. En effet, une grande partie des crimes violents sont perp&#233;tr&#233;s dans le cadre d'activit&#233;s &#233;conomiques reli&#233;es au commerce de la drogue. &#192; cela s'ajoutent ceux commis par des organisations criminelles ou des personnes aux prises avec des troubles de sant&#233; mentale. Ce serait donc la prise en charge des in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques, du racisme, de la pauvret&#233;, de la toxicomanie et de la sant&#233; mentale qui serait &#224; m&#234;me de r&#233;pondre &#224; la criminalit&#233; plut&#244;t que l'incarc&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les alternatives &#224; l'emprisonnement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La critique des abolitionnistes &#224; l'&#233;gard de l'incarc&#233;ration &#8211; et du syst&#232;me p&#233;nal en g&#233;n&#233;ral &#8211; a inspir&#233; une r&#233;flexion sur des modes autonomes de r&#233;solution de conflits. L'objectif des formes de justice r&#233;paratrice est de chercher &#224; compenser la victime de l'acte r&#233;pr&#233;hensible plut&#244;t que de punir la personne responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Henner Hess, la criminalit&#233; est une construction sociale qui sert &#224; maintenir les rapports de pouvoir, &#224; l&#233;gitimer les outils de surveillance et de contr&#244;le sur la population et &#224; d&#233;tourner l'opinion publique des probl&#232;mes plus graves. Plus les in&#233;galit&#233;s sociales sont grandes, plus les classes dominantes ont besoin du mythe du crime. Louk Hulsman et Jacqueline Bernat de Celis utilisent quant &#224; eux la notion de &lt;i&gt;situations probl&#233;matiques &lt;/i&gt; pour d&#233;signer les conflits qui doivent &#234;tre pris en charge par la soci&#233;t&#233;. Ce concept permettrait d'&#233;chapper &#224; la logique du syst&#232;me de justice p&#233;nale et de penser diff&#233;remment la discipline criminologique. Par exemple, les atteintes &#224; la propri&#233;t&#233; seraient le r&#233;sultat des in&#233;galit&#233;s sociales. C'est pourquoi les abolitionnistes militent en faveur d'une distribution plus &#233;gale du capital, voire l'abolition du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement abolitionniste repr&#233;sente plus qu'une simple critique du syst&#232;me carc&#233;ral. Il identifie de mani&#232;re globale les probl&#232;mes sociaux et sugg&#232;re des alternatives viables &#224; l'incarc&#233;ration. Or, est-il r&#233;aliste d'envisager la d&#233;sincarc&#233;ration et l'implantation de ressources pour mieux r&#233;pondre aux probl&#232;mes sociaux alors que le discours ambiant fait plut&#244;t la promotion de la r&#233;pression et de l'aust&#233;rit&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux. Marche du bruit, 31 d&#233;cembre 2016, devant le centre de pr&#233;vention de l'immigration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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