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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Parole libre</title>
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		<dc:date>2017-11-17T01:36:45Z</dc:date>
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		<dc:creator>V&#233;ronique Bachand</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
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		<dc:subject>Bachand, V&#233;ronique</dc:subject>

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&lt;p&gt;D'embl&#233;e, je mets les choses au clair : pour moi le slam n'est ni un genre ni un objet litt&#233;raire. Le slam n'est pas non plus une mani&#232;re de d&#233;clamer. C'est un contexte de prise de parole. Un jeu, une tr&#233;pidation. Un mouvement po&#233;tique, un mouvement social. C'est une rencontre, un rassemblement. C'est instinctif. C'est sauvage. C'est cru, c'est brut, &#231;a bouleverse, &#231;a fait du bien. Je m'explique. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce que je nomme ici le slam concerne le type d'&#233;v&#233;nements o&#249; la douzaine de slameuses et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bachand-Veronique-+" rel="tag"&gt;Bachand, V&#233;ronique&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2478.png?1642092202' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;833&#034; height=&#034;553&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'embl&#233;e, je mets les choses au clair : pour moi le slam n'est ni un genre ni un objet litt&#233;raire. Le slam n'est pas non plus une mani&#232;re de d&#233;clamer. C'est un contexte de prise de parole. Un jeu, une tr&#233;pidation. Un mouvement po&#233;tique, un mouvement social. C'est une rencontre, un rassemblement. C'est instinctif. C'est sauvage. C'est cru, c'est brut, &#231;a bouleverse, &#231;a fait du bien. Je m'explique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce que je nomme ici le slam concerne le type d'&#233;v&#233;nements o&#249; la douzaine de slameuses et de slameurs inscrits ont trois minutes pour partager un texte de leur plume, sans musique ni accessoire. Sous forme de comp&#233;tition amicale &#8211; comme le veut la forme originale du &lt;i&gt;poetry slam&lt;/i&gt; &#8211; et parfois sous forme de micro ouvert, le slam met en valeur la parole de celles et ceux qui montent sur sc&#232;ne&#8230; et cherche, surtout, &#224; donner un bon spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la petite histoire, le slam a d&#233;j&#224; plus de 30 ans. Il a fait ses premiers pas &#224; Chicago, a grandi aux &#201;tats-Unis, s'est propag&#233; en France et a trouv&#233; des adeptes partout, du Br&#233;sil au S&#233;n&#233;gal et de l'Europe &#224; l'Oc&#233;anie. Au Qu&#233;bec, il est bien install&#233; depuis 2006, de Montr&#233;al &#224; Rimouski en passant par Jonqui&#232;re, Gatineau, Sherbrooke, Qu&#233;bec et de nombreux autres points de rendez-vous, greff&#233;s ou non &#224; la Ligue qu&#233;b&#233;coise de slam, qui s'ajoutent au fil des ans et des communaut&#233;s d'&#233;coute cr&#233;&#233;es dans la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlons entre nous de la&lt;i&gt; slamille&lt;/i&gt;. C'est un tr&#232;s mauvais jeu de mots que j'aime beaucoup, peut-&#234;tre simplement parce que j'ai le sentiment d'en faire partie, de cette communaut&#233;, ayant particip&#233; moi-m&#234;me &#224; des comp&#233;titions puis organis&#233; des micros ouverts. C'est dire comment j'ai appris, d'abord &#224; prendre la parole et ensuite &#224; la donner. Maintenant occup&#233;e &#224; des projets po&#233;tiques hors slam, je reste une auditrice fid&#232;le. J'aime &#231;a. Chez moi comme en voyage, dans une autre ville ou dans un autre pays, j'ai le r&#233;flexe de me faufiler dans un slam. Pour observer. Ce que les autres ont &#224; dire &#224; propos de leurs origines, de leurs luttes, de leurs peurs, de leur pr&#233;sident&#183;e, de leur dernier vendredi soir, de leurs folies, de leurs amours, de leur fleuve ou de leur champ de patates.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jury al&#233;atoire, d&#233;mocratie directe
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, ce n'est pas toujours bon. Je m'ennuie souvent pendant un slam. Je chiale. Je critique. Je d&#233;plore la rime inutile, le manque de vocabulaire, l'imitation de tel ou telle artiste, le ton condescendant, l'attitude macho, le point de vue &#233;gocentrique&#8230; mais je re&#231;ois. Et cela m'appartient de retenir ou de laisser passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un slam original, c'est le public qui fait le show. L'assistance rit, pleure, hue, crie, encourage, applaudit et juge. Je suis s&#233;rieuse : le jury, c'est n'importe qui. Cinq personnes dans la salle, choisies au hasard parmi la foule quelques minutes avant que l'&#233;v&#233;nement ne commence. Mais la comp&#233;tition n'est qu'un alibi. Un d&#233;tournement d'attention. Il y en a parfois, sur la sc&#232;ne ou dans la foule, qui se font prendre au jeu&#8230; moi la premi&#232;re, sans cesse &#233;tonn&#233;e de constater qui ne gagne pas. Or je la ch&#233;ris, cette comp&#233;tition. J'aime lancer des oh quand une image me pla&#238;t, scander des&lt;i&gt; dix, dix, dix&lt;/i&gt; apr&#232;s une prestation touchante et abandonner des &lt;i&gt;bouh &lt;/i&gt; quand je suis d&#233;&#231;ue ou irrit&#233;e. J'aime savoir que mon attitude peut influencer un jury ; autrement dit, j'aime savoir que l'assistance a non pas le droit, mais la responsabilit&#233; de r&#233;agir &#224; ce qui lui pla&#238;t ou &#224; ce qui la d&#233;range. Je r&#233;p&#232;te : c'est d'un spectacle qu'il s'agit. Et qu'il ait aujourd'hui cette forme comp&#233;titive dont je parle, ou qu'il ne soit qu'un simple &#8211; mais pas moins vivant &#8211; micro ouvert, le slam vient de ce d&#233;sir de&lt;i&gt; dire &lt;/i&gt; pour appeler, rejoindre, &#233;veiller.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour tou&#183;te&#183;s, par tou&#183;te&#183;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le slam, c'est &#231;a. C'est une troupe de disparates qui se r&#233;unissent et qui se taisent en &#233;quipe&#8230; en osant parfois lib&#233;rer trois minutes de parole. Le slam donne de l'air. De l'&#233;lan, de l'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui ou celle qui &#233;crit un texte et qui, courage, orgueil et feuille mobile en main, se d&#233;place de chez soi jusqu'&#224; l'arri&#232;re du micro avec quelques vers et une tonne de vuln&#233;rabilit&#233;, celle-l&#224; ou celui-l&#224; sait que la prise de parole en vaut la peine. Que c'est soulageant, confrontant, authentique. Personne ne peut mentir avec ses propres mots et sa propre voix. Certain&#183;e&#183;s se contournent, certes, mais m&#234;me cela transpara&#238;t, ce d&#233;tournement, cette bifurcation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le slam est engag&#233; non pas parce qu'il est sp&#233;cifiquement politique ou militant, mais simplement parce qu'il engage. Il engage &#224; &#234;tre et &#224; l'affirmer &#8211; sous forme d'histoire ou d'anecdote, sous forme de plaidoyer ou de manifeste, sous forme de t&#233;moignage ou de po&#232;me. D'ailleurs, si le &lt;i&gt;poetry slam &lt;/i&gt; d'origine a voulu &#8211; et veut encore &#8211; d&#233;mocratiser la po&#233;sie, il n'est plus aujourd'hui exclusivement compos&#233; de po&#232;mes ; le monde peut s'exprimer de toutes les mani&#232;res possibles, sur le sujet de son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage peut &#234;tre une barri&#232;re, une convention ou un artifice. Mais il peut aussi &#234;tre un pont &#8211; de soi &#224; l'autre, ou de l'autre &#224; soi. C'est &#224; cela, je crois, que le slam sert socialement. &#192; lier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je conclus avec un petit bilan personnel. En sept ou huit ans de fr&#233;quentation de l'univers du slam, j'ai certainement re&#231;u des milliers de po&#232;mes qui m'ont chamboul&#233;e&#8230; ou qui ne m'ont rien fait du tout. Si je le souligne, c'est pour dire que ce sont ces po&#232;mes-l&#224; &#8211; les po&#232;mes inachev&#233;s, les po&#232;mes ordinaires &#8211; qui m'ont convaincue d'y aller. Et je n'aurais jamais fait &#231;a, prendre la parole, si je n'avais assist&#233;, pantoise devant mon &#233;cran, qu'aux partages foudroyants des Marie Uguay et Gaston Miron de ce monde. C'est &#231;a. Ce sont les textes du slam, de tout le monde, pour tout le monde, qui m'ont donn&#233; la petite pouss&#233;e qu'il me fallait pour sortir un po&#232;me de mon tiroir, grimper sur sc&#232;ne, trembler des mains, prendre une trop grande inspiration et m'&#233;lancer corps et voix dans quelque chose que, jusque-l&#224;, je ne croyais pas pour moi &#8211; et qui s'appelle la po&#233;sie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Lionel Roll. Graffiti &#171; Slam Dunk Contest &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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