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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La longue marche vers l'autonomie</title>
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		<dc:date>2017-09-05T01:48:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Vadeboncoeur</dc:creator>


		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Vadeboncoeur, Julien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De toutes parts, les gouvernements provinciaux et f&#233;d&#233;ral pr&#233;tendent qu'une relation nouvelle se d&#233;veloppe avec les peuples autochtones. Pourtant, malgr&#233; l'&#233;loquence de leurs discours, ceux-ci ne se sont jamais engag&#233;s de leur propre gr&#233; &#224; reconna&#238;tre les aspirations des Premi&#232;res Nations &#224; l'autonomie. Encore aujourd'hui, les gouvernements poursuivent l'entreprise coloniale visant &#224; &#233;teindre le statut d'autochtone. &lt;br class='autobr' /&gt; Les origines d'une reconnaissance juridique &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; la fin des ann&#233;es 1960, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-67-dec-2016-janv-2017-" rel="directory"&gt;No 067 - d&#233;c. 2016 / janv. 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vadeboncoeur-Julien-+" rel="tag"&gt;Vadeboncoeur, Julien&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2458.png?1642092200' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;375&#034; height=&#034;192&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De toutes parts, les gouvernements provinciaux et f&#233;d&#233;ral pr&#233;tendent qu'une relation nouvelle se d&#233;veloppe avec les peuples autochtones. Pourtant, malgr&#233; l'&#233;loquence de leurs discours, ceux-ci ne se sont jamais engag&#233;s de leur propre gr&#233; &#224; reconna&#238;tre les aspirations des Premi&#232;res Nations &#224; l'autonomie. Encore aujourd'hui, les gouvernements poursuivent l'entreprise coloniale visant &#224; &#233;teindre le statut d'autochtone.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les origines d'une reconnaissance juridique
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1960, le mouvement d'autod&#233;termination autochtone prend son envol au Canada. La publication en 1969 du livre blanc par le gouvernement Trudeau, qui pr&#233;voit d'abolir la Loi sur les Indiens, d&#233;clenche un important mouvement de r&#233;sistance. Contrairement &#224; ce qu'un public lib&#233;ral et &#233;clair&#233; aurait pu envisager, une telle mesure ne suscite gu&#232;re d'enthousiasme parmi les Autochtones du Canada. Ces derniers d&#233;noncent cette r&#233;forme dans laquelle ils per&#231;oivent non pas l'abolition d'un syst&#232;me colonial, mais bien son parach&#232;vement : l'assimilation d&#233;finitive de la population autochtone &#224; la soci&#233;t&#233; canadienne. La r&#233;plique ne tarde pas &#224; suivre, sous la forme du c&#233;l&#232;bre livre rouge. La Fraternit&#233; des Indiens du Canada y d&#233;finit un programme de prise en charge de l'administration des affaires indiennes par les Autochtones en vue de fonder progressivement des gouvernements autonomes. &#192; l'&#233;galit&#233; juridique des individus que proposait Trudeau, les Premi&#232;res Nations du Canada opposeront l'&#233;galit&#233; des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 1970, une surprenante &#233;volution juridique conf&#232;re de s&#233;rieuses assises au mouvement autochtone. L'arr&#234;t Calder qui survient en 1973 en Colombie-Britannique, en r&#233;ponse aux revendications de la nation Nisga'a, vient traduire sur le plan juridique les aspirations de nombreuses nations. Le jugement reconna&#238;t qu'en l'absence de trait&#233; ayant eu pour effet d'&#233;teindre la souverainet&#233; d'une nation, celle-ci est r&#233;put&#233;e d&#233;tenir un titre inh&#233;rent sur son territoire ancestral. Il vient ainsi renverser l'interpr&#233;tation juridique dominante, selon laquelle la reconnaissance des droits autochtones ne d&#233;pendait que du bon vouloir gouvernemental. Avec la &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution Calder&lt;/i&gt; &#187; s'amorce le d&#233;veloppement de toute une jurisprudence favorable aux Autochtones fond&#233;e sur une interpr&#233;tation de la tradition constitutionnelle canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, de nombreux jugements, tels que Delgamuk ou encore Tsilhqot'in plus r&#233;cemment, sont venus confirmer et renforcer la certitude et l'&#233;tendue des droits des Premi&#232;res Nations sur leurs territoires ancestraux. Ils ont &#233;galement contraint les gouvernements &#224; s'engager de bonne foi dans des processus de n&#233;gociation, tout en constituant l'environnement juridique sur lequel s'appuient aujourd'hui les Premi&#232;res Nations pour revendiquer leur autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La strat&#233;gie n&#233;ocoloniale des gouvernements
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'ils soient tenus de le faire, les gouvernements n'ont cependant pas int&#233;r&#234;t &#224; n&#233;gocier de telles ententes qui leur sont pr&#233;judiciables en mati&#232;re d'int&#233;grit&#233; territoriale et de partage des redevances tir&#233;es de l'exploitation des ressources naturelles sur leur territoire. Aussi, le plus souvent, leur strat&#233;gie consiste &#224; reconna&#238;tre le bien-fond&#233; des revendications, &#224; s'engager &#224; n&#233;gocier de &#171; &lt;i&gt;bonne foi &lt;/i&gt; &#187; et &#224; tout simplement laisser le processus s'&#233;tioler dans le temps. C'est le cas notamment des revendications territoriales des Atikamekw Nehirowisiw depuis les ann&#233;es 1970. C'est pr&#233;cis&#233;ment le manque d'initiative et de volont&#233; de la part des diff&#233;rents paliers de gouvernement qui a conduit les Atikamekws, lors de l'automne 2014, &#224; d&#233;clarer unilat&#233;ralement leur souverainet&#233; au moyen d'un important blocus routier sur toute l'&#233;tendue de leur territoire. Le premier ministre Couillard, estimant que le malentendu devait &#234;tre dissip&#233;, affirmait alors que d'aucune fa&#231;on l'int&#233;grit&#233; territoriale du Qu&#233;bec n'&#233;tait en question et que les lois de la province continuaient d'avoir pr&#233;s&#233;ance. Comme si l'objectif de ces revendications n'&#233;tait justement pas de red&#233;finir les limites et la port&#233;e du droit de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me dynamique a profond&#233;ment vici&#233; le processus de revendications des Innus. En 2002, une importante entente de principe d&#233;finissant les balises d'un futur trait&#233; survient entre les Innus, regroup&#233;s sous la banni&#232;re du Conseil tribal &lt;i&gt;Mamuitun mak Nutakuan&lt;/i&gt; (aujourd'hui Petapan), et les diff&#233;rents paliers de gouvernement impliqu&#233;s. Celle-ci constitue la plus grande avanc&#233;e susceptible de conduire &#224; la conclusion d'un trait&#233; dans un futur proche. Pourtant, malgr&#233; tout le battage m&#233;diatique entourant cette entente qualifi&#233;e d'&#171; historique &#187;, les n&#233;gociateurs innus ont maintes fois exprim&#233; leur d&#233;sappointement quant au manque de volont&#233; r&#233;elle des gouvernements. Comme le souligne Daniel Sal&#233;e, &#171; &lt;i&gt;l&#700;&#201;tat [qu&#233;b&#233;cois] proc&#232;de dans ce dossier suivant un plan de jeu qui varie &#224; peine d'&#233;tape en &#233;tape, lequel consiste essentiellement &#224; c&#233;der le moins de terrain possible et &#224; rester ma&#238;tre de la situation de mani&#232;re &#224; ne pas nuire &#224; ses int&#233;r&#234;ts propres&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Sal&#233;e, &#171; Peuples autochtones, racisme et pouvoir d'&#201;tat en contextes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre aspect important des n&#233;gociations actuelles porte sur la reconnaissance du titre ancestral des Innus. Rappelons &#224; cet effet qu'un des principaux ressorts de la Convention de la Baie-James, bien qu'elle soit salu&#233;e comme une entente moderne entre nations, consistait en l'abolition du titre ancestral de la nation crie. Tous les trait&#233;s qui ont &#233;t&#233; sign&#233;s dans l'histoire du Canada n'ont, en effet, jamais eu d'autre objectif que de consigner la capitulation politique des soci&#233;t&#233;s autochtones pour asseoir la souverainet&#233; du Canada. Depuis, les nations engag&#233;es dans un processus de revendication territoriale font du maintien du titre ancestral une condition sine qua non de toute n&#233;gociation. Aujourd'hui, le gouvernement ne poursuit peut-&#234;tre plus un programme avou&#233; d'extermination culturelle, mais il n'en cherche pas moins &#224; garantir son h&#233;g&#233;monie sur le territoire en &#233;teignant ou en suspendant ce qui reste de la souverainet&#233; des Premi&#232;res Nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de l'approche commune, le premier principe de la n&#233;gociation consiste &#224; faire valoir le maintien du titre ancestral de la nation innue. Paradoxalement, l'&#233;ventuel trait&#233; contient une clause qui vise clairement &#224; &#171; suspendre &#187; l'effectivit&#233; de ce titre pour lui substituer les termes de l'entente. Les Innus seraient alors r&#233;put&#233;s avoir renonc&#233; au titre ancestral sur leur territoire et ne pourraient plus fonder aucune contestation juridique sur celui-ci. C'est pourquoi une controverse appara&#238;t au sein de la nation innue. Nombreux sont ceux qui voient dans cette rh&#233;torique de la souverainet&#233;, relay&#233;e par les n&#233;gociateurs innus eux-m&#234;mes, un euph&#233;misme n'ayant d'autre objectif que de dissimuler les intentions r&#233;elles du trait&#233; : &#233;teindre le titre ancestral en vue de normaliser le d&#233;veloppement &#233;conomique qui fait actuellement l'objet d'un litige sur le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que les gouvernements provincial et f&#233;d&#233;ral tenteront de contourner l'obligation constitutionnelle qu'ils ont d'honorer le titre ancestral des Premi&#232;res Nations, il y aura litige. L'extinction du titre ancestral autochtone et la normalisation de la souverainet&#233; de la soci&#233;t&#233; majoritaire demeurent le &lt;i&gt;modus operandi&lt;/i&gt; des diff&#233;rents gouvernements, et ce, malgr&#233; les progr&#232;s juridiques accomplis depuis les derni&#232;res d&#233;cennies. Ce refus d'entreprendre une v&#233;ritable n&#233;gociation conduira in&#233;vitablement &#224; une escalade de la confrontation qui se fait d&#233;j&#224; ressentir, de Mani-Utenam &#224; Manawan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Sal&#233;e, &#171; Peuples autochtones, racisme et pouvoir d'&#201;tat en contextes canadien et qu&#233;b&#233;cois : &#233;l&#233;ments pour une r&#233;-analyse &#187;, Nouvelles pratiques sociales, vol. 17, no 2, 2005, p. 62.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : G&#233;rald Mackenzie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Vadeboncoeur, enseignant en sociologie au coll&#232;ge Kiuna, l'unique C&#201;GEP autochtone du Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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