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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Comment sauver le commun du communisme ?</title>
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		<dc:date>2017-09-04T23:49:12Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Lamarre</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
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		<dc:subject>Lamarre, S&#233;bastien</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#201;rik Bordeleau, Comment sauver le commun du communisme ?, Montr&#233;al, Le Quartanier, 2014, 200 pages. &lt;br class='autobr' /&gt; Avec Comment sauver le commun du communisme ?, &#201;rik Bordeleau nous invite &#224; une r&#233;flexion d&#233;taill&#233;e sur les effets du capitalisme sur la subjectivit&#233; contemporaine, sur le r&#244;le de l'art dans la construction de la conscience ainsi que sur l'espace commun dans un combat politique pour am&#233;liorer l'&#233;tat du monde. Ce livre est une bonne nouvelle dans le d&#233;bat un peu oubli&#233; sur l'h&#233;ritage du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lamarre-Sebastien-+" rel="tag"&gt;Lamarre, S&#233;bastien&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2435.png?1642092197' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;288&#034; height=&#034;434&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;rik Bordeleau, &lt;i&gt;Comment sauver le commun du communisme ?&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Le Quartanier, 2014, 200 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Comment sauver le commun du communisme ?&lt;/i&gt;, &#201;rik Bordeleau nous invite &#224; une r&#233;flexion d&#233;taill&#233;e sur les effets du capitalisme sur la subjectivit&#233; contemporaine, sur le r&#244;le de l'art dans la construction de la conscience ainsi que sur l'espace commun dans un combat politique pour am&#233;liorer l'&#233;tat du monde. Ce livre est une bonne nouvelle dans le d&#233;bat un peu oubli&#233; sur l'h&#233;ritage du communisme et sur les fa&#231;ons de lutter contre les d&#233;rives du syst&#232;me actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'entr&#233;e de jeu, Bordeleau propose une r&#233;flexion toute en nuance qui rend impossible une condamnation unilat&#233;rale des diverses exp&#233;riences r&#233;volutionnaires du vingti&#232;me si&#232;cle : &#171; &lt;i&gt; La condensation bancale du fascisme et du communisme en une seule et m&#234;me figure totalitaire et antilib&#233;rale a pour effet de renforcer le statu quo et de discr&#233;diter l'exploration d'une troisi&#232;me voie politique progressiste et radicale [&#8230;].&lt;/i&gt; &#187; La complexit&#233; de la r&#233;flexion est probablement la plus belle qualit&#233; de ce livre, qui ne cherche jamais &#224; &#233;duquer ou &#224; pr&#234;cher. Bordeleau tente plut&#244;t de situer les divers discours que l'on rencontre autour du signifiant &#171; communisme &#187; et de se positionner par rapport &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de la violence, il garde cette complexit&#233; afin d'&#233;viter la sentence moralisatrice : &#171; &lt;i&gt;C'est qu'il est devenu tr&#232;s difficile de remonter le cours vivant de l'histoire et d'&#233;prouver le caract&#232;re affirmatif et &#233;mancipatoire de la violence r&#233;volutionnaire qui a embras&#233; le vingti&#232;me si&#232;cle. En ce sens, une r&#233;flexion sur l'exp&#233;rience communiste, et plus particuli&#232;rement sur sa dimension subjective et esth&#233;tique, est indispensable pour donner consistance &#224; notre d&#233;sir d'&#234;tre-en-commun et mettre en &#233;vidence les impasses du r&#233;gime n&#233;olib&#233;ral.&lt;/i&gt; &#187; Ce parti pris pour l'&#233;tude esth&#233;tique et subjective traverse le livre en entier et, d'une certaine fa&#231;on, limite son analyse de l'exp&#233;rience communiste. Dans le cas sp&#233;cifique de la violence, Bordeleau rattache l'&#233;lan r&#233;volutionnaire des diff&#233;rentes gu&#233;rillas &#224; une philosophie de la &lt;i&gt;tabula rasa&lt;/i&gt; qui vise &#224; produire l'homme nouveau dont r&#234;vent ses penseurs. D'un point de vue strictement subjectif et philosophique, ce n'est pas faux. Il peut m&#234;me &#234;tre sain d'interroger la pertinence de cette tabula rasa, mais, ce faisant, l'auteur d&#233;laisse un aspect fondamental de la r&#233;flexion r&#233;volutionnaire : la strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la fin du livre met l'accent sur un &#171; comment faire ? &#187; pr&#233;sent&#233; comme la nouvelle interrogation communiste apr&#232;s celle de L&#233;nine, il est &#233;tonnant que Bordeleau n'interroge pas davantage le &#171; comment &#187; de la r&#233;volution. Mao n'est analys&#233; que sous l'angle culturel de la politisation de l'art et aucun mot n'est dit sur la r&#233;ussite d'H&#244; Chi Minh et de Giap &#224; mettre en &#233;chec la plus grande puissance militaire imp&#233;rialiste. Pourtant, le timonier chinois a &#233;t&#233; l'un des plus grands strat&#232;ges militaires du si&#232;cle et les Vietnamiens ont montr&#233; la sup&#233;riorit&#233; d'une tactique juste sur un arsenal puissant. Tout au long de l'exp&#233;rience communiste, il y a eu des d&#233;bats importants concernant la strat&#233;gie de l'insurrection par rapport &#224; celle de la guerre populaire prolong&#233;e, la guerre de gu&#233;rilla ou la m&#233;thode de la terre br&#251;l&#233;e. Or, cet aspect de l'histoire rouge ne peut &#234;tre mis &#224; l'&#233;cart, il est trop important. Il est d'autant plus important que lorsque l'on analyse la question du point de vue politique plut&#244;t que du point de vue culturel, il permet de poser la question la plus br&#251;lante &#224; l'heure actuelle pour les progressistes d'Am&#233;rique du Nord et d'Europe : comment r&#233;ussir une r&#233;volution dans un pays imp&#233;rialiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes les questions absentes du livre de Bordeleau, que ce soit la strat&#233;gie militaire ou la question &#233;conomique, pour tout ce que Marx nommerait &#171; les spectres &#187; de la r&#233;flexion propos&#233;e, il reste qu'un travail d'envergure est entrepris. L'auteur fait une analyse pointue de l'id&#233;ologie dominante et de ses liens avec la culture du jeu vid&#233;o. Il montre aussi assez rigoureusement comment se d&#233;ployait l'id&#233;al de l'art et de la philosophie du mouvement r&#233;volutionnaire du vingti&#232;me si&#232;cle et, finalement, il se nourrit d'&#339;uvres et de travaux int&#233;ressants, principalement issus du monde chinois, pour alimenter ce qu'on pourrait appeler une nouvelle sagesse. L&#224; o&#249; Alain Badiou proposait trois postures philosophiques, celle de l'acad&#233;misme, celle du capital et celle de la r&#233;volution, Bordeleau propose trois cultures esth&#233;tiques, soit celle du capitalisme, celle de la table rase r&#233;volutionnaire et celle de la r&#233;sonance du commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corps du texte oppose de diverses fa&#231;ons le communisme de la volont&#233; et le communisme de la r&#233;sonance. Dans la premi&#232;re vision, on croise des philosophes comme Jean-Paul Sartre et Alain Badiou, mais aussi tous les dirigeants communistes de la guerre froide. Dans la deuxi&#232;me vision communiste, on fait appel &#224; Merleau-Ponty, Giorgio Agamben ainsi qu'&#224; la tradition tao&#239;ste chinoise. L&#224; o&#249; les r&#233;volutionnaires proposent une mise en acte de leurs id&#233;es sur le monde et l'histoire, les penseurs de la r&#233;sonance invitent d'abord &#224; une sensibilit&#233; &#224; l'autre, &#224; une mise en accord avec le monde et &#224; une cr&#233;ation d'espaces vibrants. On sent bien ce que le nouveau communisme de Bordeleau doit &#224; la d&#233;mocratie directe et &#224; la mont&#233;e r&#233;cente de l'&#233;cologisme. Il n'a pas tort lorsqu'il dit que le sujet de Badiou a tendance &#224; s'isoler, tout comme la sensibilit&#233; &#224; l'autre a souvent &#233;t&#233; mise de c&#244;t&#233; dans l'histoire du communisme sous le pr&#233;texte des n&#233;cessit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le sujet que propose Bordeleau pose &#233;galement probl&#232;me puisqu'il est construit sur un v&#339;u pieux, une esp&#232;ce de pure pr&#233;sence n&#233;gative, quelque part entre Lao Tseu et Socrate. Or, dans une vision politique du changement, cette posture est insuffisante, pire elle n'a pas d'&#233;cho pratique. J'ai souri &#224; la lecture du livre lorsque Bordeleau traite Badiou de n&#233;o-lacanien. D'abord, je ne savais pas que le terme existait. Ensuite, il m'a toujours sembl&#233; que le probl&#232;me du sujet de Badiou &#233;tait d'ignorer la pratique de Lacan. Il est vrai que le philosophe a beaucoup lu le psychanalyste fran&#231;ais, il a m&#234;me publi&#233; des livres sur lui. Cependant, il reste que Badiou ignore tout de la pratique analytique. Le r&#233;sultat philosophique ne se fait pas attendre : sa th&#233;orie du sujet gomme ce qui est au centre de la linguistique lacanienne, &#224; savoir la coupure langagi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bordeleau a le m&#234;me probl&#232;me que le philosophe qu'il combat. Il lui manque une pratique concr&#232;te, celle m&#234;me qui permettrait de d&#233;velopper le rapport &#224; l'autre qu'il b&#226;tit tout au long de son livre. Comme Badiou, il gomme la barre, cette notion de s&#233;paration essentielle qui fonde la psychanalyse et qui, dans l'histoire du communisme volontariste &#224; laquelle je souscris, prend la forme de r&#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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