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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Conjuguer &#171; travailler &#187; au futur compliqu&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Conjuguer-travailler-au-futur-complique</link>
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		<dc:date>2021-01-04T20:03:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maude Prud'homme</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Prud'homme, Maude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'avenir du travail est imbriqu&#233; dans les p&#233;riples de survivance qui seront le lot des g&#233;n&#233;rations futures. Dramatique ? Les effondrements seront ind&#233;niables. Effectuer quelques pas de c&#244;t&#233; demandera donc un courage et des forces qui ne peuvent &#234;tre que collectives. Parce qu'il est clair que les monarques des syst&#232;mes actuels ont l'intention de s'accrocher, mais aussi parce qu'il s'agit de reconfigurer profond&#233;ment nos soci&#233;t&#233;s et nos relations aux &#233;cosyst&#232;mes. &lt;br class='autobr' /&gt; Il fait litt&#233;ralement plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quel-avenir-pour-le-travail-" rel="directory"&gt;Dossier : Quel avenir pour le travail ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Maude-Prud-homme-+" rel="tag"&gt;Prud'homme, Maude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3034.png?1642092253' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1184&#034; height=&#034;234&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'avenir du travail est imbriqu&#233; dans les p&#233;riples de survivance qui seront le lot des g&#233;n&#233;rations futures. Dramatique ? Les effondrements seront ind&#233;niables. Effectuer quelques pas de c&#244;t&#233; demandera donc un courage et des forces qui ne peuvent &#234;tre que collectives. Parce qu'il est clair que les monarques des syst&#232;mes actuels ont l'intention de s'accrocher, mais aussi parce qu'il s'agit de reconfigurer profond&#233;ment nos soci&#233;t&#233;s et nos relations aux &#233;cosyst&#232;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Il fait litt&#233;ralement plus chaud que &lt;em&gt;jamais&lt;/em&gt; (OK pas jamais, mais vous comprenez). En une seule journ&#233;e, le 1er ao&#251;t dernier, onze milliards de tonnes de glace ont fondu au Groenland&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;France Info, &#171; En une seule journ&#233;e, onze milliards de tonnes de glace ont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est l'&#233;quivalent de 4,4 millions de piscines olympiques d&#233;vers&#233;es dans l'oc&#233;an. Ce n'est l&#224; qu'un exemple de la magnitude qui continue de nous &#233;branler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une question se pose alors : qu'est devenu, pr&#233;cis&#233;ment, l'avenir au juste ? La proximit&#233; des murs sur lesquels on fonce fait d&#233;bat : 2050 ? 2030 ? 2 degr&#233;s, 4, 5 ou 8 ? Nourris par divers besoins l&#233;gitimes et des ambitions de planification hautement pertinentes, plusieurs voudraient des pr&#233;visions d'une pr&#233;cision horlog&#232;re, d'avance, avant de commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or, ce n'est pas possible. Les scientifiques n'ont pas de consensus sur les positions exactes de ces murs. Les sciences elles-m&#234;mes ont en fait peu de chances de saisir l'ampleur et l'enchev&#234;trement des bouleversements en cours et &#224; venir. Elles ne peuvent non plus pr&#233;voir les cr&#233;ativit&#233;s des forces sociales qui seront d&#233;ploy&#233;es. Ne leur en demandons donc pas trop.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Les obstacles aux changements&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Cette insistante recherche de pr&#233;visibilit&#233; est particuli&#232;rement pr&#233;sente lorsqu'il est question de transition &#233;nerg&#233;tique dans la sph&#232;re du travail. Pourquoi ? Je tente une r&#233;ponse (en sursimplifiant, d&#233;sol&#233;e) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * Parce qu'il faut payer les &lt;em&gt;bills&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * Parce que les gens ne voudront pas faire un pas de c&#244;t&#233; s'ils n'ont pas la certitude de pouvoir payer leurs &lt;em&gt;bills&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * Parce que la brutalit&#233; &#233;tatico-&#233;conomique peut nous pousser en bas de l'escalier pour cause de d&#233;faut de paiement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;soudre les probl&#232;mes de fin de mois et de fin du monde, on veut bien. Effectuer les virages n&#233;cessaires tout en payant, ultimement, les banques, moins s&#251;r. Pourquoi faudrait-il essayer d'abord ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s tout, la loi du march&#233; et ses corollaires n'ont pas la m&#234;me implacabilit&#233; que la gravit&#233;. Ils font partie int&#233;grante des lubies qui nous m&#232;nent aux pr&#233;cipices les plus tristes. Les solutions et approches contextuelles, respectant les exigences imm&#233;diates, ne correspondent souvent pas aux caps n&#233;cessaires aux perspectives d'avenir. Vient alors le moment de rompre avec des imp&#233;ratifs construits douteux, des conventions inconvenantes. Les d&#233;fis de rupture et de changement de paradigme sont nombreux, mais peuvent offrir des &#233;mancipations profondes. Car ne l'oublions pas, l'ordre actuel n'est pas heureux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Le travail qui nous attend&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; L'avenir du travail n'est donc pas simple. Sa d&#233;finition ne l'a d'ailleurs jamais &#233;t&#233;. L'ouvrage gratuit, notamment des femmes, en est-il ? Les ouvrages de subsistance en g&#233;n&#233;ral, la vie qui se d&#233;roule hors du PIB (oui, oui), en sont-ils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Osons dire que ce ne sont pas tous les emplois ni toutes les industries que l'on souhaite perp&#233;tuer. Certains secteurs sont fondamentalement nuisibles : du jetable fait de mat&#233;riaux imp&#233;rissables &#224; l'armement, en passant par le loisir de voyages a&#233;riens intercontinentaux ou de croisi&#232;res de luxe, et quoi encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Consid&#233;rons aussi que, selon des calculs d'&#233;quivalence en joules, entretenir les modes de vie actuels des individus les plus ais&#233;s (pas ceux de tout le monde, hein) n&#233;cessite l'&#233;quivalent du travail de 100 &#224; 400 personnes par ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Explorons les chemins de traverse avec, dans nos besaces, les apprentissages de si&#232;cles de luttes. Les savoirs techniques port&#233;s par les travailleuses et les travailleurs offrent des cl&#233;s pour la suite du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Parce que tout &#231;a ne va pas se tricoter tout seul, commen&#231;ons par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * localiser la production des biens n&#233;cessaires (au moins pas trop superflus) au quotidien ;&lt;br /&gt; * assurer la subsistance de toutes et de tous ;&lt;br /&gt; * assurer la construction et l'entretien d'infrastructures r&#233;silientes et adapt&#233;es aux besoins des communaut&#233;s ;&lt;br /&gt; * assurer la r&#233;silience sociale, culturelle et politique des communaut&#233;s que nous habitons ;&lt;br /&gt; * participer &#224; la rem&#233;diation des &#233;cosyst&#232;mes ab&#238;m&#233;s ;&lt;br /&gt; &#224; travers les remous, assurer le bien-&#234;tre physique et &#233;motionnel de chacun&#183;e, autant que faire se peut ;&lt;br /&gt; * offrir des solidarit&#233;s concr&#232;tes aux peuples qui encaissent le gros des nuisances li&#233;es au thermo-capitalisme ;&lt;br /&gt; * accueillir chaleureusement ceux et celles qui doivent quitter leurs lieux ;&lt;br /&gt; * assurer de fa&#231;on s&#233;curitaire la gestion locale des nuisances accumul&#233;es, comme les d&#233;chets nucl&#233;aires et autres toxicit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; S'adapter ensemble&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Puisque les bouleversements climatiques ne sont pas une crisette passag&#232;re, les labeurs d'adaptation devront persister en s'adaptant eux-m&#234;mes. Bref, les d&#233;fis qui nous sont pos&#233;s exigent beaucoup d'ouvrage pour &#234;tre relev&#233;s. Comme ils ne s'inscrivent pas dans des analyses de production du travail classique, il faudra alors r&#233;fl&#233;chir s&#233;rieusement &#224; d&#233;tacher l'assurance des conditions mat&#233;rielles de dignit&#233; de la quantification des efforts fournis. Une diversit&#233; de m&#233;canismes &#233;conomiques &#8211; allant du don &#224; la planification collective et au revenu minimum garanti &#8211; sera &#224; consid&#233;rer, voire &#224; d&#233;passer par des m&#233;canismes qui nous surprendront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous avons int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;patouiller ces chemins ensemble, avec des nous pluriels et alertes aux privil&#232;ges ; et &#224; orchestrer des essais techniques, politiques et culturels. &#192; ouvrager de nos mains et outils les choses du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Heureusement, ces activit&#233;s offrent des richesses. Parce qu'il y a des ouvrages qui sont bons pour l'&#226;me, pour les relations au vivant, aux autres humains, &#224; soi, aux temps courts et longs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Allez, essayons. Dotons-nous de plans communs, car &#171; &lt;em&gt;plus les visions seront pr&#233;cises et incarn&#233;es, plus elles seront cr&#233;dibles et potentiellement motrices&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pablo Servigne, Rapha&#235;l Stevens, Gauthier Chapelle et Dominique Bourg, Une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais surtout, g&#233;n&#233;rons des pratiques communes, des instances partag&#233;es, des vocabulaires, des relations et des infrastructures adaptables &#224; nous et inversement. Acceptons l'impr&#233;visibilit&#233; en s&#233;curisant ce qui est s&#233;curisable. Misons sur les t&#226;tonnements politiques concrets, des projets-pilotes audacieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et soyons &#224; l'aff&#251;t ! Le patriarcat, le racisme et le colonialisme prosp&#233;raient bien avant l'arriv&#233;e des hydrocarbures. La transition &#233;nerg&#233;tique en cours peut faire mieux, &#224; condition que ses artisan&#183;ne&#183;s portent des intentions claires et agissent concr&#232;tement en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vu sa place dans les &#233;pop&#233;es capitalistes qui d&#233;truisent les territoires, le travail rev&#234;t un grand potentiel pour changer le cours des choses. La transition &#233;nerg&#233;tique constitue effectivement une occasion de transformations majeures dans le monde du travail, incluant le travail non salari&#233; ou non r&#233;mun&#233;r&#233;, et ce bien au-del&#224; du secteur de l'&#233;nergie. Il importe de faire en sorte que la transition &#233;nerg&#233;tique n'aggrave pas la pr&#233;carisation du travail et qu'elle s'av&#232;re plut&#244;t porteuse de dignit&#233; pour les travailleuses et les travailleurs, et leurs communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'avenir n'est plus ce qu'il &#233;tait, c'est connu. Les certitudes sont rares. Il nous appartient donc de se doter de r&#233;cits, d'esquisses, d'outils et de solidarit&#233;s pour naviguer dans les torrents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;em&gt;Ouvrir des possibles consiste surtout &#224; projeter au-del&#224; de ce que nous perdons et donc &#224; anticiper ce qui pourrait &#233;merger&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.176.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;France Info, &#171; En une seule journ&#233;e, onze milliards de tonnes de glace ont fondu au Groenland &#187;, 3 ao&#251;t 2019. En ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/en-une-seule-journee-onze-milliards-de-tonnes-de-glace-ont-fondu-au-groenland_3563255.html&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.francetvinfo.fr/meteo/climat/en-une-seule-journee-onze-milliards-de-tonnes-de-glace-ont-fondu-au-groenland_3563255.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pablo Servigne, Rapha&#235;l Stevens, Gauthier Chapelle et Dominique Bourg, &lt;em&gt;Une autre fin du monde est possible&lt;/em&gt;, Paris, &#201;ditions du Seuil, 2018, p. 171.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Ibid&lt;/em&gt;., p.176.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Maude Prud'homme est d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; la transition du R&#233;seau qu&#233;b&#233;cois des groupes &#233;cologistes et membre du comit&#233; de coordination du Front commun pour la transition &#233;nerg&#233;tique. Ce texte n'engage que l'auteure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La transition &#233;nerg&#233;tique n'est pas un changement d'huile</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-transition-energetique-n-est-pas-un-changement-d-huile</link>
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		<dc:date>2017-05-06T20:57:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maude Prud'homme</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Prud'homme, Maude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La transition &#233;nerg&#233;tique est devenue tellement populaire que le Parti lib&#233;ral tente de la r&#233;cup&#233;rer pour peinturer un plan carbone douteux. Mais vu le sort du d&#233;veloppement durable et ses usages dangereusement cosm&#233;tiques, soyons critiques. &lt;br class='autobr' /&gt; Transiter &#224; partir de quoi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quoi carbure-t-on en ce moment ? Certes, les infrastructures, industries et technologies contemporaines s'abreuvent d'hydrocarbures. Ce choix comporte des corollaires exponentiels vu le tarissement des meilleurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-68-fevrier-mars-2017-" rel="directory"&gt;No 068 - f&#233;vrier / mars 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Manchette-+" rel="tag"&gt;Manchette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Maude-Prud-homme-+" rel="tag"&gt;Prud'homme, Maude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2385.jpg?1642092193' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1325&#034; height=&#034;1653&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La transition &#233;nerg&#233;tique est devenue tellement populaire que le Parti lib&#233;ral tente de la r&#233;cup&#233;rer pour peinturer un plan carbone douteux. Mais vu le sort du d&#233;veloppement durable et ses usages dangereusement cosm&#233;tiques, soyons critiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Transiter &#224; partir de quoi ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi carbure-t-on en ce moment ? Certes, les infrastructures, industries et technologies contemporaines s'abreuvent d'hydrocarbures. Ce choix comporte des corollaires exponentiels vu le tarissement des meilleurs gisements, les contaminations, la d&#233;t&#233;rioration de la qualit&#233; de vie de travailleurs&#183;euses et de celle des communaut&#233;s qui en subissent davantage les co&#251;ts et contrecoups, bien autrement que par le prix &#224; la pompe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est loin d'&#234;tre la seule &#233;nergie d&#233;ploy&#233;e pour reproduire le &lt;i&gt;business as usual&lt;/i&gt;. Le travail de reproduction quotidien effectu&#233; gratuitement, ou presque, par des femmes tisse encore les fils t&#233;nus qui rafistolent les jours rudes au gr&#233; de si&#232;cles d'aust&#233;rit&#233;. La r&#233;volution industrielle a eu ses effets dans le domaine, et ce ne fut pas particuli&#232;rement &#233;mancipateur. La double t&#226;che n'est pas un progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se module aux intersections des oppressions, entre autres classistes, racistes et coloniales. Le syst&#232;me &#233;conomique dominant, capitalisme en phase n&#233;olib&#233;rale version post-COP21, carbure toujours au sang et &#224; la sueur des esclaves modernes, symboliquement salari&#233;&#183;e&#183;s ou pas. Quand on pense aux gens qui font office de &#171; ressources humaines &#187; &#224; l'&#233;chelle mondiale des secteurs manufacturiers, agricoles ou miniers, on ne peut ignorer la dimension raciste du labeur humain extrait brutalement comme carburant du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, le cumul historique et la perp&#233;tuation des colonialismes sur les territoires autochtones occup&#233;s fournissent les &#171; ressources &#187; essentielles au d&#233;ploiement hyper-technologique en cours. Le colonialisme peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un carburant de cette &#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les Peuples Premiers r&#233;it&#232;rent que ces territoires, cette nature, les &#233;cosyst&#232;mes que nous habitons, ce sont la base de tout. Tout. Et avec raison. L'actuelle fuite en avant se gave du labeur naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autres intrants au r&#233;gime ? Les conflits arm&#233;s et les marques de terreur durables qui les accompagnent. Les guerres pour des enjeux &#233;nerg&#233;tiques, mais &#233;galement l'industrie militaire et son empreinte &#233;cologique. Il y a aussi, entre autres, la mis&#232;re ordinaire et les corps arm&#233;s qui en prot&#232;gent les nantis&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous l'aurez compris, multiples sont les d&#233;pendances malsaines du r&#233;gime actuel ; le p&#233;trole n'est pas la seule. Si certain&#183;e&#183;s veulent maintenir ind&#233;finiment la croissance &#233;conomique exponentielle tout en sortant de la d&#233;pendance aux hydrocarbures, &#224; quel prix cela pourrait-il se faire ? Des technologies peuvent optimiser des processus, voire g&#233;n&#233;rer des emplois dans certains secteurs, mais si les m&#234;mes &#233;lites d&#233;cident, leurs int&#233;r&#234;ts continueront d'&#234;tre servis au d&#233;triment du bien commun. Sans surprise, au nom d'une urgence climatique et &#233;cologique (r&#233;elle !), plusieurs des &#171; solutions &#187; actuelles et celles promues exacerbent les oppressions qui ont cours. Telle est notre &#233;poque, faite d'inerties lourdes de ses vainqueurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_269 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/photoeco.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH334/photoeco-968f6.png?1729021539' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; aller alors ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment &#233;viter une transition &#233;nerg&#233;tique qui ne serait que le changement d'huile d'une m&#234;me machine revamp&#233;e ? Plusieurs propositions mijotent, et aucune ne suffira &#224; elle seule, car il faut reconna&#238;tre cette complexit&#233; et consid&#233;rer que plusieurs transitions sont n&#233;cessaires. D'ailleurs, pour que les propositions soient &#233;mancipatrices, il serait opportun que ceux et celles qui incarnent la d&#233;fense des droits collectifs soient partie prenante de &#171; la transition &#187;. Si on amor&#231;ait une d&#233;marche plurisectorielle de d&#233;veloppement et de mise en &#339;uvre de mesures, d'infrastructures et de projets constituant des &#233;l&#233;ments de transition &#233;nerg&#233;tique, de lutte ou d'adaptation aux changements climatiques qui soient porteurs de justice sociale, qu'est-ce &#231;a voudrait dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, afin de r&#233;duire le transport de denr&#233;es alimentaires, on b&#226;tissait une serre nourrici&#232;re communautaire ? Cela pourrait procurer bien-&#234;tre, rencontres, s&#233;curit&#233; alimentaire, etc. Et si on en b&#226;tissait mille ? En int&#233;grant &#224; notre d&#233;marche des processus de d&#233;colonisation et de pratiques f&#233;ministes, bref de pratiques anti-oppressives, quelles possibilit&#233;s &#233;maneraient de ce genre de projet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pistes sont nombreuses. Pensons au logement. Le secteur du b&#226;timent qu&#233;b&#233;cois est une source importante de GES. Parall&#232;lement, les besoins en logements sociaux sont criants. Or, un logement bien con&#231;u peut r&#233;duire la consommation d'&#233;nergie et offrir une qualit&#233; de vie qui ne devrait pas &#234;tre un luxe. De plus, la construction est un secteur syndiqu&#233; et plusieurs organisations syndicales adoptent des positions fortes pour une transition juste qu'il faudra bien amorcer un jour ou l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre registre, il est n&#233;cessaire d'aller vers une d&#233;mocratisation et une d&#233;centralisation de plusieurs dimensions du pouvoir d&#233;cisionnel, voire l&#233;gislatif, notamment celui d'agir sur ladite &#171; gestion des ressources &#187; et l'am&#233;nagement du territoire. Et si un vent de transitions porteuses de justice sociale tentait de se d&#233;ployer lors des prochaines &#233;lections municipales, instance au c&#339;ur des enjeux d'am&#233;nagement, surtout &#171; en r&#233;gion &#187; ? Ce ne serait probablement pas suffisant pour tout changer, mais ce serait peut-&#234;tre un nouveau point de d&#233;part int&#233;ressant, non ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La n&#233;cessit&#233; est m&#232;re de cr&#233;ativit&#233;, para&#238;t-il&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'adoption de la loi 106, dite sur les hydrocarbures, fin 2016 couronne un parcours l&#233;gislatif qui r&#233;jouit l'Association p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re. En effet, la Loi concernant la mise en &#339;uvre de la Politique &#233;nerg&#233;tique 2030 s'embo&#238;te dans les modifications &#224; la loi sur la qualit&#233; de l'environnement (102) et le R&#232;glement sur le pr&#233;l&#232;vement des eaux et leur protection &#224; maints &#233;gards, notamment en facilitant la fracturation hydraulique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation fut constante tout au long des processus bidon qui ont jalonn&#233; les parcours l&#233;gislatifs ici &#233;voqu&#233;s, notamment depuis l'&#233;pop&#233;e du gaz de schiste. La d&#233;termination grandissante des citoyen&#183;ne&#183;s et des communaut&#233;s &#224; d&#233;fendre concr&#232;tement les milieux de vie est palpable, et les ann&#233;es de lutte font m&#251;rir des possibilit&#233;s nouvelles quant aux tactiques de d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, il est d'abord question dans ce texte d'une approche qui pourrait s'apparenter &#224; une forme d'attaque, un appel &#224; concevoir nos propres propositions, des propositions d'envergure et document&#233;es. De magnifiques initiatives se multiplient, des propositions inspir&#233;es sont lanc&#233;es : il n'en tient qu'&#224; nous de bloquer ce que doit et de catalyser ce qu'il faut !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_268 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/encadre1.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH402/encadre1-84504.png?1729021539' width='500' height='402' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photo&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les mobilisations se sont multipli&#233;es aux &#201;tats-Unis l'an dernier en soutien &#224; la r&#233;serve am&#233;rindienne Standing Rock, au Dakota du Nord, qui s'oppose au projet d'ol&#233;oduc &#171; Dakota Access Pipeline &#187; d'Energy Transfer. Ici, des manifestant&#183;e&#183;s d&#233;filant &#224; Seattle en septembre 2016.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;dit : John Duffy.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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