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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Gr&#232;ves de femmes</title>
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		<dc:date>2017-03-07T22:28:08Z</dc:date>
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		<dc:creator>Marie-&#200;ve Blais</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2016 a &#233;t&#233; forte en mobilisations men&#233;es par des femmes, l'affirmation g&#233;n&#233;rale &#233;tant qu'il ne faut plus se laisser faire. Entre les tentatives de plusieurs gouvernements de criminaliser l'avortement, les salaires in&#233;gaux, les conditions de travail pr&#233;caires, les agressions multiples et les meurtres de femmes toujours trop nombreux, plusieurs ont r&#233;pondu &#224; ces violences par la paro de mujeres, la gr&#232;ve des femmes. &lt;br class='autobr' /&gt; Islande &#8211; In&#233;galit&#233;s salariales et domestiques &lt;br class='autobr' /&gt;
Le lundi 24 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-68-fevrier-mars-2017-" rel="directory"&gt;No 068 - f&#233;vrier / mars 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Russie-et-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Russie et Europe de l'Est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Manchette-+" rel="tag"&gt;Manchette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Marie-Eve-Blais-+" rel="tag"&gt;Blais, Marie-&#200;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2375.jpg?1642092192' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1200&#034; height=&#034;800&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2016 a &#233;t&#233; forte en mobilisations men&#233;es par des femmes, l'affirmation g&#233;n&#233;rale &#233;tant qu'il ne faut plus se laisser faire. Entre les tentatives de plusieurs gouvernements de criminaliser l'avortement, les salaires in&#233;gaux, les conditions de travail pr&#233;caires, les agressions multiples et les meurtres de femmes toujours trop nombreux, plusieurs ont r&#233;pondu &#224; ces violences par la &lt;i&gt;paro de mujeres&lt;/i&gt;, la gr&#232;ve des femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;Islande &#8211; In&#233;galit&#233;s salariales et domestiques&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 24 octobre 2016 &#224; 14h38, des Islandaises quittent le travail pour descendre dans les rues de Reykjav&#237;k, l'heure pr&#233;cise o&#249; elles commencent &#224; travailler gratuitement par rapport &#224; leurs coll&#232;gues masculins qui occupent un emploi similaire. Ce 24 octobre, elles manifestent pr&#232;s du parlement, &#224; la place Austurv&#246;llur, pour d&#233;noncer les in&#233;galit&#233;s salariales, les discriminations sexuelles et les violences envers les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve poursuit une tradition qui s'inspire d'un moment historique pour le pays, le &lt;i&gt;Kvennafr&#237;dagurinn&lt;/i&gt; (&#171; Jour de cong&#233; des femmes &#187;) o&#249;, le 24 octobre 1975, 90% des femmes quittent le travail et cessent les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res et familiales, obligeant la fermeture de plusieurs commerces, th&#233;&#226;tres, banques et &#233;coles. L'ann&#233;e suivant cette mobilisation, une loi sur l'&#233;galit&#233; salariale sera vot&#233;e par le parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation de 1975 &#233;tait entreprise dans le cadre d'une &#171; ann&#233;e internationale des femmes &#187; d&#233;cr&#233;t&#233;e par l'ONU, lors de laquelle des repr&#233;sentantes de diff&#233;rents groupes f&#233;ministes se rencontrent pour organiser des &#233;v&#233;nements de sensibilisation aux discriminations faites aux femmes. La journ&#233;e de gr&#232;ve propos&#233;e par une militante du groupe f&#233;ministe radical &lt;i&gt;Red stocking&lt;/i&gt; est accept&#233;e sous l'appellation de &#171; jour de cong&#233; &#187; et veut d&#233;montrer l'importance que prend leur travail, souvent gratuit, dans la soci&#233;t&#233;. Les acquis sont pr&#233;caires, et malgr&#233; des journ&#233;es de gr&#232;ve en 1985, 2005 et 2010, les promesses de changement ne se concr&#233;tisent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016, les Islandaises gagnent toujours moins que les hommes (entre 14 et 30% selon les sources consult&#233;es), les in&#233;galit&#233;s domestiques et les violences sont encore pr&#233;sentes. En 11 ans, on calcule &#224; 30 minutes la diminution de l'&#233;cart salarial : en octobre 2005, les Islandaises avaient cess&#233; de travailler &#224; 14h08. Le foss&#233; est toujours profond et, &#224; ce rythme, il faudrait encore 50 ans pour atteindre l'&#233;galit&#233;salariale dans ce pays. Comme le dit Gylfi Arnbj&#246;rnsson, le pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration islandaise du travail, dans &lt;a href=&#034;http://www.nydailynews.com/news/world/women-iceland-punch-work-early-protest-wage-gap-article-1.2843430&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un article du &lt;i&gt;New York Daily News&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;C'est simplement inacceptable de dire que nous corrigerons &#231;a dans 50 ans. C'est le temps d'une vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;Pologne &#8211; Menace au droit &#224; l'avortement&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_241 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/jpg/grevefemmes.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH333/grevefemmes-f8a4b.jpg?1729016394' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 3 octobre 2016, confront&#233;es &#224; un projet de loi du parti conservateur &lt;i&gt;Prawo i Sprawiedliwo&#347;&#263;&lt;/i&gt; (Droit et Justice) qui interdirait compl&#232;tement l'avortement, et justement inspir&#233;es par l'histoire de gr&#232;ves des femmes en Islande, des Polonaises ont lanc&#233; un appel &#224; d&#233;brayer sur les r&#233;seaux sociaux. Plus de 100000 personnes, de plusieurs villes du pays, se sont ainsi rassembl&#233;es sur leurs heures de travail, v&#234;tues de noir, pour manifester leur opposition au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi actuelle sur l'avortement, l'une des plus restrictives d'Europe, autorise l'avortement uniquement dans les cas de viol ou d'inceste, de danger de vie pour la femme ou de malformation du f&#339;tus. Le texte de loi propos&#233; non seulement abolirait ces droits, mais il ferait aussi en sorte de criminaliser tant la femme qui a recours &#224; l'avortement que la personne qui le pratique, encourant ainsi une peine de prison pouvant aller jusqu'&#224; cinq ans. En plus d'&#234;tre une r&#233;gression alarmante, cette loi aurait pour effet de pr&#233;cariser davantage les femmes plut&#244;t que de lutter contre les violences dont elles sont victimes, en les obligeant notamment &#224; se tourner vers le march&#233; noir au p&#233;ril de leur sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 octobre, devant les menaces toujours pr&#233;sentes du gouvernement &#224; criminaliser l'avortement, des milliers de Polonaises reprenaient la rue pour maintenir la pression. Refusant le contr&#244;le de l'&#201;glise et de l'&#201;tat sur leur corps, elles ont annonc&#233; qu'elles d&#233;fendraient l'avortement contre &#171; &lt;i&gt;les gens de droite, les p&#233;dophiles et les agresseurs&lt;/i&gt; &#187;. Ne se cantonnant pas seulement dans une posture d&#233;fensive, elles ont en outre lanc&#233; une p&#233;tition pour revendiquer l'acc&#232;s garanti &#224; un avortement l&#233;gal, &#224; l'&#233;ducation sexuelle et &#224; la contraception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forte r&#233;ponse &#224; l'appel de gr&#232;ve a confirm&#233; que ce moyen de lutte est d&#233;rangeant pour les autorit&#233;s et permet un contrepoids de taille contre le durcissement des lois qui criminalisent les femmes. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;En d&#233;mocratie, le refus de travailler est la forme de pression politique la plus forte. Nous estimons que son application est aujourd'hui justifi&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait la r&#233;daction de &lt;a href=&#034;http://wyborcza.pl/1,75968,20755667,wspieramy-kobiety.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gazeta Wyborcza&lt;/a&gt;, un quotidien de Varsovie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;Argentine &#8211; Les f&#233;minicides&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, le viol et le meurtre sauvage de l'adolescente de 16 ans Luc&#237;a P&#233;rez, dont les agresseurs ont tent&#233; de faire passer sa mort comme le r&#233;sultat d'une surdose de drogue, a particuli&#232;rement choqu&#233; le pays en octobre 2016. Depuis quelques ann&#233;es, plusieurs groupes de femmes se sont soulev&#233;s contre les violences et les meurtres dont elles sont victimes, d&#233;clarant &#224; partir de 2015 &lt;i&gt;#NiUnaMenos&lt;/i&gt; (&#171; pas une de moins &#187;), car c'est plus d'une femme par jour qui est assassin&#233;e en raison de son genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 octobre, un appel &#224; une gr&#232;ve symbolique d'une heure &#233;tait lanc&#233; : dans les rues, des hommes et des femmes de diff&#233;rents groupes syndicaux et f&#233;ministes ont d&#233;fil&#233; v&#234;tus de noir, revendiquant la fin de la violence masculine &#224; l'encontre des femmes. &#171; &lt;i&gt;Dans votre bureau, votre &#233;cole, votre h&#244;pital, au tribunal, dans la salle de r&#233;daction, au magasin ou &#224; l'usine, o&#249; que vous travailliez.&lt;/i&gt; #NosotrasParamos [nous faisons gr&#232;ve]. &lt;a href=&#034;http://www.elperiodico.com/es/noticias/internacional/huelga-mujeres-contra-ola-femicidios-5573203&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Assez de la violence machiste, nous voulons vivre.&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crimes perp&#233;tr&#233;s envers les femmes n'ont rien d'al&#233;atoire et utiliser le terme &lt;i&gt;f&#233;minicide&lt;/i&gt; &#8211; un homicide volontaire d'une femme au seul motif qu'elle est une femme, un g&#233;nocide au f&#233;minin &#8211; est tristement juste. En 2012, le terme a &#233;t&#233; inscrit au code p&#233;nal argentin comme circonstance aggravante d'un homicide. &#199;a n'a toutefois pas chang&#233; la situation. Les femmes victimes de la traite ou de l'esclavage sexuels et les travailleuses du sexe sont toujours les premi&#232;res cibles des violences misogynes et du conservatisme. Lorsque les militantes prennent la parole, elles font souvent face &#224; une forte r&#233;pression polici&#232;re. La mobilisation argentine a par ailleurs encourag&#233; d'autres groupes f&#233;ministes d'Am&#233;rique latine &#224; manifester pour contrer le f&#233;minicide qui fait rage depuis trop longtemps sur le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;La gr&#232;ve comme levier&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La multiplication des gr&#232;ves de femmes dans plusieurs pays, face &#224; des violences diverses mais toujours motiv&#233;es par le genre, exprime une situation mondiale intenable. Elles sont &#224; la fois une fureur quant aux agressions qui s'accumulent, mais aussi une envie de s'organiser collectivement pour penser un monde &#233;galitaire et sans violences. Que la gr&#232;ve soit d'une heure, d'une journ&#233;e ou r&#233;currente, ce qui est revendiqu&#233; &#224; travers celle-ci est l'arr&#234;t imm&#233;diat des violences faites aux femmes et des in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques dont elles sont les premi&#232;res &#224; souffrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant les actions de diff&#233;rents groupes de femmes et l'&#233;mergence des m&#233;dias sociaux qui les diffusent, un r&#233;seau plus large se cr&#233;e offrant &#224; des femmes le courage de prendre la rue et de s'opposer aux contraintes et violences du patriarcat. La gr&#232;ve est un mouvement solidaire et collectif qui permet de maintenir la pression contre les diff&#233;rents pouvoirs. Faire la gr&#232;ve c'est dire : je fais gr&#232;ve de la violence, je la refuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Marta Rybicka. &lt;a href=&#034;http://martarybicka.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://martarybicka.com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Czarny Poniedzia&#322;ek&lt;/i&gt; (&#171; Lundi noir &#187;) : des milliers de Polonaises ont manifest&#233; &#224; Varsovie le 3 octobre 2016 pour s'opposer &#224; leur gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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