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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Et s'il n'y avait pas eu Murdochville ?</title>
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		<dc:date>2018-09-16T16:59:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Alain</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Alain, Pascal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au-del&#224; du n&#233;cessaire devoir de m&#233;moire, pourquoi comm&#233;morer d'une d&#233;cennie &#224; l'autre la gr&#232;ve de Murdochville ? Pourquoi vouloir d&#233;poussi&#233;rer ce conflit en ces temps o&#249; les conditions g&#233;n&#233;rales de travail des ouvriers et ouvri&#232;res du Qu&#233;bec, sans &#234;tre parfaites, ne sont plus l'ombre de ce qu'elles ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt; La r&#233;ponse est toute simple : parce que Murdochville a amen&#233; le Qu&#233;bec vers la modernit&#233;. Parce que Murdochville a &#233;t&#233; une d&#233;fricheuse de libert&#233; dans un Qu&#233;bec qui asphyxiait. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-70-ete-2017-" rel="directory"&gt;No 070 - &#233;t&#233; 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Alain-Pascal-+" rel="tag"&gt;Alain, Pascal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2582.png?1642092212' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;572&#034; height=&#034;288&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au-del&#224; du n&#233;cessaire devoir de m&#233;moire, pourquoi comm&#233;morer d'une d&#233;cennie &#224; l'autre la gr&#232;ve de Murdochville ? Pourquoi vouloir d&#233;poussi&#233;rer ce conflit en ces temps o&#249; les conditions g&#233;n&#233;rales de travail des ouvriers et ouvri&#232;res du Qu&#233;bec, sans &#234;tre parfaites, ne sont plus l'ombre de ce qu'elles ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;ponse est toute simple : parce que Murdochville a amen&#233; le Qu&#233;bec vers la modernit&#233;. Parce que Murdochville a &#233;t&#233; une d&#233;fricheuse de libert&#233; dans un Qu&#233;bec qui asphyxiait. Parce que Murdochville a laiss&#233; un h&#233;ritage consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ritable ville champignon, Murdochville na&#238;t et se d&#233;veloppe &#224; grande vitesse au c&#339;ur de la Gasp&#233;sie, loin de la c&#244;te. La compagnie Noranda Mines et son pr&#233;sident, James Murdoch, fondent la ville mini&#232;re en 1953, une quarantaine d'ann&#233;es apr&#232;s que les fr&#232;res Miller aient rep&#233;r&#233; des gisements de cuivre dans le lit de la rivi&#232;re York. En 1951-1952, la Noranda construit la ville de toutes pi&#232;ces, &#233;rigeant les infrastructures n&#233;cessaires en vue d'y extraire du minerai de cuivre. La croissance de Murdochville est renversante. En 1955, la ville compte 2500 habitants. La mine fonctionne &#224; plein r&#233;gime. Au m&#234;me moment o&#249; l'exode commence &#224; faire ses premiers m&#233;faits en Gasp&#233;sie, en contrepartie l'espoir rena&#238;t. Pas moins de 1000 travailleurs, dont 75% sont Gasp&#233;siens, sont &#224; l'emploi de la compagnie. Celle-ci fait construire &#224; ses frais des logements, un h&#244;pital, des &#233;coles, un cin&#233;ma, un ar&#233;na&#8230; Elle croit ainsi s'acheter la fid&#233;lit&#233; aveugle des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gen&#232;se du conflit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'automne 1952 que la mine fait ses premiers pas dans le monde de l'industrie mini&#232;re. Plus de 90% des employ&#233;s de la Gasp&#233; Copper Mines, filiale de la Noranda Mines, joignent les rangs du syndicat des M&#233;tallurgistes unis d'Am&#233;rique, surnomm&#233; les M&#233;tallos, affili&#233; au Congr&#232;s canadien du travail (CCT). Une demande d'accr&#233;ditation est envoy&#233;e &#224; la Commission des relations ouvri&#232;res du Qu&#233;bec (CRO), mais la Gasp&#233; Copper Mines fait tout pour faire d&#233;railler les d&#233;marches des ouvriers. La raison en est simple : les M&#233;tallos repr&#233;sentent un syndicat trop revendicateur aux yeux de la compagnie. Mieux vaut trouver un syndicat plus docile, un &#171; syndicat de boutique &#187;, comme l'Union internationale des employ&#233;s des mines, affili&#233;e au Congr&#232;s des m&#233;tiers et du travail duCanada (CMTC). En 1954, un sc&#233;nario impossible survient : le CCT et le CMTC fusionnent pour former le Congr&#232;s du travail du Canada (CTC). &#192; partir de ce moment, les travailleurs ont toute la libert&#233; de choisir leur all&#233;geance syndicale. Ils optent sans surprise &#224; 90% pour les M&#233;tallos. La Gasp&#233; Copper Mines ne l'accepte pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la compagnie tente de gagner du temps. Elle ne veut pas des M&#233;tallos et profite d'un appui ind&#233;fectible du gouvernement de Duplessis. Elle exige de la CRO les documents syndicaux en lien avec leur demande d'accr&#233;ditation. La CRO s'y oppose. Une longue valse juridique s'ensuit. La tension est &#224; son paroxysme devant le refus de l'employeur de n&#233;gocier. Face &#224; une telle impasse, la Gasp&#233; Copper d&#233;cide de cong&#233;dier, le 8 mars 1957, le pr&#233;sident du syndicat Th&#233;o Gagn&#233;. Le 11 mars, les ouvriers r&#233;pliquent en d&#233;clenchant la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une gr&#232;ve et son contexte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le contexte de l'&#233;poque explique en bonne partie la situation dans laquelle se retrouvent les deux parties. L'Union nationale et son chef, Maurice Duplessis, sont au pouvoir depuis 1944. Duplessis, in&#233;branlable, r&#232;gne en grand monarque. La guerre froide, conflit id&#233;ologique o&#249; capitalisme et communisme s'affrontent &#224; l'&#233;chelle internationale, compose la trame de fond, m&#234;me &#224; Murdochville. Aux &#201;tats-Unis, le s&#233;nateur McCarthy fait la chasse aux &#171; rouges &#187; et &#224; leurs sympathisants. Au Qu&#233;bec, la gauche naissante et leurs leaders font face au m&#234;me traitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1953 et 1965, &#201;mile Boudreau (1915-2006) est un militant syndicaliste infatigable. &#171; &lt;i&gt;Ma job, c'&#233;tait de faire de la propagande pour que les travailleurs s'organisent et qu'ils se syndicalisent. &#192; Murdochville, on &#233;tait tellement dangereux que la police &#224; Duplessis d&#233;barquait pour nous emp&#234;cher de se r&#233;unir. On &#233;tait &#233;tiquet&#233;s comme des m&#233;chants communistes&lt;/i&gt; &#187;, m'a-t-il confi&#233;. &#171; &lt;i&gt;La compagnie faisait tout pour emp&#234;cher des gars comme moi de faire leur travail. On se r&#233;unissait dans les vieux camps de la compagnie. La police nous courait dans le bois. Une des fa&#231;ons de s'organiser, c'&#233;tait de se sacrifier. Il fallait &#234;tre fou pour faire de l'organisation dans des conditions pareilles&lt;/i&gt; &#187;, soutient-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque le syndicat n'est pas reconnu, la gr&#232;ve est d&#233;clar&#233;e ill&#233;gale. La tension monte. Le 25 avril, une centaine de policiers provinciaux sont appel&#233;s en renfort &#224; Murdochville. Le 29 du m&#234;me mois, la production reprend avec des briseurs de gr&#232;ve recrut&#233;s par la compagnie. Dans le groupe, on retrouve des Hongrois ayant fui leur pays envahi par l'URSS. Mon coll&#232;gue historien Jean-Marie Thibeault relate ce moment : &#171; &lt;i&gt;On leur demande :&lt;/i&gt; &#171; Voulez-vous une job dans les mines ? &#187;&lt;i&gt; On les met dans un autobus scolaire, sur des routes de gravelle. &#192; Sainte-Anne-des-Monts&lt;/i&gt; [100 km avant Murdochville], &lt;i&gt;on leur dit :&lt;/i&gt; &#171; Il y a des communistes qui font la gr&#232;ve. Si vous &#234;tes des communistes, d&#233;barquez. Si vous &#234;tes des d&#233;mocrates, restez. &#187; &#187; Le 12 juillet, des gr&#233;vistes en ont marre et d&#233;cident de dynamiter le tuyau de la &#171; &lt;i&gt;tailing dam&lt;/i&gt; &#187;, qui sert &#224; transporter les rejets du concentrateur. L'un deux, Herv&#233; Bernatchez, y laisse sa peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le 19 ao&#251;t, 500 manifestants, dont Michel Chartrand, Jean Marchand, Louis Laberge, Pierre-Elliot Trudeau et Ren&#233; L&#233;vesque, marchent &#224; Murdochville. Des fiers-&#224;-bras embauch&#233;s par la compagnie leur lancent des roches. Apr&#232;s la manifestation, ces m&#234;mes fiers-&#224;-bras saccagent les bureaux du syndicat, en plus de d&#233;molir une trentaine de v&#233;hicules. On s&#232;me la peur et le d&#233;sordre. Des gr&#233;vistes sont poursuivis jusqu'&#224; leur demeure. L'un d'eux, Edgar Fortin, meurt d'une crise cardiaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Murdochville, la compagnie est en situation totale de pouvoir. Pour ce qui est de l'&#201;glise, elle fait preuve d'une neutralit&#233; exemplaire &#224; l'endroit de la Gasp&#233; Copper Mines. Roger B&#233;dard, l'un des chefs de file de la gr&#232;ve, dira : &#171; &lt;i&gt;Dans l'ensemble, le clerg&#233; fit montre, dans le conflit, d'une neutralit&#233; qui fit le jeu de l'employeur et du gouvernement et qui contrastait avec le r&#244;le tr&#232;s engag&#233; que l'&#201;glise qu&#233;b&#233;coise avait jou&#233; quelques ann&#233;es auparavant dans le conflit de l'amiante.&lt;/i&gt; &#187; Fait surprenant, l'&#233;v&#234;que de Gasp&#233;, Mgr Albini Leblanc, avait pourtant propos&#233; de servir de m&#233;diateur dans le conflit, mais son d&#233;c&#232;s dans un accident de voiture, en mai 1957, a fait avorter ses plans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'h&#233;ritage de Murdochville&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 7 octobre 1957, apr&#232;s un peu plus de sept mois de d&#233;brayage, il ne reste plus que 200 gr&#233;vistes. &#201;puis&#233;s, ils jettent l'&#233;ponge. &#171; &lt;i&gt;C'est une d&#233;faite totale au plan individuel. Mais au plan collectif, la gr&#232;ve de Murdochville est l'&#233;veil des ouvriers&lt;/i&gt; &#187;, soutient Jean-Marie Thibeault. En septembre 1959, Duplessis meurt dans la ville mini&#232;re de Schefferville. Paul Sauv&#233; lui succ&#232;de et fait adopter le &#171; Bill 8 &#187;, surnomm&#233; loi des Gasp&#233;siens. Cette loi interdit de cong&#233;dier des travailleurs en raison de leur militantisme syndical, en plus de r&#233;former la Commission des relations ouvri&#232;res, qui devient ind&#233;pendante du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; mon &#233;poque, un syndicat &#233;tait consid&#233;r&#233; comme un organisme qui n'avait pas le droit de vivre. On a lutt&#233; sans arr&#234;t pour obtenir l'accr&#233;ditation syndicale &#224; Murdochville. On l'a obtenue en 1965. Et en 1979 on a obtenu la Loi de la sant&#233; et de la s&#233;curit&#233; au travail. &#199;a s'est fait en donnant des coups de pied dans les portes !&lt;/i&gt; &#187;, mentionne &#201;mile Boudreau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;mile Boudreau, comme bien d'autres, a donn&#233; le meilleur de lui-m&#234;me &#224; Murdochville. Il a &#233;t&#233; t&#233;moin de sa fondation, a consacr&#233; une partie de sa vie &#224; d&#233;fendre et &#224; conscientiser les travailleurs et a appris la fermeture d&#233;finitive de la mine au petit &#233;cran, en 2002. Il d&#233;sirait combattre un anachronisme flagrant &#224; l'aube de la R&#233;volution tranquille, soit cette atmosph&#232;re antisyndicale qui r&#233;gnait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il n'y avait pas eu Murdochville ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est historien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Mus&#233;e de Gasp&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une Gasp&#233;sie &#224; reb&#226;tir</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-Gaspesie-a-rebatir</link>
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		<dc:date>2017-02-23T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Alain, Jean-Fran&#231;ois Spain</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Spain, Jean-Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Alain, Pascal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec un taux de ch&#244;mage au-dessus des 12 % depuis 20 ans (deux fois celui du Qu&#233;bec), un vieillissement d&#233;mographique marqu&#233;, des investissements d&#233;croissants, une relance &#233;conomique de nouveau fond&#233;e sur l'&#233;conomie primaire et le quart des 25-64 ans sans dipl&#244;me (deux fois la moyenne qu&#233;b&#233;coise), une question se pose : comment se fait-il qu'une r&#233;gion pourvue de pareilles beaut&#233;s et richesses collectives navigue toujours de Charybde en Scylla ? Quel mal&#233;fice en cimente les perspectives et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Gaspesie-forces-vives-" rel="directory"&gt;Dossier : Gasp&#233;sie - Forces vives&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Spain-Jean-Francois-+" rel="tag"&gt;Spain, Jean-Fran&#231;ois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Alain-Pascal-+" rel="tag"&gt;Alain, Pascal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2362.png?1642092190' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;691&#034; height=&#034;403&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec un taux de ch&#244;mage au-dessus des 12 % depuis 20 ans (deux fois celui du Qu&#233;bec), un vieillissement d&#233;mographique marqu&#233;, des investissements d&#233;croissants, une relance &#233;conomique de nouveau fond&#233;e sur l'&#233;conomie primaire et le quart des 25-64 ans sans dipl&#244;me (deux fois la moyenne qu&#233;b&#233;coise), une question se pose : comment se fait-il qu'une r&#233;gion pourvue de pareilles beaut&#233;s et richesses collectives navigue toujours de Charybde en Scylla ? Quel mal&#233;fice en cimente les perspectives et s'acharne &#224; lui soutirer sa richesse en offrant l'indigence en retour ? Lev&#233;e d'amarres sur une longue travers&#233;e brumeuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'accaparement priv&#233; des richesses collectives repr&#233;sente un &#233;l&#233;ment cl&#233; de l'historicit&#233; r&#233;gionale. Fond&#233;e sur des consid&#233;rations juridiques des soci&#233;t&#233;s de droit, l'appropriation priv&#233;e des richesses publiques r&#233;v&#232;le les assises du mod&#232;le des grands projets &#233;cono&#173;miques ayant forg&#233; jusqu'&#224; aujourd'hui le carac&#173;t&#232;re historique de la Gasp&#233;sie. Statistiquement pauvre, mais regorgeant de richesses collectives. La cimenterie de Port-Daniel, l'industrie touristique, l'exploitation &#233;olienne et celle des hydro&#173;carbures &#233;tant les derniers mouvements du mod&#232;le extractiviste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des communaut&#233;s au service de la finance ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Garantissant ce droit de pr&#233;dation du territoire, l'&#201;tat g&#233;n&#232;re au propri&#233;taire les caract&#233;ristiques paradigmatiques modelant notre rapport aux riches&#173;ses : droit d'usage (&lt;i&gt;usus&lt;/i&gt;), de jouir (usufruit) et de disposer de mani&#232;re exclusive et absolue sa possession (&lt;i&gt;abusus&lt;/i&gt;). En octroyant ces caract&#233;ristiques &#224; l'exploitation par le capital priv&#233;, l'azimut du devenir collectif gasp&#233;sien &#233;tait tir&#233;. D&#233;port&#233;e d'elle-m&#234;me par cette &#171; politique de la moindre auda&#173;ce&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression est de Robert Laplante.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, n'ayant plus voix au chapitre sinon que pour tracer les contours d'une dignit&#233; minimale &#224; travers la d&#233;possession, la Gasp&#233;sie reste encore stup&#233;faite &#224; chaque fin de cycle de ce perp&#233;tuel acte. Et les ressources s'&#233;puisent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule la rapidit&#233; d'innovation des sciences et technologies rythma un d&#233;veloppement vou&#233; &#224; l'encha&#238;nement des &#233;cueils. C'est l'&#233;vidence, l'&#233;conomie primaire a failli &#224; g&#233;n&#233;rer un mod&#232;le profitable et soutenable pour les communaut&#233;s. Encore que cette faillite ne trouve d'&#233;cho, notamment par la d&#233;sint&#233;gration des r&#233;gions dans les m&#233;dias natio&#173;naux, que pour les rescap&#233;s du naufrage : les Gasp&#233;siennes et les Gasp&#233;siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'octroi des parterres forestiers, la prise de contr&#244;le de l'industrie des p&#234;ches par le capital anglo-normand, l'accaparement des richesses du sous-sol et aujourd'hui celle des &#233;nergies &#233;oliennes et des hydrocarbures, c'est une trajectoire de paup&#233;risation des collectivit&#233;s qui tient lieu de mod&#232;le de d&#233;veloppement r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le mod&#232;le g&#233;n&#233;ra des emplois : prol&#233;tariat d&#233;pendant d'une logique sur laquelle nous n'eumes et n'avons toujours pas prise. Historiquement, cette logique aura appauvri et appauvrit toujours le Qu&#233;bec et ses r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;conomie au service des communaut&#233;s ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des alternatives ont pourtant exist&#233; entre 1930 et 1960. En programme &#233;conomique de d&#233;veloppement collectif : la coop&#233;rative accompagna la colo&#173;nisation. Bien qu'isol&#233;e dans les contreforts de la subsistance et au maintien d'un confort pr&#233;caire, l'&#233;conomie coop&#233;rative extraira des griffes de la finance et du joug de la d&#233;pendance une population &#233;voluant jusqu'alors dans une pr&#233;carit&#233; toujours visible. Gr&#226;ce &#224; l'am&#233;nagement compl&#233;mentaire et saisonnier des travaux (p&#234;che, for&#234;t, agriculture) et une logique collective de r&#233;partition des rentes, le mod&#232;le coop&#233;ratif g&#233;n&#233;ra prosp&#233;rit&#233; et stabilit&#233; &#233;conomique en Gasp&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assumant les exigences de leur &#233;poque, nos a&#239;eux, ing&#233;nieux entrepreneurs, int&#233;gr&#232;rent les notions d'une &#233;conomie soutenable et planifi&#233;e dans une logique patrimoniale forte ; celle reconnaissant que terre, for&#234;t et mer ne leur appartiennent pas. Ce legs du pass&#233;, ils prirent charge morale et obligation &#224; le conjuguer au futur. Leurs actions faisaient sens et s'incarnaient &#224; travers une &#233;thique et des institutions fortes. Sens partag&#233; sur un horizon temporel n'ayant aucun &#233;cho avec le rendement &#224; court terme de l'&#233;conomie casino ax&#233;e sur la croissance financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;lite r&#233;volutionnaire tranquille, l&#233;gitim&#233;e par l'exigence de la modernit&#233;, eu t&#244;t fait d'extraire les navigateurs de cet &#233;pisode prosp&#232;re &#8211; consid&#233;r&#233; comme d&#233;suet d&#232;s la d&#233;cennie 1960. Mobilit&#233; indi&#173;viduelle et accumulation mat&#233;rielle obligent, l'employabilit&#233; technique devait prendre le relais du r&#234;ve &#233;vanescent. Relance industrielle et concentration des populations en p&#244;les de services urbains, la fermeture des villages sonnait le glas de l'alternative. Aujourd'hui, l'aust&#233;rit&#233; dilapide les acquis du d&#233;veloppement r&#233;gional et l'abandon de l'&#233;conomie planifi&#233;e, charg&#233;e de sens. La globa&#173;lisation et le d&#233;mant&#232;lement des institutions publi&#173;ques mat&#233;rialisent l'indigence, n'offrant de r&#233;con&#173;fort que dans l'oubli et la n&#233;gation de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique extractiviste d&#233;poss&#232;de et met en demeure les populations de vivre dans la dignit&#233;. Antid&#233;mocratiques, les grandes orientations entou&#173;rant l'avenir n'appartiennent ni aux communaut&#233;s ni aux d&#233;cideurs r&#233;gionaux. L'ensemble &#233;tant par d&#233;finition &#224; la solde d'int&#233;r&#234;ts rompus au volume d'exploitation. Les ressources s'&#233;puisent, l'&#201;tat d&#233;telle, les communaut&#233;s asphyxient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'effondrement des stocks de poissons de fond, la fermeture des papeti&#232;res de Chandler (1999) et de New Richmond (2005), la fin du cuivre de Murdochville (2002), la crise foresti&#232;re s'&#233;tirant depuis 2008 et la privatisation frontale des gisements &#233;oliens et des hydrocarbures, la Gasp&#233;sie, comme le Qu&#233;bec, cherche des rep&#232;res pour tracer l'avenir. Depuis 1995, le rapetissement collectif nous coince &#224; l'int&#233;rieur de cette logique mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'histoire : une arme de r&#233;flexion massive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer l'&#233;tat actuel d'une Gasp&#233;sie dont on tend &#224; r&#233;duire son apport &#224; la construction socio&#233;conomique et culturelle au Qu&#233;bec moderne ? Comment ne pas conc&#233;der la victoire au mythe de Sisyphe ? Comment ne pas donner raison au pr&#233;sent gouvernement qu&#233;b&#233;cois qui voit ses r&#233;gions comme un boulet &#224; tra&#238;ner, &#224; qui il semble tentant d'appliquer la politique de la terre br&#251;l&#233;e ? Contrairement aux l&#233;gendes urbaines, la Gasp&#233;sie n'a pas toujours &#233;t&#233; &#224; la remorque du reste du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En jetant un coup d'&#339;il dans le r&#233;troviseur de l'histoire, nous comprenons que la Gasp&#233;sie, fr&#233;quent&#233;e et habit&#233;e depuis pr&#232;s de 10 000 ans par des peuples autochtones, constitue la plus ancien&#173;ne r&#233;gion du Qu&#233;bec. Appropri&#233;e par Jacques Cartier au nom du roi de France en juillet 1534, la r&#233;gion est ensuite convoit&#233;e par l'Angleterre. La guerre que ces deux puissances se livrent en Europe se r&#233;percutera en Am&#233;rique : le continent est trop petit pour deux. &#192; l'automne 1760, la Conqu&#234;te britannique survient. En Gasp&#233;sie, les cons&#233;quences de la d&#233;faite fran&#231;aise sont quasi imm&#233;&#173;diates. Les eaux de la p&#233;ninsule s'ouvrent aux anglophones et la carte de la r&#233;gion se redessine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports de force, ici comme ailleurs au Qu&#233;bec, se transforment alors au profit des nouveaux conqu&#233;rants. Anglais, Anglo-normands, loyalistes, &#201;cossais, Irlandais s'am&#232;nent en Gasp&#233;sie, alors que Mi'gmaqs, Acadiens, Fran&#231;ais et Canadiens (fran&#231;ais) tentent tant bien que mal de conserver leurs acquis. Un pluriculturalisme na&#238;t en cette Gasp&#233;sie. Cette mosa&#239;que pluriculturelle, d'ailleurs toujours pr&#233;sente, d&#233;montre que la Gasp&#233;sie a toujours &#233;t&#233; ouverte sur le monde, et non pas referm&#233;e sur elle-m&#234;me comme on le laisse croire trop souvent. Ces diff&#233;rentes ethnies se c&#244;toie&#173;ront malgr&#233; les barri&#232;res religieuses et linguis&#173;tiques, laissant aux anglophones le monopole de la sph&#232;re socio&#233;conomique gasp&#233;sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calme revenu, un chapelet de villages se fonde le long du littoral gasp&#233;sien. Les Gasp&#233;siens, autrefois autochtones, sont d&#233;sormais de toutes origines. Les francophones survivent bien ; ils mangent &#224; leur faim, mais sont &#224; la merci des marchands anglophones et anglo-normands qui dictent la marche &#224; suivre. La p&#234;che est artisanale. Nous sommes encore loin de l'industrialisation de cette activit&#233;. La p&#234;che rapportait gros au temps du r&#233;gime fran&#231;ais. Elle rapporte encore plus sous le r&#233;gime anglais et le r&#233;gime canadien, qui s'installe par la Conf&#233;d&#233;ration de 1867.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'av&#232;nement de celle-ci, d&#251;ment r&#233;fl&#233;chie et maniganc&#233;e par les P&#232;res de la Conf&#233;d&#233;ration, qui vient mettre un terme &#224; cette croissance, alors que le d&#233;veloppement du port d'Halifax est privil&#233;gi&#233; au d&#233;triment de celui de Gasp&#233;. En &#233;change de leur entr&#233;e dans le pacte conf&#233;d&#233;ratif, les Maritimes se voient offrir sur un plateau d'argent un chemin de fer des plus modernes, qui sera livr&#233; en 1876. Pour ce qui est de la p&#233;ninsule, c'est le cas de le dire, elle ratera le train et devra s'armer de patien&#173;ce puisque ce n'est qu'en 1913 que les rails attei&#173;gnent Gasp&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'isolement n'est pas un virus cr&#233;&#233; en laboratoire. Il se d&#233;veloppe plut&#244;t &#224; coups de m&#233;connaissance, d'ignorance, d'indiff&#233;rence&#8230; et par des d&#233;cisions politiques incoh&#233;rentes, parce que politiques.Au m&#234;me moment, le tourisme se d&#233;veloppe &#224; vive allure. Les gens quittent le bruit et le rythme effr&#233;n&#233; des grandes villes pour la Gasp&#233;sie, qui devient un lieu de vill&#233;giature unique. Des bateaux &#224; vapeur accostent le long des quais, laissant d&#233;barquer des bourgeois, surtout anglophones, mais de plus en plus francophones, qui s&#233;journent dans nos villes pendant plusieurs semaines. Le train succ&#233;dera au bateau &#224; vapeur pour transporter ces estivants. Dire que nous n'avons pas vu un train dans les environs depuis l'automne 2014. Quel para&#173;doxe en ce 21e si&#232;cle, alors que l'&#234;tre humain n'a jamais &#233;t&#233; aussi mobile&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'arriv&#233;e du 20e si&#232;cle, la ressource, tant dans le domaine de la p&#234;che que de la for&#234;t, est transform&#233;e en r&#233;gion. On exp&#233;die sur les march&#233;s ext&#233;rieurs des produits finis. L'entr&#233;e de la Gasp&#233;sie dans ce si&#232;cle lui fait mal. Elle est t&#233;moin pour la premi&#232;re fois de la transformation de ses mati&#232;res premi&#232;res &#224; l'ext&#233;rieur de la r&#233;gion. La Gasp&#233;sie allait ainsi conna&#238;tre l'exode de ses mati&#232;&#173;res premi&#232;res et de ses mati&#232;res grises, sa jeunesse, vers les grands centres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Reconstruire la maison&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En ce 21e si&#232;cle, la Gasp&#233;sie fait face, une fois de plus, &#224; son destin. Qu'en est-il de son apport au d&#233;ve&#173;loppement socio&#233;conomique du Qu&#233;bec ? A-t-il d&#233;j&#224; &#233;t&#233; reconnu &#224; sa juste valeur ? D&#233;pouill&#233;e de ses ressources naturelles traditionnelles (p&#234;che, for&#234;t, mines), envoy&#233;es ailleurs pour transformation &#224; partir du 20e si&#232;cle, la r&#233;gion tente d&#233;sormais de retenir ses jeunes dans un Qu&#233;bec qui tend &#224; creuser le foss&#233; s&#233;parant les r&#233;gions des grands centres urbains. Apr&#232;s avoir entendu le gouvernement du Qu&#233;bec annoncer la mort des Conf&#233;rences r&#233;gio&#173;nales des &#233;lu&#183;e&#183;s, v&#233;ritables instances r&#233;gionales de concertation, et des centres locaux de d&#233;ve&#173;loppement &#224; l'automne 2014, la Gasp&#233;sie est en p&#233;riode de convalescence et revendique non seulement sa place dans l'histoire du Qu&#233;bec, mais une v&#233;ritable solidarit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les histoires militaires sont &#233;crites par les vainqueurs, l'histoire du Qu&#233;bec est trop souvent &#233;crite par les grands centres, occultant ainsi la contribution majeure des r&#233;gions au d&#233;veloppement, &#224; l'&#233;volution et &#224; la diversit&#233; du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aust&#233;rit&#233; a fait son nid en r&#233;gion et a fait des petits. Elle a tra&#238;n&#233; dans ses bagages ce qu'elle tra&#238;ne partout ailleurs : la division, la m&#233;fiance, le doute permanent, l'effritement de nos acquis, le manque de vision, la d&#233;structuration de notre r&#233;gion, le manque de solidarit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ce saccage, il faudra (encore) se battre. La Gasp&#233;sie, avec ses 80 000 habitant&#183;e&#183;s et ses 21 000 km de superficie, devra apprendre &#224; cultiver son ind&#233;pendance, son autonomie. L'attentisme nous colle &#224; la peau depuis trop longtemps. Nous revendiquons notre droit d'exister. Nous existons. Et nous savons que nous ne sommes pas seuls&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'expression est de Robert Laplante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Mus&#233;e de la Gasp&#233;sie. Fonds Gasp&#233; Cooper Mines. P223/14/1/94&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Coup&#233;e du monde ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saviez-vous qu'entre 1860 et 1866, la Gasp&#233;&#173;sie poss&#232;de en son sol 11 consulats qui veillent &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts &#233;co&#173;nomiques de leur pays respectif dans le domaine des p&#234;ches ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Gasp&#233;, nous observons notamment les pavillons du Br&#233;sil, des &#201;tats-Unis, du Portugal, de l'Italie, de la Norv&#232;ge, de l'Espagne et de la France. Coup&#233;e du monde, la Gasp&#233;sie ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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