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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Fermeture en trois temps</title>
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		<dc:date>2017-02-23T02:23:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#233;mie Bernier, Jean-Marie Thibeault</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Bernier, No&#233;mie</dc:subject>
		<dc:subject>Thibeault, Jean-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Originaire de Saint-Georges-de-Malbaie, Jean-Marie Thibeault est un &#233;minent historien de la Gasp&#233;sie, passionn&#233;, engag&#233;. Entretien avec une v&#233;ritable m&#233;moire vivante autour des fermetures gasp&#233;siennes : petites et grandes, planifi&#233;es et &#171; tranquilles &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! : Vos &#233;tudes sur l'expulsion des r&#233;sident&#183;e&#183;s de Forillon, premier parc national au Qu&#233;bec, et sur les fermetures de villages en Gasp&#233;sie vous ont amen&#233; en 2014 &#224; publier Pour ne pas en finir avec l'arri&#232;re-pays gasp&#233;sien. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Gaspesie-forces-vives-" rel="directory"&gt;Dossier : Gasp&#233;sie - Forces vives&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bernier-Noemie-+" rel="tag"&gt;Bernier, No&#233;mie&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2358.png?1642092190' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;635&#034; height=&#034;357&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Originaire de Saint-Georges-de-Malbaie, Jean-Marie Thibeault est un &#233;minent historien de la Gasp&#233;sie, passionn&#233;, engag&#233;. Entretien avec une v&#233;ritable m&#233;moire vivante autour des fermetures gasp&#233;siennes : petites et grandes, planifi&#233;es et &#171; tranquilles &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord ! &lt;/i&gt; : Vos &#233;tudes sur l'expulsion des r&#233;sident&#183;e&#183;s de Forillon, premier parc national au Qu&#233;bec, et sur les fermetures de villages en Gasp&#233;sie vous ont amen&#233; en 2014 &#224; publier Pour ne pas en finir avec l'arri&#232;re-pays gasp&#233;sien. Qu'avez-vous appris dans vos recherches pour l'&#233;criture de ce livre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean-Marie Thibeault&lt;/i&gt; : Officiellement, onze, douze localit&#233;s ont &#233;t&#233; ferm&#233;es. Par contre, en tout, avec les parties de villages qu'on a ferm&#233;es (par exemple le Rang VI de Val-d'Espoir), c'est une vingtaine de localit&#233;s qui ont &#233;t&#233; affect&#233;es, pour quelques milliers de personnes. Mais ce chiffre fausse la r&#233;alit&#233; : &#224; la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a tout fait pour d&#233;courager les gens install&#233;s l&#224;-bas d'y rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode marque un tournant, parce que j'ai r&#233;alis&#233; qu'auparavant, on ouvrait des colonies dans les r&#233;gions du Qu&#233;bec au moment des grandes crises &#233;conomiques. Pas juste celle de 1929-1939, mais aussi celle de 1873 &#224; 1896. Lors des crises, on veut envoyer les gens ailleurs ; et ceux du monde rural, eux, on ne veut surtout pas qu'ils aillent en ville. Sinon &#231;a fait des ch&#244;meurs, et des r&#233;volutionnaires potentiels. Les gouvernements, avec la participation de l'&#201;glise, vont donc encourager l'installation des gens de la ville sur des terres. Pour preuve : de 1931 &#224; 1941, c'est le meilleur moment de l'occupation du territoire. La population du Qu&#233;bec va cro&#238;tre de 14 %, alors qu'en Gasp&#233;sie elle augmente de 22 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Et dans les ann&#233;es 1960, on souhaite alors fermer les colonies ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J.-M.T.&lt;/i&gt; : C'est sous Duplessis que &#231;a a commenc&#233;. L'ann&#233;e charni&#232;re, en g&#233;n&#233;ral, c'est 1948. On est dans les &#171; Trente glorieuses &#187;, &#231;a va bien &#233;conomiquement. Tellement bien qu'on manque de main-d'&#339;uvre en ville&#8230; et &#231;a, c'est la hantise des grandes compagnies. Elles pr&#233;f&#232;rent un taux de ch&#244;mage de 10-12%. Donc &#224; partir de ce moment-l&#224;, on arr&#234;te d'investir dans les colonies. (On le fait d'ailleurs aussi au niveau psychologique, en traitant les gens de &#171; colons &#187;.) Prenons l'exemple de deux colonies gasp&#233;siennes : pour Sainte-Bernadette-de-Pellegrin et Saint-Edmond-de-Pabos, en 1948, on atteint un sommet dans le nombre d'habitants ; apr&#232;s cette date, &#231;a d&#233;cline. Ailleurs, on observe ce pic de 1947 &#224; 1951 en g&#233;n&#233;ral, puis apr&#232;s 1960, &#231;a tombe partout. Parce qu'avec la R&#233;volution tranquille, on va planifier la fermeture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut penser &#224; trois mouvements : le premier, c'est un exode individuel forc&#233; (apr&#232;s la guerre, on n'a plus de jobs, on part) ; le deuxi&#232;me, pendant la R&#233;volution tranquille, c'est un exode collectif planifi&#233;. En 1964, on parle m&#234;me de fermer compl&#232;tement la Gasp&#233;sie ! Il va y avoir plusieurs manifestations apr&#232;s la douzaine de villages qui seront ferm&#233;s. Et en 1974, on cesse la planification. C'est une troisi&#232;me phase, celle de la &#171; fermeture tranquille &#187;. On coupe dans tout : dans les services, la poste, l'&#233;cole, le train, l'autobus, les CLD, et un &#224; un, les gens s'en vont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il n'y a m&#234;me pas de complots pour la fermeture de la Gasp&#233;sie, c'est pire que &#231;a ! Trop de gens se disent &#171; bah, on n'a pas le choix &#187;. On a r&#233;ussi &#224; inculquer aux gens l'id&#233;e qu'on n'a plus les moyens de faire vivre la Gasp&#233;sie, mais &#231;a, c'est id&#233;ologique. Car si on se met &#224; fermer au Qu&#233;bec tout ce qui n'est pas rentable, commen&#231;ons par le m&#233;tro de Montr&#233;al, les h&#244;pitaux aussi, parce que les malades ne sont pas rentables ! Si on utilise un discours de ce genre avec les r&#233;gions, on doit l'appliquer &#224; ce qui n'est pas rentable en ville &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : La Gasp&#233;sie est dite &#171; r&#233;gion ressource &#187;. Ce mod&#232;le de d&#233;veloppement est-il ind&#233;passable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J.-M.T. &lt;/i&gt; : Jusqu'&#224; la fin du 19e si&#232;cle, la Gasp&#233;sie n'est pas une r&#233;gion ressource. Du 17e si&#232;cle jusqu'&#224; 1886, premi&#232;re grande crise dans le monde des p&#234;cheries, on exporte un produit fini : la morue sal&#233;e s&#233;ch&#233;e. Mais &#224; compter de la fin du 19e si&#232;cle, on fait affaire avec le Canada plut&#244;t qu'avec le monde et on envoie une nouvelle mati&#232;re premi&#232;re, le bois, &#224; l'&#233;tat brut. C'est un s&#233;rieux probl&#232;me. On va aussi envoyer les p&#226;tes et papiers non transform&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur, le minerai de cuivre de Murdochville (de 1953 &#224; 2003) et le poisson. Il nous reste la mati&#232;re grise, et &#231;a aussi on vient la chercher&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut changer ce paradigme. Il faut transformer nos ressources ici. Aujourd'hui, on est dans la soci&#233;t&#233; du savoir, et le savoir c'est une arme de construction massive. C'est en misant sur l'&#233;ducation qu'on va pouvoir d&#233;velopper une r&#233;gion comme la n&#244;tre. Il faut changer la fa&#231;on de faire, il faut penser l'occupation du territoire. La Gasp&#233;sie est au Qu&#233;bec, il faut donc que les Qu&#233;b&#233;cois s'en occupent, c'est un enjeu collectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : ici.radio-canada.ca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par No&#233;mie Bernier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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