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Marche mondiale des femmes

Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires !

Caroline Moreau

La Marche mondiale des femmes (MMF) est un mouvement international d’actions féministes rassemblant des groupes et des organisations de la société civile. La MMF a pris racine à la suite de la marche « Du pain et des roses » en 1995, au Québec. Tous les cinq ans depuis l’an 2000, les femmes de la MMF et leurs allié·e·s mobilisent quelque 4 000 groupes dans plus de 50 pays et territoires. Lancée le 8 mars dernier avec plus d’un millier de manifestant·e·s à Montréal, l’édition 2015 de la MMF se poursuit jusqu’au 17 octobre 2015, date du rassemblement final.

Convaincue que seules les luttes populaires peuvent mener au changement social, la MMF propose de mobiliser la force citoyenne que constituent les femmes par des activités d’éducation populaire. L’approche de l’éducation populaire permet d’inscrire le vécu des femmes comme source de connaissances, à partir de laquelle s’élaborent les réflexions et se bâtissent les actions. Les contenus qui émergeront de cette démarche seront mis en commun et diffusés pour alimenter les militantes dans les décisions quant à ce qui aura lieu à l’automne 2015 partout à travers le Québec.

Une analyse intersectionnelle

Nos corps, notre Terre et nos territoires sont occupés de façon transversale par les systèmes d’oppression que sont le patriarcat, le capitalisme, le colonialisme, l’hétérosexisme et le racisme. Ainsi, la lutte féministe rejoint celles pour la protection de l’environnement et l’autodétermination des peuples. Ces croisements entre mouvements sociaux relèvent d’une analyse intersectionelle des oppressions, puisque la vision féministe porte l’égalité plus loin que celle entre les sexes. Elle l’étend jusqu’à l’abolition de toute forme de domination, que ce soit sur la nature, entre les classes sociales ou entre les peuples.

La MMF au Québec a choisi d’articuler ses messages autour de l’austérité, de l’environnement et de la militarisation afin de dégager la façon spécifique dont les femmes vivent à la croisée des oppressions.

Les mesures d’austérité au Québec procèdent d’un démantèlement des services publics et du secteur communautaire. Lorsqu’on choisit de couper dans les emplois ou de privatiser les services publics, ce sont les femmes qui sont les premières touchées. Elles en constituent non seulement les principales usagères, mais surtout les premières répondantes. Avec ces coupes, ce sont les écarts entre les femmes et les hommes et entre les femmes elles-mêmes qui se creusent. Les militantes de la MMF refusent ce modèle où la richesse de certains se fait sur le dos de femmes chefs de famille monoparentale, à faible revenu, précaires, immigrantes, racisées ou fragiles sur le plan de la santé.

Du côté de l’environnement, les projets d’exploitation des ressources naturelles au Québec ont des impacts plus grands sur les conditions de vie des femmes que sur celles des hommes. Sur les territoires affectés par de telles infrastructures, on remarque une hausse des violences conjugales et de la prostitution. Notons également que ces projets s’accompagnent d’une croissance à deux vitesses, en affectant les femmes aux emplois moins bien rému­nérés comme ceux liés à l’hôtellerie ou à la restauration. Ce développement axé sur l’extraction des ressources menace les écosystèmes, détruit et s’approprie les territoires autochtones non cédés, déstabilise les communautés et contribue au réchauffement climatique et à l’empoisonnement de l’eau. Ces industries sont responsables d’un affaiblissement du tissu social et de la destruction de la Terre, laissant principalement les femmes gérer les impacts sociaux de ce modèle économique.

Les conflits entre nations entraînent, quant à eux, des déplacements de population, encouragent le développement de la militarisation et le déploiement accru d’une logique sécuritaire, ici comme ailleurs. Les femmes de la MMF s’opposent à l’industrie militaire canadienne qui, en fournissant technologies et armements, participe à de nombreuses guerres et favorisent la répression politique, policière ainsi que la criminalisation accrue des mouvements sociaux ou de toute forme de dissidence politique.

La Caravane des résistances

À l’automne 2015, la Marche mondiale des femmes sillonnera les régions du Québec pour rendre compte de la force de la mobilisation des femmes à travers la province. La caravane s’arrêtera à Trois-Rivières le 17 octobre, pour le rassemblement final de la 4e action internationale de la MMF, dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Pour connaître tous les détails des prochaines actions ou pour en diffuser une sur notre calendrier, pour alimenter davantage votre réflexion sur les enjeux de la MMF ou pour utiliser les outils d’éducation populaire, visitez notre site Internet et suivez-nous sur les réseaux sociaux ou en vous inscrivant au bulletin de la MMF !

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