Accueil du site > No 37 - déc. 2010 / jan. 2011 > La Diversité québécoise en débat

Sous la dir. de Bernard Gagnon

La Diversité québécoise en débat

Jean-Marc Piotte

Comme bien des commissions, celle présidée par Gérard Bouchard et Charles Taylor a été mise sur pied non pas pour trouver des solutions à des problèmes, mais pour éviter que le gouvernement Charest s’enlise dans le débat soulevé par les positions populistes de Mario Dumont. L’Assemblée nationale l’a appuyé dans cette politique de diversion, lorsque tous les députés, dans une poltronne unité, ont voté, contredisant une des recommandations de la Commission, pour que le crucifix continue de trôner à cette Assemblée qui devrait représenter l’ensemble des citoyens.

L’ouvrage dirigé par Bernard Gagnon comprend l’apport de plusieurs spécialistes, dont  : Jacques Beauchemin qui privilégie l’unité nationale en opposition à Geneviève Nootens qui défend le pluralisme ; Victor Armony qui blâme l’État québécois et la majorité québécoise pour les problèmes d’intégration ; Martin Geoffroy qui affirme que les accommodements raisonnables relèvent du religieux et non du culturel et qui condamne la laïcité même ouverte du Rapport Bouchard-Taylor ; Guy Laforest selon qui la crise des accommodements témoigne non seulement de l’angoisse existentielle de la petite nation québécoise, mais de la «  perte de repères éthiques  » due à l’effondrement de l’Église catholique ; de Joseph Yvon Thériault qui reproche au Rapport de sacrifier les valeurs particula­ristes de la nation canadienne-française sur l’autel des valeurs modernes d’État de droit, d’égalité homme/femme, de laïcité…

François Rocher et Micheline Labelle soulignent que la Commission s’est abstenue d’aborder les ressemblances et les différences entre l’interculturalisme que cette dernière préconise et le multiculturalisme canadien. Ce faisant, elle renonce à situer la question des accommodements raisonnables dans le contexte politique d’une petite nation non reconnue par la nation canadienne et s’empêche d’aller au fond des choses.

Enfin, soulignons l’excellent texte de Pierre Langeron, juriste français, qui explique que la confrontation sur les accommodements raisonnables renvoie à deux cultures juridiques distinctes  : l’anglaise et la française.

P.-S.

Lu par Jean-Marc Piotte

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