Présentation du mini-dossier du numéro 103
L’éthique du care, partout, tout le temps !
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Le terme care figure dans le Dictionnaire des intraduisibles de Barbara Cassin, philologue et philosophe française, qui souligne le fait qu’il est « impossible de traduire care en français ». En effet, « soin », « souci » ou « sollicitude » ne couvrent qu’une partie du concept, sans tenir compte de sa complexité réelle.
Depuis 2005, un ensemble de recherches ont été développées autour du concept du care. Elles l’ont d’abord été en tant qu’objet d’une réflexion critique sur les éthiques du care, tout en s’opposant aux éthiques libérales. Au-delà de la dimension éthique, divers travaux, issus de disciplines variées, se penchent sur les mécanismes de dévalorisation et d’invisibilisation sociales des activités du care liées au souci d’autrui et au travail nécessaire à la reproduction sociale.
Pour mieux comprendre le care en tant qu’expérience vécue et pratique, Pascale Molinier en distingue cinq facettes en tant que travail : 1) le care comme bienveillance, une réponse adaptée à la fragilité d’autrui ; 2) le care en tant que savoir-faire discret, qui, lorsqu’il est bien exécuté, passe inaperçu ; 3) le care comme sale boulot ; 4) le care représentant une activité inestimable ; 5) le care en tant que récit éthique.
Le care met en scène un travail grandement assumé par les femmes, souvent des immigrées, des personnes racisées et provenant des classes subalternes, un travail pourtant essentiel et primordial à nos existences, mais trop souvent rendu invisible et dévalorisé. Les termes façonnent la réalité que nous percevons, décrivons et comprenons. Si « la poésie est ce qui se perd dans une traduction », sans le terme « care », ce sont ces tâches essentielles au « paradigme de la production du vivre » qui s’estompent, restant douloureusement invisibles. 



















































































































































