Je suis indignée... et je suis fière

No 66 - oct. / nov. 2016

Agressions sexuelles aux résidences de l’Université Laval

Je suis indignée... et je suis fière

Comme féministe et professeure à l’Université Laval,

JE SUIS INDIGNÉE face aux intrusions et agressions sexuelles qu’ont vécues des étudiantes logées dans les résidences universitaires.

JE SUIS INDIGNÉE des pratiques sexistes, hétérosexistes, racistes et humainement dégradantes qui font encore trop souvent partie des initiations universitaires.

JE SUIS INDIGNÉE face aux réactions de l’administration universitaire qui n’a rien trouvé de mieux, dans un premier temps, que de demander aux locataires des résidences de fermer leur porte à clé, faisant ainsi écho aux propos de juges qui recommandent aux victimes de viol de serrer les cuisses et plus généralement aux procédés qui font porter sur les victimes, dans le cas des violences sexuelles, le blâme de leur agression.

JE SUIS INDIGNÉE face au manque général d’empathie de l’administration universitaire vis-à- vis des femmes agressées.

JE SUIS INDIGNÉE de l’empressement de l’administration universitaire à faire enlever une bannière dénonçant la culture du viol à l’université.

JE SUIS INDIGNÉE de l’euphémisation de la violence à l’encontre des femmes en omettant de préciser que les victimes sont des femmes et les agresseurs fort probablement des hommes.

JE SUIS INDIGNÉE que le recteur s’attribue une note quasi parfaite pour sa réaction face à ces agressions, laissant croire à une pratique laxiste dans la notation à l’université et laissant planer le doute sur la valeur des diplômes décernés par notre université.

En même temps,

JE SUIS FIÈRE des femmes qui ont osé dénoncer les agressions qu’elles ont vécues.

JE SUIS FIÈRE de la mobilisation de la communauté universitaire (à part sa haute administration) pour dénoncer ces agressions.

JE SUIS FIÈRE des femmes qui mènent campagne pour dénoncer la culture du viol à l’université et ailleurs.

JE SUIS FIÈRE de ces femmes qui ont témoigné en public des abus et violences qu’elles ont vécus.

JE SUIS FIÈRE de la foule rassemblée lors de la vigile du 19 octobre qui a répété à plusieurs reprises « on vous croit » lorsque des femmes ont dénoncé les agressions sexuelles qu’elles ont vécues.

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