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Présentation du dossier du no 61

Contre l’offensive austéritaire, luttes syndicales et populaires

Comme cela semble être une tradition depuis la grève des enseignants de 1967, les « négociations » des conventions collectives dans le secteur public se dérouleront sous la menace d’une loi spéciale. Bien qu’anticonstitutionnel, selon un jugement récent de la Cour suprême du Canada, ce type de lois agit comme une épée de Damoclès sur les droits de grève et d’association, sans même avoir à être décrétée, par pure menace.

À cette entrave à la libre négociation s’ajoute la contrainte idéologique du discours sur l’équilibre budgétaire et la « nécessaire » austérité, qui sévit depuis la crise de 1982. Ce type de gouvernement austéritaire qui, au nom de choix supposément inéluctables, impose de manière autoritaire des dictats antidémocratiques ne représente pas seulement un affront contre les droits des employé·e·s de la fonction publique et du secteur parapublic, ou ceux des travailleuses et travailleurs des milieux communautaires et culturels. Il est également, sinon davantage, une menace constante et un amenuisement certain du caractère démocratique de notre société, dans la mesure où il permet à quelques ministres d’imposer de manière unilatérale des conditions de vie à l’ensemble de la population en lui retirant les moyens d’exercer le droit à l’opposition.

Leurs choix économiques consistent d’ailleurs à créer un affaiblissement de l’État dont ils se servent pour justifier de nouvelles compressions : détournement de l’impôt progressif vers des taxes régressives et des hausses de tarif ; refus ferme d’aller chercher des revenus supplémentaires auprès de celles et ceux qui possèdent davantage ; nouvelles baisses d’impôt.

L’urgence de lutter

Le présent dossier a été fait à chaud, au moment même où des luttes sociales et syndicales sont sérieusement engagées, à la suite de celles menées au printemps dernier. Avec l’ajout des employé·e·s de la fonction publique québécoise, auxquel·le·s le gouvernement demande des reculs majeurs dans tous les aspects de leur travail, le mouvement d’opposition contre notre gouvernement ne peut prendre que de l’ampleur. L’enjeu est vital pour l’ensemble de la population du Québec : il s’agit ni plus ni moins que de la survie de notre État social. Depuis qu’il a repris le pouvoir en 2013, le gouvernement libéral a entrepris le plus important démembrement des services publics et des programmes sociaux que nous ayons connu. Le laissera-t-on poursuivre son entreprise mortifère ?

Cette bataille a lieu partout dans le monde où les plans d’austérité ne parviennent qu’à accentuer le mal qu’ils prétendent combattre. Elle touche les couches les plus diverses de la population, y compris les artistes et les travailleurs·euses de la culture qui voient plus que jamais leurs revenus rétrécir grandement et leurs organisations se fragiliser.

On le sait, d’importantes luttes ont eu lieu ou se déroulent encore, comme celle des étudiant·e·s à l’UQAM en particulier, sans oublier les blocages, les perturbations de toutes sortes et les chaînes humaines autour des écoles, manifestation spontanée devant les coupes inacceptables dans notre système d’éducation publique. À l’automne, le fer de lance de la bataille sera syndical : tant dans la santé que dans l’éducation, entre autres, les travailleurs et les travailleuses devront défendre non seulement leurs conditions de travail, mais leur capacité d’offrir de bons services à la population.

Nous avons tenu, dans ce dossier, à dresser un bilan des luttes à un moment charnière, à transmettre des analyses qui, nous l’espérons, offriront leur modeste contribution pour préparer les combats à venir. Et cela, en sachant qu’une brûlante actualité viendra sans doute transformer les choses, jusqu’à ce moment attendu où, comme le disait Hubert Aquin, le mouvement sera tel que « les phrases s’écriront d’elles-mêmes. »

Un dossier coordonné par Ricardo Peñafiel et Claude Vaillancourt :

Négocier en période d’austérité, par François L’écuyer

À quand la loi matraque ?, par Martin Petitclerc et Martin Robert

Contrecarrer une loi spéciale ?, par Léa Fontaine

L’austérité comme tendance internationale, par Claude Vaillancourt

Pour étouffer l’État social québécois - La bataille de la fiscalité, par Claude Vaillancourt

Compressions dans le domaine des arts - L’étranglement de la culture, par Michel Beauchemin

À nous l’UQÀM ! - Entretien avec Michèle Nevert et Marie Blais

Éducation - Quand revaloriser rime avec surcharger, par Jean-Noël Grenier

Chaînes humaines pour l’école publique - Une leçon à retenir !, par Isabelle Bouchard

Négociations en santé et services sociaux - Ras-le-bol complet, par Jean-Pierre Larche

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