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Anthologie de Fermaille

Philippe de Grosbois

Fermaille, Anthologie, Montréal, Moult Éditions, 2013.

Alors que Printemps québécoisUne anthologie brille par sa luxuriance et ses couleurs, l’Anthologie de Fermaille, regroupant des écrits littéraires démaillant le cours de la grève, est intimiste et introspective. On y lit, bien sûr, les espoirs et les cris guerriers des grévistes, mais surtout leurs doutes, leurs angoisses, leur épuisement et même leur solitude, que sous-estiment souvent celles et ceux qui ont côtoyé le mouvement d’un peu moins près. Là où l’anthologie du Printemps québécois tend, bien malgré elle probablement, à fossiliser le mouvement des carrés rouges, celle de Fermaille nous amène à nous demander ce que pensent, ressentent et écrivent aujourd’hui celles et ceux – surtout celles – qui y ont collaboré, et quel combat fait aujourd’hui vibrer leurs mots. Quelques perles parmi d’autres :

« Vos chiffres ont mangé la vie et nos idées ont famine. »

– Catherine-Alexandre Briand, « Ça sent la poussière », 13 février.

« bonjour gros printemps !

bonjour mon grand égorgé !

rouge bonjour mon rouge !

t’as du jouràlèvres dans face mon grand fou

t’as du feutre entre les dents mon beau

printemps  »

– Noémie Brassard, « Bonjour là », 13 mars.

« tends l’oreille

nos pas t’appellent du possible

d’une même insomnie »

– Zéa Beaulieu-April, « Entre l’amorce et la suite », 13 mars

« quand Ste-Catherine ne sera plus piétonne

mais marchande et détresse »

– Sara Dignard, « Quand », 24 avril.

« Élevons-nous, comme tu m’as élevée, vers

le debout, vers le marcher, vers le plus haut,

le plus loin et le MIEUX. »

– Noémie Brassard, « À ma mère », 1er mai

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