Anthologie de Fermaille

No 053 - février / mars 2014

Anthologie de Fermaille

Philippe de Grosbois

Fermaille, Anthologie, Montréal, Moult Éditions, 2013.

Alors que Printemps québécois – Une anthologie brille par sa luxuriance et ses couleurs, l’Anthologie de Fermaille, regroupant des écrits littéraires démaillant le cours de la grève, est intimiste et introspective. On y lit, bien sûr, les espoirs et les cris guerriers des grévistes, mais surtout leurs doutes, leurs angoisses, leur épuisement et même leur solitude, que sous-estiment souvent celles et ceux qui ont côtoyé le mouvement d’un peu moins près. Là où l’anthologie du Printemps québécois tend, bien malgré elle probablement, à fossiliser le mouvement des carrés rouges, celle de Fermaille nous amène à nous demander ce que pensent, ressentent et écrivent aujourd’hui celles et ceux – surtout celles – qui y ont collaboré, et quel combat fait aujourd’hui vibrer leurs mots. Quelques perles parmi d’autres :

« Vos chiffres ont mangé la vie et nos idées ont famine. »

– Catherine-Alexandre Briand, « Ça sent la poussière », 13 février.

« bonjour gros printemps !

bonjour mon grand égorgé !

rouge bonjour mon rouge !

t’as du jouràlèvres dans face mon grand fou

t’as du feutre entre les dents mon beau

printemps  »

– Noémie Brassard, « Bonjour là », 13 mars.

« tends l’oreille

nos pas t’appellent du possible

d’une même insomnie »

– Zéa Beaulieu-April, « Entre l’amorce et la suite », 13 mars

« quand Ste-Catherine ne sera plus piétonne

mais marchande et détresse »

– Sara Dignard, « Quand », 24 avril.

« Élevons-nous, comme tu m’as élevée, vers

le debout, vers le marcher, vers le plus haut,

le plus loin et le MIEUX. »

– Noémie Brassard, « À ma mère », 1er mai

Thèmes de recherche Littérature, Mouvement étudiant, Livres
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